La question de l’avortement suspendue aux Etats-Unis d’Amérique

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La cour suprême des États-Unis d’Amérique a invalidé l’arrêt Roe vs Wade enlevant l’ensemble du caractère constitutionnel au travers de sa forme dérivée. La jurisprudence est attaquée depuis près de cinquante ans par les ultraconservateurs. Dans ce sens, l’avortement n’est plus garanti au travers de l’interprétation de la constitution. Cela permet de souligner que les ambitions réactionnaires dominent une Amérique où le Trumpisme, c’est-à-dire le fondamentalisme religieux soumis à des organisations terroristes comme les Proud Boys.

Le terrorisme réside dans le fait de pratiquer une politique par la terreur. Nous sommes pleinement dedans. Les partisans ayant échoué à un Coup d’Etat afin de faire basculer les États-Unis d’Amérique dans une dictature y voient une forme de victoire. Ils utilisent les pions qu’ils avaient positionnés les uns après les autres. Ainsi, la Cour Suprême devenue conservatrice applique le programme de Donald Trump en retoquant loi après loi, mais aussi en annulant des jurisprudences afin de laisser le champ libre à une théocratie sous la coupe de la “Sainte-Bible”.

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Il convient de souligner que “l’Amérique blanche” qu’il faut comprendre par l’Amérique “intégriste”, “obscurantiste” et “liberticide” semble gagner une victoire décisive pour son projet sociétal. Cela permet d’une certaine manière que les “libertariens” et les “illibéraux” semblent s’être allié pour combattre l’ensemble des libertés individuelles et droits fondamentaux à de nombreuses femmes. Dans ces conditions précises, il apparaît clairement que le retour d’une fracture d’une Amérique s’étant réfugié dans la “confédération” en dit long. Cette dernière liée à la guerre civile américaine n’a toujours pas été intégrée afin de faire une Amérique un véritable melting pot. Faute de pouvoir brasser les cultures, les conservateurs d’aujourd’hui, dont l’origine remonte au KKK et à l’esclavagisme dans les Etats du Sud. La vision promut l’idée d’une Amérique foncièrement ségrégationniste remonte dans son fondement. L’idéalisation suggère un “retour vers le passé”. Le temps passe, mais les “ultraconservateurs”, c’est-à-dire des arriérés, souhaitent revenir clairement à un mode de vie “Amish” tout en gardant l’apport technologique.

Dans ces conditions, les différents réseaux clandestins vont être réenclenchés afin de sauver des femmes ne souhaitant pas une grossesse. En effet, l’abrogation totale des Etats-membres de l’Union n’empêchera pas ces derniers de se faire. Dès lors, il s’agit d’une véritable hypocrisie de la part des Conservateurs du Great Old Party. Il s’agit d’une démonstration d’une certaine puissance, mais les avortements continueront. Ainsi, les personnes qui avorteront pour des raisons diverses risqueront tout de même la réclusion criminelle à perpétuité. Par le passé en France, les “tricoteuses” étaient condamnées à la “peine capitale” (au travers de la guillotine) comme Marie-Louise Giraud et Désiré Pioge.

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La liberté de “procréer” et d’être maître de son corps, c’est le slogan originel féministe : “Mon corps, mon choix”. Le choix de la procréation appartient à la femme. Elle est maître de son destin, mais aussi de la gestion de ses organes. Pourtant, au travers d’une lecture abstraite où les interprétations sont rendus caduques, la question de l’individualisme et du respect de la vie personnelle permet à ces personnes de remettre en cause un pilier de la vie démocratique. En changeant la jurisprudence afin de promouvoir une interdiction, cela laisse songeur. Le “mouvement pro-life” risque de tuer des milliers de femmes au moment où une femme décède toutes les sept minutes d’un avortement clandestin. Ainsi, le “mouvement pro-life” ne défend pas la vie, mais il s’agit d’une organisation sectaire ouvrant la volonté de tuer des femmes au nom d’idées obscurantistes. En défendant sciemment le “crime organisé” au travers des évangélistes, les juges conservateurs ont fait passer l’intérêt des fondamentalistes au-dessus de l’intérêt des États-Unis d’Amérique. En se positionnant dans une lecture partisane et militante de la Constitution, les juges conservateurs ont failli à leur tâche. À partir de là, ce n’est plus des juges, mais bien des politiciens avec un calendrier de “contre-décision” comme le “mariage homosexuel” ou la “contraception”.

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Cela paraît foncièrement inquiétant pour l’image que donne l’Oncle Sam vis-à-vis du reste du monde. Dans un monde multipolaire, l’influence reste de mise sur de nombreux pays. Les conservateurs considérant le devoir de s’attaquer aux droits des femmes s’évertue d’une décision historique. Ce qu’il faut bien comprendre réside dans le fait qu’il s’agit d’une décision “masculine” sur des questions “féminines”. Dès lors, l’idée d’aller dans le sens que voudrait Dieu au travers d’une lecture austère, réactionnaire et sur-interprétative. Ainsi, il ne s’agit pas d’aller dans le sens d’une question éthique, mais d’une affaire de religion. Or, la religion s’avère un pilier pour l’Amérique Blanche. Les évangélistes y tiennent des discours d’une dangerosité importante. Les missionnaires des différents courants portent également des affirmations afin de déstabiliser les différents pays. Légion là-bas, ils commencent à pulluler en France où le “réveil protestant” fait son coming-out. Je connais très bien ces différentes emprises puisque j’ai été dans une église évangéliste. Via mon expérience, j’affirme que le danger religieux provient de ces courants fondamentalistes essayant de mêler la religion et la politique. Pire, ces associations cultuelles prient afin d’avoir un gouvernement le plus compatible avec leurs idées religieuses, c’est-à-dire des idées policées. Je ne parlerai pas du fait qu’elles amassent un véritable pactole afin de poursuivre leurs différents développements pour vivre en communauté.

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Les conservateurs y voient la réaction du phénomène “woke”. Or, en instrumentalisant afin d’augmenter les différentes lois racistes, cela permet de sous-tendre que les “anti-woke” ou plutôt les personnes atteintes de “wokephobie” (il faut comprendre la notion de rejet de la revendication des droits des minorités) de mettre sur le dos de façon “éhontée” sur les personnes et les femmes militant pour l’accroissement du droit des femmes à être maître de leur propre corps. Cette attaque laisse transposer une soumission des minorités et le racisme au travers duquel la société prolifère. La Cour Suprême des États-Unis d’Amérique reste à l’image du Rassemblement National de Marine Le Pen ou de Reconquête d’Eric Zemmour. La dernière décision allait dans le sens de la NRA au travers de la constitutionnalité du droit au port d’arme sur soi par tout temps. N’est-ce pas une vision de créer la terreur ? La Cour Suprême avec le GOP est devenue dans les faits une organisation promouvant les tueries de masse et le “terrorisme de l’intérieur” ou “terrorisme nationaliste”, c’est-à-dire un “terrorisme raciste”.

Cela ne peut que déboucher sur une accélération d’une déconstruction des liens qui font la “nation américaine”. Les amplifications de décisions considérées comme acquises devront (et c’est mon idée) être contournées au travers de la Constitution afin d’inscrire le “droit à l’interruption volontaire de grossesse” dans le marbre. En effet, il en va du progrès au sein d’une société foncièrement malade. Or, la réaction tout azimut dans l’ensemble des pays occidentaux témoigne d’une grande régression pour les femmes. Lorsque la droite conservatrice (Existe-t-il une autre droite ?) prend le pouvoir, ce sont les femmes qui trinquent. Une vigilance accrue devient nécessaire. Rien n’est gagné. Or, la position d’inscrire là-bas un amendement ou ici une réforme constitutionnelle nécessite de trouver un véritable “féminisme” et non du “féminisme washing”.

Le juge Clarence Thomas avance progressivement afin de faire un grand saut dans le passé de près de cinquante ans. Cela démontre objectivement la situation dans laquelle il se trouve. Englué dans les années 1950 – 1970 comme modèle de société, cela transcrit une vision d’être englué dans le passé. Les conservateurs sabrent le champagne y voyant une victoire et certains la consécration d’une lutte de toute une vie. Ironiquement, les “pro-life” sont les mêmes à défendre la peine de mort, c’est-à-dire le “droit de tuer” au travers d’une institution. Les Républicains ne sont plus à une dissonance prête. Autrement dit, il s’agit du droit à protéger ce qui n’existe pas et le droit de tuer ce qui existe. Les évangélistes aux États-Unis d’Amérique sont les islamistes en Orient et Moyen-Orient.

L’extrême-droite religieuse s’attaque toujours aux droits des femmes dès qu’elle possède l’opportunité de le faire. En effet, la lecture littérale de bout de papier permet de sous-tendre des interprétations tendancieuses. La Nation Américaine s’est construite sur le modèle du White Anglo Saxon Protestant. L’idée des Pilgrims au travers d’une approche rigoriste du Christianisme en dit long. D’ores et déjà une lutte pour “les droits civils” va se mettre en place au travers d’une bataille sans pitié contre l’intégrisme religieux.

Cela démontre particulièrement que rien n’est acquis. Il s’agit dans les faits d’un “combat quotidien”. Nul ne peut se reposer sur les lauriers. Le combat sera long.

Une crise systémique au sein de la Cinquième République

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Emmanuel Macron dans son allocution aux Français d’hier soir s’est adressé en filigrane aux députés. Pourtant, il suffisait de convoquer le Congrès à Versailles afin qu’ils puissent y faire un discours. Or, faute de courage, faute d’amour pour la République, il a préféré s’adresser aux législateurs indirectement. Cela témoigne d’une profonde amertume. En effet, le président a perdu son pari dans le cadre de la chambre basse du Parlement. Il avait mis ses députés choisis et triés afin de disposer d’une majorité absolue.

Ayant perdu sa majorité absolue à l’Assemblée nationale dans le cadre d’un scrutin uninominal à deux tours, le véritable enjeu réside dans le fait d’élaborer des lois au travers d’un ensemble de compromis. Or, la majorité relative ne sait guère utiliser ces éléments. D’ores et déjà, l’allocution représente une forme de désaveux terrible pour le système présidentialiste à la Française. Une crise inédite sous la Cinquième République voit le jour. Elle risque de durer dans le temps.

Aucun parti politique ne souhaite gouverner. Élisabeth Borne avait pourtant remis sa démission au président de la République afin justement de former un nouveau gouvernement. Or, le président de la République l’a refusé. Cela témoigne d’une entorse aux différents us et coutumes dans la vie politique de la République. À partir de ce moment précis, le président de la République a choisi la “crise politique” comme moyen de gouvernance. De ce fait, il s’avère nécessaire de choisir entre le “bloc républicain” et le “bloc bourgeois”. Le “barrage républicain” se retrouve à partir de ce moment-là tombé aux oubliettes. Dans ce sens, il convient d’affirmer sciemment et en toute objectivité que les castors se retrouvent dans une dynamique où leur volonté s’est envolée. Il s’agissait en réalité d’une manœuvre afin d’accélérer l’union des droites.

Le fameux castor est même allé jusqu’à proposer une alliance avec le Rassemblement National de Marine Le Pen. Cela permet de soutenir clairement une vision d’ensemble du “front” ou “barrage” face aux ennemis de la République. Il y a quelques années, je disais que “voter Macron, c’était voter Le Pen”. Certaines personnes dans mon entourage raillaient profondément cet état d’esprit voyant une forme de “gauchisme”. Or, il s’agissait d’une forme de prémonition claire, voyante et absolue. Avoir plus peur de la “gauche radicale” que d’un parti ayant l’héritage au travers de la collaboration avec les nazis pose un véritable problème démocratique. En l’espace d’une vingtaine d’années, le problème n’est plus devenu de l’extrême-droite qui fut dédiabolisée, normalisée et mis sous forme d’une respectabilité dangereuse. Ainsi, la question demeure dans les faits qu’un parti ayant souhaité s’allier avec l’extrême-droite se doit d’être mis en dehors du champ républicain.

La lutte contre “les extrêmes” vantée par Emmanuel Macron et Élisabeth Borne aura permis en tout point d’éclaircir la position républicaine de “renaissance”. Il semble nécessaire de souligner que le choix de “renaissance” s’inspirant certainement de “Renew” au niveau européen possède une histoire au sein de l’extrême-droite. En faisant ce choix, les partisans et soutiens du mouvement présidentialiste admettaient par volonté la compatibilité avec l’Extrême-droite. La dialectique dispose d’un sens. Les castors ont acté des faits : Macron et Le Pen roulent pour les mêmes idées avec simplement un enrobage différent.

Ensuite, le gouvernement actuel refuse de passer au travers d’un “vote de confiance” comme c’est le cas dans le parlementarisme à la Française afin de donner une légitimité parlementaire. Faute d’usage de cet outil indispensable à la vie parlementaire et politique, la crise ne peut que s’accentuer de jour en jour. Le blocage des institutions débouche sur une volonté de poursuivre le programme pour lequel Emmanuel Macron a été élu. Pourtant, tout le monde sait très bien qu’il ne pourra pas appliquer son programme issu du cabinet de McKinsey. Le président dans une trop forte estime de lui-même a regretté ne pas avoir la majorité absolue dite “solide”. Les réformes devront progressivement passer les unes après les autres au travers d’un système d’alliance dans le cadre d’un contrat de gouvernance ou des réformes taillés sur pièce. Les différentes prérogatives de la Constitution permettent dans ce point d’utiliser des mesures autoritaires à l’image d’une “monarchie présidentielle” comme les ordonnances, le 49.3, etc.

Au contraire, Emmanuel Macron a toujours voulu d’un groupe parlementaire caporalisé en rebus de toutes les lois concernant le “mandat impératif”. Les éléments de langage tendent naturellement à sous-entendre qu’au travers toujours de la Constitution, la position du mouvement “ensemble !” (résultant d’un plagiat du parti Ensemble) se retrouve progressivement dans une dynamique dangereuse. La machine s’enraye, la machine se retrouve dans une situation inédite. La question résulte de savoir si la façon de gouverner de la présidence de la République va changer de fond en comble ou s’il y aura de simple rustine afin de poursuivre l’effort financier pour soutenir les entreprises, les actionnaires et les plus aisés. À partir de ce moment précis, une crise institutionnelle nécessite une forme d’introspection profonde, mais aussi de trouver des solutions au cadre de la Cinquième République. Je pense sincèrement que nous devons changer de République afin d’aboutir à un véritable système parlementaire afin de faire entrer la France dans les “grandes démocraties” et non plus dans une “République bananière”.

Une société ingouvernable

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Emmanuel Macron a perdu sa majorité absolue (dit “solide”) à l’Assemblée nationale dans le cadre des élections législatives. Les électeurs ont propulsé la NUPES avec 139 sièges, mais aussi le Rassemblement National avec plus de 80 sièges. Le bloc bourgeois en ressort consolidé.

Le mouvement présidentiel pourra sans nul doute gouverner avec les conservateurs ultra-libéraux et l’extrême-droite puisqu’ils partagent ensemble la même rengaine envers les travailleurs et les pauvres. Dans un contexte de crise économique, sanitaire et écologique, les différents partis issus des urnes reviennent dans une dynamique où l’autoritarisme ne sera que le visage d’un pouvoir en perdition. Les “grandes démocraties” s’établissent sous la forme de grandes coalitions. Les réformes structurelles tant voulues la majorité afin de financer l’assistanat des entreprises et les cadeaux des plus aisés, je noterai qu’il y a une forme hypothétique du climat au travers d’un Greenwashing. Cela permet de sous-tendre que la “réforme des retraites” ne permettra pas de financer les retraites, mais qu’il s’agit d’un véritable “rapt en bande en organisé”.

Les éléments de langage débouchent clairement sur une “société ingouvernable”. Les éditorialistes de droite voient commela France comme un pays irréformable. Or, le problème ne réside point dans le fait de poster des réformes substantielles vers l’amélioration de la qualité de vie, mais bien dans une dimension où elles ne profitent finalement toujours aux mêmes personnes, aux mêmes groupes d’intérêts, c’est-à-dire, ce sont des réformes corporatistes. Une des raisons sous-entend que le néolibéralisme reste une forme de néo-corporatisme. Voilà le danger qui guète les travailleurs au moment où les pressions de la “fameuse” Commission européenne de Bruxelles se font sentir. Gouverner, c’est faire des choix, je l’entends parfaitement. Or, l’idée de gouverner avec l’intérêt supérieur de la nation démontre clairement une forme de patriotisme, de chauvinisme, et même des éléments du nationalisme.

