Quelques notes sur la grève

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La grève relève d’un droit constitutionnel et nombreux antirépublicains  s’en donnent à cœur joie de dénoncer la constitution et ses valeurs. Le séparatisme d’une classe sociale vis-à-vis d’une autre en dit long sur les arguments comme l’adage de l’extrémisme et ou encore des preneurs d’otages.

Le séparatisme antisyndicaliste

Nous le voyons partout, par des partis politiques, des associations, et même des politiciens : le séparatisme antisyndical règne afin de défendre les actionnaires de Total Énergie et Exxon. Au travers des éléments décris dans le Préambule de la Constitution de 1946 : les éléments démontrent une réalité : briser une grève au travers de réquisition s’inscrit dans combattre la République et ses valeurs, la constitution et ses principes.

Qui sont les briseurs de grève ? Des milices patronales, l’extrême-droite ou encore les corporations vichysso-policières. Cela permet de mieux comprendre l’idée qui règne dans ce pays : ah ça ira, ça ira, les actionnaires à la lanterne, ah ça ira, ça ira, les actionnaires on les … Bien sûr, il faudrait repasser à plusieurs reprises, mais lorsque nous voyons les réquisition s’inscrire dans la légalité, mais en opposition à l’Etat de droit, alors on peut se surprendre à soutenir des thèses : le terrain se prépare progressivement vers la fin du syndicalisme et c’est exactement ce que les personnes opposées au droit des travailleurs veulent. Un système où il n’y aurait plus de constitution, car cela entrave clairement le marché. Bref, les pires idées refont surface au travers de l’aide de la Macronie.

L’idée de séparer et aboutissant au “séparatiste” que la loi défend au travers de son ministre de l’Intérieur accusé de viol comme Damien Abbad en dit long. Il s’agit de séparer le “bon travailleur” à savoir celui qui se tait et qui cire les chaussures de son employeur afin d’être payé au salaire plus bas, et même si c’était possible de travailler une partie gratuitement (ce qui est déjà le cas au travers de la plus-value) et l’autre le “mauvais travailleur”, il est syndiqué, il revendique l’application du droit du travail, il fait grève, etc. Autrement dit, chez les “séparatistes” au pouvoir : nombreuses sont les personnes à user des lois quand ça leur chante.

Le national-libéralisme ou le néolibéralisme ouvert porte en eux un projet assez funeste où la cohésion s’éparpille. L’individualisme le plus pur au travers de sa définition “méthodologique” permet de cerner différents faits. Ainsi, il semble constant d’admirer que le processus de convergence entre les différentes droites s’avère en place. En effet, l’idée de se positionner en opposition au droit constitutionnel permet de savoir que tous les ayatollahs des idées proches ou éloignées du président de la République détruiront progressivement les idées républicaines qu’ils prétendent défendre.

L’idée qui règne serait comme le dit si bien l’article de soutenir l’idée que finalement le “séparatisme”, dont nous parlons s’ancre dans un imaginaire assez absurde : lesdits gouvernements et le président de la République souhaitent passer outre les “droits constitutionnels”. Dans ce sens, il convient naturellement de souligner que faire confiance à des personnes qui s’inscrivent dans une “république à la carte” en dit long. Or, défendre la république et toute la république s’inscrit également à défendre le syndicalisme et le droit de grève. Sans cette défense, nous savons très bien où cela aboutit. En effet, le système néolibéral dans le cadre de la construction du marché du travail s’inspire du corporatisme, c’est d’ailleurs à ce titre que nous appelons très souvent le néolibéralisme comme un néocorporatisme.

Une prise d’otages, sans otages

Les conservateurs usent toujours du principe que le fait des grèves, prennent en otage les personnes. Cela rappelle de réelle prise d’otages comme au Bataclan, à l’Hypercasher ou même l’enlèvement d’Olivier Dubois (toujours pas libéré aux mains des djihadistes). Or, dans ces attaques terroristes, une réalité reste cinglante : une prise d’otages s’avère être un crime, dont les éléments passent devant une Cour d’assises et parfois extraordinaire. Mais voilà, la “constitution” serait devenue un organe “terroriste”, car dans le préambule de 1946, elle y indique ses droits fondamentaux. Dès lors, depuis leur canapé ou de leur voiture : les personnes hurlent à la prise d’otage alors qu’ils sont libres. Cela rappelle clairement l’idée principale qui se véhicule dans ce pays : la criminalisation des luttes. S’il n’y a pas d’otages et que les personnes peuvent bouger constamment ou sortir de leurs véhicules : cela montre bien la dialectique réactionnaire pro-séparatiste des personnes de droite et du patronat.

