Mon adhésion à Volt

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À ce jour, j’ai adhéré à un parti politique “Volt Europa” : un parti paneuropéen de centre-gauche. Cela est très réformiste et absolument pas communiste. Aurai-je trahi mes valeurs de vouloir une révolution ?

Les divergences avec Jean-Luc Mélenchon

Dans ce sens, il convient d’admettre que je commence à prendre conscience année après année que la révolution ne se passera pas au niveau national, mais au niveau européen. De là, je rejette les courants nationalistes qu’ils soient de droite comme de gauche. Le socialisme en tant que doctrine dans un état unique est voué à l’échec. Cela me paraissait évidemment qu’au travers d’un repli sur soi, rien ne pouvait fonctionner.

La candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidence de la République s’est construite sur des axes clairement différents des miens. La question de la critique d’une gestion de la crise sanitaire en disait long.

La “gauche radicale” (que certains de mauvaise foi par ignorance et crétinisme extrême-gauche) n’arrivait pas à réaliser une “convergence” entre tous les partis politiques. Non pas en raison d’une volonté de rassemblement les “sociaux-démocrates”, mais bien en raison d’une fracture en ce qu’il concerne les apports de la science. La fâcheuse question du “pass sanitaire” et de “l’obligation vaccinale” est devenue progressivement une habitude en lien avec la correspondance de la notion de la liberté.

Je me suis considéré comme en lien avec la science : j’ai fait deux vaccins puisque j’ai eu le COVID sans trop cogiter. Je savais ce que c’était que d’avoir mal partout, d’avoir des difficultés respiratoires, etc. Certes, je ne suis pas allé en réanimation et j’ai eu de la chance. Pourtant, nous étions face à des personnes qui s’inscrivaient dans une dynamique de refus de la “vaccination obligatoire” et des conséquences que cela pouvait avoir.

J’admets que je suis allé dans le contact contre les complotistes sur mon site Révolution et Libertés jusqu’à subir un harcèlement pendant des semaines en raison de la déconstruction d’une chanson d’une artiste complotiste et new-age.

Les “antipass” et “antivaxs” se sont mobilisés tous les samedi dans un continuum des Gilets Jaunes, ce mouvement poujadiste qui réclamait le démantèlement de l’Etat social. Autant dire que durant cette période, cela tournait clairement dans une dimension complotiste. Il s’agissait pour les individus de reprendre celui de la “résistance” face au nazisme. Or, Emmanuel Macron, bien que sur la voie qui mène progressivement vers le “néofascisme”, n’est pas comparable en ce qu’il concerne la logique vaccinale. Pourtant, nous avons vu le nombre de “Point Godwin” dans les rues, dont le mouvement QAnon. Dans les faits, l’idée de débattre de la “liberté” se retrouvait plus à utiliser le terme “libertay”. Le mouvement antivax était clairement libertarien. En effet, il convenait de souligner que “faire de la politique, c’est faire des choix“.

À parti de cela, il convient d’assumer que le fait d’aller vers la France Insoumise était hors de question. Trop d’éléments nous éloignaient. Puis, au niveau du communisme, il fallait rappeler qu’il s’agissait d’un programme très modéré. Nous étions dans une dynamique également où la transition écologique primait. Or, le communisme ne pouvait en aucune manière s’allier avec ceux qui manifestaient avec l’extrême-droite, il semblait nécessaire d’être cohérent, mais aussi d’être démocrate. La raison scientifique créait une séparation au sein de la gauche : la gauche scientifique et la gauche obscurantiste.

Les communistes savent très bien que le rôle de Jean-Luc Mélenchon advient comme un “effet d’espoir”, mais il est surtout un “personnage clivant”. J’avais quitté le Parti Communiste Français à une époque où je le trouvais trop mou. Or, ce que l’on peut dire réside dans le fait que les communistes de Colonel Fabien savent très bien en ce qu’il concerne la science et s’oriente toujours du côté scientifique. On pourrait disserter pendant des heures du reste comme le fait que Jean-Luc Mélenchon a soutenu également l’agriculture biodynamique, c’est-à-dire l’agriculture du nazi Rudolf Steiner.

Un communiste libre

Je me suis retrouvé au fil des années dans mes raisonnements à admettre que j’étais un OVNI en terme de politique. Il fallait assumer que je ne rentrai pas dans les clous.

À partir de ce moment-là, j’ai compris que mon militantisme résultait d’une forme d’arbitrage réelle dans différentes positions politiques. J’étais en dehors de toutes les structures politiques. Ainsi, il m’a fallu comprendre et contenir cette dimension : Je marchais seul, car j’avais fait le choix d’être dans une logique solitaire. Dès lors, il convient de structurer une pensée réaliste, j’étais dans l’opposition à la mandature d’Emmanuel Macron dans toutes ses dimensions dans un contexte objectif, c’est-à-dire tout ce qu’il ne concernait pas la “crise sanitaire”. J’avais des éléments à mettre en doute comme l’assistanat des entreprises perfusés des aides publiques.

Je me sens comme tout à fait en phase avec mes idées. J’ai été bercé par les écrits de Rosa Luxemburg. Il me semble nécessaire d’avouer que j’ai toute mon indépendance en termes d’écriture. Je suis libre comme l’air. Or, je crois sciemment que le communisme en tant que vision portée sur la société s’inscrit dans un “processus de transformation radicale” passant au travers de différentes étapes. La question de “libéraliser” la société devient une évidente au niveau des institutions afin de mettre en place une “démocratie ouvrière”. Cela fait grincer les dents les conservateurs ayant un pied dans le processus de direction depuis que le parlementarisme existe. Qu’importe, la nécessité de revenir au parlementarisme en France devient nécessaire. Je m’oppose à partir de ce moment au fait que le président soit élu au suffrage universel.

Un gâchis absolu

En raison d’une trahison sans nom, Emmanuel Macron a fait sécession du Parti Socialiste pour fonder un parti politique à son image politique : En Marche. Dans une logique Mégalomane, il a par ailleurs laisser dans sa communication les lettres “E” et “M” pour renvoyer à lui-même. Il s’agit dès lors d’un parti tourné non pas vers un projet de société, mais une seule personne, dont l’ambition était mégalomane. Puis, n’oublions pas qu’il a été élu en 2017 grâce aux voix des soutiens du néo-socialiste Manuel Valls et de ceux qui ont rejeté François Fillon en raison des sales affaires. Ainsi, il était un compromis entre un programme de fer et un programme minarchiste. À partir de cette dynamique, le centre-droit et la droite ultralibérale lui ont fait confiance. Mais il y avait cette dimension consacrée que le “libéralisme” était porteur du progrès. Cela s’est traduit par un vrai fiasco.

On voit très bien que le bilan d’Emmanuel Macron reste une profonde catastrophe. Sur tous les plans, il n’aura pas réussi à distiller une ambition profonde à réformer au travers d’un consensus. Il a réformé avec violence, énergie et fermeté. Ainsi, les transfuges des différents partis politiques se sont retrouvés dans un parti qui s’est orienté progressivement vers une droite libérale de ce qu’il y a de plus classique dans les différents pays. Ainsi, le parti présidentiel n’est pas si différent que le parti “Les Républicains”.

Emmanuel Macron aurait pu mener une politique “sociale-libérale”. Il faut comprendre que l’objectif d’Emmanuel Macron était que ça ruisselle de bas vers le haut. Il a mené un “socialisme pour les riches”, c’est-à-dire le capitalisme.

Il a mené une campagne néolibérale assez radicale d’ailleurs. La “droitisation de la société” s’est conclue par le fait que certains pensent aujourd’hui qu’Emmanuel Macron est de “centre-gauche” et le rempart contre les “extrêmes”. Une vison assez obsolète qui ne tient pas la route. Les conservateurs qui pensent que les extrêmes se rejoignent comme le dit si bien Hannah Arendt, dont son père philosophique n’est d’autre qu’Heidegger. Le refus de la modernité, le refus de dire les choses, le refus d’applique une politique sociale laisse entrevoir un président rabougri sur lui-même.

La seule mesure progressiste se résume à avoir mis en place la PMA après d’âpres batailles contre le conservatisme et la réaction propre à son électorat. On ne peut pas dire que pour un président qui a séduit l’électorat déçu du Hollandisme, son bilan soit meilleur. Il s’inscrit dans la lignée : Sarkozy et Hollande.

Entre 2017 et 2022, un chemin interminable s’est écoulé dans ma construction idéologique. Le mandat d’Emmanuel Macron s’achève sur un goût amer et des dizaines de scandales.

Les désastres de l’individualisme méthodologique

Au moment où je retravaille des articles destinés à des revues sur la thématique de l’individu, de l’individualisme, du “libéralisme radical”, je me rends bien compte que j’ai pu voir sciemment l’évolution du monde objectivement de 1997 à 2017. J’ai pu voir au travers d’une maturation politique et d’une prise réelle de recul. Rien ne sera plus jamais comme avant. Les maillons de la solidarité sont cassés les uns après les autres au profit d’un “néolibéralisme égoïste”.

Les conservateurs qui sont dans les réseaux favorisant l’entrisme afin de distiller des rhétoriques creuses savent très bien que la dépolitisation du débat politique et l’appauvrissement du langage permet de créer une novlangue afin de réduire la pensée. L’usage des mots reste une bataille politique. Dans ce sens, les incantations néolibérales pour permettre de relancer le pays sont clairement sous le signe de croyances abstraites. L’apparition de l’idée qu’en ramenant tout aux choix individuels, il se créerait une accélération et une libération de la croissance revient à un discours typiquement religieux avec des consonances évangélistes.