La société bloquée débouche nécessairement sur une société “violente” où les libéraux de toute obédience vont accélérer la destruction systématique du “mode de vie” français. L’exception française donne du tort à remordre pour les prochaines années à un pouvoir en perdition. Au moment où la “droite présidentielle” a agité le “drapeau des extrêmes” sous forme d’inculture politique, elle a favorisé l’extrême-droite qui ironiquement appelait à un “front Républicain” contre le “péril communiste”. Nonobstant cet appel saugrenu, le fait que je parlais d’abandonner le “Front Républicain” pour un “Front Progressiste” en dit long. À partir de cet élément, il convient d’admettre que les différentes forces en présence auraient pu balayer l’extrême-droite. Or, le fait que la date quasi-symbolique de la “marche sur Rome” soit utilisée pour les néo-fascistes de former un groupe à l’Assemblée Nationale permet de démontrer par tout temps que le néolibéralisme 1 est un “fascisme”. Dès lors, la marche sur l’Élysée au travers de xénophobes, d’antisémites (et négationnistes), de racistes anti-musulman, de masculinistes permet de créer un véritable malaise.

Nous n’oublierons pas également que le président de la République au travers de Gérald Darmanin a essayé de dissoudre La GALE au nom de la “loi contre le séparatisme”. Le présumé violeur (trois accusations en cours) a caressé dans le sens du poil la demande de la droite extrême et de l’extrême-droite. Il en a été de même avec Nantes Révoltée. Cela permet de voir que la “droite présidentielle” d’un ministre passé par l’Action Française reste sur les éléments de langages précis : les extrêmes se rejoignent. Or, de façon précise, cela permet de sous-tendre qu’à l’heure d’aujourd’hui, la Macronie et l’extrême-droite ont un programme assez similaire. Étonnant non ?

La Macronie s’était fait l’enjeu de faire baisser l’extrême-droite dans les urnes. À défaut d’avoir mené une politique progressiste au travers d’un socialisme-libéral et exacerbé les peurs d’un électorat conservateur, ils ont au contraire donné l’échelle et fait comme un marche pied à l’extrême-droite afin qu’ils puissent entrer dans le Parlement. Ils portent désormais une lourde responsabilité. Le temps du progrès apparaît loin, nous voici dans le temps de la réaction. Dès lors, le fait de dissiper la théorie fumeuse très appréciée par les Macronistes de combattre les “extrêmes” en dit long. Faute d’une culture et de bagages adéquats, nous entrons progressivement vers une époque dangereuse. L’extrême-gauche, ce n’est ni Mitterrand, ni Mélenchon, mais bien Lutte Ouvrière & co. Ne pas le connaître ou ne pas l’identifier témoignent d’une vision clairsemée où l’absence de maîtrise des sciences politiques et un détachement de la réalité en dit long.

Or, le mouvement présidentiel ayant agité le “spectre rouge” et “l’extrême-gauche” entend clairement s’allier avec l’extrême-droite comme le souligne Eric Dupont-Morretti. Nous sommes dans la démonstration absolue du fameux slogan de la bourgeoisie affirmant “plutôt Hitler que le Front populaire”. Cela permet de voir qu’à force de tirer la “fenêtre d’Overtone” vers l’extrême-droite, la Macronie est devenue Lepéno-compatible.

Vers une union de la gauche écologique et populaire ?

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La France Insoumise (LFI) a trouvé un accord avec Europe-Écologie Les Verts (EELV) dans le cadre d’une coalition pour gouverner. Il ne manque plus que trois partis : NPA (les trotskistes), le PCF (les communistes) et les cendres du PS (ce qu’il reste des sociaux-démocrates). D’ores et déjà, nous vivons un “moment unique” au sein de la gauche.

Je ne suis pas mélenchonien loin de là, mais je crois à une reconstruction de la gauche pragmatique, réaliste et en lien avec son époque. En effet, ces quarante dernières années, nous avons vu la sape néolibérale détruire l’ensemble de notre société en y distillant un poison au travers de l’augmentation de l’extrême-droite. Je crois avec volonté qu’on doit la création de se dire que face à un macronisme souhaitant s’allier avec les conservateurs et l’extrême-droite au plus haut niveau, l’heure est à la responsabilité et à réaliser des choix politiques pas forcément en accord avec l’ensemble de nos valeurs. Gouverner, c’est faire des choix.

Par ailleurs, il convient de souligner qu’il convient de voir que la gauche “sociale-démocrate” pourrait être amenée à gouverner dans ce cadre précis. En effet, les écologistes néolibéraux de Yannick Jadot sont terrassés par leur score minable aux élections présidentielles. Dans ce sens, les électeurs ont boudé un programme écolo-libéral. Il faut le dire que l’écologie sans la rupture avec le néolibéralisme, c’est du greenwashing. Avec près de 4,7 % des voix, il convient de souligner que ce qui devait s’incarner comme une troisième force du pays afin d’enclencher le processus vers une “transition” n’a pas vraiment satisfait les électeurs, le programme de Sandrine Rousseau apparaît comme plus approprié. Une rupture radicale avec la société capitaliste devient évidente. Du coup, la bande est à Yannick Jadot est partie. Peut-être qu’elle ira rejoindre les bans de la macronie tellement ils sont proches. Ce désaveu des urnes conduit nécessairement à un accord entre les partisans de Jean-Luc Mélenchon et Sandrine Rousseau. Il a été acté cette nuit.

Comme le dirait si bien Manuel Valls (dans le Gif 👇), dont sa mission aura été de dynamiter ce qu’il reste de sa vision du Parti socialiste. En effet, la logique des néosocialistes est connue sous Marcel Déat. Ces derniers en voulant sans cesse s’inscrire dans un triptyque éponyme d’un livre : Ordre, Autorité, Nation, flanchent progressivement sous un signe de l’extrême-droite. Cela n’a pas marqué à souligner que Manuel Valls est tout de même dans sa carrière espagnol allé manifester avec les franquistes et antisémites de Vox. Son Parti Socialiste a été un moteur pour la création du parti présidentiel d’Emmanuel Macron. À force des jours qui se suivent, le substrat des idées de droite ont fuit vers un el dorado où le business et le management sauvage étaient les valeurs pionnières. Que reste-t-il du Parti Socialiste ? On peut dire qu’au travers 1 à 2% des voix aux élections présidentielles : pas grand chose. Le Parti Socialiste de Manuel Valls et François Hollande est mort. La renaissance d’ores et déjà du monde d’après la cuite peut se retrouver dans un autre avenir, une autre ambition, c’est le programme de Jean-Luc Mélenchon. Toutefois, il semblera nécessaire peut-être d’infléchir une ligne un peu plus “européenne”.

Et le parti Communiste Français (je n’ai pas trouvé de Gif à la gloire du camarade Roussel 😅) ? La question des programmes diverge et c’est notoire, notamment sur le nucléaire ou encore sur la laïcité (la liste n’étant pas exhaustive).

La question se résume de savoir : comment Fabien Roussel a-t-il pu invité à Colonel Fabien des néolaïcs, c’est-à-dire des personnes foncièrement antimusulmans et antilaïcs comme Caroline Fourest ? Cela donne deux axes foncièrement antagonistes de la façon, dont la République laïque est défendue.Ainsi, sur le volet du nucléaire, il semble clairement nécessaire de voir au travers de mon prisme, je suis mitigé. En effet, l’industrie nucléaire nécessite des investissements colossaux afin de réussir un jour à produire une centrale à réaction par fusion et non par fission, mais aussi de concevoir les réacteurs à nucléaire de 4e génération, là où la construction d’un EPR s’avère complexe, notamment à Flamanville. L’affaire est à suivre.

J’avais lu la note de mon camarade Cédric Goulmot qui expliquait les raisons de son vote. Or, si la richesse de l’analyse est au rendez-vous, il apparaît clairement que je reste foncièrement sceptique sur les tenants et les aboutissants. Toutefois, au vu de l’urgence qui incombe face à la “violence néolibérale”, un accord même minimal serait le bienvenu.

Puis la dernière question s’inscrit dans le fait de savoir : qu’allons-nous faire des Trotskistes du NPA ? Les communistes révolutionnaires emmenés par Philippe Poutou savent très bien qu’ils narrent la réalité de nos vies afin de les mettre en perspective dans les luttes sociales. Nous avons besoin des personnes clairement orientées dans le concret de la vie, par un idéal et ne souhaitant pas faire des carrières politiques. Or, Philippe Poutou et ses camarades connaissent très bien les classes populaires. D’autant que Philippe Poutou a été un ouvrier d’usine.

Je vois très bien que certains de mes compagnons qui ont pris une route qui n’était pas la mienne sont en alerte maximale. D’ores et déjà, la crainte de trouver une “nouvelle gauche” reconstruite se traduit par des “posts” sur les réseaux sociaux, des “articles” sur des articles sur des blogs ou des journaux divers. Cette crainte se traduit sur deux axes : la peur d’une majorité alternative à l’Union Européenne et du fameux péril rouge. Dans ce sens, les électeurs auront le choix dans une grande alliance de gouvernement face au “vieux monde” rabougri par la haine des travailleurs, des syndicats et de l’opposition. En effet, il convient de souligner d’ores et déjà qu’au vu des dernières publications au sein de mon parti animées par la peur, je pense rendre ma carte afin de faire cavalier tout seul. Je ne peux pas être avec des personnes qui pensent que le fascisme, c’est la même que l’extrême-gauche. La banalisation de l’extrême-droite n’est pas de mon point de vue. Face à cette menace, l’autoroute d’un parti pro-européen de gauche aurait fait son chemin. Lorsqu’ils ne savent pas qu’ils sont de gauche ou de droite alors il convient d’assumer la position et l’immobilisme ambiant.

Elon Musk souhaite détruire Twitter

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Tout le monde connaît Elon Musk, le multimilliardaire le plus riche du monde. Ses idées s’enracinent très fréquemment dans une position conservatrice, réactionnaire et obscurantiste (notamment sur les questions sanitaires en soutenant les eugénistes des “convois de la liberté”). Nombreuses questions sont à soulever de la personne la plus riche du monde.

Comment peut-on développer la science d’une part au travers de Space X et promouvoir une défense des “libertés économiques” au-dessus du “droit aux soins” et à “la vie” ? Ce paradoxe s’inscrit dans le fait que les “libertés économiques” génèrent de la richesse, le “droit d’être en bonne santé” coûte de l’argent.

Elon Musk s’inscrit dans une étape où il est un ultracapitaliste. Si la dimension de lui affecter l’étiquette de “libertarien” ne me pose aucun souci, certains ne sont pas d’accord. En effet, il semble nécessaire de sous-entendre que la “dimension libertarienne” soulève de nombreuses questions et reste très vaste. Dans ce sens, il convient parfaitement d’assumer qu’il s’inscrit dans la frange ignare. Le mouvement néoconservateur s’enracine sciemment dans une destruction des “liberté individuelles” afin de créer une société néofasciste. Nous le voyons bien que les personnes comme Elon Musk appellent à faire du tri dans les bibliothèques et à brûler des livres pour créer des autodafés, mais aussi à combattre les “droits civiques”. La “vague ‘Républicaine'” risque d’avoir une répercussion sur l’ensemble du globe puisqu’elle n’est pas bleue, mais porte en elle la “peste brune”. De ce sens, le virage que promettent les élections à mi-mandat risque d’être un cataclysme pour les “libertés démocratiques” et la “paix civile”.

En effet, il convient de voir que son seul motif dans sa vie réside dans le fait de posséder toujours plus d’entreprises afin de les sortir des bourses et d’en faire la pluie et le beau temps.

Dans ce sens, il apparaît que les désirs fous s’inscrivent à sortir le “petit oiseau bleu” de la bourse afin d’en faire un réseau à son image, c’est-à-dire une variante de “Truth” de Donald Trump. Les lignes sont définies. Il ne cesse de provoquer les twittos. Un réseau sous la chape de plomb du plus riche des personnes engendrerait fatalement une dégradation de la manière, dont fonctionne ce réseau. De telle sorte que la dimension provienne d’une guerre entre les actionnaires (sachant que Twitter ne dégage des profits que depuis 2019) alors que les autres réseaux sociaux y font des bénéfices depuis un certain temps.

Elon Musk en ayant entre 10 et 15 % des actions s’inscrit dans une vision où il est l’actionnaire majoritaire. Ainsi, il essaye de faire la pluie et le beau temps sur ce réseau social afin de créer des fluctuations dans les cours des bourses. Il s’est ensuite engagé à emprunter auprès des différentes banques pour racheter Twitter dans son intégrité.

La volonté de créer un “twitter payant” et un “twitter gratuit” s’inscrit diamétralement dans une vision mercantile afin de créer une sécession vis-à-vis des utilisateurs. De cette manière, il convient d’admettre que la bataille contre Elon Musk réside également dans le fait de ne pas avoir un “gourou sectaire” avide de pouvoir et proche de Donald Trump. Dans ce sens, la question de la liberté d’expression si chère à Elon Musk permettrait aux différents partisans de son idéologie de diffuser un contenu mortifère et de nombreux appels à la haine. En effet, la frange conservatrice s’inscrit dans une volonté de reprendre les “lieux” de contre-pouvoir afin de distiller son programme obscurantiste. En effet, la personne la plus riche du monde semble définir une feuille de route afin de diffuser une pensée profondément obscurantiste, réactionnaire et aux antipodes de notre temps.

Dans le même temps, nous assistons à un départ des personnes inquiets d’un réseau social vers le fediverse. D’ores et déjà, les alternatives augmentent considérablement. Ainsi, je pense que le futur ne sera pas dans un réseau social à la gloire d’un multimilliardaire, mais bien dans une vision où les réseaux seront fédérés les uns entre les autres. C’est là que tout se joue. À partir de ce moment, il convient de faire la promotion de Mastodon. J’y suis depuis 2017, il manque juste les “spaces” (ou espaces), mais c’est identique, mieux et incroyablement plus riche en contenu que twitter. Cependant, les réseaux créeront-ils un véritable changement ou les utilisateurs préféreront n’être que du data pour rentabiliser une entreprise.

La question fondamentale réside dans le fait que les personnes vont-elles se construire sur un nouvel idéal : libre et non-lucratif ou baisseront-elles les bras pour devenir des esclaves à données ?

Un quinquennat axé sur l’austérité et la violence

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Emmanuel Macron a été élu, certains sont soulagés, mais pas moi. Je crois sincèrement que l’extrême-droite et le fait que ses idées progressent dans la société permettent de dissocier deux éléments : la bataille électorale et la bataille des idées. Or, si l’extrême-droite perd chaque élection présidentielle depuis près de 20 ans, son score est passé de 18 à 42 %. Cela signifie que nous sommes passés d’un à deux personnes sur cinq souhaitant en finir avec la République, la Démocratie libérale et revenir à l’époque préhistorique.

La volonté de Marine Le Pen comme de ses alliés réside dans l’idée de revenir à la volonté d’un nationalisme voulant rompre avec le pacte républicain. Des personnes comme Nicolas Sarkozy ont clairement voulu faire progresser le Rassemblement National en soutenant que “Marine Le Pen est compatible avec la République“. Dans ce sens, il convient de sous-entendre que la droitisation engendre naturellement une fracture au sein de la République y compris chez les autoproclamés de la “droite républicaine”, dont on sait qu’au travers d’Eric Ciotti et Valérie Pécresse se sont accaparés la “théorie du grand Remplacement” du néo-nazi Renaud Camus. Il semble nécessaire de rompre avec cette vision que le suprémacisme blanc et ses axes antisémites tout comme antimusulmans en disent long. Ainsi, la “droite Pécresse” tout comme la “droite Ciotti” ne peut combattre l’extrême-droite. Une raison est simple, ils sont l’extrême-droite ultralibérale pro-européenne. Le ralliement à Emmanuel Macron se targue d’être une vitrine pour sauver les meubles.

Dans ce sens, il convient de comprendre la ligne de démarcation entre la position républicaine et les sépératistes antirépublicains devient de plus mince. Ainsi, il convient d’admettre que la République sera en sursis pour les années à venir. La mise en demeure que souhaitent les réactionnaires, les obscurantistes et les adeptes du Moyen-âge devient imminent. Les visions s’orientent sciemment vers une volonté de broyer les pauvres, s’attaquer aux travailleurs, harceler les syndicalistes, humilier les précaires afin d’extirper le dur labeur pour enrichir une classe dominante, dont sa girouette politique s’oriente là où l’exploitation est la règle. Elle n’est ni républicaine, ni européenne, elle est bourgeoise, car la bourgeoisie sait très bien les dimensions de son fonctionnement réside dans la spoliation via le surtravail (ou la plus-value).

D’ores et déjà, les partisans d’une Europe fédérale devront clairement admettre que le projet sera progressiste ou orienté vers une vision d’un “patriotisme européen” voir d’un “nationalisme européen”. Dans ce sens, les éléments commencent à se mettre en évidence au travers des accointinence entre la macronie et l’extrême-droite. De cette manière, la construction européenne (telle que je l’entends) risque de prendre du mordant dans la tête et du plomb dans l’aile. Ainsi, il semble nécessaire de voir que la bataille contre l’extrême-droite ne se réalise pas seulement dans les urnes, mais bien quotidiennement, notamment contre ses idées. Nous le voyons très bien que sur cette dernière question, la bataille s’avère très longue, et cela, s’inscrira nécessairement dans une vision de démasquer chaque proposition de l’extrême-droite. À partir de ce moment-là, l’idée qu’un gouvernement puisse appliquer les idées qu’il trouve “bon” pour la France en dit long. Le barrage commence à fuir doucement sur le côté droit.

