Mon adhésion à Volt

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À ce jour, j’ai adhéré à un parti politique “Volt Europa” : un parti paneuropéen de centre-gauche. Cela est très réformiste et absolument pas communiste. Aurai-je trahi mes valeurs de vouloir une révolution ?

Les divergences avec Jean-Luc Mélenchon

Dans ce sens, il convient d’admettre que je commence à prendre conscience année après année que la révolution ne se passera pas au niveau national, mais au niveau européen. De là, je rejette les courants nationalistes qu’ils soient de droite comme de gauche. Le socialisme en tant que doctrine dans un état unique est voué à l’échec. Cela me paraissait évidemment qu’au travers d’un repli sur soi, rien ne pouvait fonctionner.

La candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidence de la République s’est construite sur des axes clairement différents des miens. La question de la critique d’une gestion de la crise sanitaire en disait long.

La “gauche radicale” (que certains de mauvaise foi par ignorance et crétinisme extrême-gauche) n’arrivait pas à réaliser une “convergence” entre tous les partis politiques. Non pas en raison d’une volonté de rassemblement les “sociaux-démocrates”, mais bien en raison d’une fracture en ce qu’il concerne les apports de la science. La fâcheuse question du “pass sanitaire” et de “l’obligation vaccinale” est devenue progressivement une habitude en lien avec la correspondance de la notion de la liberté.

Je me suis considéré comme en lien avec la science : j’ai fait deux vaccins puisque j’ai eu le COVID sans trop cogiter. Je savais ce que c’était que d’avoir mal partout, d’avoir des difficultés respiratoires, etc. Certes, je ne suis pas allé en réanimation et j’ai eu de la chance. Pourtant, nous étions face à des personnes qui s’inscrivaient dans une dynamique de refus de la “vaccination obligatoire” et des conséquences que cela pouvait avoir.

J’admets que je suis allé dans le contact contre les complotistes sur mon site Révolution et Libertés jusqu’à subir un harcèlement pendant des semaines en raison de la déconstruction d’une chanson d’une artiste complotiste et new-age.

Les “antipass” et “antivaxs” se sont mobilisés tous les samedi dans un continuum des Gilets Jaunes, ce mouvement poujadiste qui réclamait le démantèlement de l’Etat social. Autant dire que durant cette période, cela tournait clairement dans une dimension complotiste. Il s’agissait pour les individus de reprendre celui de la “résistance” face au nazisme. Or, Emmanuel Macron, bien que sur la voie qui mène progressivement vers le “néofascisme”, n’est pas comparable en ce qu’il concerne la logique vaccinale. Pourtant, nous avons vu le nombre de “Point Godwin” dans les rues, dont le mouvement QAnon. Dans les faits, l’idée de débattre de la “liberté” se retrouvait plus à utiliser le terme “libertay”. Le mouvement antivax était clairement libertarien. En effet, il convenait de souligner que “faire de la politique, c’est faire des choix“.

À parti de cela, il convient d’assumer que le fait d’aller vers la France Insoumise était hors de question. Trop d’éléments nous éloignaient. Puis, au niveau du communisme, il fallait rappeler qu’il s’agissait d’un programme très modéré. Nous étions dans une dynamique également où la transition écologique primait. Or, le communisme ne pouvait en aucune manière s’allier avec ceux qui manifestaient avec l’extrême-droite, il semblait nécessaire d’être cohérent, mais aussi d’être démocrate. La raison scientifique créait une séparation au sein de la gauche : la gauche scientifique et la gauche obscurantiste.

Les communistes savent très bien que le rôle de Jean-Luc Mélenchon advient comme un “effet d’espoir”, mais il est surtout un “personnage clivant”. J’avais quitté le Parti Communiste Français à une époque où je le trouvais trop mou. Or, ce que l’on peut dire réside dans le fait que les communistes de Colonel Fabien savent très bien en ce qu’il concerne la science et s’oriente toujours du côté scientifique. On pourrait disserter pendant des heures du reste comme le fait que Jean-Luc Mélenchon a soutenu également l’agriculture biodynamique, c’est-à-dire l’agriculture du nazi Rudolf Steiner.

Un communiste libre

Je me suis retrouvé au fil des années dans mes raisonnements à admettre que j’étais un OVNI en terme de politique. Il fallait assumer que je ne rentrai pas dans les clous.

À partir de ce moment-là, j’ai compris que mon militantisme résultait d’une forme d’arbitrage réelle dans différentes positions politiques. J’étais en dehors de toutes les structures politiques. Ainsi, il m’a fallu comprendre et contenir cette dimension : Je marchais seul, car j’avais fait le choix d’être dans une logique solitaire. Dès lors, il convient de structurer une pensée réaliste, j’étais dans l’opposition à la mandature d’Emmanuel Macron dans toutes ses dimensions dans un contexte objectif, c’est-à-dire tout ce qu’il ne concernait pas la “crise sanitaire”. J’avais des éléments à mettre en doute comme l’assistanat des entreprises perfusés des aides publiques.