Dès lors, il semble nécessaire de voir qu’une autre stratégie pendant les périodes sombres que nous allons rencontrer nécessite un virage à 180 degrés. Nous avons besoin de progrès, d’une dynamique collective et d’en finir avec l’individualisme méthodologique, terrain de l’expansion de l’extrême-droite. En effet, en déconstruisant systématiquement les liens entre les personnes au travers d’un bulldozer juridique et suivant la loi d’un capitalisme sauvage. Les égoïsmes devenant une norme, les personnes pensent à eux, à leur personne et aux gains qu’ils gagnent immédiatement et non l’investissement de ce qu’ils gagnent.

Pourtant, il convient de ne souligner que d’Emmanuel Macron à Eric Zemmour, dans des proportions différentes (et des projets de société fondamentalement différents) : il s’agit d’un même programme pour quatre candidats différents. Au moins, les néolibéraux ont le choix selon la tendance qu’ils veulent choisir. Le choix de connaître : quel individualisme veulent-ils ? Quel repli identitaire veulent-ils ?

Le moment européen

Les moments qui constituaient la force du mouvement ouvrier, des luttes sociales et des manifestations se sont progressivement érodés. La volonté du “tous contre tous” au travers de la doxa actuelle ne peut permettre de faire briller une nation et encore moins un groupe de nation. Je vois très bien que le “rouleau compresseur” de l’Union Européenne demande une réforme globale et structurelle. Je ne me sens pas représenté dans cette dimension.

Mais il convient que le retour à la “nation” comme le soulignent les nationalistes de droite et de gauche serait encore pire. L’extrême-droite le dit qu’elle veut en finir avec le “couple franco-allemand”. Dans ces dimensions, nous vivons un carrefour européen en ce qu’il concerne la volonté d’un autre espoir et d’alternative.

Je crois dans ce ce sens que l’avenir de la France pour son progrès se réside à créer un parti progressiste en opposition aux libéraux et conservateurs représenté par le parti macroniste.

Dans une économie mondialisée, lorsque nous analysons concrètement les interconnexions entre les différentes économies, nous voyons parfaitement bien que les économies des pays sont liées entre elles au travers des échanges réciproques. La révolution ne peut réussir dans un “seul pays”. Elle se réalise au travers d’un groupe de pays, c’est-à-dire en question de réaliser une révolution européenne et non plus dans un seul Etat.

Une vision pragmatique du “libre-échange”

À l’époque actuelle, je crois entièrement au bienfait d’une vision réelle du “libre-échange”, non pas que je suis devenu un ayatollah de la mondialisation, mais dans les faits qu’elle permet de pointer du doigt un seul et même adversaire : le capitaliste, c’est-à-dire celui qui détient le capital de l’entreprise. Oui, je serai plus en faveur d’appliquer le principe de l’avantage comparatif afin de spécialiser les pays dans un type réel d’entreprise.

Je crois également, c’est peut-être utopique, mais qu’il ne faut plus compter sur la richesse au niveau de l’Europe afin d’accélérer une harmonisation sociale et bâtir une Europe sociale quand bien même si elle serait légèrement libéralisée. Je crois à une nationalisation de certains services publics comme le rail par la Commission européenne. Pour cela, il incombe de modifier les traités européens afin de les rendre dans l’air du temps. Il semble nécessaire de donner plus de souplesse, de flexibilité et d’autonomie aux différents Etats afin de créer un Etat fédéral.

Dans ce sens, il semble nécessaire de construire également une Union Européenne avec un réel projet européen démocratique, social et solidaire. Aujourd’hui, nous sommes dans une “guerre économique” entre les pays de l’Union Européenne. Ainsi, le “libre-échange” nécessite une régulation afin d’aller vers la théorie de Ricardo d’un “échange comparatif”. Les pays doivent se spécialiser au travers d’un compromis.

Il semble clairement nécessaire que la dimension en ce qu’il concerne un projet doit se baser sur une vision de progrès, une vision permettant de faire évoluer la société vers des jours meilleurs et non des jours où la guerre de chacun pour ses intérêts primes. Quand il n’y a pas d’espoir, ce n’est pas le progrès qui prime, c’est la réaction et l’ultraconservatisme.

Dans ce sens, je suis membre de Volt, j’assume pleinement ces éléments afin de construire une démocratie libérale en Europe sous la forme d’une fédération. Sans cette construction, nous n’aurions à aucun moment les différentes étapes pour créer l’Europe de demain. Les conservateurs feront tout pour freiner les grandes réformes afin d’aller vers l’unification de l’Union Européenne.

La traversée du désert

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Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le septième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

L’heure du recul militant

Je me souviens très bien avoir lu un des textes de Lénine (sans que je ne sois adhérent au marxisme-léninisme tout comme un soutien à la révolution bolchévik) que le parti Bolchévik après la révolution de 1905 avait connu une longue traversée du désert au travers d’un manque d’adhérents. Dans ce cas précis, je me retrouve clairement dans cette manœuvre.

À bout d’idées politiques, il paraissait rationnel que mon objectif se transcrivait comme ce fût l’apanage afin de vivre un jour dans le dépassement du capitalisme. La société post-capitaliste, je l’imaginais dans une forme de “communisme” de bas en haut au travers d’un système d’assemblée. Tout cela n’était pas une utopie, mais la construction d’une lutte qui permettait réellement d’émanciper les travailleurs. Je me suis dès lors rapproché vers le “fédéralisme intégral”. Il s’agit une des raisons pour lesquelles je me rapprochai de Volt France.

De 2018 à 2021, je n’y voyais plus grand-chose. Bien sûr que la mandature d’Emmanuel Macron s’inscrivait dans une violence inouïe à l’égard des plus démunis (et s’il a la majorité à l’Assemblée Nationale, ce sera un bain de sang). De telle sorte que la société se fracturât comme jamais elle ne l’a été. Je voyais très bien ce qu’il se déroulait, ce qui se disait dans les différents mediums acquis au capitalisme. Les pauvres coûtaient trop cher, mais les plus riches devaient être arrosés en raison du fait que selon la croyance néolibérale : il créait de la richesse et la redistribuait. Or, le “capitalisme paternel” avait laissé place à un capitalisme sauvage. Emmanuel Macron s’enracinait clairement dans les pas de Thatcher et Reagan.

Une présidence autoritaire

Il aurait fallu relire de façon consciente le 10, Downing Street afin de mieux comprendre clairement l’approche de l’orage qui semblait se profiler à l’horizon. Dans ce sens, cette lecture s’enracinait particulièrement sous le signe que le “socialisme” apparaissait comme l’idéologie en bout de course. Karl Marx et Friedrich Engels pouvaient aller se rhabiller pour plusieurs années. Les conséquences pour une génération allaient être terribles. Le modèle actuel essayait de trouver ses différents modes afin d’être sur une trajectoire optimum. Je voyais très bien dans la démarche que je réalisais : le socialisme et encore plus le communisme était pestiféré par une partie de la population. Les temps allaient être durs. Un retour à la diète, retour à la précarité, retour à une explosion de la cohésion de la société s’annonçait comme la solution pour ceux qui ne “sont rien”.

Les répressions allaient bon train. L’objectif résidait dans le fait de créer un choc dans les consciences. Nous pouvions y passer à tout moment. Puis, nous avons vu un président remettre en place les “voltigeurs”. S’inscrire dans la ligne de Charles Pasqua en disait long. En effet, ces derniers avaient été dissous après la tentative de meurtre sur Malik Oussekine qui décéda peu de temps après. Les attaques devenaient évidentes : la coercition battait son plein.

Ainsi, il semblait évident que le fantôme du “plan Juppé” devenait nécessaire afin que la France gagne en compétitivité et revienne sur le plan international comme une grande Nation, c’est-à-dire dans le novlangue néolibéral comme une Nation mettant à genoux ses travailleurs et dégageant de la croissance pour la redistribuer à … ses actionnaires.

La question du commerce extérieur était très mauvaise et représentait la politique du président de la République : un désastre absolu. Le fait de s’inscrire dans “l’avantage comparatif” de Ricardo ne fonctionnait pas comme souvent.

L’une des craintes des “nationalistes” de droite se transcrit concrètement par une vision de déclassement de la Nation. De cette manière, les travailleurs ne devaient plus passer des journées très longues, mais des journées pour la patrie et la nation. Ainsi, la condition d’une pauvreté n’était plus à l’ordre du jour. Pendant ce temps-là, le régime se radicalisa fortement.

Le régime se radicalisait

Dans le même temps, il convenait de souligner que le mépris des “classes populaires” en disait long. Tous les outils des différentes luttes sociales avaient été brisés les uns après les autres. Il ne fait guère de doutes qu’au travers du “rouleau compresseur” d’un modèle économique, cela dénotait de façon pragmatique sa vraie nature. La “lutte des classes” avait laissé place à une guerre sans pitié.

Il faut le poser, la classe dominante était en guerre contre les salariés. Les médias dépendant des milliardaires servaient la “soupe” pour mépriser toujours un peu plus les personnes faisant la richesse de ce pays. À l’heure où l’on se moque de la “Pravda”, les différents relais du pouvoir et plus largement du capitalisme exerçaient sans faille un relai où l’information avait laissé place à la communication.