Nemesis, collectif féminin suprémaciste blanc soutenant le ministre antilaïque Jean-Michel Blanquer

Le groupe séparatiste foncièrement raciste Nemesis proche de Marine Le Pen avec Jean-Michel Blanquer. L’extrême-droite a réussi là où personne n’avait fait. Ainsi, Nemesis peut se pavaner, mais elle soutient le présumé violeur comme Gérald Darmanin. Chacun sa priorité finalement, mais cela montre clairement l’axe flou en ce qu’il concerne la présidence réélue : soutenir le suprémacisme blanc avec enrobage d’antisémitisme et violemment antimusulman. Le communautarisme ethno-différentialiste en dit long au sein de la macronie. Il semble nécessaire de rappeler que le ministre opposé à la laïcité et pour la privatisation de l’école au profit des écoles séparatistes catholiques en dit long. L’extrême-droite a peut-être perdu les élections, mais cela démontre que ses idées en sortent vainqueurs.

Le ministre de l’Éducation nationale se dit avoir été piégé par le collectif féminin, mais cela en dit long sur la supercherie de son argumentation. Il semble nécessaire d’assumer à un moment donné.

La question réside dans le fait suivant : Emmanuel Macron et sa clique, va-t-il encore jouer avec le feu en soufflant sur les braises de l’extrême-droite ? Va-t-il enfin comprendre que cette dernière soutient les idées macronistes ? Ces questions détermineront sur quelle droite, la majorité va gouverner et il y a de quoi avoir peur. Le président de la République a soif de pouvoir et il va réprimer dans le sang les manifestations avec des soldats lepéniste clairement radicalisés (antiouvriers et pro-patronat) souhaitant en finir avec le prolétaire pour une soumission totale. Le quinquennat sera difficile.

Enfin, il incombe de voir que le nationalisme comme porte-étendard de la guerre multiforme (de classe, raciale, ethnique…) se porte bien au travers de différents modèles ultracapitalistes. Les gagnants n’auront pas à craindre l’arrivée de l’extrême-droite. Leurs idées sont déjà appliquées au niveau national et inscrites dans les différents codes et lois en vigueur. Rien ne changera pour nous les prolétaires si ce n’est une vision toujours plus oppressive.

Les extrêmes n’ont pas le même projet et ne se rejoignent pas

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Au cours de ce second tour, j’entends sur un groupe WhatsApp, et même dans des communiqués de presse une idée de lutter contre les extrêmes. La question majeure réside dans le fait qu’une notion pour connaître en quoi ressemble clairement l’idée de combattre “l’extrême”. Cela sous-entend sciemment que “les extrêmes se rejoignent” sous couvert naturellement de totalitarisme.

Cette dynamique n’a rien de naturel lorsque l’on connaît l’Histoire des extrêmes qui sont implicitement soutenus dans cette rhétorique. Elle provient des idées de Hannah Arendt au travers de ses travaux sur les origines du système totalitaire et plus précisément le système totalitaire, dont le troisième livre dresse une comparaison entre le Stalinisme et le Nazisme. Les deux mouvements ne sont pas à défendre loin de là.

Pourtant, l’élève d’Heidegger jette une idée que l’extrême-gauche est autant dangereuse que celle d’extrême-droite. Ainsi, il convient de lutter contre les “extrêmes “, c’est-à-dire de se positionner dans une vision où naturellement la position convient d’être dans une logique pragmatique. Dans un pays où l’extrême-gauche fait 0,8 % (LO et NPA), c’est-à-dire moins de 1 %, cette rhétorique a du plomb dans l’aile. Pourquoi utilise-t-on le terme “extrême” pour ces deux courants ? Il y a manifestement une vision tendant à démontrer que l’aspect de la dialectique tend à considérer que la théorie de la “révolution permanente” de Léon Trotski s’avère de prendre le pouvoir au travers des “luttes sociales”. Par ce principe, il ne croit absolument pas dans la question de l’outil démocratique pour réaliser une “révolution socialiste”. Ainsi, la bataille se joue dans la rue et les urnes ne sont là que pour mettre en avant les idées d’un “communisme révolutionnaire”. Je me demande d’ailleurs s’ils savent ce que cela implique, c’est-à-dire la mise en place d’une “dictature démocratique”. C’est un oxymore, avouons-le. Encore faut-il lire la lecture trotskiste pour le comprendre, mais les conservateurs et les militants de salon préféreront l’usage sémantique montrant leur incompétence, mais aussi leur ridicule.

La stratégie républicaine de la “gauche”, dont il faut utiliser le terme “radical” s’inscrit dans une dynamique de prendre le pouvoir par les urnes afin d’y appliquer un discours plus réformiste que le programme de gouvernement commun entre le Parti Socialiste et le Parti Communiste Français durant les élections de 1981. On sait très bien que le progrès que François Mitterrand a apporté à la France, notamment l’abolition de la peine de mort, là où les conservateurs étaient dans une logique de décapitation des criminels comme d’ailleurs le Front National. Dans ce sens, il convient de saluer le fait que Robert Badinter a été à l’oeuvre d’une vision futuriste.

Les lignes brouillées par des individus ultraconservateurs provenant de l’extrême-droite ont un impact sans précédent. Nous le voyons, les mêmes tendent à caractériser (et avec culot) que Jean-Luc Mélenchon serait d’extrême-gauche. Oui, les sociaux-démocrates sont vus par les conservateurs comme des “gauchistes” en somme. Ils n’ont plus l’habitude de voir que la “vraie” gauche (et avec toutes les réserves que j’ai à mettre dessus) est de retour. À partir de ce principe, il convient d’utiliser le terme “radical” pour souligner en quoi elle réside. Dès lors, nous voyons bien que la “droitisation” se traduit par un appauvrissement du niveau des débats.

Toutefois, la notion d’endiguer les extrêmes provient la plupart du temps des différents conservateurs. Or, la mise en perspective d’Hannah Arendt ne s’inscrit pas dans une rhétorique abstraite, elle est le produit de la Révolution conservatrice allemande. Dans ce sens, il convient de souligner que si les écrits tendent à rationaliser les propos de Friedrich Hayek dans son livre les discours de la servitude. L’idée phare réside dans une ambition qu’il n’y aurait plus qu’une alternative face au totalitarisme. Cela n’empêchera pas de perdurer en ce qu’il concerne le soutien à des dictatures comme au Chili avec Augusto Pinochet ou dans d’autres pays d’Amérique du Sud. L’idée tend surtout à soutenir une vision ultralibérale où les libertés individuelles sont mises de côté afin de laisser le marché dans son absolu gérer les différents problèmes économiques. Friedrich Hayek était dans ce sens, un économiste entre minarchisme et libertarianisme. Il faut tout de même le dire les ultraconservateurs, dont les liens actuels avec l’extrême-droite sont les mieux placés pour mettre en place cette dynamique, essaye de transformer l’ensemble des rapports afin d’aller vers un système pur en termes d’équilibre des marchés.

Donald Trump savait très bien ce qu’il faisait en terme de réformes économiques et de libéralisation des marchés. Ce dangereux multimilliardaire aux différents réflexes néofascistes était dans une dynamique où la “révolution libérale” débouche sur une vision absurde, c’est-à-dire sur la question d’une dictature forcenée. D’ailleurs, la limace orange telle qu’il faut l’appeler a débordé d’imagination dans l’aspiration des différentes “fake-news”. Ne revenons pas sur son quinquennat où par sa volonté eugéniste, il a tué 500 000 personnes. On se souvient très bien que ce dernier dans une vision mégalomane et hostile à la démocratie a organisé une tentative de coup d’état dans l’assaut du Capitole. Le vrai visage de l’extrême-droite reste présent. La démocratie apparaît comme un “moyen” de prendre le pouvoir afin de le séquestrer. Voilà, le vrai visage de l’extrême-droite. On pourra parler également de Vladimir Poutine, dont sa vision s’inscrit dans l’impérialisme (comme nous le voyons dans les massacres en Ukraine) et dans le totalitarisme en accord avec les oligarques russes.

Ainsi, les différents soutiens en France comme Hossam (dit Jean) “Messiha” de Donald Trump en ce qu’il concerne la politique et l’élection de Joe Biden soutenait des éléments de langage en soulignant que la “démocratie libérale” n’était autre que le communisme. De cette manière, le franco-égyptien considère la “démocratie” comme une position “communiste”. Cela montre bien que le partisan du Raïs préfère la dictature à un système démocratique avec ses défauts.

De plus, loin de comparer la France à l’Allemagne tout comme l’Union Soviétique, la question des extrêmes sous l’idée que le communisme est équivalent au nazisme cache la réalité des progrès sociaux liés à l’extrême-gauche. L’extrême-droite n’apporte aucun progrès, aucune perspective et s’enracine dans un discours contre la modernité. En partant de ce principe, la “révolution conservatrice” entend justement trouver une seule voix pour articuler qu’il n’y aurait qu’une seule alternative face aux extrêmes : le libéralisme conservatisme. Cela permet de continuer à ne souligner que la “Sécurité Sociale” en tant que vision impulsée par l’extrême-gauche et son système de fonctionnement. La réduction du temps de travail, le code du travail, l’interdiction du travail des enfants, etc.

Les personnes ayant ce type de réflexes s’inscrivent dans des relents passéistes, rétrogrades et savent très bien que les dynamiques les orienteraient vers une rupture de la France afin qu’elle revienne au 20e voir au 19e.

La Commune de Paris en 1871 se résume à la “liberté de la presse”, la “laïcité” ou encore “la liberté d’association” qu’il faudra attendre respectivement sous la Troisième République en 1888, 1905 et 1901. Autant dire que si l’extrême-gauche est un danger comme le disent souvent les conservateurs, ces derniers ont du mal avec les libertés au nom de la tradition. Mais les conservateurs et réactionnaires disent que la “Commune de Paris” était antidémocratique, ni plus, ni moins. D’ailleurs, Adolphe Thiers a préféré la “semaine sanglante” au nom de ses valeurs et dut broyer les “libertés collectives”.

Chacun pensera à partir de ces éléments ce qu’il voudra, mais dire qu’en France que l’extrême-droite et l’extrême-gauche, c’est la même chose revient à un manque de culture et danger pour l’avenir de la République. Cela revient à banaliser le discours de l’extrême-droite et à vouloir d’une certaine manière en finir avec les “libertés collectives”. Au moment où l’extrême-droite se situe au plus haut niveau que jamais, il convient de remettre à sa place les termes exacts pour mieux comprendre et tant pis si ça ne plaît pas aux militants de salon et habitués d’être derrière des écrans.

Lutter contre l’extrême-droite pour ne jamais oublier

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Nul ne pourra dire qu’il n’était pas au courant de la manière, dont se jouent les élections présidentielles. Je vis la lutte contre l’extrême-droite depuis plus d’une dizaine d’années, c’est-à-dire à partir du moment où j’ai commencé milité. Certes, il m’est arrivé de faire des bourdes comme chacun. Toutefois, j’assume pleinement ma position de militant progressiste, c’est-à-dire de combattre quotidiennement non pas une vitrine, mais l’intégralité des différentes idées.

Dès lors, il convient d’admettre que cette bataille sur le terrain des idées se réalise au travers d’une déconstruction minutieuse. De ce fait, le bulletin de vote dans l’urne se traduit clairement ne permet à aucun moment de se mobiliser. Il s’agit d’une valse sur le « politiquement correct ». Les libéraux reprenant une grande partie du programme identitaire, sécuritaire et social savent très bien qu’ils ont ouvert la boîte de Pandore. La réalité se traduit dans les faits par une « lepénisation » progressive de la macronie. En partant de ces éléments, les polémiques identitaires tous les trois mois s’enracinent à grappiller quelques voix à l’extrême-droite, mais cela caduque le fait de poser la stature d’Emmanuel Macron comme le sauveur.

Je le vois bien autour de moi, la crainte s’installe de façon progressive. Les personnes ont peur, ils savent très bien que le fait d’avoir l’extrême-droite au pouvoir déclenchera une réelle « guerre civile ». La démocratie de la Cinquième République n’a pas été pensée pour être un rempart contre l’extrême-droite, mais uniquement d’asseoir un « roi » ou une « reine » tous les cinq ans. Qu’on se console, ce n’est à aucun moment le président qui fait la politique, mais bien le Parlement, dont le mode de scrutin laisse songeur puisque la représentation nationale est mise à mal au travers des circonscriptions. Mais, le parti du président sortant y est retissant. Chacun assumera s’il est vraiment « démocrate » ou pas.

En banalisant sans cesse ses idées politiques, les politiciens néo-socialistes, néo-laïcs et néo-conservateurs ont réussi à « républicaniser » la perspective fasciste. Il convient de retrouver la réalité de l’ascension de Benito Mussolini, celui-ci se disait également « républicain » avant de prendre le trône pour y installer une dictature que certains historiens qualifient de « totalitaire ». L’usage d’une dialectique inscrite dans le corpus réactionnaire ne peut qu’ouvrir les vannes de l’extrême-droite. Dès lors, je crois sincèrement qu’il va falloir qu’Emmanuel Macron change de braquet, change de méthode.

Dans le même temps, je crois effectivement que son refus de débattre avec les autres candidats s’enracinent progressivement dans une « mégalomanie » de fond. Il est animé par une vocation tel le chanoine de Latran. Il porte un projet de société que sa base ne connaît pas. On peut dire que tous les doutes sont permis. De plus, il convient de souligner que le Maccarthysme ambiant se traduit sincèrement comme je peux le voir chez Volt par une droitisation de la société : Jean-Luc Mélenchon est l’extrême-gauche, mais Mitterrand (en 1981) avec un programme plus à gauche, c’est la « gauche de gouvernement ». Comprendra qui voudra. Il va falloir admettre que sans la « France Insoumise », Emmanuel Macron ne sera pas réélu. D’ores et déjà, il convient de faire comprendre aux macronistes que leur sectarisme risque de conduire l’ensemble de la France dans les mains de l’extrême-droite.

Les mesures « anti-sociales » afin de construire la « France du 21e siècle » basées sur le programme entre autres de l’extrême-droite laisse deux formes de lutte : 1/ la bataille des élections ; 2/ la bataille des idées. Dans cette dernière perspective, il convient de s’assurer de différents éléments : jamais l’extrême-droite n’avait été aussi puissante. L’approche d’Antonio Gramsci au travers de la dimension culturelle laisse présager que l’extrême-droite s’est même offert le luxe d’avoir deux partis politiques : l’un centré autour de la nation, l’autre autour de l’ethnie.

Dans cette dimension, il me faut réitérer que je suis « communiste ». Je ne lâcherai pas mes idées. Il convient de dire que les faits semblent têtus. Or, le « communisme en France » soutient nécessairement un réel progrès, là où le progrès n’avance pas. Enfin, il aurait fallu dissoudre le Front National à la racine. Les politiciens continuent progressivement de l’utiliser comme un épouvantail. À la fin, celui qui joue avec le feu finit par se brûler. Instrumentaliser l’extrême-droite, c’est légitimer l’extrême-droite.

Mon adhésion à Volt

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À ce jour, j’ai adhéré à un parti politique “Volt Europa” : un parti paneuropéen de centre-gauche. Cela est très réformiste et absolument pas communiste. Aurai-je trahi mes valeurs de vouloir une révolution ?

Les divergences avec Jean-Luc Mélenchon

Dans ce sens, il convient d’admettre que je commence à prendre conscience année après année que la révolution ne se passera pas au niveau national, mais au niveau européen. De là, je rejette les courants nationalistes qu’ils soient de droite comme de gauche. Le socialisme en tant que doctrine dans un état unique est voué à l’échec. Cela me paraissait évidemment qu’au travers d’un repli sur soi, rien ne pouvait fonctionner.

La candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidence de la République s’est construite sur des axes clairement différents des miens. La question de la critique d’une gestion de la crise sanitaire en disait long.

La “gauche radicale” (que certains de mauvaise foi par ignorance et crétinisme extrême-gauche) n’arrivait pas à réaliser une “convergence” entre tous les partis politiques. Non pas en raison d’une volonté de rassemblement les “sociaux-démocrates”, mais bien en raison d’une fracture en ce qu’il concerne les apports de la science. La fâcheuse question du “pass sanitaire” et de “l’obligation vaccinale” est devenue progressivement une habitude en lien avec la correspondance de la notion de la liberté.

