Le patronisme, pierre angulaire du macronisme

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Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence du onzième mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

Le patronisme s’avère reposer comme un mouvement politique s’inscrivant dans une radicalisation du patronat. Ce néologisme ou barbarisme selon la langue française permet de mieux résumer la dynamique inscrite dans le mouvement néolibéral au travers des différentes tendances. En effet, nous nous rendons compte qu’au travers des années qui filent, les différents courants néolibéraux s’inscrivent à soutenir un programme spécifique : celui du patronat. À partir de cette perspective, il semble nécessaire de souligner que le programme de ces partis politiques élus par les urnes peut sembler différent, mais il s’agit dans les faits celui de l’UPA, de la CGPME et du MEDEF. Ce n’est pas un hasard.

Le syndicalisme est considéré comme du terrorisme par les patronistes. Cela permet de soutenir des thèses particulièrement dangereuses pour les travailleurs. Le patronisme rêve d’une société sans syndicats. Avec du recul, vous savez à quoi ressemble cette société : la dictature. Dans une vision où je défends le syndicalisme de classe comme émanation du corps politique, je ne crois pas à la social-démocratie et encore moins son enfant à savoir le social-libéralisme.

Depuis que je fais de la politique et que j’ai ingurgité de nombreux livres, j’admets honnêtement que ma préférence va pour la démocratie ouvrière loin de faire la démocratie comme un véhicule pour satisfaire les besoins du patronisme. En effet, le programme de déréguler l’économie afin de satisfaire une classe précise en dit long.

Dans ce sens, il convient de combattre le présidentialisme afin d’aller vers une sixième république objectivement parlementaire et d’en finir avec la monarchie républicaine. Il semble nécessaire d’écarter le président de la République du Parlement. Quand on est en faveur du parlementarisme : on le défend. Or, le mouvement patronal au sein de ses nébuleuses politiques intervient dans les fondements d’une idée abstraite : le travail coût cher et le dividendes sont un investissement. Autrement dit : l’idée de préférer les actionnaires à ce qui font la richesse des entreprises permet sensiblement de voir la radicalité des patronistes.

La Vème République n’a pas été construite pour empêcher une démocrature à la Òrban par exemple. Elle a été construite pour abolir le parlementarisme et restaurer la monarchie. Une vision si chère à De Gaulle, dont sa jeunesse a été faite à l’Action Française. De cette vision, la constitution écrite se faisait à l’image da la chienlit gaullienne. De cette manière, le patronisme peut user encore et encore de l’article 49-3, une question se pose : la constitution fait de vous un constitutionnaliste, mais cet article en l’utilisant fait de vous un opposant au parlementarisme. Le présidentialisme s’avère différent au parlementarisme. Le noter devient nécessaire.

Bien sûr que le gouvernement et la classe dominante sont effrayés par un mouvement de grand ampleur contre les réformes structurelles à la demande de la Commission européenne conservatrice. Au travers d’une apparence de “social” et “nécessaire”, il s’agit avant de protéger les intérêts des mêmes personnes. Je crois sincèrement que le gouvernement et les patronistes s’inscrivent à terme à scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Il semble objectif de rappeler que les différentes politiques successives s’inscrivent dans une même trajectoire. Il n’y a pas de hasard, pas de sursaut en l’espèce, mais le résultat d’un conformisme où l’explication d’une logique macroéconomique les met en dehors de tout matérialisme. De cette manière, le logiciel reste le même et les différences se réalisent à la marge. L’idée phare permet de soutenir dans une vision assez radicale, assez conséquente toutes les revendications du patronat. Aujourd’hui, l’offre politique (car nous consommons de la politique comme un bien ou service) apparaît très faible, les idées se ressemblent : baisse des impôts, taxes (sauf la TVA) et cotisations ; privatisation accélérée pour rembourser la dette ; libéralisation forcée ; répression de toutes les oppositions progressistes.

Au travers de l’utilisation des différents outils de la constitution qui tendent à souligner que les opposants au 49.3 par ailleurs permettant de bâillonner les débats montrent que le gouvernement en minorité absolue souhaite accélérer le patronisme. Cette idée raffermit l’idée de conduire le patron vers la liberté tel le radeau de la méduse. Au travers d’un marché ouvert, l’idée se résume d’avoir la meilleure compétitivité et de baisser les salaires au plus bas pour que finalement cette partie soit gratuite au travers de la survaleur ou plus-value. Je ne serai pas étonné que le gouvernement ramène progressivement les 35h00 vers les 70h00. Il peut aussi faire travailler les enfants au travers de l’apprentissage (mais cela ne compte pas pour la cotisation en termes de trimestres de retraite). Le paysage devient mortifère. Je pense sincèrement que si le mouvement social n’arrive pas à imposer un agenda alternatif afin de fixer les règles alors nous risquons de sombrer dans une misère profonde au travers de la “baisse des salaires” de façon radicale.

Je me suis rendu compte que le Sarkozysme, l’Hollandisme, le Macronisme (LREM ou Re(co)naissance) s’avère la même lignée, la même succession et la même orientation à savoir vers un néolibéralisme radicalisé. Qui sont les patrons qui souhaitent revenir au XIXème siècle ? Dans ces circonstances, il semble nécessaire de souligner qu’au travers de marche de manœuvre différente pour ramener le pays à une vision où il n’y avait pas l’électricité dans les chaumières. Le passéisme, le conservatisme et l’arriérisme deviennent une idée de remodeler la France au travers d’une logique où le droit du travail n’existerait pas, le code du travail non plus, les retraites serait abolies, etc. On se bien compte que chaque proposition réalisée par le monarque soumise ensuite au Premier ministre permet de soutenir les thèses archaïques qui valaient dans un libéralisme pur.

Finalement, vous l’aurez compris : le patronisme apparaît pour les courants qui s’en inspirent, va de pair avec la démonstration qu’une société idéalisée ne peut que reposer sur la spoliation de la valeur par des personnes précises.

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