Certes, la France n’était pas l’Union Soviétique ou même la Fédération du Russie. Pourtant, les informations étaient martelées sous une forme précise afin que l’opinion de la “classe dominante” s’avérât être l’opinion du “bon sens” et in extenso celui de la “vérité”. Au travers de ces éléments, cela  résidait dans les chiffres liés à certains domaines étaient niés et comme disait Gérald Darmanin, il préférait le “bon sens” de son boucher-charcutier sur la question de la sécurité que les statistiques de l’INSEE par exemple.

Nous avions des “technocrates” hors-sol qui niaient clairement le rôle des sciences sociales. Pour cela, il y a eu différentes polémiques : “islamo-gauchisme”, “wokisme”, “cancel culture” et dernièrement la “woke culture”. Tout cela devenait pénible. Le gouvernement inventait des concepts afin d’effrayer une partie de l’opinion. Ainsi, la “gauche” a été accusée “d’islamisme”, de faire du “racisme antiblanc” au travers des réunions réservées, de soutenir la thèse liée au wokisme et finalement d’interférer dans la “suppression de la culture”. Tout cela était effrayant, mais cela ne reposait sur aucune base politique, scientifique, et même philosophique. Il s’agissait avant tout de slogans creux.

Cela permettait aux Versaillais de prétexter lutter pour un “universalisme” qui n’en n’était pas un. Le séparatisme lié à la macronie distillait son poison dans toutes les couches conservatrices de la société. Imaginez Marine Le Pen reprenant “mot à mot” le discours des lieutenants du président ne choquait plus. Une théorie et un fait n’existant pas s’amena clairement pour faire pression afin que la “gauche” disparaisse. Cela signifiait de détruire Jean Jaurès, Léon Blum et bien d’autres. Leur monde était le produit d’une “œuvre de l’esprit”. Je me demande d’ailleurs les raisons pour lesquelles : ils n’ont pas écrit un livre pour soutenir leurs thèses. Or, il ne pouvait démontrer ce qu’il n’existait pas. Là était un vrai dilemme.

Il convient dès lors d’utiliser des guillemets afin de soutenir que le vocable utilisé de la “droite gouvernementale” jusqu’à l’extrême-droite la plus radicale en disait long. Le fait de conquérir des bulletins de vote poussait le gouvernement à aller vers l’extrême-droite. Gérald Darmanin a soutenu dans un débat que Marine Le Pen était “molle”. Cela permet de sous-entendre que la vitrine du macronisme se situait à la droite du Rassemblement National.

On se moquait d’Emmanuel Macron, mais c’était sarcastique. Il avait un dessein terrible pour la France : une France forte contre les pauvres et faible avec les riches. D’ailleurs, n’était-ce pas un des slogans de Nicolas Sarkozy ?

Affiche de campagne de Nicolas Sarkozy : “la France Forte”

Le “nouveau monde” qui s’inscrivait dans “et de droite et gauche” penchait clairement vers la droite radicale. Cela était une référence au livre de Zeev Sternhell ni droite, ni gauche. À partir de quel moment, pouvions-nous dire que le modèle “néolibéral” s’enrayait fortement ? Chaque provocation laissait une forme de sidération. Il s’agissait de la fenêtre d’Overtone. Choquer dans un premier temps l’opinion puis glisser sur le fait que finalement cette idée n’était pas mauvaise. Si l’apanage s’inscrivait dans une utilisation régulière de l’extrême-droite pour bouger le curseur toujours plus à droite, la “droite gouvernementale” l’utilisait également.

La bataille des idées battait son plein et nous étions les victimes collatérales de cette vision. Puis il y eut la loi contre le séparatisme. Une loi odieuse qui permettait de dissoudre n’importe quel collectif au travers d’une procédure éclair. Le ministre de l’Intérieur était devenu un “Commissaire Politique”.

Je le soulignais dans l’article sur la GALE, cela permettait clairement de laisser le poison du néofascisme et du néonazisme distiller sa haine tout simplement dans le vieux Lyon par exemple. Or, ce que le misogyne ne pense pas : une idée ne se dissout pas. L’antifascisme dénotait un argument dangereux : l’antifascisme et la lutte contre l’extrême-droite étaient une menace pour la République. Le totalitarisme commence par des dissolutions et se termine par un seul parti, une seule vision, une seule doctrine. Ainsi, le “droit de vote” permettait de soutenir que la France était une démocratie. Il s’agissait d’un leurre.

Le poison anticommuniste

Penser le monde, penser le communisme au XXIe siècle s’avérait être un sport de combat. Combien de gigolos pensait que le “communisme” était en réalité une “crise d’adolescence” ? Pourtant, cela se voyait très bien que les “anticommunistes” étaient adeptes de thèses bien plus dangereuses : le grand-remplacement comme chez Pécresse. Le pire réside dans le fait que l’Île-de-France était dirigée par l’extrême-droite. Actuellement, candidate à la présidence de la République, son dessein pour la France s’éloigne progressivement.

Toutefois, la région qu’elle dirige se transforme de façon crescendo dans une région appauvrie, où les trains privés (gavés par l’argent public) sont en retard, mais dans le dogme lié au catéchisme néolibéral : il faut poursuivre la libéralisation afin d’aboutir à des oligopoles privés et faire de l’Île-de-France : une région attractive, mais expulsant les classes populaires en périphérie des villes. Une dimension pour gentrifier les villes se taille dans cette dynamique.

La réalité qui effrayait l’extrême-droite résidait dans le fait que l’extrême-droite tombe toujours dans le totalitarisme et dans la dictature alors que la gauche radicale et l’extrême-gauche permet une réelle transformation de la société vers une “démocratie réelle”.

C’était la classe dominante qui faisait la pluie et le beau temps. Nous étions revenus au XIXe siècle, et même avant. La méritocratie, symbole d’une vision qui soutenait l’ordre dominant se diffusait partout. Dans ce sens, la sélection battait à tous les niveaux. Nous (les travailleurs) savions que cette dernière permettait une “reproduction des classes sociales”. De telle sorte que l’accumulation du capital s’accroissait fortement.

Le cauchemar de millions de Français continuait. Les aides sociales diminuaient. Dans ce sens, la précarisation devint un véritable fléau. Tout était bon pour faire de la maille sur ceux qui n’en avait pas. Cela aurait dû créer une véritable révolution dans ce pays. Les riches pillaient les pauvres.

Et maintenant ?

Aujourd’hui, à moins de deux semaines des élections présidentielles, je me suis remis en selle afin de continuer ce que je sais faire de mieux : écrire, analyser et décortiquer. Il y aura de nombreux points à soulever. Aussi, je suis devenu végétarien afin de lutter contre le réchauffement climatique et la question du “droit des animaux”.

Les reportages dans les manifestations

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Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence du sixième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

Je vois bien qu’avec le temps, mes indécisions, mes questionnements, j’avais admis une chose : Je n’étais pas un “mordu” de l’anarchisme. Les livres se lisaient comme du “petit-lait”. J’étais dans une phase de construction de ma pensée politique. Je crois sincèrement que le quinquennat de François Hollande m’aura donné des pistes de raisonnement et celles-ci ont été démontrées par le quinquennat d’Emmanuel Macron. Dans ce sens, je vois très bien différents éléments qui en ressort : le capitalisme marchait à l’envers. Il accumulait le capital au profit d’une bourgeoisie qui ne voulait pas que ça ruisselle. Les premiers de cordée ont coupé la corde depuis bien longtemps. Les mesures en milliards pour les riches n’ont guère eu d’effets majeurs sur une amélioration nette de notre pays.

Photographie de manifestation – Pierre Le Bec ©

J’ai milité dans différents endroits, dans différentes organisations comme le MJCF, le PCF, le Parti Animaliste, etc. Toutefois, le caractère légal d’une révolution m’étonne encore. Je ne crois qu’à l’heure d’aujourd’hui : les deux formes sont nécessaires. Toutefois, la bourgeoisie souhaite reprendre la Bastille. Combien d’ailleurs ai-je fait de trajet au départ de la “prison monarchiste” en direction de République ? Il semble nécessaire de voir que ces dernières étaient clairement soumises à des déclarations étatiques. Le “droit de manifester” disparaissait progressivement au profit des “libertés économiques”. Ces dernières n’étaient pas pacifiques. Cela se caractérisait comme le montre les différents clichés ci-dessous par une certaine hargne contre l’Etat.

Face à Etat violent, la réponse ne pouvait qu’être la violence, du moins je le croyais fondamentalement en prenant régulièrement des photographies de manifestation qu’il se passait quelque chose. Nous étions dans une épreuve de tension révolutionnaire. Or, la réaction de la classe dominante afin d’user plus rapidement pour être jeté à tout moment. Je me souviens très bien des différends qui avaient lieu dans ces manifestations. La violence devenait terrible tout comme la répression. Certains semblent l’avoir oublié au moment où le gouvernement séparatiste bourgeois s’enfonce sciemment dans une dérivation claire et net afin de dissoudre tous les collectifs qui chatouillent le pouvoir, mais le sang réprimait. La violence du néolibéralisme en disait long.

Photographie de manifestation – Pierre Le Bec ©

Cela me rappelle très bien que les différents éléments qu’on disposait clairement s’inscrivaient dans le fait que nous voulions en terminer avec la République actuelle. Les élus de la majorité n’étaient que des “caisses enregistreuses”. Il semble nécessaire de voir qu’avant les ordonnances Pénicaud qui s’inscrivaient a fait le “Blitzkrieg législatif” à la François Fillon, nous avions eu le vote au travers de l’article 49.3 de la part de Manuel Valls (aujourd’hui soutien de Valérie Pécresse et Emmanuel Macron). Il s’agit des deux procédures les plus antidémocratiques de la Cinquième République. Le problème résidait clairement que cette “violence législative” se retrouvait confronter sur le terrain dans des scènes de guérilla urbaine, et même des guets-apens (comme celui de l’Hôpital Necker) afin de susciter l’émotion au sein de la population. À partir de ce moment, nous savions que l’objectif résidait dans le fait de scinder la population afin de demander plus de répression, plus d’autoritarisme et d’abandonner l’Etat de droit afin de se positionner dans l’Etat légal.