Je me sens comme tout à fait en phase avec mes idées. J’ai été bercé par les écrits de Rosa Luxemburg. Il me semble nécessaire d’avouer que j’ai toute mon indépendance en termes d’écriture. Je suis libre comme l’air. Or, je crois sciemment que le communisme en tant que vision portée sur la société s’inscrit dans un “processus de transformation radicale” passant au travers de différentes étapes. La question de “libéraliser” la société devient une évidente au niveau des institutions afin de mettre en place une “démocratie ouvrière”. Cela fait grincer les dents les conservateurs ayant un pied dans le processus de direction depuis que le parlementarisme existe. Qu’importe, la nécessité de revenir au parlementarisme en France devient nécessaire. Je m’oppose à partir de ce moment au fait que le président soit élu au suffrage universel.

Un gâchis absolu

En raison d’une trahison sans nom, Emmanuel Macron a fait sécession du Parti Socialiste pour fonder un parti politique à son image politique : En Marche. Dans une logique Mégalomane, il a par ailleurs laisser dans sa communication les lettres “E” et “M” pour renvoyer à lui-même. Il s’agit dès lors d’un parti tourné non pas vers un projet de société, mais une seule personne, dont l’ambition était mégalomane. Puis, n’oublions pas qu’il a été élu en 2017 grâce aux voix des soutiens du néo-socialiste Manuel Valls et de ceux qui ont rejeté François Fillon en raison des sales affaires. Ainsi, il était un compromis entre un programme de fer et un programme minarchiste. À partir de cette dynamique, le centre-droit et la droite ultralibérale lui ont fait confiance. Mais il y avait cette dimension consacrée que le “libéralisme” était porteur du progrès. Cela s’est traduit par un vrai fiasco.

On voit très bien que le bilan d’Emmanuel Macron reste une profonde catastrophe. Sur tous les plans, il n’aura pas réussi à distiller une ambition profonde à réformer au travers d’un consensus. Il a réformé avec violence, énergie et fermeté. Ainsi, les transfuges des différents partis politiques se sont retrouvés dans un parti qui s’est orienté progressivement vers une droite libérale de ce qu’il y a de plus classique dans les différents pays. Ainsi, le parti présidentiel n’est pas si différent que le parti “Les Républicains”.

Emmanuel Macron aurait pu mener une politique “sociale-libérale”. Il faut comprendre que l’objectif d’Emmanuel Macron était que ça ruisselle de bas vers le haut. Il a mené un “socialisme pour les riches”, c’est-à-dire le capitalisme.

Il a mené une campagne néolibérale assez radicale d’ailleurs. La “droitisation de la société” s’est conclue par le fait que certains pensent aujourd’hui qu’Emmanuel Macron est de “centre-gauche” et le rempart contre les “extrêmes”. Une vison assez obsolète qui ne tient pas la route. Les conservateurs qui pensent que les extrêmes se rejoignent comme le dit si bien Hannah Arendt, dont son père philosophique n’est d’autre qu’Heidegger. Le refus de la modernité, le refus de dire les choses, le refus d’applique une politique sociale laisse entrevoir un président rabougri sur lui-même.

La seule mesure progressiste se résume à avoir mis en place la PMA après d’âpres batailles contre le conservatisme et la réaction propre à son électorat. On ne peut pas dire que pour un président qui a séduit l’électorat déçu du Hollandisme, son bilan soit meilleur. Il s’inscrit dans la lignée : Sarkozy et Hollande.

Entre 2017 et 2022, un chemin interminable s’est écoulé dans ma construction idéologique. Le mandat d’Emmanuel Macron s’achève sur un goût amer et des dizaines de scandales.

Les désastres de l’individualisme méthodologique

Au moment où je retravaille des articles destinés à des revues sur la thématique de l’individu, de l’individualisme, du “libéralisme radical”, je me rends bien compte que j’ai pu voir sciemment l’évolution du monde objectivement de 1997 à 2017. J’ai pu voir au travers d’une maturation politique et d’une prise réelle de recul. Rien ne sera plus jamais comme avant. Les maillons de la solidarité sont cassés les uns après les autres au profit d’un “néolibéralisme égoïste”.

Les conservateurs qui sont dans les réseaux favorisant l’entrisme afin de distiller des rhétoriques creuses savent très bien que la dépolitisation du débat politique et l’appauvrissement du langage permet de créer une novlangue afin de réduire la pensée. L’usage des mots reste une bataille politique. Dans ce sens, les incantations néolibérales pour permettre de relancer le pays sont clairement sous le signe de croyances abstraites. L’apparition de l’idée qu’en ramenant tout aux choix individuels, il se créerait une accélération et une libération de la croissance revient à un discours typiquement religieux avec des consonances évangélistes.