Or, la question de la paralysie des “moyens de production” devrait faire réfléchir de nombreuses personnes qui soutiennent constamment l’idée que les “ouvriers” sont des feignasses. Mais il semble objectif de dire que s’ils ne servaient à rien alors il n’y aurait pas de problèmes pour se ravitailler en carburant. Hélas, ce sont des chaînons stratégiques qui s’inscrivent dans un service privé. Les différentes réquisitions s’inscrivent dans le fait de menacer la Constitution et les libertés syndicales comme le droit de grève. Bruno Retailleau disait qu’il en avait marre de la “gréviculture“. Peut-être qu’il faudrait en premier lieu une forme de “négociculture” de la part du patronat. Pourtant, le patronat reste ferme : aucune augmentation pour ceux qui permettent de fournir des dividendes de l’ordre 2,4 Mds aux actionnaires. Étonnant non ?

Pourtant dans le cadre de Total ou Esso France – ExxonMobil, l’idée phare repose tout de même sur une autre idéologie : il y a plus de personnes à soutenir les prix à la pompe de 2 euros, la hausse de 52 % du salaire du patron de Total et les superprofits réalisés en raison de la guerre en Ukraine au travers de différents contrats en Russie. Un silence assez assourdissant finalement.

Les otages imaginaires

Il semble nécessaire de revenir sur quelques dessins (et desseins) de Plantu pour comprendre la logique actuelle qui s’attaque de la part de nombreux partis, de journalistes et de citoyens contre la République au prix d’un séparatisme avéré contre la constitution. Ils vont du macronisme jusqu’au zemmourisme. Une seule solution : la dissolution de toutes ces organisations antirépublicaines et sécessionnistes !

Les conservateurs et néolibéraux de toute tendance le disent et le redisent sur les plateaux télévisés ou encore sur les réseaux sociaux qu’une grève prend en otage les clients. Les mots utilisés renvoient consciemment à la mise en pratique d’une idée que le syndicaliste tout comme le gréviste serait des “terroristes”. La sémantique s’avère nécessaire : si le syndiqué est un terroriste alors le syndicat est une organisation terroriste. Dès lors, le fait de défendre le syndicalisme serait une forme d’association de malfaiteurs et d’appartenance à une organisation terroriste.

Dans ce sens, bien avant cela, Plantu comparait souvent la CGT aux islamistes comme une obsession constante que nous verrons progressivement dans lesquels lignes. Si ces “caricatures” dites “humoristiques” font tellement fureur chez les conservateurs, cela montre clairement son orientation politique. Nous pourrions en montrer d’autres pour l’exposer de mon analyse, mais au moins, cela aura le mérite d’être assez clair.

Plantu comparant un salarié syndiqué à un islamiste

Au travers du dessin (ci-contre), le dessinateur soutenait la thèse que les opposants au travail du dimanche était tous des islamistes. Cela renvoie à une obsession bien constante : la défense du patronat et celle des thèses de l’extrême-droite. En même temps, cela se comprend.

Il convient de souligner que cet alignement pour un dessinateur renvoie à des dimensions constantes : les opposants sont des islamistes et dans l’extension des terroristes. En effet, la question de l’otage apparaît comme fondamentalement dangereuse, mais aussi se base sur des rhétoriques issues de la dialectique antisémite (ce que Plantu est d’ailleurs). Pourquoi prendre ces dessins comme mise en perspective ? Tout simplement que l’opinion réactionnaire s’en tient à cette idée. Le syndicalisme est vecteur de l’islamisme et la seule solution, c’est de supprimer la constitution pour remettre dans les rails le marché libre, la liberté d’entreprise et surtout de soutenir les actionnaires “quoi qu’il en coûte”.

On notera que Plantu s’était indigné des critiques de son dessin jugeant cela comme une “fatwa”. Cela permet d’en dire long sur l’approche qui s’en fait. Nous comprenons mieux l’idéologie en substance d’une partie de la droite radicale et de l’extrême-droite en association de la deuxième droite.