L’autoritarisme néolibéral levait les bras pour lancer ses grenades dans les airs. On entend toujours les “bien-pensants” de la droite de gouvernement et de ses alliés néofascistes sous-entendre que le pouvoir ne réprimait pas assez. Nous y voilà dans le néofascisme. Il est soft pour démarrer puis il montre son vrai visage afin d’intimider les manifestants. Or, il est vrai qu’un licenciement s’inscrit dans une extrême violence. Le capitalisme s’inscrit comme le règne par la violence, mais dans le droit.

Photographie de manifestation – Pierre Le Bec ©

Nous étions dans une société de plus en plus violente. La concurrence entre les individus soulevait une colère réelle. Elle s’exprimait de façon cohérente au travers des “luttes sociales”, mais aussi via la mise en place d’un “cortège de tête”. Je croyais comme nombre de personnes que nous allions faire plier la majorité social-libérale. Les grenades étaient un peu partout tout comme les gazs lacrymogène et les différentes grenades. La répression s’organisait au travers du Vallsisme. Les machineries ont clairement fait sombrer le pays dans une vision autoritaire. Nous connaissions progressivement la fin de l’Etat de droit. Je sais que mes propos dérangent.

Pourtant, il faut être rationnel : manifester est un danger pour tous. Combien de milliers de blessés sous le Hollandisme et le macronisme ?

Dans une manifestation avec un équipement de protection contre les gazs lacrymogènes.

Puis les manifestations entre 2012 et 2022 se sont multipliés comme les attaques contre le prolétariat et la classe laborieuse. La violence législative laissait place de façon rationnelle à une violence étatique qui ne pouvait que se trouver dans une opposition entre deux blocs : les forces de l’ordre et le prolétariat. Les manifestations étaient clairement violentes. L’époque Vallsienne rimait avec répression, et nous, chantait la Varsovienne.

Au moment où j’écris ces lignes, la Russie commence à se cloisonner sur elle en allant vers le totalitarisme libéral. J’entends de nombreuses personnes claironner que si je ne suis pas content, je n’ai qu’à partir chez “Tintin aux pays des Soviet”. La référence réside de façon drastique qu’Hergé était un antisémite tout comme Vladimir Poutine. Mais cela ne permet de réaliser la dimension qu’il se passe depuis près de vingt ans : le fichage, le flicage, les exceptions sont devenus une norme. Le summum réside dans la loi inique du présumé violeur et antisémite Gérald Darmanin à savoir la “loi contre le séparatisme”.

À l’heure d’aujourd’hui, le prétexte de séparatisme et de terrorisme peut être appliqué à n’importe qui, sauf au vrai séparatiste qui organise le terrorisme de l’intérieur. En même temps, Gérald Darmanin trouvait trop molle Marine Le Pen ce qui place La République en Marche entre le Rassemblement National et Reconquête. Ainsi, les prétextes de l’Etat se fondent rationnellement pour caporaliser la jeunesse telle qu’elle le fait avec le SNU afin de la bâillonner et de la soumettre au pouvoir.

Photographie de manifestation – Pierre Le Bec ©

Le problème de ces manifestations réside dans le fait qu’elle laisse un goût profondément amer. La violence des grenades ne laisse pas indifférent et provoque dans mon cas un “syndrome de stress post-traumatique”. J’ai fait de mon mieux pour y réaliser une documentation. Parfois en prenant de grands risques. Georges Brassens affirmait dans sa chanson “mourir pour des idées” : “mourir d’accord, mais de morts lentes”. Les traumatismes liés à la violence m’ont poussé à ne plus pouvoir faire ce genre de manifestation.

Rien ne se passait pas comme nous l’aurions souhaité. Il semble nécessaire de rappeler que cela s’est poursuivi sur tous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Rien ne pourra rappeler que la compromission avec le capitalisme d’une manière ou d’une autre ne peut qu’aboutir sciemment sur un dérapage sérieux. Or, les personnes qui votent pour des personnes comme Manuel Valls ou encore Emmanuel sont en réalité les retraités et les personnes assidues à une méritocratie. La litanie d’une rhétorique au travers de la phrase : “c’était mieux avant” en dis long. Il semble nécessaire de revenir à la base du marxisme afin de continuer d’analyser les éléments.

Photographie à la fête de l’Humanité

Je participais régulièrement à la fête de l’Humanité. Cette organisation me permettait clairement de voir qu’un autre monde devenait possible. Il s’agissait de la plus grande fête populaire de France. La question de la solidarité, des partages en tout genre démontre de façon objective que la “droite radicale” obsédée par l’individualisme ne pourrait jamais le faire.

Puis, force est de constater que je me suis toujours retrouvé dans l’opposition. Je pensais bêtement que le mandat de François Hollande avait permis de bouger les lignes, de réduire les inégalités et augmenter le pouvoir d’achat en mettant fin au “bouclier fiscal” de Nicolas Sarkozy qui avait fait exploser la dette et le déficit public sans créer de véritables résultats. L’heure était aux cadeaux vis-à-vis des plus aisés afin de relancer la machine productive, mais c’était l’austérité pour les plus démunis, les précaires et les chômeurs. Ainsi, le “socialisme” vidé de son contenu ne peut qu’être un néolibéralisme que certains nomment le “social-libéralisme”.

Je commençais par comprendre réellement les œuvres que j’avais lues dans le passé. J’ai dès lors cherché de façon objective de savoir comment articuler des théories avec la pratique. Au départ, je n’avais que quelques livres, puis je suis devenu bibliophile au fil du temps. Je ne sais plus où mettre les livres que j’ai lu, que j’ai commencé à lire et, dont très peu sont terminés.

J’ai depuis énormément écrit sur Révolution et Libertés au point de dépasser la trajectoire des 1 000 articles. Ce n’est pas rien. Cela ne me donne pas pour autant une victoire totale dans ma vie. J’en suis satisfait. J’ai baissé les bras durant l’année 2020 pour des raisons de santé. Je ne pouvais être à la fois dans les soins et en même temps dans la lutte. Toutefois, cela n’a pas empêché d’écrire des articles, mais surtout d’autres plateformes comme Medium ou encore WordPress(.)com.

Nul ne pourra douter que la violence d’une société ne puisse s’exprimer qu’au travers d’une vision liée à l’ensemble de la société. Comme le dit si bien  Sarah Barnaud-Meyer dans sa thèse de 2008 (Marx et la question de la démocratie) :

La révolution est un bien un “événement”, mais elle ne surgit pas ni ne transforme le monde par quelques décrets.

Le communisme n’était pas une simple théorie visant à transformer progressivement la société, il s’agissait d’un moyen d’action pour arriver à transformer l’ensemble de la société.

Puis je pensais également à d’autres auteurs comme Paul Lafargue au nom du “droit à la paresse”. Cette dernière est dans le viseur des néolibéraux afin de forcer chacun au travail y compris au travers des contributions en dessous du SMIC. Mais je ne suis pas comme cela. J’ai travaillé dur, j’ai enchaîné des contrats. Toutefois, je pense sincèrement que le temps de loisir doit être augmenté afin de baisser drastiquement le ” temps de travail”.

Photographie lors d’un spectacle de Kool & The Gang

À un moment donné, il aura fallu sciemment voir que j’ai pris une certaine hauteur vis-à-vis du milieu militant au point de réaliser un recul de fond. La méthode violente ne fonctionnait pas plus que toutes les méthodes pacifiques y compris par les urnes. Ce n’est pas que j’ai renié une part de mes idées, mais j’ai vu la longue dérive du pouvoir tout comme du militantisme. Je reste foncièrement un communiste où il me semble que cette expérience d’avoir réalisé des articles et des photographies m’a permis de prendre conscience que nous sommes face à un “rouleau compresseur” que rien ne pourra arrêter. La crise sanitaire est passée par là, il semble nécessaire de voir que quelque chose a changé. Toutefois, nous le verrons dans un futur incertain.

Le travail sur dans le tissu associatif

Temps de lecture : 6 minutes

Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence du cinquième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

La vie ne se résume guère à militer, il faut mettre du beurre dans les épinards afin de pouvoir survivre. Dans ce sens, j’ai régulièrement assumé mon parcours professionnel dans un univers associatif. Cela se résume d’une façon ou d’une autre par le fait que la “force de travail” reste la marchandise que nous vendons à l’employeur contre une indemnisation qui se nomme le “salaire”. Si la question ne se résume pas à disserter sur l’approche de la question de la marchandise, il convient d’assumer pleinement que j’ai choisi des associations de loi de 1901 afin de pouvoir choisir un moyen pour financer mes activités. Ainsi, j’ai fait le choix de parfaitement assumer ma position : ma “force de travail” devait être aux services de la collectivité.