Je me suis considéré comme en lien avec la science : j’ai fait deux vaccins puisque j’ai eu le COVID sans trop cogiter. Je savais ce que c’était que d’avoir mal partout, d’avoir des difficultés respiratoires, etc. Certes, je ne suis pas allé en réanimation et j’ai eu de la chance. Pourtant, nous étions face à des personnes qui s’inscrivaient dans une dynamique de refus de la “vaccination obligatoire” et des conséquences que cela pouvait avoir.

J’admets que je suis allé dans le contact contre les complotistes sur mon site Révolution et Libertés jusqu’à subir un harcèlement pendant des semaines en raison de la déconstruction d’une chanson d’une artiste complotiste et new-age.

Les “antipass” et “antivaxs” se sont mobilisés tous les samedi dans un continuum des Gilets Jaunes, ce mouvement poujadiste qui réclamait le démantèlement de l’Etat social. Autant dire que durant cette période, cela tournait clairement dans une dimension complotiste. Il s’agissait pour les individus de reprendre celui de la “résistance” face au nazisme. Or, Emmanuel Macron, bien que sur la voie qui mène progressivement vers le “néofascisme”, n’est pas comparable en ce qu’il concerne la logique vaccinale. Pourtant, nous avons vu le nombre de “Point Godwin” dans les rues, dont le mouvement QAnon. Dans les faits, l’idée de débattre de la “liberté” se retrouvait plus à utiliser le terme “libertay”. Le mouvement antivax était clairement libertarien. En effet, il convenait de souligner que “faire de la politique, c’est faire des choix“.

À parti de cela, il convient d’assumer que le fait d’aller vers la France Insoumise était hors de question. Trop d’éléments nous éloignaient. Puis, au niveau du communisme, il fallait rappeler qu’il s’agissait d’un programme très modéré. Nous étions dans une dynamique également où la transition écologique primait. Or, le communisme ne pouvait en aucune manière s’allier avec ceux qui manifestaient avec l’extrême-droite, il semblait nécessaire d’être cohérent, mais aussi d’être démocrate. La raison scientifique créait une séparation au sein de la gauche : la gauche scientifique et la gauche obscurantiste.

Les communistes savent très bien que le rôle de Jean-Luc Mélenchon advient comme un “effet d’espoir”, mais il est surtout un “personnage clivant”. J’avais quitté le Parti Communiste Français à une époque où je le trouvais trop mou. Or, ce que l’on peut dire réside dans le fait que les communistes de Colonel Fabien savent très bien en ce qu’il concerne la science et s’oriente toujours du côté scientifique. On pourrait disserter pendant des heures du reste comme le fait que Jean-Luc Mélenchon a soutenu également l’agriculture biodynamique, c’est-à-dire l’agriculture du nazi Rudolf Steiner.

Un communiste libre

Je me suis retrouvé au fil des années dans mes raisonnements à admettre que j’étais un OVNI en terme de politique. Il fallait assumer que je ne rentrai pas dans les clous.

À partir de ce moment-là, j’ai compris que mon militantisme résultait d’une forme d’arbitrage réelle dans différentes positions politiques. J’étais en dehors de toutes les structures politiques. Ainsi, il m’a fallu comprendre et contenir cette dimension : Je marchais seul, car j’avais fait le choix d’être dans une logique solitaire. Dès lors, il convient de structurer une pensée réaliste, j’étais dans l’opposition à la mandature d’Emmanuel Macron dans toutes ses dimensions dans un contexte objectif, c’est-à-dire tout ce qu’il ne concernait pas la “crise sanitaire”. J’avais des éléments à mettre en doute comme l’assistanat des entreprises perfusés des aides publiques.

Je me sens comme tout à fait en phase avec mes idées. J’ai été bercé par les écrits de Rosa Luxemburg. Il me semble nécessaire d’avouer que j’ai toute mon indépendance en termes d’écriture. Je suis libre comme l’air. Or, je crois sciemment que le communisme en tant que vision portée sur la société s’inscrit dans un “processus de transformation radicale” passant au travers de différentes étapes. La question de “libéraliser” la société devient une évidente au niveau des institutions afin de mettre en place une “démocratie ouvrière”. Cela fait grincer les dents les conservateurs ayant un pied dans le processus de direction depuis que le parlementarisme existe. Qu’importe, la nécessité de revenir au parlementarisme en France devient nécessaire. Je m’oppose à partir de ce moment au fait que le président soit élu au suffrage universel.

Un gâchis absolu

En raison d’une trahison sans nom, Emmanuel Macron a fait sécession du Parti Socialiste pour fonder un parti politique à son image politique : En Marche. Dans une logique Mégalomane, il a par ailleurs laisser dans sa communication les lettres “E” et “M” pour renvoyer à lui-même. Il s’agit dès lors d’un parti tourné non pas vers un projet de société, mais une seule personne, dont l’ambition était mégalomane. Puis, n’oublions pas qu’il a été élu en 2017 grâce aux voix des soutiens du néo-socialiste Manuel Valls et de ceux qui ont rejeté François Fillon en raison des sales affaires. Ainsi, il était un compromis entre un programme de fer et un programme minarchiste. À partir de cette dynamique, le centre-droit et la droite ultralibérale lui ont fait confiance. Mais il y avait cette dimension consacrée que le “libéralisme” était porteur du progrès. Cela s’est traduit par un vrai fiasco.

On voit très bien que le bilan d’Emmanuel Macron reste une profonde catastrophe. Sur tous les plans, il n’aura pas réussi à distiller une ambition profonde à réformer au travers d’un consensus. Il a réformé avec violence, énergie et fermeté. Ainsi, les transfuges des différents partis politiques se sont retrouvés dans un parti qui s’est orienté progressivement vers une droite libérale de ce qu’il y a de plus classique dans les différents pays. Ainsi, le parti présidentiel n’est pas si différent que le parti “Les Républicains”.

Emmanuel Macron aurait pu mener une politique “sociale-libérale”. Il faut comprendre que l’objectif d’Emmanuel Macron était que ça ruisselle de bas vers le haut. Il a mené un “socialisme pour les riches”, c’est-à-dire le capitalisme.

Il a mené une campagne néolibérale assez radicale d’ailleurs. La “droitisation de la société” s’est conclue par le fait que certains pensent aujourd’hui qu’Emmanuel Macron est de “centre-gauche” et le rempart contre les “extrêmes”. Une vison assez obsolète qui ne tient pas la route. Les conservateurs qui pensent que les extrêmes se rejoignent comme le dit si bien Hannah Arendt, dont son père philosophique n’est d’autre qu’Heidegger. Le refus de la modernité, le refus de dire les choses, le refus d’applique une politique sociale laisse entrevoir un président rabougri sur lui-même.

La seule mesure progressiste se résume à avoir mis en place la PMA après d’âpres batailles contre le conservatisme et la réaction propre à son électorat. On ne peut pas dire que pour un président qui a séduit l’électorat déçu du Hollandisme, son bilan soit meilleur. Il s’inscrit dans la lignée : Sarkozy et Hollande.

Entre 2017 et 2022, un chemin interminable s’est écoulé dans ma construction idéologique. Le mandat d’Emmanuel Macron s’achève sur un goût amer et des dizaines de scandales.

Les désastres de l’individualisme méthodologique

Au moment où je retravaille des articles destinés à des revues sur la thématique de l’individu, de l’individualisme, du “libéralisme radical”, je me rends bien compte que j’ai pu voir sciemment l’évolution du monde objectivement de 1997 à 2017. J’ai pu voir au travers d’une maturation politique et d’une prise réelle de recul. Rien ne sera plus jamais comme avant. Les maillons de la solidarité sont cassés les uns après les autres au profit d’un “néolibéralisme égoïste”.

Les conservateurs qui sont dans les réseaux favorisant l’entrisme afin de distiller des rhétoriques creuses savent très bien que la dépolitisation du débat politique et l’appauvrissement du langage permet de créer une novlangue afin de réduire la pensée. L’usage des mots reste une bataille politique. Dans ce sens, les incantations néolibérales pour permettre de relancer le pays sont clairement sous le signe de croyances abstraites. L’apparition de l’idée qu’en ramenant tout aux choix individuels, il se créerait une accélération et une libération de la croissance revient à un discours typiquement religieux avec des consonances évangélistes.

Dès lors, il semble nécessaire de voir qu’une autre stratégie pendant les périodes sombres que nous allons rencontrer nécessite un virage à 180 degrés. Nous avons besoin de progrès, d’une dynamique collective et d’en finir avec l’individualisme méthodologique, terrain de l’expansion de l’extrême-droite. En effet, en déconstruisant systématiquement les liens entre les personnes au travers d’un bulldozer juridique et suivant la loi d’un capitalisme sauvage. Les égoïsmes devenant une norme, les personnes pensent à eux, à leur personne et aux gains qu’ils gagnent immédiatement et non l’investissement de ce qu’ils gagnent.

Pourtant, il convient de ne souligner que d’Emmanuel Macron à Eric Zemmour, dans des proportions différentes (et des projets de société fondamentalement différents) : il s’agit d’un même programme pour quatre candidats différents. Au moins, les néolibéraux ont le choix selon la tendance qu’ils veulent choisir. Le choix de connaître : quel individualisme veulent-ils ? Quel repli identitaire veulent-ils ?

Le moment européen

Les moments qui constituaient la force du mouvement ouvrier, des luttes sociales et des manifestations se sont progressivement érodés. La volonté du “tous contre tous” au travers de la doxa actuelle ne peut permettre de faire briller une nation et encore moins un groupe de nation. Je vois très bien que le “rouleau compresseur” de l’Union Européenne demande une réforme globale et structurelle. Je ne me sens pas représenté dans cette dimension.

Mais il convient que le retour à la “nation” comme le soulignent les nationalistes de droite et de gauche serait encore pire. L’extrême-droite le dit qu’elle veut en finir avec le “couple franco-allemand”. Dans ces dimensions, nous vivons un carrefour européen en ce qu’il concerne la volonté d’un autre espoir et d’alternative.

Je crois dans ce ce sens que l’avenir de la France pour son progrès se réside à créer un parti progressiste en opposition aux libéraux et conservateurs représenté par le parti macroniste.

Dans une économie mondialisée, lorsque nous analysons concrètement les interconnexions entre les différentes économies, nous voyons parfaitement bien que les économies des pays sont liées entre elles au travers des échanges réciproques. La révolution ne peut réussir dans un “seul pays”. Elle se réalise au travers d’un groupe de pays, c’est-à-dire en question de réaliser une révolution européenne et non plus dans un seul Etat.

Une vision pragmatique du “libre-échange”

À l’époque actuelle, je crois entièrement au bienfait d’une vision réelle du “libre-échange”, non pas que je suis devenu un ayatollah de la mondialisation, mais dans les faits qu’elle permet de pointer du doigt un seul et même adversaire : le capitaliste, c’est-à-dire celui qui détient le capital de l’entreprise. Oui, je serai plus en faveur d’appliquer le principe de l’avantage comparatif afin de spécialiser les pays dans un type réel d’entreprise.

Je crois également, c’est peut-être utopique, mais qu’il ne faut plus compter sur la richesse au niveau de l’Europe afin d’accélérer une harmonisation sociale et bâtir une Europe sociale quand bien même si elle serait légèrement libéralisée. Je crois à une nationalisation de certains services publics comme le rail par la Commission européenne. Pour cela, il incombe de modifier les traités européens afin de les rendre dans l’air du temps. Il semble nécessaire de donner plus de souplesse, de flexibilité et d’autonomie aux différents Etats afin de créer un Etat fédéral.

Dans ce sens, il semble nécessaire de construire également une Union Européenne avec un réel projet européen démocratique, social et solidaire. Aujourd’hui, nous sommes dans une “guerre économique” entre les pays de l’Union Européenne. Ainsi, le “libre-échange” nécessite une régulation afin d’aller vers la théorie de Ricardo d’un “échange comparatif”. Les pays doivent se spécialiser au travers d’un compromis.

Il semble clairement nécessaire que la dimension en ce qu’il concerne un projet doit se baser sur une vision de progrès, une vision permettant de faire évoluer la société vers des jours meilleurs et non des jours où la guerre de chacun pour ses intérêts primes. Quand il n’y a pas d’espoir, ce n’est pas le progrès qui prime, c’est la réaction et l’ultraconservatisme.

Dans ce sens, je suis membre de Volt, j’assume pleinement ces éléments afin de construire une démocratie libérale en Europe sous la forme d’une fédération. Sans cette construction, nous n’aurions à aucun moment les différentes étapes pour créer l’Europe de demain. Les conservateurs feront tout pour freiner les grandes réformes afin d’aller vers l’unification de l’Union Européenne.

La traversée du désert

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Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le septième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

L’heure du recul militant

Je me souviens très bien avoir lu un des textes de Lénine (sans que je ne sois adhérent au marxisme-léninisme tout comme un soutien à la révolution bolchévik) que le parti Bolchévik après la révolution de 1905 avait connu une longue traversée du désert au travers d’un manque d’adhérents. Dans ce cas précis, je me retrouve clairement dans cette manœuvre.

À bout d’idées politiques, il paraissait rationnel que mon objectif se transcrivait comme ce fût l’apanage afin de vivre un jour dans le dépassement du capitalisme. La société post-capitaliste, je l’imaginais dans une forme de “communisme” de bas en haut au travers d’un système d’assemblée. Tout cela n’était pas une utopie, mais la construction d’une lutte qui permettait réellement d’émanciper les travailleurs. Je me suis dès lors rapproché vers le “fédéralisme intégral”. Il s’agit une des raisons pour lesquelles je me rapprochai de Volt France.

De 2018 à 2021, je n’y voyais plus grand-chose. Bien sûr que la mandature d’Emmanuel Macron s’inscrivait dans une violence inouïe à l’égard des plus démunis (et s’il a la majorité à l’Assemblée Nationale, ce sera un bain de sang). De telle sorte que la société se fracturât comme jamais elle ne l’a été. Je voyais très bien ce qu’il se déroulait, ce qui se disait dans les différents mediums acquis au capitalisme. Les pauvres coûtaient trop cher, mais les plus riches devaient être arrosés en raison du fait que selon la croyance néolibérale : il créait de la richesse et la redistribuait. Or, le “capitalisme paternel” avait laissé place à un capitalisme sauvage. Emmanuel Macron s’enracinait clairement dans les pas de Thatcher et Reagan.

Une présidence autoritaire

Il aurait fallu relire de façon consciente le 10, Downing Street afin de mieux comprendre clairement l’approche de l’orage qui semblait se profiler à l’horizon. Dans ce sens, cette lecture s’enracinait particulièrement sous le signe que le “socialisme” apparaissait comme l’idéologie en bout de course. Karl Marx et Friedrich Engels pouvaient aller se rhabiller pour plusieurs années. Les conséquences pour une génération allaient être terribles. Le modèle actuel essayait de trouver ses différents modes afin d’être sur une trajectoire optimum. Je voyais très bien dans la démarche que je réalisais : le socialisme et encore plus le communisme était pestiféré par une partie de la population. Les temps allaient être durs. Un retour à la diète, retour à la précarité, retour à une explosion de la cohésion de la société s’annonçait comme la solution pour ceux qui ne “sont rien”.

Les répressions allaient bon train. L’objectif résidait dans le fait de créer un choc dans les consciences. Nous pouvions y passer à tout moment. Puis, nous avons vu un président remettre en place les “voltigeurs”. S’inscrire dans la ligne de Charles Pasqua en disait long. En effet, ces derniers avaient été dissous après la tentative de meurtre sur Malik Oussekine qui décéda peu de temps après. Les attaques devenaient évidentes : la coercition battait son plein.

Ainsi, il semblait évident que le fantôme du “plan Juppé” devenait nécessaire afin que la France gagne en compétitivité et revienne sur le plan international comme une grande Nation, c’est-à-dire dans le novlangue néolibéral comme une Nation mettant à genoux ses travailleurs et dégageant de la croissance pour la redistribuer à … ses actionnaires.

La question du commerce extérieur était très mauvaise et représentait la politique du président de la République : un désastre absolu. Le fait de s’inscrire dans “l’avantage comparatif” de Ricardo ne fonctionnait pas comme souvent.

L’une des craintes des “nationalistes” de droite se transcrit concrètement par une vision de déclassement de la Nation. De cette manière, les travailleurs ne devaient plus passer des journées très longues, mais des journées pour la patrie et la nation. Ainsi, la condition d’une pauvreté n’était plus à l’ordre du jour. Pendant ce temps-là, le régime se radicalisa fortement.

Le régime se radicalisait

Dans le même temps, il convenait de souligner que le mépris des “classes populaires” en disait long. Tous les outils des différentes luttes sociales avaient été brisés les uns après les autres. Il ne fait guère de doutes qu’au travers du “rouleau compresseur” d’un modèle économique, cela dénotait de façon pragmatique sa vraie nature. La “lutte des classes” avait laissé place à une guerre sans pitié.