Dans le cadre de Total Énergie, la position de l’opinion préfère 2,5 Mds de dividendes et une augmentation du patron 51% qu’une hausse du salaire des salariés, car la moyenne (et non le médian) se situerait à 4 500 euros voir 5 000 et puisque c’est l’enchère des patrons, je dirais à la louche 7 000 euros voir 15 000 euros vu l’augmentation du salaire du patron, ça influe sur le salaire moyen. Une différence de taille quand on sait que le salaire médian français oscille vers 1700 euros et que la moyenne est à plus de 2 400 euros. Simple question de vue pour mieux impressionner les beaufs comme chez les Bidochons. Le problème réside dans le fait qu’ils croissent d’année en année pour soutenir les pires thèses : les thèses poujadistes de l’extrême-droite que Macron souhaite mettre en place les réactionnaires au pouvoir.

De nombreuses personnes qui gagnent au-dessus du salaire médian sont en réalité comme eux ils le disent si bien la moitié la plus riche. De nombreuses professions le sont : les infirmières libérales ou à l’hôpital, les cadres, les ouvriers spécialisés, etc. Et si on s’attaquait à leurs différents ce que la caste bourgeoise parle de “privilèges” alors il y aurait beaucoup de choses à dire et à redire. Ainsi, il faudrait supprimer la prime Ségur, supprimer les RTT pour les cadres, etc. Bref, trop de choses à dire et à redire, car nous sommes toujours le privilégié de quelqu’un d’autres. Mais le jour où le gouvernement préféra détruire cet acquis et que vous seriez seul, il ne faudra pas se plaindre.

Ainsi, dans une société démocratique : les personnes usant de leur droit constitutionnel à savoir la grève sont incendiées, insultées et lynchées. Au travers de cela, si les antirépublicains commence à vouloir imposer leurs règles en-dehors de tout cadre légal alors la constitution n’a plus de valeur. Or, c’est justement l’idée qui sublime les réactionnaires : combattre la constitution, combattre les droits des travailleurs et aboutir un règne où l’ordre politique unique règne. En résumé : il s’agit d’un régime autoritaire comme nombre de pays qui ouvre le chemin à une dictature fasciste. D’ailleurs, n’est-ce pas le “parti présidentialiste” qui a voté pour deux vice-présidents lepéniste à l’Assemblée nationale ? La convergence idéologique d’une frange de la population avec le “fascisme” en dit long.

Plantu comparant les autonomistes à Daesh

Dès lors, l’illustration d’un vieux dessin de Loi El-Khomri (ci-contre) considérait les autonomistes comme des terroristes de Daesh ne sachant pas lire, analyser et décrypter. À partir de ce stade de mauvaise foi, Plantu reprend en douce les rhétoriques antisémites comme je viens le citer. Cela paraît conscient que nombreux sont les commentateurs de basse-cour à reprendre. Mais l’analogie tend manifestement à soutenir que les luttes sociales sont islamistes. Ainsi, l’ordre qui doit régner selon le dessinateur à savoir les patrons et l’Église.

Il se traduit manifestement dans l’air du temps une manière de soutenir que le syndicalisme s’avère être du terrorisme afin de renverser la République et sa Constitution. Quand les grévistes sont insultés, c’est la République qu’on assassine. Et justement, de Macron à Zemmour, la République est un vecteur de gouvernance pour mieux la détruire.

Faut-il élargir la grève ?

Concrètement, il semble constant d’élargir une vision face à la hausse du coût de la vie et d’une inflation agressive. Or, les syndicats “jaunes”, c’est-à-dire les syndicats compatibles avec le “séparatisme” que nous venons de décrire ci-dessus. Au travers de cela, le mouvement social connaît un démarrage en trombe, et je pense qu’à titre indicatif : je suis favorable à un élargissement de la grève dans tous les secteurs afin de montrer que les “feignasses”, dont les commentateurs à la radio comme à la télévision parlent tout le temps s’avèrent être la pierre angulaire qui fait tourner ce pays. Je crois que nous aurons uniquement des hausses des droits sans un mouvement social fort et offensif loin des séparatistes au pouvoir et de leurs collègues dans les hémicycles.

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