Je sortais d’un BEP Carrières Sanitaires et Sociales que j’avais réussis comme je le montre dans le troisième volet. Cela fut pour moi certes un choix assez salvateur. J’étais dans une vision où me projeter vers un salaire digne en lien mon caractère qui diverge foncièrement de mes capacités. En effet, la question de soumission vis-à-vis de l’autorité devenait un véritable problème. Je ne supportais guère la tutelle de qui que ce soit. Le fait de redoubler une année qui ne m’aurait rien apporté comme l’a démontré ma seconde Troisième. Il me fallait de la maille, de l’oseille et du pognon. Je savais très bien que les conditions n’avaient guère été faciles. Toutefois, on me ficherait complètement la paix durant le travail que j’allais devoir faire. La “confiance n’exclut pas le contrôle” disait un certain Lénine. Ce fut d’ailleurs la dernière promotion du BEP puisque celui-ci a été transformé vers un “Bac Pro”.

Durant un stage que j’avais parfaitement réussi en opposition avec celui de la crèche de Bihorel, on m’avait proposé un emploi à temps partiel en CDI. Auparavant, j’avais enchaîné les CDD’s dans des différentes structures de chez AREFO. Mais voilà, il me fallait de la stabilité. C’était une époque où je faisais également des gardes de nuit sous forme d’astreinte. C’était vraiment compliqué de dormir d’un seul œil. Je veillais également aux différents systèmes d’alarmes ou encore au fait de surveiller la “présence” des personnes et lever le doute. Cela me permettait d’avoir une responsabilité importante.

En d’autres termes, je me retrouvais pleinement épanoui dans un “foyer pour personnes âgées” à Carrières-sur-Seine. Je travaillais dans l’entretien de surface tout comme dans la restauration collective. Certes, cela ne fait pas vraiment rêver, mais cela m’a donné une autonomie. Ce fut une époque où je croyais pleinement aux différentes valeurs liées au travail. Le travail me permettait de croire dans un meilleur avenir. J’y suis resté finalement près de quatre ans. J’en démords pas moins qu’il s’agit d’une expérience riche, gratifiante, mais aussi humaine. Contrairement à d’autres emplois humanistes, dont les cadences se retrouvent à travailler à chaîne comme dans les usines, il convient d’ajouter que ce n’était pas le cas quand bien la tâche était clairement répétitive. Je pourrai raconter différentes anecdotes, mais le “secret professionnel” m’en empêche.

Au fil du temps, j’ai remarqué que ma situation n’évoluait pas et cela devenait compliqué en lien avec la “crise économique”. Je suis vite arrivé à l’idée qu’il me fallait un deuxième job. Ce n’était guère par plaisir, mais il fallait absolument que je puisse joindre les deux bouts afin de boucler mon budget comme de nombreux habitants de ce pays. Le marasme arrivait clairement, la période était austère.

Durant un “village des associations” dans la ville dans laquelle j’habite, je suis tombé sur une association qui se nomme “2AD Yvelines”. Il s’agissait de réaliser des soins (même si je n’en connaissais pas le fondamental), du repassage, du nettoyage, etc. Qu’importe, j’ai compris sincèrement ce que veut dire courir entre deux clients. Je pensais que cela me permettrait d’accroître mon salaire. Toutefois au travers d’un “CDI à temps modulable”. Cela me permet de souligner d’une manière ou d’une autre que les différents contrats étaient déjà très souples. Les différentes mesures de flexibilisation du marché du travail s’inscrivaient dans une obsession constante à la libéralisation du pays.

Le temps était chronométré pour chaque prise en charge. C’était la course contre la montre. Je ne parle pas du faible temps que j’avais entre chaque client. J’étais assujetti aux transports en commun, à la marche ou encore au vélo. J’y suis resté près d’un an et demi. J’avais compris une chose cette fois-ci : je souhaitais un poste stable dans un seul lieu au lieu de cavaler. Je devenais épuisé par la tâche dans des “beaux métiers”, mais si mal payé. Mais j’entendais drastiquement une chanson de la part des “boomers” : la jeunesse ne veut plus de métiers pénibles, car elle est fainéante ou bien qu’elle ne veut pas travailler. Je commençais sincèrement à douter même de mon rôle.

Au printemps 2016, je pris la décision importante d’enclencher un processus de changement de métier afin de devenir aide-soignant. Je fis le dossier inscription puisqu’à l’époque, il y avait une sélection afin d’établir un tri aux candidats. La raison pour laquelle j’avais choisi cette nouvelle voie résidait clairement dans le fait de quitter deux jobs pour un emploi stable dans une structure. Le concours se passa parfaitement bien. J’avais travaillé un minimum mon sujet au travers de livres divers et variés. Je fus admis au concours avec une note de 19,50/20 et un classement sur tout l’APHP de 30. Certains me poseront la question suivante : pourquoi avoir choisi l’assistance publique que d’autres lieux ? J’avais l’expérience en oral de mon petit-frère et du fait qu’il était plus facile de trouver des “vacations” après y avoir travaillé. Si le diplôme était national, il en sortait pas moins que les stages permettaient réellement d’entrer dans le “vrai monde des soins”.

Après avoir eu la note sur le tableau, j’eus ressenti beaucoup de satisfaction. Je pensais que les conditions de travail allaient être meilleures. On dit souvent que l’herbe est plus verte ailleurs. Je voulais évoluer, m’adapter et voir la réalité d’un autre métier, mais dans une branche similaire : les soins et l’aide à la personne.

À l’été 2016, je me fis une douleur très importante dans mon mal de dos. Je ne pouvais plus bouger. La réalité résidait dans le fait qu’au travers de mes deux emplois, l’ergonomie n’était clairement pas appliquée. Je travaillais dans de mauvaises postures. La sanction fut irrémédiable. J’eus près d’un mois et demi afin de reprendre le travail. On me demanda de démissionner chez 2AD Yvelines et je fis la même chose chez AREFO. Il s’agissait d’une page pour ma part qui se refermait. J’étais maintenant à l’IFAS Saint-Louis.

J’entrais dans les premiers jours terminant un cycle de crise, je commençais une nouvelle vie, un nouveau tremplin vers autre chose. Je savais que j’avais quelques connaissances dans le domaine. Il me fallu clairement que je prenne sur moi. En effet, les Elèves Aide-Soignant (EAS) n’étaient pas rémunérés contrairement aux Elèves en Soins Infirmiers (ESI).

Un petit coca au Verre Taquin près de l’Hôpital Saint-Louis à Paris avec le DEAS entre les mains – 2018

Je voyais très bien que mon choix de transition vers une autre orientation allait être difficile. Contre vents et marées, je me suis accroché y compris dans les stages où cela ne se passa clairement pas bien au point d’être humilié comme il se le fait pour nombreux EAS (et ESI aussi). J’ai failli baisser les bras à plus d’une reprise. Nous faisions les tâches d’un soignant, nous remplacions régulièrement un soignant, mais n’avions rien. J’entends dire qu’aujourd’hui, les “mise en situation professionnelle” serait “facile”. Toutefois, j’ai subi le redoublement. Elles sont clairement ancrées dans la “théorie” des cours de l’IFAS, mais concrètement : il s’agit d’une impossibilité à les mettre en pratique.

Il fallu que j’admette à un moment donné que je devais me taire pour avoir le diplôme. C’est ce que j’ai compris et ce que j’ai dit une fois à une ESI. Je passais alors pour un tyran. Et c’est vrai que lorsqu’on n’a pas de diplôme, il faut courber l’échine. Le message clair en disait long : “quand tu seras diplômée, tu feras ce que tu voudras”. Vraiment difficile à entendre, mais c’est la réalité : pour valider un stage, il semble nécessaire d’admettre que le mieux c’est de répondre “amen” à tout y compris dans le fait de faire des fautes professionnelles ou du transfert de compétences devenues une norme selon les différents services.

Je me doutais bien que mon diplôme allât me permettre de grandir. Le jour où j’ai réussi la dernière épreuve, environ 15 minutes plus tard la Croix-Rouge m’appela pour me proposer un CDI à temps complet dans une unité protégée. Je pris la décision de le signer, car il fallait que je reprenne de là où j’en étais partie. J’avais vraiment apprécié travailler auprès des personnes âgées. Toutefois, le métier était répétitif, difficile et la chaleur devenait infernale. Toutefois, grâce au travail, j’arrivais à m’en sortir, mais il fallait admettre que le travail d’aide-soignant restait un métier difficile et très pénible en raison d’un problème systémique : Trop de patients et pas assez de soignants. Cela était vrai à la Croix-Rouge Française (CRF), mais cela est vrai aussi dans la globalité.

Me voilà désormais à la CRF dans une unité protégée. J’aime mon travail pour lequel j’avais fait de nombreuses vacations. Aujourd’hui, je suis toujours salarié de cette association. Toutefois, j’ai décidé de rendre mon tablier pour aller vers d’autres aventures. Je pense sincèrement qu’après une dizaine d’années dans le soin, il me paraît nécessaire de passer à autre chose. J’ai rendu un travail important pour la société, pour les personnes âgées et bien d’autres.

Le début d’une réflexion communiste

Temps de lecture : 7 minutes

Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le quatrième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

La pensée après la suite du squat s’inscrivait dans la recherche et la volonté de comprendre le monde au travers d’une notion théorique. J’écrivais à l’époque sur Révolution et Libertés. Je savais que j’avais de grosses lacunes. J’avais de pétrole, mais j’avais des idées. Or, vouloir écrire sans maîtriser les fondamentaux m’interrogeait régulièrement. J’avais commencé à écrire en 2011 (les articles ont été perdus) et certainement en 2010 sur un autre nom, dont je me souviens plus. Toutefois, le premier article était concentré autour de la consommation de viande. Une ironie, n’est-ce pas ? Autant dire que cela fait plus de 10 ans que je fais de l’écriture et de l’analyse sur l’actualité.