Il faut le poser, la classe dominante était en guerre contre les salariés. Les médias dépendant des milliardaires servaient la “soupe” pour mépriser toujours un peu plus les personnes faisant la richesse de ce pays. À l’heure où l’on se moque de la “Pravda”, les différents relais du pouvoir et plus largement du capitalisme exerçaient sans faille un relai où l’information avait laissé place à la communication.

Certes, la France n’était pas l’Union Soviétique ou même la Fédération du Russie. Pourtant, les informations étaient martelées sous une forme précise afin que l’opinion de la “classe dominante” s’avérât être l’opinion du “bon sens” et in extenso celui de la “vérité”. Au travers de ces éléments, cela  résidait dans les chiffres liés à certains domaines étaient niés et comme disait Gérald Darmanin, il préférait le “bon sens” de son boucher-charcutier sur la question de la sécurité que les statistiques de l’INSEE par exemple.

Nous avions des “technocrates” hors-sol qui niaient clairement le rôle des sciences sociales. Pour cela, il y a eu différentes polémiques : “islamo-gauchisme”, “wokisme”, “cancel culture” et dernièrement la “woke culture”. Tout cela devenait pénible. Le gouvernement inventait des concepts afin d’effrayer une partie de l’opinion. Ainsi, la “gauche” a été accusée “d’islamisme”, de faire du “racisme antiblanc” au travers des réunions réservées, de soutenir la thèse liée au wokisme et finalement d’interférer dans la “suppression de la culture”. Tout cela était effrayant, mais cela ne reposait sur aucune base politique, scientifique, et même philosophique. Il s’agissait avant tout de slogans creux.

Cela permettait aux Versaillais de prétexter lutter pour un “universalisme” qui n’en n’était pas un. Le séparatisme lié à la macronie distillait son poison dans toutes les couches conservatrices de la société. Imaginez Marine Le Pen reprenant “mot à mot” le discours des lieutenants du président ne choquait plus. Une théorie et un fait n’existant pas s’amena clairement pour faire pression afin que la “gauche” disparaisse. Cela signifiait de détruire Jean Jaurès, Léon Blum et bien d’autres. Leur monde était le produit d’une “œuvre de l’esprit”. Je me demande d’ailleurs les raisons pour lesquelles : ils n’ont pas écrit un livre pour soutenir leurs thèses. Or, il ne pouvait démontrer ce qu’il n’existait pas. Là était un vrai dilemme.

Il convient dès lors d’utiliser des guillemets afin de soutenir que le vocable utilisé de la “droite gouvernementale” jusqu’à l’extrême-droite la plus radicale en disait long. Le fait de conquérir des bulletins de vote poussait le gouvernement à aller vers l’extrême-droite. Gérald Darmanin a soutenu dans un débat que Marine Le Pen était “molle”. Cela permet de sous-entendre que la vitrine du macronisme se situait à la droite du Rassemblement National.

On se moquait d’Emmanuel Macron, mais c’était sarcastique. Il avait un dessein terrible pour la France : une France forte contre les pauvres et faible avec les riches. D’ailleurs, n’était-ce pas un des slogans de Nicolas Sarkozy ?

Affiche de campagne de Nicolas Sarkozy : “la France Forte”

Le “nouveau monde” qui s’inscrivait dans “et de droite et gauche” penchait clairement vers la droite radicale. Cela était une référence au livre de Zeev Sternhell ni droite, ni gauche. À partir de quel moment, pouvions-nous dire que le modèle “néolibéral” s’enrayait fortement ? Chaque provocation laissait une forme de sidération. Il s’agissait de la fenêtre d’Overtone. Choquer dans un premier temps l’opinion puis glisser sur le fait que finalement cette idée n’était pas mauvaise. Si l’apanage s’inscrivait dans une utilisation régulière de l’extrême-droite pour bouger le curseur toujours plus à droite, la “droite gouvernementale” l’utilisait également.

La bataille des idées battait son plein et nous étions les victimes collatérales de cette vision. Puis il y eut la loi contre le séparatisme. Une loi odieuse qui permettait de dissoudre n’importe quel collectif au travers d’une procédure éclair. Le ministre de l’Intérieur était devenu un “Commissaire Politique”.

Je le soulignais dans l’article sur la GALE, cela permettait clairement de laisser le poison du néofascisme et du néonazisme distiller sa haine tout simplement dans le vieux Lyon par exemple. Or, ce que le misogyne ne pense pas : une idée ne se dissout pas. L’antifascisme dénotait un argument dangereux : l’antifascisme et la lutte contre l’extrême-droite étaient une menace pour la République. Le totalitarisme commence par des dissolutions et se termine par un seul parti, une seule vision, une seule doctrine. Ainsi, le “droit de vote” permettait de soutenir que la France était une démocratie. Il s’agissait d’un leurre.

Le poison anticommuniste

Penser le monde, penser le communisme au XXIe siècle s’avérait être un sport de combat. Combien de gigolos pensait que le “communisme” était en réalité une “crise d’adolescence” ? Pourtant, cela se voyait très bien que les “anticommunistes” étaient adeptes de thèses bien plus dangereuses : le grand-remplacement comme chez Pécresse. Le pire réside dans le fait que l’Île-de-France était dirigée par l’extrême-droite. Actuellement, candidate à la présidence de la République, son dessein pour la France s’éloigne progressivement.

Toutefois, la région qu’elle dirige se transforme de façon crescendo dans une région appauvrie, où les trains privés (gavés par l’argent public) sont en retard, mais dans le dogme lié au catéchisme néolibéral : il faut poursuivre la libéralisation afin d’aboutir à des oligopoles privés et faire de l’Île-de-France : une région attractive, mais expulsant les classes populaires en périphérie des villes. Une dimension pour gentrifier les villes se taille dans cette dynamique.

La réalité qui effrayait l’extrême-droite résidait dans le fait que l’extrême-droite tombe toujours dans le totalitarisme et dans la dictature alors que la gauche radicale et l’extrême-gauche permet une réelle transformation de la société vers une “démocratie réelle”.

C’était la classe dominante qui faisait la pluie et le beau temps. Nous étions revenus au XIXe siècle, et même avant. La méritocratie, symbole d’une vision qui soutenait l’ordre dominant se diffusait partout. Dans ce sens, la sélection battait à tous les niveaux. Nous (les travailleurs) savions que cette dernière permettait une “reproduction des classes sociales”. De telle sorte que l’accumulation du capital s’accroissait fortement.

Le cauchemar de millions de Français continuait. Les aides sociales diminuaient. Dans ce sens, la précarisation devint un véritable fléau. Tout était bon pour faire de la maille sur ceux qui n’en avait pas. Cela aurait dû créer une véritable révolution dans ce pays. Les riches pillaient les pauvres.

Et maintenant ?

Aujourd’hui, à moins de deux semaines des élections présidentielles, je me suis remis en selle afin de continuer ce que je sais faire de mieux : écrire, analyser et décortiquer. Il y aura de nombreux points à soulever. Aussi, je suis devenu végétarien afin de lutter contre le réchauffement climatique et la question du “droit des animaux”.

Les reportages dans les manifestations

Temps de lecture : 8 minutes

Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence du sixième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

Je vois bien qu’avec le temps, mes indécisions, mes questionnements, j’avais admis une chose : Je n’étais pas un “mordu” de l’anarchisme. Les livres se lisaient comme du “petit-lait”. J’étais dans une phase de construction de ma pensée politique. Je crois sincèrement que le quinquennat de François Hollande m’aura donné des pistes de raisonnement et celles-ci ont été démontrées par le quinquennat d’Emmanuel Macron. Dans ce sens, je vois très bien différents éléments qui en ressort : le capitalisme marchait à l’envers. Il accumulait le capital au profit d’une bourgeoisie qui ne voulait pas que ça ruisselle. Les premiers de cordée ont coupé la corde depuis bien longtemps. Les mesures en milliards pour les riches n’ont guère eu d’effets majeurs sur une amélioration nette de notre pays.

Photographie de manifestation – Pierre Le Bec ©

J’ai milité dans différents endroits, dans différentes organisations comme le MJCF, le PCF, le Parti Animaliste, etc. Toutefois, le caractère légal d’une révolution m’étonne encore. Je ne crois qu’à l’heure d’aujourd’hui : les deux formes sont nécessaires. Toutefois, la bourgeoisie souhaite reprendre la Bastille. Combien d’ailleurs ai-je fait de trajet au départ de la “prison monarchiste” en direction de République ? Il semble nécessaire de voir que ces dernières étaient clairement soumises à des déclarations étatiques. Le “droit de manifester” disparaissait progressivement au profit des “libertés économiques”. Ces dernières n’étaient pas pacifiques. Cela se caractérisait comme le montre les différents clichés ci-dessous par une certaine hargne contre l’Etat.

Face à Etat violent, la réponse ne pouvait qu’être la violence, du moins je le croyais fondamentalement en prenant régulièrement des photographies de manifestation qu’il se passait quelque chose. Nous étions dans une épreuve de tension révolutionnaire. Or, la réaction de la classe dominante afin d’user plus rapidement pour être jeté à tout moment. Je me souviens très bien des différends qui avaient lieu dans ces manifestations. La violence devenait terrible tout comme la répression. Certains semblent l’avoir oublié au moment où le gouvernement séparatiste bourgeois s’enfonce sciemment dans une dérivation claire et net afin de dissoudre tous les collectifs qui chatouillent le pouvoir, mais le sang réprimait. La violence du néolibéralisme en disait long.

Photographie de manifestation – Pierre Le Bec ©

Cela me rappelle très bien que les différents éléments qu’on disposait clairement s’inscrivaient dans le fait que nous voulions en terminer avec la République actuelle. Les élus de la majorité n’étaient que des “caisses enregistreuses”. Il semble nécessaire de voir qu’avant les ordonnances Pénicaud qui s’inscrivaient a fait le “Blitzkrieg législatif” à la François Fillon, nous avions eu le vote au travers de l’article 49.3 de la part de Manuel Valls (aujourd’hui soutien de Valérie Pécresse et Emmanuel Macron). Il s’agit des deux procédures les plus antidémocratiques de la Cinquième République. Le problème résidait clairement que cette “violence législative” se retrouvait confronter sur le terrain dans des scènes de guérilla urbaine, et même des guets-apens (comme celui de l’Hôpital Necker) afin de susciter l’émotion au sein de la population. À partir de ce moment, nous savions que l’objectif résidait dans le fait de scinder la population afin de demander plus de répression, plus d’autoritarisme et d’abandonner l’Etat de droit afin de se positionner dans l’Etat légal.

L’autoritarisme néolibéral levait les bras pour lancer ses grenades dans les airs. On entend toujours les “bien-pensants” de la droite de gouvernement et de ses alliés néofascistes sous-entendre que le pouvoir ne réprimait pas assez. Nous y voilà dans le néofascisme. Il est soft pour démarrer puis il montre son vrai visage afin d’intimider les manifestants. Or, il est vrai qu’un licenciement s’inscrit dans une extrême violence. Le capitalisme s’inscrit comme le règne par la violence, mais dans le droit.

Photographie de manifestation – Pierre Le Bec ©

Nous étions dans une société de plus en plus violente. La concurrence entre les individus soulevait une colère réelle. Elle s’exprimait de façon cohérente au travers des “luttes sociales”, mais aussi via la mise en place d’un “cortège de tête”. Je croyais comme nombre de personnes que nous allions faire plier la majorité social-libérale. Les grenades étaient un peu partout tout comme les gazs lacrymogène et les différentes grenades. La répression s’organisait au travers du Vallsisme. Les machineries ont clairement fait sombrer le pays dans une vision autoritaire. Nous connaissions progressivement la fin de l’Etat de droit. Je sais que mes propos dérangent.

Pourtant, il faut être rationnel : manifester est un danger pour tous. Combien de milliers de blessés sous le Hollandisme et le macronisme ?

Dans une manifestation avec un équipement de protection contre les gazs lacrymogènes.

Puis les manifestations entre 2012 et 2022 se sont multipliés comme les attaques contre le prolétariat et la classe laborieuse. La violence législative laissait place de façon rationnelle à une violence étatique qui ne pouvait que se trouver dans une opposition entre deux blocs : les forces de l’ordre et le prolétariat. Les manifestations étaient clairement violentes. L’époque Vallsienne rimait avec répression, et nous, chantait la Varsovienne.

Au moment où j’écris ces lignes, la Russie commence à se cloisonner sur elle en allant vers le totalitarisme libéral. J’entends de nombreuses personnes claironner que si je ne suis pas content, je n’ai qu’à partir chez “Tintin aux pays des Soviet”. La référence réside de façon drastique qu’Hergé était un antisémite tout comme Vladimir Poutine. Mais cela ne permet de réaliser la dimension qu’il se passe depuis près de vingt ans : le fichage, le flicage, les exceptions sont devenus une norme. Le summum réside dans la loi inique du présumé violeur et antisémite Gérald Darmanin à savoir la “loi contre le séparatisme”.

À l’heure d’aujourd’hui, le prétexte de séparatisme et de terrorisme peut être appliqué à n’importe qui, sauf au vrai séparatiste qui organise le terrorisme de l’intérieur. En même temps, Gérald Darmanin trouvait trop molle Marine Le Pen ce qui place La République en Marche entre le Rassemblement National et Reconquête. Ainsi, les prétextes de l’Etat se fondent rationnellement pour caporaliser la jeunesse telle qu’elle le fait avec le SNU afin de la bâillonner et de la soumettre au pouvoir.

Photographie de manifestation – Pierre Le Bec ©

Le problème de ces manifestations réside dans le fait qu’elle laisse un goût profondément amer. La violence des grenades ne laisse pas indifférent et provoque dans mon cas un “syndrome de stress post-traumatique”. J’ai fait de mon mieux pour y réaliser une documentation. Parfois en prenant de grands risques. Georges Brassens affirmait dans sa chanson “mourir pour des idées” : “mourir d’accord, mais de morts lentes”. Les traumatismes liés à la violence m’ont poussé à ne plus pouvoir faire ce genre de manifestation.

Rien ne se passait pas comme nous l’aurions souhaité. Il semble nécessaire de rappeler que cela s’est poursuivi sur tous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Rien ne pourra rappeler que la compromission avec le capitalisme d’une manière ou d’une autre ne peut qu’aboutir sciemment sur un dérapage sérieux. Or, les personnes qui votent pour des personnes comme Manuel Valls ou encore Emmanuel sont en réalité les retraités et les personnes assidues à une méritocratie. La litanie d’une rhétorique au travers de la phrase : “c’était mieux avant” en dis long. Il semble nécessaire de revenir à la base du marxisme afin de continuer d’analyser les éléments.

Photographie à la fête de l’Humanité

Je participais régulièrement à la fête de l’Humanité. Cette organisation me permettait clairement de voir qu’un autre monde devenait possible. Il s’agissait de la plus grande fête populaire de France. La question de la solidarité, des partages en tout genre démontre de façon objective que la “droite radicale” obsédée par l’individualisme ne pourrait jamais le faire.

Puis, force est de constater que je me suis toujours retrouvé dans l’opposition. Je pensais bêtement que le mandat de François Hollande avait permis de bouger les lignes, de réduire les inégalités et augmenter le pouvoir d’achat en mettant fin au “bouclier fiscal” de Nicolas Sarkozy qui avait fait exploser la dette et le déficit public sans créer de véritables résultats. L’heure était aux cadeaux vis-à-vis des plus aisés afin de relancer la machine productive, mais c’était l’austérité pour les plus démunis, les précaires et les chômeurs. Ainsi, le “socialisme” vidé de son contenu ne peut qu’être un néolibéralisme que certains nomment le “social-libéralisme”.

Je commençais par comprendre réellement les œuvres que j’avais lues dans le passé. J’ai dès lors cherché de façon objective de savoir comment articuler des théories avec la pratique. Au départ, je n’avais que quelques livres, puis je suis devenu bibliophile au fil du temps. Je ne sais plus où mettre les livres que j’ai lu, que j’ai commencé à lire et, dont très peu sont terminés.

J’ai depuis énormément écrit sur Révolution et Libertés au point de dépasser la trajectoire des 1 000 articles. Ce n’est pas rien. Cela ne me donne pas pour autant une victoire totale dans ma vie. J’en suis satisfait. J’ai baissé les bras durant l’année 2020 pour des raisons de santé. Je ne pouvais être à la fois dans les soins et en même temps dans la lutte. Toutefois, cela n’a pas empêché d’écrire des articles, mais surtout d’autres plateformes comme Medium ou encore WordPress(.)com.

Nul ne pourra douter que la violence d’une société ne puisse s’exprimer qu’au travers d’une vision liée à l’ensemble de la société. Comme le dit si bien  Sarah Barnaud-Meyer dans sa thèse de 2008 (Marx et la question de la démocratie) :

La révolution est un bien un “événement”, mais elle ne surgit pas ni ne transforme le monde par quelques décrets.