Dès lors, il semble nécessaire de voir qu’une autre stratégie pendant les périodes sombres que nous allons rencontrer nécessite un virage à 180 degrés. Nous avons besoin de progrès, d’une dynamique collective et d’en finir avec l’individualisme méthodologique, terrain de l’expansion de l’extrême-droite. En effet, en déconstruisant systématiquement les liens entre les personnes au travers d’un bulldozer juridique et suivant la loi d’un capitalisme sauvage. Les égoïsmes devenant une norme, les personnes pensent à eux, à leur personne et aux gains qu’ils gagnent immédiatement et non l’investissement de ce qu’ils gagnent.

Pourtant, il convient de ne souligner que d’Emmanuel Macron à Eric Zemmour, dans des proportions différentes (et des projets de société fondamentalement différents) : il s’agit d’un même programme pour quatre candidats différents. Au moins, les néolibéraux ont le choix selon la tendance qu’ils veulent choisir. Le choix de connaître : quel individualisme veulent-ils ? Quel repli identitaire veulent-ils ?

Le moment européen

Les moments qui constituaient la force du mouvement ouvrier, des luttes sociales et des manifestations se sont progressivement érodés. La volonté du “tous contre tous” au travers de la doxa actuelle ne peut permettre de faire briller une nation et encore moins un groupe de nation. Je vois très bien que le “rouleau compresseur” de l’Union Européenne demande une réforme globale et structurelle. Je ne me sens pas représenté dans cette dimension.

Mais il convient que le retour à la “nation” comme le soulignent les nationalistes de droite et de gauche serait encore pire. L’extrême-droite le dit qu’elle veut en finir avec le “couple franco-allemand”. Dans ces dimensions, nous vivons un carrefour européen en ce qu’il concerne la volonté d’un autre espoir et d’alternative.

Je crois dans ce ce sens que l’avenir de la France pour son progrès se réside à créer un parti progressiste en opposition aux libéraux et conservateurs représenté par le parti macroniste.

Dans une économie mondialisée, lorsque nous analysons concrètement les interconnexions entre les différentes économies, nous voyons parfaitement bien que les économies des pays sont liées entre elles au travers des échanges réciproques. La révolution ne peut réussir dans un “seul pays”. Elle se réalise au travers d’un groupe de pays, c’est-à-dire en question de réaliser une révolution européenne et non plus dans un seul Etat.

Une vision pragmatique du “libre-échange”

À l’époque actuelle, je crois entièrement au bienfait d’une vision réelle du “libre-échange”, non pas que je suis devenu un ayatollah de la mondialisation, mais dans les faits qu’elle permet de pointer du doigt un seul et même adversaire : le capitaliste, c’est-à-dire celui qui détient le capital de l’entreprise. Oui, je serai plus en faveur d’appliquer le principe de l’avantage comparatif afin de spécialiser les pays dans un type réel d’entreprise.

Je crois également, c’est peut-être utopique, mais qu’il ne faut plus compter sur la richesse au niveau de l’Europe afin d’accélérer une harmonisation sociale et bâtir une Europe sociale quand bien même si elle serait légèrement libéralisée. Je crois à une nationalisation de certains services publics comme le rail par la Commission européenne. Pour cela, il incombe de modifier les traités européens afin de les rendre dans l’air du temps. Il semble nécessaire de donner plus de souplesse, de flexibilité et d’autonomie aux différents Etats afin de créer un Etat fédéral.

Dans ce sens, il semble nécessaire de construire également une Union Européenne avec un réel projet européen démocratique, social et solidaire. Aujourd’hui, nous sommes dans une “guerre économique” entre les pays de l’Union Européenne. Ainsi, le “libre-échange” nécessite une régulation afin d’aller vers la théorie de Ricardo d’un “échange comparatif”. Les pays doivent se spécialiser au travers d’un compromis.

Il semble clairement nécessaire que la dimension en ce qu’il concerne un projet doit se baser sur une vision de progrès, une vision permettant de faire évoluer la société vers des jours meilleurs et non des jours où la guerre de chacun pour ses intérêts primes. Quand il n’y a pas d’espoir, ce n’est pas le progrès qui prime, c’est la réaction et l’ultraconservatisme.

Dans ce sens, je suis membre de Volt, j’assume pleinement ces éléments afin de construire une démocratie libérale en Europe sous la forme d’une fédération. Sans cette construction, nous n’aurions à aucun moment les différentes étapes pour créer l’Europe de demain. Les conservateurs feront tout pour freiner les grandes réformes afin d’aller vers l’unification de l’Union Européenne.