Comme je le terminais dans l’article sur le squat, le livre contenant des extraits choisis de Léon Trotski a été pour moi une porte ouverte sur le monde. Je n’avais que quelques livres par ci, par là. Très peu politisé en somme. Pourtant, la lecture s’avérait comme l’alpha et l’oméga afin de comprendre le monde sous un angle précis. Pourtant, une problématique s’instaurait au moment où la lecture commençait à être imprégnée dans mon monde. Quelle théorie choisir dans le marxisme choisir ? Marxisme-léninisme, maoïsme, luxemburgisme, trotskisme, stalinisme, castrisme, etc. J’avais d’ores et déjà une idée, je m’orientais vers des théories clairement révolutionnaires. Je croyais (je continue à penser également) que le capitalisme ne se renverse pas uniquement en claquant des doigts. Il fallait une stratégie révolutionnaire et rationnelle.

Entre anarchisme et communisme

Certes, j’ai pu lire des livres de personnes qui ont commis des crimes contre l’Humanité afin de mettre une “pseudo” dictature du prolétariat. Oui, l’Union Soviétique tout comme la Chine était une dictature sanglante et bureaucratique. La question d’une “démocratie réelle” afin de paraphraser tonton Marx ne pouvait s’inscrire dans le fait qu’une poignée de personnes décide pour l’ensemble du peuple. Il est vrai qu’il y a eu la “loi Gayssot” qui a permis de réprimer le négationnisme. Mais cette dernière ne prenait pas en compte les crimes du stalinisme. Il semble nécessaire de différencier le stalinisme du communisme. Le “capitalisme d’Etat” afin de paraphraser Lénine et Trotski n’était même pas dans une vision d’aller dans la transition vers le socialisme. Il est vrai qu’Hannah Arendt a fait une démonstration dans le “système totalitaire”, mais sa démonstration s’inscrit dans le fait que les “extrêmes” se rejoignent. En effet, la mise en place de théorie au travers du “socialisme dans un seul état” en disait long sur la volonté d’être contre la véritable “révolution socialiste”. Je me pensais trotskard. Mais la réalité était différente. Il m’aura fallu lire des dizaines de livres pour comprendre l’aboutissement d’un chemin intellectuel.

Entre temps, on m’a ouvert un livre d’Alexandre Skirda (récemment décédé) sur Nestor Makhno. En effet, je me renseignais de façon dont s’était construit la fin de la “grande guerre” sur le front de l’Est tout comme la prise du pouvoir par les bolchéviks et les mencheviks. La situation ukrainienne de 1917 à 1921 reste clairement influencer de cette époque. Pour la situation actuelle, j’y reviendrai dans un autre article.

La question de l’anarchisme ou d’un communisme libertaire. Le confédéralisme entaché par l’expérience étatsunienne au niveau de la guerre de Sécession s’est transformé dans une vision malsaine de cette forme d’organisation de la société. En effet, le confédéralisme de la Makhnovtchina s’inscrit pleinement dans ce qu’il peut se passer au Rojava. Toutefois, je regrette d’avoir donné ses mémoires à une ancienne amie où les parcours liés au chemin de vie nous ont séparés. Il y avait aussi la révolte de Kronstadt. Au moment où l’on faite les 150 ans de la commune de Paris, les Versaillais ne comprennent rien à rien en termes d’Histoire et essaye de la réécrire afin d’avoir un autre regard : celui des capitalistes. Je ne vais pas en venir sur la guerre civile et impérialiste qui s’est déroulé en Russie pour faire taire la Révolution Bolchévik et la mise en place progressive des “thèses d’avril“.

Dans les différents écrits communistes, il était dit que l’anarchisme restait un courant “petit-bourgeois”. La structuration d’une telle réflexion devait d’une manière ou d’une autre se baser sur quel courant anarchiste. En effet, il y avait énormément de courants anarchisants. Je pourrais citer : Bakounine, Proudhon, Stirner, Spooner, etc. Karl Marx avait rencontré ces personnages pour la plus plupart sauf Spooner qui s’inscrivait dans le courant “libertarien” et “anarchocapitaliste”. Il y en avait bien d’autres, mais l’Association Internationale du Travail avait dynamisé les grands penseurs pour refaire le monde afin de mettre en avant les convergences tout comme les divergences. Je me suis cru longtemps “anarchiste”. J’ai certaines positions anarchistes et (en même temps) certaines communistes.

Le jacobinisme

Oui, j’étais dans cette dynamique. Il m’arrivait de lire également du Robespierre, une figure honnie de la bourgeoisie pour sa volonté de créer comme Gracchus Babeuf (au travers de la société des égaux) la nouvelle République. Certes, j’étais très loin du jacobinisme comme idéologie. En effet, la centralisation s’expliquait par une rupture large avec la monarchie absolue et parlementaire. La Première République était née d’une banqueroute en lien avec la guerre d’indépendance des colons américains pour fonder ironiquement une République. La géopolitique s’inscrivait dans une vision où les guerres par interposition battaient leur plein. Le Commonwealth voulait absolument garder sa colonie. L’Histoire n’a pas retenu cette dernière. Le commonwealth était un empire qui deviendra colonial plus tard.

Je lisais attentivement ces vieux discours écrits dans un Français de l’époque. J’espérais une “grande révolution” comme du bon vieux temps. Effectivement, la Révolution française a fait tourner la guillotine de façon mécanique et à la chaîne. Le contexte l’explique par deux éléments : 1/ il s’agissait d’une guerre civile ; 2/ il s’agissait d’une guerre entre patries. Vous comprendrez, il fallait sauver la monarchie en France et en Europe. Une vision comme je l’avais développé

Je ne dirais pas que les néoconservateurs sont bloqués dans le passé au travers d’une volonté de restaurer finalement les valeurs qui ont fondé l’axe “droite-gauche”. Il y avait certainement une part de monarchie très intense. Il aura fallu des centaines d’années pour que la “droite” se républicanise. Autant dire que la “droite républicaine” reste un oxymore initialement. Aujourd’hui, cette même droite, qui s’était rangée du côté du roi, se range du côté de l’Etat policier, la fin de l’Etat de droit et l’ultralibéralisme à foison. Autant dire qu’on ne change pas une recette qui gagne. La droite en disait long sur son modèle, l’expression du Kärcher n’était qu’une volonté pour en finir avec la République et bâtir un autre modèle de société, si loin de l’idéal républicain en somme.

Puis, il y eut une deuxième République : démocratique et sociale.

Le luxemburgisme

Cependant, j’ai compris très vite que le trotskisme n’était pas une idée viable, elle ne portait vraiment pas sur une construction d’un mouvement révolutionnaire, mais uniquement sur une critique du stalinisme. L’opposition de gauche s’enracinait dans le paysage. Le trotskisme était mal vu autant à droite et à gauche. Dans le fond, le trotskisme avait une certaine notoriété. Si les écrits de Léon s’inscrivaient dans une grande remise en cause de l’histoire officielle soviétique, il s’agissait entre autres d’une forme d’intelligence, mais ses écrits étaient justement illisibles à mon regard. Puis un autre élément s’engageait dans la bataille : les scissions respectives entraînaient un éparpillement rapide des différents groupes. Autant dire que ce n’était pas pour moi. Je rêvais du communisme, mais en aucun cas la division apportait un élément de pierre afin d’abattre le capitalisme.

Lénine a d’ailleurs écrit un livre sur la maladie infantile du communisme (le communisme de gauche), il s’attaquait à Rosa Luxemburg et Antonio Gramsci. Une nouvelle porte s’ouvrit. Et ce serait un peu mon pilier théorique. La rigueur des démonstrations et la légèreté de l’écriture m’avaient convaincu. Je commençais à devenir admiratif et surtout vu une “véritable révolutionnaire”. En effet, Rosa Luxemburg défendait des idéaux qui étaient les miens : rejet du nationalisme, rejet du patriotisme, rejet de la guerre et de l’union nationale (ou union sacrée), etc. Au-delà du fait que je croie sincèrement aux textes, cela aboutit à la “Ligue Spartakiste“.

Rosa Luxemburg m’avait bercé dans les méandres d’une argumentation claire, rationnelle et précise. Nous n’étions pas dans du Lénine, du Trotski ou même du Karl Marx. Je lisais des articles, je fus littéralement passionné par la rigueur d’écriture. En effet, Rosa savait très bien que la dimension d’une telle démarche ne pouvait que conduire vers une révolution de fond. La pédagogie pour réaliser une forme de déconstruction du capitalisme se réalise au travers de ses articles, de ses essais et de ses livres. Plus tard, j’ai entrepris de m’acheter les œuvres complètes en Français afin de mieux comprendre le fond de sa pensée afin de ne pas rester dans une approche superficielle. Le luxemburgisme dans nos sociétés se traduit par une révolution, certes brutale, mais cela ne peut qu’aboutir à un renversement du capitalisme qui ne tient que par la force et la brutalité.

La question qui demeure après des années de militantisme dans les cercles dans la gauche radicale : Suis-je pour une révolution “violente” ? La violence dans nos sociétés se traduit inlassablement par une répression féroce et sauvage de la part des gouvernements au pouvoir. Le musellement de l’opposition dans la rue se réprime dans les rues, souvent sous les gazs lacrymogènes, sous les grenades, sous les canons à eau, etc. Cette dimension ne peut qu’aboutir dans les faits à prendre conscience également d’une véritable stratégie. À ce jour, je n’ai pas encore la réponse, mais il faudra la choisir rapidement afin de faire basculer vers un autre modèle où les moyens de production ne sont pas concentrés au sein de la classe dominante. Cette dernière correspond à une minorité de la population.