Le communisme n’était pas une simple théorie visant à transformer progressivement la société, il s’agissait d’un moyen d’action pour arriver à transformer l’ensemble de la société.

Puis je pensais également à d’autres auteurs comme Paul Lafargue au nom du “droit à la paresse”. Cette dernière est dans le viseur des néolibéraux afin de forcer chacun au travail y compris au travers des contributions en dessous du SMIC. Mais je ne suis pas comme cela. J’ai travaillé dur, j’ai enchaîné des contrats. Toutefois, je pense sincèrement que le temps de loisir doit être augmenté afin de baisser drastiquement le ” temps de travail”.

Photographie lors d’un spectacle de Kool & The Gang

À un moment donné, il aura fallu sciemment voir que j’ai pris une certaine hauteur vis-à-vis du milieu militant au point de réaliser un recul de fond. La méthode violente ne fonctionnait pas plus que toutes les méthodes pacifiques y compris par les urnes. Ce n’est pas que j’ai renié une part de mes idées, mais j’ai vu la longue dérive du pouvoir tout comme du militantisme. Je reste foncièrement un communiste où il me semble que cette expérience d’avoir réalisé des articles et des photographies m’a permis de prendre conscience que nous sommes face à un “rouleau compresseur” que rien ne pourra arrêter. La crise sanitaire est passée par là, il semble nécessaire de voir que quelque chose a changé. Toutefois, nous le verrons dans un futur incertain.

Quelques notes sur le journalisme

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J’écris déjà depuis une dizaine d’années sur différentes plateformes, différents médias, différents formats afin d’informer. Dans ce sens, j’ai déjà réalisé différentes enquêtes, mais il semble que cela ne suffise pas pour un camarade qui m’expliquait de façon irrationnelle qu’il fallait une carte de presse : le sésame absolu.

La neutralité journalistique au service de la censure

Cela s’enracine également par le fait qu’il faille faire une “école de journalisme”. Dans les propos qu’ils dénoncent, il affirmait d’une façon objective que l’écriture doit être aseptisée au travers d’une forme de “neutralité journalistique”. Pourtant, l’usage des mots reste une bataille dialectique et clairement sémantique.

Dans ce sens, je ne vais rentrer dans une grande démonstration afin de sous-entendre que deux expressions signifiant la même chose, mais leurs sens en termes d’usage ne signifie pas la même chose, ni même la même connotation. L’usage d’une langue reste foncièrement politique. Dès la neutralité aboutis d’une façon conséquente d’inscrire un “droit de réserve”. En somme, les éléments de langage ouvrent le chemin vers un journalisme ancré dans le “politiquement correct”. Or, rien de tout cela n’est exigé par le “droit de la presse”. Il s’agit d’une volonté de l’extrême-droite afin de faire taire les journalistes. Étonnant non ?

On entend très souvent dire que les “journalistes” n’ont pas à être des “militants politiques”. Cette remarque me permet de souligner qu’un journal, un magazine ou même une revue se doit d’être “neutre” comme je viens de l’expliquer ci-dessus. Ce n’est pas connaître la presse, notamment la “presse d’opinion”. En effet, cette dernière a une ligne éditoriale comme chaque organe de presse, mais le fait qu’elle soit au travers d’une vision où la “presse d’opinion” est par essence militante, cela permet de voir que de grands journaux (comme l’Huma ou Le Figaro) s’inscrivent dans cette dynamique. Les journalistes de ces deux canards, ne seraient-ils que des faux “journalistes” ? Un peu de sérieux tout de même.

Lorsque je suis passé quelques mois dans le webzine Kedistan (webzine d’Opinion), cela m’a permis de me former dans le cadre d’une rédaction au travers d’un travail collectif se situant à dix mille lieux de la neutralité.

Ainsi, il semble nécessaire que durant les “différentes guerres en Syrie” ou la mise en place d’une “démocrature” en Turquie ou même encore dans le cadre des articles rédigés sur les Kurdes d’Iran, la neutralité n’aurait jamais permis la rédaction de ces articles. De ce fait, il s’agit d’une volonté de censurer les articles d’opinion. On connaît très bien l’affiliation de ce courant de pensée. Dans le cadre des trois articles cités ci-dessus, il convient de souligner que ne pas prendre une opinion, c’est choisir l’oppression de la majorité. Ainsi, dans le cadre de ces articles, le choix de dénoncer Bachar Al-Assad, Erdoğan ou même les mollahs d’Iran devenait cohérent en lien avec l’actualité. Ne pas le dénoncer, c’est se murer dans une forme de silence et d’être complice de ces dictatures. Chacun son choix, chacun sa position, mais il faudra assumer à un moment donné.

Le journalisme gonzo

La réalité reste difficile à entendre pour certains que le journalisme puisse paraître subjectif. En écrivant à la première personne, il semble objectif de voir que chez certaines personnes, cela dérange énormément. Or, le “journalisme gonzo” reste particulièrement cru et s’écrit à la première personne au travers d’un ensemble de faits, dont l’auteur se fait l’opinion. De telle sorte qu’l convient de souligner que l’on peut être d’une part journaliste et assumer pleinement son rôle subjectif. Ainsi, l’élément de l’attaque qu’il convient de sous-entendre comme “écrire comme on parle” ne tient pas vraiment la route. Il va falloir pleinement revoir la copie. Or, je crois que c’est vraiment peine perdue. La tactique revient une fois de plus à une forme de méconnaissance du sujet. Rien de rationnel là-dedans.

Quand les blogueurs se reconvertissent en journalistes

De nombreux blogueurs ou de militants se reconvertissent progressivement dans le monde digital et celui de la presse. Or, il semble nécessaire de soutenir qu’à partir d’un moment la frontière entre un blogueur et un journaliste devient très faible. L’un a la liberté réelle de trouver des éléments de langage, l’autre n’a pas de liberté puisqu’il est tenu par la loi de 1881 sur la liberté (et plus largement du droit) de la presse. Cela permet d’acquérir clairement plus de souplesse sur le format d’écriture.

Le mépris de classe tient d’une façon qui n’est pas anodine. Le pigiste reste un contractuel payé à savoir la production d’un article, d’une photographie et bien d’autres. Il s’agit d’un statut précaire. De telle sorte que de nombreuses sont les personnes à avoir un métier alimentaire la journée et sur le “temps de loisir” tout comme de “repos” de faire leur vrai métier à savoir celui de journaliste. Nul ne pourra ignorer ces informations.

Son dernier argument : tout le monde peut devenir journaliste. C’est également le cas. Toutefois, il apparaît de façon objective que sa vision par un mépris vis-à-vis de ceux qui sont nombreux réalisant des piges à droite comme à gauche en ayant un second métier pour mettre du beurre dans les épinards.

Le travail sur dans le tissu associatif

Temps de lecture : 6 minutes

Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence du cinquième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

La vie ne se résume guère à militer, il faut mettre du beurre dans les épinards afin de pouvoir survivre. Dans ce sens, j’ai régulièrement assumé mon parcours professionnel dans un univers associatif. Cela se résume d’une façon ou d’une autre par le fait que la “force de travail” reste la marchandise que nous vendons à l’employeur contre une indemnisation qui se nomme le “salaire”. Si la question ne se résume pas à disserter sur l’approche de la question de la marchandise, il convient d’assumer pleinement que j’ai choisi des associations de loi de 1901 afin de pouvoir choisir un moyen pour financer mes activités. Ainsi, j’ai fait le choix de parfaitement assumer ma position : ma “force de travail” devait être aux services de la collectivité.

Je sortais d’un BEP Carrières Sanitaires et Sociales que j’avais réussis comme je le montre dans le troisième volet. Cela fut pour moi certes un choix assez salvateur. J’étais dans une vision où me projeter vers un salaire digne en lien mon caractère qui diverge foncièrement de mes capacités. En effet, la question de soumission vis-à-vis de l’autorité devenait un véritable problème. Je ne supportais guère la tutelle de qui que ce soit. Le fait de redoubler une année qui ne m’aurait rien apporté comme l’a démontré ma seconde Troisième. Il me fallait de la maille, de l’oseille et du pognon. Je savais très bien que les conditions n’avaient guère été faciles. Toutefois, on me ficherait complètement la paix durant le travail que j’allais devoir faire. La “confiance n’exclut pas le contrôle” disait un certain Lénine. Ce fut d’ailleurs la dernière promotion du BEP puisque celui-ci a été transformé vers un “Bac Pro”.

Durant un stage que j’avais parfaitement réussi en opposition avec celui de la crèche de Bihorel, on m’avait proposé un emploi à temps partiel en CDI. Auparavant, j’avais enchaîné les CDD’s dans des différentes structures de chez AREFO. Mais voilà, il me fallait de la stabilité. C’était une époque où je faisais également des gardes de nuit sous forme d’astreinte. C’était vraiment compliqué de dormir d’un seul œil. Je veillais également aux différents systèmes d’alarmes ou encore au fait de surveiller la “présence” des personnes et lever le doute. Cela me permettait d’avoir une responsabilité importante.

En d’autres termes, je me retrouvais pleinement épanoui dans un “foyer pour personnes âgées” à Carrières-sur-Seine. Je travaillais dans l’entretien de surface tout comme dans la restauration collective. Certes, cela ne fait pas vraiment rêver, mais cela m’a donné une autonomie. Ce fut une époque où je croyais pleinement aux différentes valeurs liées au travail. Le travail me permettait de croire dans un meilleur avenir. J’y suis resté finalement près de quatre ans. J’en démords pas moins qu’il s’agit d’une expérience riche, gratifiante, mais aussi humaine. Contrairement à d’autres emplois humanistes, dont les cadences se retrouvent à travailler à chaîne comme dans les usines, il convient d’ajouter que ce n’était pas le cas quand bien la tâche était clairement répétitive. Je pourrai raconter différentes anecdotes, mais le “secret professionnel” m’en empêche.

Au fil du temps, j’ai remarqué que ma situation n’évoluait pas et cela devenait compliqué en lien avec la “crise économique”. Je suis vite arrivé à l’idée qu’il me fallait un deuxième job. Ce n’était guère par plaisir, mais il fallait absolument que je puisse joindre les deux bouts afin de boucler mon budget comme de nombreux habitants de ce pays. Le marasme arrivait clairement, la période était austère.

Durant un “village des associations” dans la ville dans laquelle j’habite, je suis tombé sur une association qui se nomme “2AD Yvelines”. Il s’agissait de réaliser des soins (même si je n’en connaissais pas le fondamental), du repassage, du nettoyage, etc. Qu’importe, j’ai compris sincèrement ce que veut dire courir entre deux clients. Je pensais que cela me permettrait d’accroître mon salaire. Toutefois au travers d’un “CDI à temps modulable”. Cela me permet de souligner d’une manière ou d’une autre que les différents contrats étaient déjà très souples. Les différentes mesures de flexibilisation du marché du travail s’inscrivaient dans une obsession constante à la libéralisation du pays.

Le temps était chronométré pour chaque prise en charge. C’était la course contre la montre. Je ne parle pas du faible temps que j’avais entre chaque client. J’étais assujetti aux transports en commun, à la marche ou encore au vélo. J’y suis resté près d’un an et demi. J’avais compris une chose cette fois-ci : je souhaitais un poste stable dans un seul lieu au lieu de cavaler. Je devenais épuisé par la tâche dans des “beaux métiers”, mais si mal payé. Mais j’entendais drastiquement une chanson de la part des “boomers” : la jeunesse ne veut plus de métiers pénibles, car elle est fainéante ou bien qu’elle ne veut pas travailler. Je commençais sincèrement à douter même de mon rôle.

Au printemps 2016, je pris la décision importante d’enclencher un processus de changement de métier afin de devenir aide-soignant. Je fis le dossier inscription puisqu’à l’époque, il y avait une sélection afin d’établir un tri aux candidats. La raison pour laquelle j’avais choisi cette nouvelle voie résidait clairement dans le fait de quitter deux jobs pour un emploi stable dans une structure. Le concours se passa parfaitement bien. J’avais travaillé un minimum mon sujet au travers de livres divers et variés. Je fus admis au concours avec une note de 19,50/20 et un classement sur tout l’APHP de 30. Certains me poseront la question suivante : pourquoi avoir choisi l’assistance publique que d’autres lieux ? J’avais l’expérience en oral de mon petit-frère et du fait qu’il était plus facile de trouver des “vacations” après y avoir travaillé. Si le diplôme était national, il en sortait pas moins que les stages permettaient réellement d’entrer dans le “vrai monde des soins”.

Après avoir eu la note sur le tableau, j’eus ressenti beaucoup de satisfaction. Je pensais que les conditions de travail allaient être meilleures. On dit souvent que l’herbe est plus verte ailleurs. Je voulais évoluer, m’adapter et voir la réalité d’un autre métier, mais dans une branche similaire : les soins et l’aide à la personne.

À l’été 2016, je me fis une douleur très importante dans mon mal de dos. Je ne pouvais plus bouger. La réalité résidait dans le fait qu’au travers de mes deux emplois, l’ergonomie n’était clairement pas appliquée. Je travaillais dans de mauvaises postures. La sanction fut irrémédiable. J’eus près d’un mois et demi afin de reprendre le travail. On me demanda de démissionner chez 2AD Yvelines et je fis la même chose chez AREFO. Il s’agissait d’une page pour ma part qui se refermait. J’étais maintenant à l’IFAS Saint-Louis.

J’entrais dans les premiers jours terminant un cycle de crise, je commençais une nouvelle vie, un nouveau tremplin vers autre chose. Je savais que j’avais quelques connaissances dans le domaine. Il me fallu clairement que je prenne sur moi. En effet, les Elèves Aide-Soignant (EAS) n’étaient pas rémunérés contrairement aux Elèves en Soins Infirmiers (ESI).

Un petit coca au Verre Taquin près de l’Hôpital Saint-Louis à Paris avec le DEAS entre les mains – 2018

Je voyais très bien que mon choix de transition vers une autre orientation allait être difficile. Contre vents et marées, je me suis accroché y compris dans les stages où cela ne se passa clairement pas bien au point d’être humilié comme il se le fait pour nombreux EAS (et ESI aussi). J’ai failli baisser les bras à plus d’une reprise. Nous faisions les tâches d’un soignant, nous remplacions régulièrement un soignant, mais n’avions rien. J’entends dire qu’aujourd’hui, les “mise en situation professionnelle” serait “facile”. Toutefois, j’ai subi le redoublement. Elles sont clairement ancrées dans la “théorie” des cours de l’IFAS, mais concrètement : il s’agit d’une impossibilité à les mettre en pratique.

Il fallu que j’admette à un moment donné que je devais me taire pour avoir le diplôme. C’est ce que j’ai compris et ce que j’ai dit une fois à une ESI. Je passais alors pour un tyran. Et c’est vrai que lorsqu’on n’a pas de diplôme, il faut courber l’échine. Le message clair en disait long : “quand tu seras diplômée, tu feras ce que tu voudras”. Vraiment difficile à entendre, mais c’est la réalité : pour valider un stage, il semble nécessaire d’admettre que le mieux c’est de répondre “amen” à tout y compris dans le fait de faire des fautes professionnelles ou du transfert de compétences devenues une norme selon les différents services.

Je me doutais bien que mon diplôme allât me permettre de grandir. Le jour où j’ai réussi la dernière épreuve, environ 15 minutes plus tard la Croix-Rouge m’appela pour me proposer un CDI à temps complet dans une unité protégée. Je pris la décision de le signer, car il fallait que je reprenne de là où j’en étais partie. J’avais vraiment apprécié travailler auprès des personnes âgées. Toutefois, le métier était répétitif, difficile et la chaleur devenait infernale. Toutefois, grâce au travail, j’arrivais à m’en sortir, mais il fallait admettre que le travail d’aide-soignant restait un métier difficile et très pénible en raison d’un problème systémique : Trop de patients et pas assez de soignants. Cela était vrai à la Croix-Rouge Française (CRF), mais cela est vrai aussi dans la globalité.

Me voilà désormais à la CRF dans une unité protégée. J’aime mon travail pour lequel j’avais fait de nombreuses vacations. Aujourd’hui, je suis toujours salarié de cette association. Toutefois, j’ai décidé de rendre mon tablier pour aller vers d’autres aventures. Je pense sincèrement qu’après une dizaine d’années dans le soin, il me paraît nécessaire de passer à autre chose. J’ai rendu un travail important pour la société, pour les personnes âgées et bien d’autres.

Le début d’une réflexion communiste

Temps de lecture : 7 minutes

Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le quatrième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

La pensée après la suite du squat s’inscrivait dans la recherche et la volonté de comprendre le monde au travers d’une notion théorique. J’écrivais à l’époque sur Révolution et Libertés. Je savais que j’avais de grosses lacunes. J’avais de pétrole, mais j’avais des idées. Or, vouloir écrire sans maîtriser les fondamentaux m’interrogeait régulièrement. J’avais commencé à écrire en 2011 (les articles ont été perdus) et certainement en 2010 sur un autre nom, dont je me souviens plus. Toutefois, le premier article était concentré autour de la consommation de viande. Une ironie, n’est-ce pas ? Autant dire que cela fait plus de 10 ans que je fais de l’écriture et de l’analyse sur l’actualité.