Le mouvement obscurantiste

Tout cela a l’air très beau sur le papier et les différents manuels de macroéconomies mettront en avant différentes formules. La lecture de mon processus a admis que je suis ancré dans une forme de défaitisme. Le Parlement représente uniquement la bourgeoisie. Il n’y a aucun ouvrier, aucune personne des classes populaires qui siège au Palais Bourbon. Les lois répressives et sécuritaires sont votées les unes après les autres avec l’aval des personnes antivaxs et antipass. Une réalité peut être brute comme cela, mais la cohérence réside ainsi.

Les lois sécuritaires ne sont pas faites pour protéger la “patrie” contre “l’insécurité” ou le “terrorisme”, mais pour protéger les détenteurs de titres liés à la propriété privée en tout genre. Ces gens-là ne sont pas à une incohérence près. Il me semble également nécessaire de mettre en avant que les idées d’une “révolution blanquiste” se targue de n’être qu’une “théorie révolutionnaire”. En effet, les masses doivent plancher sur le soutien d’une révolution violente dans ce contexte. Dans le pire des cas, nous revenons sur les pieds de la “ligue spartakiste”. Mais la commune de Berlin a cédé sous le pas des sociaux-démocrates et des nationalistes en termes du rapport de force.

Aujourd’hui, elle déborde et je ne sais pas où mettre tous les livres tellement il y en a. C’est peut-être abstrait, mais c’est une des raisons pour lesquelles j’avais acheté une liseuse pour avoir des livres numériques. Cela faisait certainement de moi un “idiot utile” sur des objets non-nécessaire. Si la liseuse était un investissement, il ne ferait guère de doutes qu’elle me permet de gagner de la place. Un objet inutile en apparence, mais tellement pratique également pour les différents travaux afin de citer les différents passages pour les articles tout comme pour le livre.

L’expérience de l’Université

Temps de lecture : 13 minutes

Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le troisième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

J’étais en capacité en droit. Oui, j’avais par le passé étudié afin de faire du droit. J’aime le droit et l’analyse des articles de loi. Il y eut une autre problématique. J’avais réussi mon premier semestre, mais le second semestre s’inscrivait dans un véritable échec. Je ne comprenais pas la cohérence du “droit administratif”. Puis l’apprentissage dû “par cœur” me rappelait le “bourrage de crâne” que j’avais réalisé lorsque j’étais au lycée (en internat) pour me former à un métier qui ne connaîtrait jamais la pénurie : aide à domicile. J’avais vraiment tout fait comme il le fallait, mais j’étais à la base une personne scientifique. Nous apprenions les raisonnements et les démonstrations allaient d’elle-même. Or, le droit s’inscrivait autrement : on apprenait les articles de lois, les jurisprudences, les doctrines comme des robots. Ce n’était pas pour moi. J’avais essayé, j’avais échoué. Les études n’ont jamais été mon fort.

Aurais-je voulu retenter l’université dans sa forme classique ? Je pense que non. Je n’ai pas plus voulu redoubler une nouvelle fois. En effet, j’étais certes sérieux, mais ce n’était pas la manière, dont j’aimais faire des études. Je n’aime pas les études, je trouve cela barbant. Il semble clair et réaliste que le fait de se faire atomiser la tête pour avoir des résultats qui résultaient d’un mode surréaliste. Les études ne sont guère des lieux d’apprentissage quand bien même certains professeurs sont doués et passionnés par leur métier, mais des endroits d’abrutissement généralisé. Certes, les formations professionnelles diplômants doivent nécessiter de l’apprentissage des techniques afin d’apprendre le métier dans ses grandes lignes, puis vient de la spécialisation. Pourtant, je vois que l’aspect méritocratique dans ce pays est lié au niveau d’étude (ce qui ne reflète pas l’intelligence), le métier tout comme le salaire. Il existe un récit du self-made-man (ou woman) démontrant d’une façon ou d’une autre que l’on peut réussir à partir de rien. Ce récit à la qualité de démontrer une nouvelle fois que ce n’est pas l’École de la République (si fondamentale en opposition aux écoles confessionnelles gavées à l’argent public) qui a permis d’arriver au niveau que je suis.

Je critique les écoles confessionnelles pour deux raisons : l’une, il s’agit d’une imposition à l’enfant de choix, dont il n’est pas en mesure de raisonner là-dessus, notamment en primaire ; l’autre, j’ai fait mon primaire, mon collège dans le privé catholique (et une année volontaire dans le privé catholique en internat) et j’en sors avec une expérience très amère. En effet, quand j’étais jeune adolescent : je ne supportais pas du tout ces éléments paradoxaux qu’il y avait. Les fondamentaux comme le Français, dont il faut que je revienne dessus ne m’ont guère aidé.

Il faut que je revienne longuement sur une histoire, dont on m’a sali et les conséquences ont été désastreuses à ce moment-là. Oui, mon collège dans le privé catholique n’a pas été une grande gloire. Je ne peux en vouloir à mes parents, ils ont cru bien faire en pensant que le privé était mieux que le public. Il s’agissait de me donner une meilleure éducation possible. En effet, le public jouit d’une mauvaise réputation auprès des classes moyennes. Il existe une certaine volonté de reproduire les classes en investissant sur ces dernières. Pourtant, l’école n’était déjà pas faite pour moi.

Je me souviens également que la pression d’avoir été harcelé par des personnes de différentes classes du même niveau. Il s’est passé près de deux an dans lesquels ni les professeurs, ni les surveillants n’y ont prêté attention. Une démonstration se faisait que je n’avais aucun soutien du corps éducatif. Aujourd’hui, je vois très bien que les écoles privées sont des “machines à cash”. En effet, s’il y avait le format d’une association, elle n’était qu’une entreprise où le service y était délégué. Autrement dit, l’intérêt s’inscrivait à fournir de l’argent afin d’accroître la trésorerie. Cela permettait d’agrandir sans cesse “l’institut”. Il n’y a pas d’argent dans le public, mais le privé y déborde. Le néolibéralisme sabote l’école Républicaine.

Et pendant ce temps-là, j’étais devenu marginal, on se moquait de moi. Il fallait que je trouve un moyen de purger cet esprit négatif, j’y avais trouvé un recours au travers d’Internet. La fuite s’inscrivait au travers d’un début d’addiction aux jeux vidéo. C’était mon seul espace où j’étais dans une position “safe”. Je jouais trop, c’était évident. Mais que faire, lorsqu’on est un adolescent. Le pire dans tout cela, il y avait un élève qui nous harcelait, certainement avec des problèmes mentaux et/ou psychiques. Il venait sans cesse nous traquer dans la cour. Mais la “bête noire” dans l’œil du viseur de l’école catholique n’était pas sur cet individu, mais sur les miens. J’ai reçu un avertissement, comme dit-on dans le jargon. C’était un bout de papier, mais cela reflétait très bien l’ambiance : la victime était l’accusée. Il faudrait un livre pour que j’explique ce que j’ai enduré.

Du haut de mes 15 – 16 ans, je voyais déjà l’école comme un lieu de privation de liberté. J’étais d’extrême-gauche sans le savoir. Nous y entrons pour apprendre et nous en sortons formatés. Mais l’histoire aurait pu s’arrêter là. Pourtant, j’ai subi un “conseil de discipline” humiliant par l’hypocrisie des professeurs sauf un. À l’époque, je faisais du blog sur la plateforme “Skyrock” comme les jeunes de mon âge sous le pseudo “pierre526”. Comment avait-il fait pour retrouver le blog parmi des centaines de milliers ? Bonne question. Normalement, au sein d’un débat contradictoire avec une rigueur scientifique, on expose la méthodologie pour arriver à trouver une aiguille dans une botte de foin. Ils ont argumenté que c’était le fruit du hasard comme lorsque Thérèse avait vu la vierge Marie. C’était indémontrable, mais surtout, cela ne se basait sur rien. Ce n’était pas un hasard si l’aspect rationnel n’était pas leur fort. Sauf argumentation dans leur sens, ils n’ont pas voulu expliquer le point de départ. Déjà, cela en disait long de leur volonté d’être dans l’opacité. En effet, il faut voir le “conseil de discipline” se résumait à n’être que l’endroit où les “autoproclamés juges” font respecter le règlement en l’analysant. Si tous les éléments et les méthodes n’étaient pas sur la table alors les dés étaient pipés. Il s’agissait de réduire les moyens de défense tout en augmentant la charge de la preuve. Or, c’était à eux de démontrer au travers d’un réquisitoire d’énoncer les faits qui m’ont été reprochés tous comme l’intérêt des pièces du dossier. Rien n’a été fait, ils n’ont rien démontré du tout. Autant dire que nous marchions sur la tête.

Autant dire qu’avec du recul, ce conseil de discipline n’a servi à rien. Il s’agissait d’un enrobage destiné à donner “bonne conscience” à ces personnes qui désormais seront toujours des adversaires politiques. En effet, la méthodologie d’un conseil de discipline doit être clairement impartiale. Ils prennent des décisions sur des éléments. Mais peut-on être “juge” et “procureur” ? La sanction visée intervenait au bout d’une démonstration rigoureuse. Toutefois, il n’y avait rien de sérieux, il s’agit d’une simple réunion formelle comme une réunion d’information. Cela rendait le caractère obligatoire, mais c’était un peu comme les réunions publiques, ça ne servait à rien, mais cela faisait bonne figure dessus. Autrement dit, il y avait une forme de partialité. Cela montrait très bien où voulait en venir ceux qui se réclament de la “démocratie chrétienne” tout droit vers “révolution conservatrice” aboutissant sur le totalitarisme.