Comme je le terminais dans l’article sur le squat, le livre contenant des extraits choisis de Léon Trotski a été pour moi une porte ouverte sur le monde. Je n’avais que quelques livres par ci, par là. Très peu politisé en somme. Pourtant, la lecture s’avérait comme l’alpha et l’oméga afin de comprendre le monde sous un angle précis. Pourtant, une problématique s’instaurait au moment où la lecture commençait à être imprégnée dans mon monde. Quelle théorie choisir dans le marxisme choisir ? Marxisme-léninisme, maoïsme, luxemburgisme, trotskisme, stalinisme, castrisme, etc. J’avais d’ores et déjà une idée, je m’orientais vers des théories clairement révolutionnaires. Je croyais (je continue à penser également) que le capitalisme ne se renverse pas uniquement en claquant des doigts. Il fallait une stratégie révolutionnaire et rationnelle.

Entre anarchisme et communisme

Certes, j’ai pu lire des livres de personnes qui ont commis des crimes contre l’Humanité afin de mettre une “pseudo” dictature du prolétariat. Oui, l’Union Soviétique tout comme la Chine était une dictature sanglante et bureaucratique. La question d’une “démocratie réelle” afin de paraphraser tonton Marx ne pouvait s’inscrire dans le fait qu’une poignée de personnes décide pour l’ensemble du peuple. Il est vrai qu’il y a eu la “loi Gayssot” qui a permis de réprimer le négationnisme. Mais cette dernière ne prenait pas en compte les crimes du stalinisme. Il semble nécessaire de différencier le stalinisme du communisme. Le “capitalisme d’Etat” afin de paraphraser Lénine et Trotski n’était même pas dans une vision d’aller dans la transition vers le socialisme. Il est vrai qu’Hannah Arendt a fait une démonstration dans le “système totalitaire”, mais sa démonstration s’inscrit dans le fait que les “extrêmes” se rejoignent. En effet, la mise en place de théorie au travers du “socialisme dans un seul état” en disait long sur la volonté d’être contre la véritable “révolution socialiste”. Je me pensais trotskard. Mais la réalité était différente. Il m’aura fallu lire des dizaines de livres pour comprendre l’aboutissement d’un chemin intellectuel.

Entre temps, on m’a ouvert un livre d’Alexandre Skirda (récemment décédé) sur Nestor Makhno. En effet, je me renseignais de façon dont s’était construit la fin de la “grande guerre” sur le front de l’Est tout comme la prise du pouvoir par les bolchéviks et les mencheviks. La situation ukrainienne de 1917 à 1921 reste clairement influencer de cette époque. Pour la situation actuelle, j’y reviendrai dans un autre article.

La question de l’anarchisme ou d’un communisme libertaire. Le confédéralisme entaché par l’expérience étatsunienne au niveau de la guerre de Sécession s’est transformé dans une vision malsaine de cette forme d’organisation de la société. En effet, le confédéralisme de la Makhnovtchina s’inscrit pleinement dans ce qu’il peut se passer au Rojava. Toutefois, je regrette d’avoir donné ses mémoires à une ancienne amie où les parcours liés au chemin de vie nous ont séparés. Il y avait aussi la révolte de Kronstadt. Au moment où l’on faite les 150 ans de la commune de Paris, les Versaillais ne comprennent rien à rien en termes d’Histoire et essaye de la réécrire afin d’avoir un autre regard : celui des capitalistes. Je ne vais pas en venir sur la guerre civile et impérialiste qui s’est déroulé en Russie pour faire taire la Révolution Bolchévik et la mise en place progressive des “thèses d’avril“.

Dans les différents écrits communistes, il était dit que l’anarchisme restait un courant “petit-bourgeois”. La structuration d’une telle réflexion devait d’une manière ou d’une autre se baser sur quel courant anarchiste. En effet, il y avait énormément de courants anarchisants. Je pourrais citer : Bakounine, Proudhon, Stirner, Spooner, etc. Karl Marx avait rencontré ces personnages pour la plus plupart sauf Spooner qui s’inscrivait dans le courant “libertarien” et “anarchocapitaliste”. Il y en avait bien d’autres, mais l’Association Internationale du Travail avait dynamisé les grands penseurs pour refaire le monde afin de mettre en avant les convergences tout comme les divergences. Je me suis cru longtemps “anarchiste”. J’ai certaines positions anarchistes et (en même temps) certaines communistes.

Le jacobinisme

Oui, j’étais dans cette dynamique. Il m’arrivait de lire également du Robespierre, une figure honnie de la bourgeoisie pour sa volonté de créer comme Gracchus Babeuf (au travers de la société des égaux) la nouvelle République. Certes, j’étais très loin du jacobinisme comme idéologie. En effet, la centralisation s’expliquait par une rupture large avec la monarchie absolue et parlementaire. La Première République était née d’une banqueroute en lien avec la guerre d’indépendance des colons américains pour fonder ironiquement une République. La géopolitique s’inscrivait dans une vision où les guerres par interposition battaient leur plein. Le Commonwealth voulait absolument garder sa colonie. L’Histoire n’a pas retenu cette dernière. Le commonwealth était un empire qui deviendra colonial plus tard.

Je lisais attentivement ces vieux discours écrits dans un Français de l’époque. J’espérais une “grande révolution” comme du bon vieux temps. Effectivement, la Révolution française a fait tourner la guillotine de façon mécanique et à la chaîne. Le contexte l’explique par deux éléments : 1/ il s’agissait d’une guerre civile ; 2/ il s’agissait d’une guerre entre patries. Vous comprendrez, il fallait sauver la monarchie en France et en Europe. Une vision comme je l’avais développé

Je ne dirais pas que les néoconservateurs sont bloqués dans le passé au travers d’une volonté de restaurer finalement les valeurs qui ont fondé l’axe “droite-gauche”. Il y avait certainement une part de monarchie très intense. Il aura fallu des centaines d’années pour que la “droite” se républicanise. Autant dire que la “droite républicaine” reste un oxymore initialement. Aujourd’hui, cette même droite, qui s’était rangée du côté du roi, se range du côté de l’Etat policier, la fin de l’Etat de droit et l’ultralibéralisme à foison. Autant dire qu’on ne change pas une recette qui gagne. La droite en disait long sur son modèle, l’expression du Kärcher n’était qu’une volonté pour en finir avec la République et bâtir un autre modèle de société, si loin de l’idéal républicain en somme.

Puis, il y eut une deuxième République : démocratique et sociale.

Le luxemburgisme

Cependant, j’ai compris très vite que le trotskisme n’était pas une idée viable, elle ne portait vraiment pas sur une construction d’un mouvement révolutionnaire, mais uniquement sur une critique du stalinisme. L’opposition de gauche s’enracinait dans le paysage. Le trotskisme était mal vu autant à droite et à gauche. Dans le fond, le trotskisme avait une certaine notoriété. Si les écrits de Léon s’inscrivaient dans une grande remise en cause de l’histoire officielle soviétique, il s’agissait entre autres d’une forme d’intelligence, mais ses écrits étaient justement illisibles à mon regard. Puis un autre élément s’engageait dans la bataille : les scissions respectives entraînaient un éparpillement rapide des différents groupes. Autant dire que ce n’était pas pour moi. Je rêvais du communisme, mais en aucun cas la division apportait un élément de pierre afin d’abattre le capitalisme.

Lénine a d’ailleurs écrit un livre sur la maladie infantile du communisme (le communisme de gauche), il s’attaquait à Rosa Luxemburg et Antonio Gramsci. Une nouvelle porte s’ouvrit. Et ce serait un peu mon pilier théorique. La rigueur des démonstrations et la légèreté de l’écriture m’avaient convaincu. Je commençais à devenir admiratif et surtout vu une “véritable révolutionnaire”. En effet, Rosa Luxemburg défendait des idéaux qui étaient les miens : rejet du nationalisme, rejet du patriotisme, rejet de la guerre et de l’union nationale (ou union sacrée), etc. Au-delà du fait que je croie sincèrement aux textes, cela aboutit à la “Ligue Spartakiste“.

Rosa Luxemburg m’avait bercé dans les méandres d’une argumentation claire, rationnelle et précise. Nous n’étions pas dans du Lénine, du Trotski ou même du Karl Marx. Je lisais des articles, je fus littéralement passionné par la rigueur d’écriture. En effet, Rosa savait très bien que la dimension d’une telle démarche ne pouvait que conduire vers une révolution de fond. La pédagogie pour réaliser une forme de déconstruction du capitalisme se réalise au travers de ses articles, de ses essais et de ses livres. Plus tard, j’ai entrepris de m’acheter les œuvres complètes en Français afin de mieux comprendre le fond de sa pensée afin de ne pas rester dans une approche superficielle. Le luxemburgisme dans nos sociétés se traduit par une révolution, certes brutale, mais cela ne peut qu’aboutir à un renversement du capitalisme qui ne tient que par la force et la brutalité.

La question qui demeure après des années de militantisme dans les cercles dans la gauche radicale : Suis-je pour une révolution “violente” ? La violence dans nos sociétés se traduit inlassablement par une répression féroce et sauvage de la part des gouvernements au pouvoir. Le musellement de l’opposition dans la rue se réprime dans les rues, souvent sous les gazs lacrymogènes, sous les grenades, sous les canons à eau, etc. Cette dimension ne peut qu’aboutir dans les faits à prendre conscience également d’une véritable stratégie. À ce jour, je n’ai pas encore la réponse, mais il faudra la choisir rapidement afin de faire basculer vers un autre modèle où les moyens de production ne sont pas concentrés au sein de la classe dominante. Cette dernière correspond à une minorité de la population.

Le mouvement obscurantiste

Tout cela a l’air très beau sur le papier et les différents manuels de macroéconomies mettront en avant différentes formules. La lecture de mon processus a admis que je suis ancré dans une forme de défaitisme. Le Parlement représente uniquement la bourgeoisie. Il n’y a aucun ouvrier, aucune personne des classes populaires qui siège au Palais Bourbon. Les lois répressives et sécuritaires sont votées les unes après les autres avec l’aval des personnes antivaxs et antipass. Une réalité peut être brute comme cela, mais la cohérence réside ainsi.

Les lois sécuritaires ne sont pas faites pour protéger la “patrie” contre “l’insécurité” ou le “terrorisme”, mais pour protéger les détenteurs de titres liés à la propriété privée en tout genre. Ces gens-là ne sont pas à une incohérence près. Il me semble également nécessaire de mettre en avant que les idées d’une “révolution blanquiste” se targue de n’être qu’une “théorie révolutionnaire”. En effet, les masses doivent plancher sur le soutien d’une révolution violente dans ce contexte. Dans le pire des cas, nous revenons sur les pieds de la “ligue spartakiste”. Mais la commune de Berlin a cédé sous le pas des sociaux-démocrates et des nationalistes en termes du rapport de force.

Aujourd’hui, elle déborde et je ne sais pas où mettre tous les livres tellement il y en a. C’est peut-être abstrait, mais c’est une des raisons pour lesquelles j’avais acheté une liseuse pour avoir des livres numériques. Cela faisait certainement de moi un “idiot utile” sur des objets non-nécessaire. Si la liseuse était un investissement, il ne ferait guère de doutes qu’elle me permet de gagner de la place. Un objet inutile en apparence, mais tellement pratique également pour les différents travaux afin de citer les différents passages pour les articles tout comme pour le livre.

L’expérience de l’Université

Temps de lecture : 13 minutes

Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le troisième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

J’étais en capacité en droit. Oui, j’avais par le passé étudié afin de faire du droit. J’aime le droit et l’analyse des articles de loi. Il y eut une autre problématique. J’avais réussi mon premier semestre, mais le second semestre s’inscrivait dans un véritable échec. Je ne comprenais pas la cohérence du “droit administratif”. Puis l’apprentissage dû “par cœur” me rappelait le “bourrage de crâne” que j’avais réalisé lorsque j’étais au lycée (en internat) pour me former à un métier qui ne connaîtrait jamais la pénurie : aide à domicile. J’avais vraiment tout fait comme il le fallait, mais j’étais à la base une personne scientifique. Nous apprenions les raisonnements et les démonstrations allaient d’elle-même. Or, le droit s’inscrivait autrement : on apprenait les articles de lois, les jurisprudences, les doctrines comme des robots. Ce n’était pas pour moi. J’avais essayé, j’avais échoué. Les études n’ont jamais été mon fort.

Aurais-je voulu retenter l’université dans sa forme classique ? Je pense que non. Je n’ai pas plus voulu redoubler une nouvelle fois. En effet, j’étais certes sérieux, mais ce n’était pas la manière, dont j’aimais faire des études. Je n’aime pas les études, je trouve cela barbant. Il semble clair et réaliste que le fait de se faire atomiser la tête pour avoir des résultats qui résultaient d’un mode surréaliste. Les études ne sont guère des lieux d’apprentissage quand bien même certains professeurs sont doués et passionnés par leur métier, mais des endroits d’abrutissement généralisé. Certes, les formations professionnelles diplômants doivent nécessiter de l’apprentissage des techniques afin d’apprendre le métier dans ses grandes lignes, puis vient de la spécialisation. Pourtant, je vois que l’aspect méritocratique dans ce pays est lié au niveau d’étude (ce qui ne reflète pas l’intelligence), le métier tout comme le salaire. Il existe un récit du self-made-man (ou woman) démontrant d’une façon ou d’une autre que l’on peut réussir à partir de rien. Ce récit à la qualité de démontrer une nouvelle fois que ce n’est pas l’École de la République (si fondamentale en opposition aux écoles confessionnelles gavées à l’argent public) qui a permis d’arriver au niveau que je suis.

Je critique les écoles confessionnelles pour deux raisons : l’une, il s’agit d’une imposition à l’enfant de choix, dont il n’est pas en mesure de raisonner là-dessus, notamment en primaire ; l’autre, j’ai fait mon primaire, mon collège dans le privé catholique (et une année volontaire dans le privé catholique en internat) et j’en sors avec une expérience très amère. En effet, quand j’étais jeune adolescent : je ne supportais pas du tout ces éléments paradoxaux qu’il y avait. Les fondamentaux comme le Français, dont il faut que je revienne dessus ne m’ont guère aidé.

Il faut que je revienne longuement sur une histoire, dont on m’a sali et les conséquences ont été désastreuses à ce moment-là. Oui, mon collège dans le privé catholique n’a pas été une grande gloire. Je ne peux en vouloir à mes parents, ils ont cru bien faire en pensant que le privé était mieux que le public. Il s’agissait de me donner une meilleure éducation possible. En effet, le public jouit d’une mauvaise réputation auprès des classes moyennes. Il existe une certaine volonté de reproduire les classes en investissant sur ces dernières. Pourtant, l’école n’était déjà pas faite pour moi.

Je me souviens également que la pression d’avoir été harcelé par des personnes de différentes classes du même niveau. Il s’est passé près de deux an dans lesquels ni les professeurs, ni les surveillants n’y ont prêté attention. Une démonstration se faisait que je n’avais aucun soutien du corps éducatif. Aujourd’hui, je vois très bien que les écoles privées sont des “machines à cash”. En effet, s’il y avait le format d’une association, elle n’était qu’une entreprise où le service y était délégué. Autrement dit, l’intérêt s’inscrivait à fournir de l’argent afin d’accroître la trésorerie. Cela permettait d’agrandir sans cesse “l’institut”. Il n’y a pas d’argent dans le public, mais le privé y déborde. Le néolibéralisme sabote l’école Républicaine.

Et pendant ce temps-là, j’étais devenu marginal, on se moquait de moi. Il fallait que je trouve un moyen de purger cet esprit négatif, j’y avais trouvé un recours au travers d’Internet. La fuite s’inscrivait au travers d’un début d’addiction aux jeux vidéo. C’était mon seul espace où j’étais dans une position “safe”. Je jouais trop, c’était évident. Mais que faire, lorsqu’on est un adolescent. Le pire dans tout cela, il y avait un élève qui nous harcelait, certainement avec des problèmes mentaux et/ou psychiques. Il venait sans cesse nous traquer dans la cour. Mais la “bête noire” dans l’œil du viseur de l’école catholique n’était pas sur cet individu, mais sur les miens. J’ai reçu un avertissement, comme dit-on dans le jargon. C’était un bout de papier, mais cela reflétait très bien l’ambiance : la victime était l’accusée. Il faudrait un livre pour que j’explique ce que j’ai enduré.

Du haut de mes 15 – 16 ans, je voyais déjà l’école comme un lieu de privation de liberté. J’étais d’extrême-gauche sans le savoir. Nous y entrons pour apprendre et nous en sortons formatés. Mais l’histoire aurait pu s’arrêter là. Pourtant, j’ai subi un “conseil de discipline” humiliant par l’hypocrisie des professeurs sauf un. À l’époque, je faisais du blog sur la plateforme “Skyrock” comme les jeunes de mon âge sous le pseudo “pierre526”. Comment avait-il fait pour retrouver le blog parmi des centaines de milliers ? Bonne question. Normalement, au sein d’un débat contradictoire avec une rigueur scientifique, on expose la méthodologie pour arriver à trouver une aiguille dans une botte de foin. Ils ont argumenté que c’était le fruit du hasard comme lorsque Thérèse avait vu la vierge Marie. C’était indémontrable, mais surtout, cela ne se basait sur rien. Ce n’était pas un hasard si l’aspect rationnel n’était pas leur fort. Sauf argumentation dans leur sens, ils n’ont pas voulu expliquer le point de départ. Déjà, cela en disait long de leur volonté d’être dans l’opacité. En effet, il faut voir le “conseil de discipline” se résumait à n’être que l’endroit où les “autoproclamés juges” font respecter le règlement en l’analysant. Si tous les éléments et les méthodes n’étaient pas sur la table alors les dés étaient pipés. Il s’agissait de réduire les moyens de défense tout en augmentant la charge de la preuve. Or, c’était à eux de démontrer au travers d’un réquisitoire d’énoncer les faits qui m’ont été reprochés tous comme l’intérêt des pièces du dossier. Rien n’a été fait, ils n’ont rien démontré du tout. Autant dire que nous marchions sur la tête.

Autant dire qu’avec du recul, ce conseil de discipline n’a servi à rien. Il s’agissait d’un enrobage destiné à donner “bonne conscience” à ces personnes qui désormais seront toujours des adversaires politiques. En effet, la méthodologie d’un conseil de discipline doit être clairement impartiale. Ils prennent des décisions sur des éléments. Mais peut-on être “juge” et “procureur” ? La sanction visée intervenait au bout d’une démonstration rigoureuse. Toutefois, il n’y avait rien de sérieux, il s’agit d’une simple réunion formelle comme une réunion d’information. Cela rendait le caractère obligatoire, mais c’était un peu comme les réunions publiques, ça ne servait à rien, mais cela faisait bonne figure dessus. Autrement dit, il y avait une forme de partialité. Cela montrait très bien où voulait en venir ceux qui se réclament de la “démocratie chrétienne” tout droit vers “révolution conservatrice” aboutissant sur le totalitarisme.

De ce fait, il ne s’agissait pas d’un débat contradictoire entre deux parties avec des personnes indépendantes. Non, il s’agissait d’un conseil. Or, un conseil comme dans l’armée rend des jugements expéditifs, un conseil de discipline dans le privé catholique (et j’imagine que dans les autres écoles privées confessionnelles ou non), c’est la même chose. Ainsi, ils ont épluché page par page, article par article. La Stasi religieuse voulait faire un exemple d’un de leurs élèves qui n’entraient pas dans leurs clous. Peut-être qu’il voulait des élèves cloués comme le fût Jésus ? À vrai dire, il n’y avait aucune pédagogie. La politique du “fusillé pour l’exemple” s’inscrivait typiquement dans une logique du “sabre et du goupillon” pour reprendre l’expression de Karl Marx. Il s’agissait de créer une peur de fond chez les autres élèves afin de leur démontrer qu’ils étaient surveillés même dans leurs vies externes. À aucun moment, une justification de soutenir un tel événement hors de l’institut n’était valable. Il aurait fallu refuser le conseil de discipline. Peut-être qu’il était obligatoire d’après le règlement de l’école, mais les raisons n’étaient pas citées. 

Un véritable danger guettait tous les autres élèves : celui de voir leur vie épluchée par des petits chefaillons pour les mettre à la porte. Georges Orwell utilisait comme expression dans 1984 : “Big Brother Is Watching You”. Nous étions de même avec des fanatiques tant dans les professeurs que dans les surveillants. D’ailleurs, si la Principale n’était pas présente, l’un des incriminés à savoir le pion était présent. Il s’agit d’un véritable paradoxe. Structurellement, la forme du conseil de discipline s’enracinait dans le “n’importe quoi”.

Dès lors, le conseil de discipline ne permettait pas d’une façon ou d’une autre que je réalise une défense claire et rationnelle. Les éléments avaient été fondés afin de créer une parodie tels les procès de Moscou. Mais là, c’était la grande purge de “Sainte-Thérèse”. L’association qui gérait l’Institut pouvait certes se donner comme patron une “illuminée”, c’est-à-dire une Sainte qui avait vu une personne des cieux. Toutefois, on n’oubliera pas que cela avait été auparavant un couvant et un internat. Cependant le capitalisme passant par-là. Ce fut surtout un institut qui grandissait avec des professeurs ayant des discours clairement séparatistes. Mais on ne pouvait pas prononcer ces mots-là à cette époque, je n’avais pas la même connaissance politique qu’aujourd’hui.

La Principale n’était pas présente, il faut dire que je n’étais pas vraiment très doux dans mes propos. Il y eut aussi une plainte déposée au commissariat de Police pour diffamation. Bref, la machine à expulser et faire du nettoyage était bien là. On assistait au moment où j’avais été convoqué à des purges (Vis-à-vis d’autres amis sous le même mécanisme : la terreur brune) sous fond de faux prétextes. Il voulait que je fasse une lettre d’excuse, c’est-à-dire que je me soumette totalement. Il est vrai que je me suis excusé, si c’était à refaire : je ne le referai pas et j’irai envoyer cette “bande de cul-bénis” de là où ils viennent. Durant le conseil de discipline, la plus grande hypocrite fut Mme P. Il représentait les parents d’élèves. Elle mentait comme on respire. Cette personne à la fois hypocrite et insolente en disait long. Tout ce qu’elle disait n’était qu’un tissu de “mensonges”, comme la surveillance de tous ses enfants chaque fois qu’ils allaient sur Internet. Elle a humilié mes parents qui eux n’avaient rien à voir dans cette histoire. À 15 ou 16 ans, nous avons très bien une autonomie. Bref, un jour, j’aurai des comptes à régler avec cette dernière. Le temps passe, les blessures restent. Je ne doute pas d’un seul instant qu’elle ne travaillait pas en “douce” pour l’école. Sa vision n’était pas Thatchérienne, mais de nos jours : ce serait une petite soldate d’Éric Zemmour. Bref, le conseil de discipline fut le “bal des hypocrites”. J’ai été viré manu militari. Si j’avais fait du droit, j’avouerais que je serai allé devant un tribunal administratif. Après tout, les écoles confessionnelles sous contrat étaient des écoles sous délégation du service public. Je crois que nous n’aurions pas dû nous laisser faire. Le certificat de radiation définitive en disait long. C’était tendu à la maison. Il y avait des raisons.

Le pire dans tous cela, le collège organisa le lendemain de ma radiation une journée de prévention à Internet. S’il ne citait pas mon nom et mon prénom, ils y faisaient référence. La diffamation battait son plein. Une fois de plus, ma famille a été humiliée par les “hypocrites”, les “menteurs” et les “charlatans”. De règlement en règlement de comptes, cela ne leur avait pas suffi pour me mettre à la porte, ils en jouaient d’une certaine notoriété. Il fallait effrayer les “brebis” et les mettre dans le droit chemin. La principale était présente. L’école ce n’est pas la guerre de tous contre tous, mais un lieu d’apprentissage où chacun commet des erreurs. Le privé ce n’est pas l’école publique, c’est l’école de l’élite.

Entre temps, je changeai de collège pour le public. Une grande révélation s’offrit à moi. Une nouvelle vie commençait au sein d’un bâtiment où l’éducation était républicaine et non fait de “culs-bénis”. J’entrai dans une classe en cours d’années, ce fut très difficile au début. Nous étions dans l’année du mouvement social contre le CPE. Il faut dire que Mme P. a voulu des conseils de discipline contre ceux qui organisait les blocages du collège. Autant dire, ce n’était plus un parent d’élèves, mais bien un circuit rôdé au sein de l’établissement. Elle soutenait la ligne extrême-droitière de Sarkozy certainement avec le fait de nettoyer au karcher les mauvaises ondes (peut-être à l’aide des Bovis). Qu’importe, l’ordre religieux devait régner sous cet établissement gavé à l’argent public comme des milliers d’autres. Le vrai séparatisme est là !

Toutefois, quelques semaines plus tard, un gros pétard explosa sur l’une des portes. Bien évidemment, les mêmes qui voient dans les pétards, des tirs de mortiers ; ce furent les mêmes qui prétextaient à ce qu’un pétard était une bombe. Un article avait été rédigé dans le Parisien certainement anecdotique. Tout le monde s’en foutait. Pourtant, le “proc” n’était pas du même avis. Imaginez : une bombe sur un collège juif ou musulman ? Il s’agirait d’une affaire ! Tout était déformé, mais au nom de l’égalité vis-à-vis des autres établissements confession, une enquête de la SRPJ de Versailles fut diligentée une enquête de la SRPJ de Versailles fut diligentée.

Dans les différentes questions basiques que les condés ont posées au niveau des personnes qui pouvaient en vouloir à l’Institut : mon nom sortit du chapeau. J’avais été humilié à deux reprises, mais l’Institut voulait me voir briser jusqu’au bout. Il s’agissait d’un véritable harcèlement comme ce que j’ai subi pendant des années et qu’ils n’ont rien fait. J’ai été reconvoqué au commissariat de Houilles par les Officiers de Police Judiciaire. On m’indiquait les risques encourus. Mais j’étais innocent dans cette affaire. Après avoir discuté un peu, une perquisition du domicile familial : une humiliation de plus. Ils sont même allés jusqu’à confisquer temporairement l’ordinateur de mon père. Pour quelles raisons ? Il n’avait pas de preuves, rien à se mettre sous la dent. Bien sûr, cela est retombé sur moi. Au bout de 30 minutes à 1 heure, nous sommes repartis. On m’a indiqué que j’allais faire une garde à vue. À 16 ans, c’était complexe, mais le code procédure pénal était fait de cette façon-là. J’étais le “bouc-émissaire”. On me proposa un avocat commis d’office. Je refusais : je n’avais rien à cacher. Je subis comme de nombreuses personnes : la fouille à nue et on m’enferma dans une cellule pendant des heures et des heures. Le temps passa très vite. Imaginez la sensation à 16 ans. L’humiliation atteignait son paroxysme. Qu’importe, je n’avais rien lâché vis-à-vis des condés. Dans l’interrogatoire, la démonstration assez complexe que je développais : prouver que je dormais. Assez absurde, mais on perdait tous notre temps : flics et juges avaient certainement d’autres affaires à se mettre sous la dent. Ma garde à vue aurait pu durer près de 24h00. Je risquais lourd, car je n’avais pas d’alibi comme les condés le disent dans le jargon et je ne pouvais pas le démontrer. Les “culs-bénis” m’avaient tendu un véritable traquenard.

Finalement, j’ai pu démontrer quelque chose de cohérent : la nuit, je dormais et je n’avais rien entendu. L’histoire s’est essoufflée. Mais les conséquences sont toujours là.

Faisons un saut dans le futur, on ne parlera pas de ce qu’il s’est passé au lycée public. J’avais pris une filière technique, mais peut-être pas la bonne. J’aimais la science, je ne pouvais douter, mais laquelle ? Les sciences de l’ingénieur m’ont vraiment formaté le cerveau tout comme le baccalauréat scientifique que j’ai lamentablement échoué. Un échec aurait pu se transformer en réussite en remontant au créneau. Mais voilà, les années de lycée m’avaient usé. Je n’aimais pas l’enseignement où étaient formatés de nombreux lycéens. J’eus une solution à partir de ce moment-là. J’étais clairement tombé dans l’addiction aux écrans, dont l’ordinateur portable.

Une solution s’offrit à moi : rejoindre un internat, mais comme le public était saturé, je dus choisir l’option d’un privé encore une fois chez les “culs-bénis”. Je pris le bon vieux BEP CSS en un an. Ce fut difficile, je dus me taire, mais j’eus mon BEP avec une bonne note. Je trouvais un travail en temps partiel en tant qu’employé de collectivité puis un autre travail en tant qu’aide de vie. Au bout d’un moment, j’ai compris que le baccalauréat s’il ne servait à rien n’était qu’une porte pour ouvrir d’autres portes. Je décidais à partir de ce moment de m’orienter vers une capacité en droit, un diplôme universitaire en deux ans en cours du soir. Le droit n’était pas mon orientation, mais cela m’a fait grandir, notamment dans la manière d’argumenter. J’ai compris que le droit, c’était la politique et la politique, c’était le droit. À cette époque, nous étions dans le débat au Parlement de la “Loi Taubira” sur le “mariage pour tous”. Les homophobes battaient les rues au travers de slogan nauséabond. Qu’importe, j’ai compris qu’il fallait se pencher un minimum sur le droit et que la politique n’était pas seulement de la théorie. J’ai raté ma première année de capacité en droit. Mais les connaissances que j’avais emmagasinées m’ont ouvert sur le monde. Certes, je ne serai jamais un avocat, mais la méthodologie d’argumentation en disait long.

Puis il fut des années où je me cultivais, mais malheureusement le diplôme de niveau 5 ne se passe pas sur la culture générale, mais sur une lobotomie du cerveau en matière de connaissance.

Au bout de quatre années à cavaler entre chaque client pour réaliser des toilettes, du repassage (dont des foutues chemises avec des plis) ou à nettoyer les sols, faire de la restauration collective et les différentes tâches administratives. Avoir deux emplois comme le font les Allemands pour survivre n’était pas une vie. Je voulais au contraire trouver une forme de stabilité. J’ai effectué des recherches pour passer le diplôme d’Aide-soignant. Je trouvais qu’il était adapté par rapport à mes besoins de me poser. Finis le fait de courir entre deux endroits pour gagner le salaire minimum. J’ai décidé de faire la démarche pour m’inscrire au concours. J’avais travaillé un peu, mais le résultat était que j’étais arrivé trentième. Un score vraiment pas mal. Cela me redonnait confiance en moi. J’étais un peu arrivé comme un touriste en travaillant juste l’orale. Il ne fait guère de doute que le plus dur allait être devant moi. En effet, il fallait se plier devant les formateurs et dans les stages, il fallait se soumettre partout. Le paramédical (tout comme le médicale) s’inscrivait dans le fait de broyer les élèves afin de leur dégoûter au plus profond du métier. Se taire ou partir, tel est la vision dans le paramédical. Puis, il y a une injustice criante : les élèves aide-soignant ont deux mises en Situation Professionnelle alors que les infirmiers n’en ont aucune. Bref, j’ai dû passer trois fois le module 3. J’étais aide-soignant. Je suis parti au bout de cinq années après mon diplôme : écœuré, dégoûté et déçu.

Plus de huit ans après, j’ai décidé après repasser le baccalauréat afin de montrer que je pouvais repasser des épreuves. J’ai effectivement réussi à passer les épreuves malgré la maladie psychique toujours pas régulée. Ce fut éprouvant. Mais j’étais en mesure de passer des épreuves. Il ne fait guère de doute que la méthode de créer un “examen unique” ou des partiels n’était pas mon mode de fonctionnement. J’avais besoin de respirer et non de réapprendre par cœur des formules et des démonstrations. Il ne fait guère de doutes que ce n’est pas ma méthode pour apprendre. Je ne suis pas conformiste. J’ai ma méthodologie pour apprendre. Concrètement, je suis très anarchiste finalement, même si j’ai beau avoir une bibliothèque remplie de livre communiste, mais la démonstration s’avère être celle-là.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais en 2019, j’ai commencé l’écriture d’un livre. En même temps, j’étais dans une église évangélique. Je ne critiquerai pas ce qu’elle m’a apporté en termes de connaissances. Avec la personne, chez qui nous faisions l’étude biblique et le pain quotidien (dont je reviendrai certainement plus tard là-dessus), nous allions à la Bibliothèque de Nanterre. Oui, j’avais des problèmes liés à l’alcool et aux drogues, j’étais pris dans une spirale infernale. Lorsque j’étais en descente, j’effectuais des recherches sur le livre que j’écrivais. Il fallait que je disse que je dise malgré l’embrigadement dans le mysticisme.

Finalement, l’expérience m’a appris que j’étais hors du cadre institutionnel. J’ai une approche clairement autodidacte. J’ai compris qu’en effectuant des recherches critiques à l’université de façon libre et sans rendre de mémoire, cela s’articulait autour d’une méthodologie. Récemment, j’ai fait un bilan de compétence avec une personne afin de savoir ce que je voulais faire. J’apprenais moi-même à mon rythme. Maintenant, l’avenir reste à construire.

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