De ce fait, il ne s’agissait pas d’un débat contradictoire entre deux parties avec des personnes indépendantes. Non, il s’agissait d’un conseil. Or, un conseil comme dans l’armée rend des jugements expéditifs, un conseil de discipline dans le privé catholique (et j’imagine que dans les autres écoles privées confessionnelles ou non), c’est la même chose. Ainsi, ils ont épluché page par page, article par article. La Stasi religieuse voulait faire un exemple d’un de leurs élèves qui n’entraient pas dans leurs clous. Peut-être qu’il voulait des élèves cloués comme le fût Jésus ? À vrai dire, il n’y avait aucune pédagogie. La politique du “fusillé pour l’exemple” s’inscrivait typiquement dans une logique du “sabre et du goupillon” pour reprendre l’expression de Karl Marx. Il s’agissait de créer une peur de fond chez les autres élèves afin de leur démontrer qu’ils étaient surveillés même dans leurs vies externes. À aucun moment, une justification de soutenir un tel événement hors de l’institut n’était valable. Il aurait fallu refuser le conseil de discipline. Peut-être qu’il était obligatoire d’après le règlement de l’école, mais les raisons n’étaient pas citées. 

Un véritable danger guettait tous les autres élèves : celui de voir leur vie épluchée par des petits chefaillons pour les mettre à la porte. Georges Orwell utilisait comme expression dans 1984 : “Big Brother Is Watching You”. Nous étions de même avec des fanatiques tant dans les professeurs que dans les surveillants. D’ailleurs, si la Principale n’était pas présente, l’un des incriminés à savoir le pion était présent. Il s’agit d’un véritable paradoxe. Structurellement, la forme du conseil de discipline s’enracinait dans le “n’importe quoi”.

Dès lors, le conseil de discipline ne permettait pas d’une façon ou d’une autre que je réalise une défense claire et rationnelle. Les éléments avaient été fondés afin de créer une parodie tels les procès de Moscou. Mais là, c’était la grande purge de “Sainte-Thérèse”. L’association qui gérait l’Institut pouvait certes se donner comme patron une “illuminée”, c’est-à-dire une Sainte qui avait vu une personne des cieux. Toutefois, on n’oubliera pas que cela avait été auparavant un couvant et un internat. Cependant le capitalisme passant par-là. Ce fut surtout un institut qui grandissait avec des professeurs ayant des discours clairement séparatistes. Mais on ne pouvait pas prononcer ces mots-là à cette époque, je n’avais pas la même connaissance politique qu’aujourd’hui.

La Principale n’était pas présente, il faut dire que je n’étais pas vraiment très doux dans mes propos. Il y eut aussi une plainte déposée au commissariat de Police pour diffamation. Bref, la machine à expulser et faire du nettoyage était bien là. On assistait au moment où j’avais été convoqué à des purges (Vis-à-vis d’autres amis sous le même mécanisme : la terreur brune) sous fond de faux prétextes. Il voulait que je fasse une lettre d’excuse, c’est-à-dire que je me soumette totalement. Il est vrai que je me suis excusé, si c’était à refaire : je ne le referai pas et j’irai envoyer cette “bande de cul-bénis” de là où ils viennent. Durant le conseil de discipline, la plus grande hypocrite fut Mme P. Il représentait les parents d’élèves. Elle mentait comme on respire. Cette personne à la fois hypocrite et insolente en disait long. Tout ce qu’elle disait n’était qu’un tissu de “mensonges”, comme la surveillance de tous ses enfants chaque fois qu’ils allaient sur Internet. Elle a humilié mes parents qui eux n’avaient rien à voir dans cette histoire. À 15 ou 16 ans, nous avons très bien une autonomie. Bref, un jour, j’aurai des comptes à régler avec cette dernière. Le temps passe, les blessures restent. Je ne doute pas d’un seul instant qu’elle ne travaillait pas en “douce” pour l’école. Sa vision n’était pas Thatchérienne, mais de nos jours : ce serait une petite soldate d’Éric Zemmour. Bref, le conseil de discipline fut le “bal des hypocrites”. J’ai été viré manu militari. Si j’avais fait du droit, j’avouerais que je serai allé devant un tribunal administratif. Après tout, les écoles confessionnelles sous contrat étaient des écoles sous délégation du service public. Je crois que nous n’aurions pas dû nous laisser faire. Le certificat de radiation définitive en disait long. C’était tendu à la maison. Il y avait des raisons.

Le pire dans tous cela, le collège organisa le lendemain de ma radiation une journée de prévention à Internet. S’il ne citait pas mon nom et mon prénom, ils y faisaient référence. La diffamation battait son plein. Une fois de plus, ma famille a été humiliée par les “hypocrites”, les “menteurs” et les “charlatans”. De règlement en règlement de comptes, cela ne leur avait pas suffi pour me mettre à la porte, ils en jouaient d’une certaine notoriété. Il fallait effrayer les “brebis” et les mettre dans le droit chemin. La principale était présente. L’école ce n’est pas la guerre de tous contre tous, mais un lieu d’apprentissage où chacun commet des erreurs. Le privé ce n’est pas l’école publique, c’est l’école de l’élite.

Entre temps, je changeai de collège pour le public. Une grande révélation s’offrit à moi. Une nouvelle vie commençait au sein d’un bâtiment où l’éducation était républicaine et non fait de “culs-bénis”. J’entrai dans une classe en cours d’années, ce fut très difficile au début. Nous étions dans l’année du mouvement social contre le CPE. Il faut dire que Mme P. a voulu des conseils de discipline contre ceux qui organisait les blocages du collège. Autant dire, ce n’était plus un parent d’élèves, mais bien un circuit rôdé au sein de l’établissement. Elle soutenait la ligne extrême-droitière de Sarkozy certainement avec le fait de nettoyer au karcher les mauvaises ondes (peut-être à l’aide des Bovis). Qu’importe, l’ordre religieux devait régner sous cet établissement gavé à l’argent public comme des milliers d’autres. Le vrai séparatisme est là !

Toutefois, quelques semaines plus tard, un gros pétard explosa sur l’une des portes. Bien évidemment, les mêmes qui voient dans les pétards, des tirs de mortiers ; ce furent les mêmes qui prétextaient à ce qu’un pétard était une bombe. Un article avait été rédigé dans le Parisien certainement anecdotique. Tout le monde s’en foutait. Pourtant, le “proc” n’était pas du même avis. Imaginez : une bombe sur un collège juif ou musulman ? Il s’agirait d’une affaire ! Tout était déformé, mais au nom de l’égalité vis-à-vis des autres établissements confession, une enquête de la SRPJ de Versailles fut diligentée une enquête de la SRPJ de Versailles fut diligentée.

Dans les différentes questions basiques que les condés ont posées au niveau des personnes qui pouvaient en vouloir à l’Institut : mon nom sortit du chapeau. J’avais été humilié à deux reprises, mais l’Institut voulait me voir briser jusqu’au bout. Il s’agissait d’un véritable harcèlement comme ce que j’ai subi pendant des années et qu’ils n’ont rien fait. J’ai été reconvoqué au commissariat de Houilles par les Officiers de Police Judiciaire. On m’indiquait les risques encourus. Mais j’étais innocent dans cette affaire. Après avoir discuté un peu, une perquisition du domicile familial : une humiliation de plus. Ils sont même allés jusqu’à confisquer temporairement l’ordinateur de mon père. Pour quelles raisons ? Il n’avait pas de preuves, rien à se mettre sous la dent. Bien sûr, cela est retombé sur moi. Au bout de 30 minutes à 1 heure, nous sommes repartis. On m’a indiqué que j’allais faire une garde à vue. À 16 ans, c’était complexe, mais le code procédure pénal était fait de cette façon-là. J’étais le “bouc-émissaire”. On me proposa un avocat commis d’office. Je refusais : je n’avais rien à cacher. Je subis comme de nombreuses personnes : la fouille à nue et on m’enferma dans une cellule pendant des heures et des heures. Le temps passa très vite. Imaginez la sensation à 16 ans. L’humiliation atteignait son paroxysme. Qu’importe, je n’avais rien lâché vis-à-vis des condés. Dans l’interrogatoire, la démonstration assez complexe que je développais : prouver que je dormais. Assez absurde, mais on perdait tous notre temps : flics et juges avaient certainement d’autres affaires à se mettre sous la dent. Ma garde à vue aurait pu durer près de 24h00. Je risquais lourd, car je n’avais pas d’alibi comme les condés le disent dans le jargon et je ne pouvais pas le démontrer. Les “culs-bénis” m’avaient tendu un véritable traquenard.

Finalement, j’ai pu démontrer quelque chose de cohérent : la nuit, je dormais et je n’avais rien entendu. L’histoire s’est essoufflée. Mais les conséquences sont toujours là.

Faisons un saut dans le futur, on ne parlera pas de ce qu’il s’est passé au lycée public. J’avais pris une filière technique, mais peut-être pas la bonne. J’aimais la science, je ne pouvais douter, mais laquelle ? Les sciences de l’ingénieur m’ont vraiment formaté le cerveau tout comme le baccalauréat scientifique que j’ai lamentablement échoué. Un échec aurait pu se transformer en réussite en remontant au créneau. Mais voilà, les années de lycée m’avaient usé. Je n’aimais pas l’enseignement où étaient formatés de nombreux lycéens. J’eus une solution à partir de ce moment-là. J’étais clairement tombé dans l’addiction aux écrans, dont l’ordinateur portable.

Une solution s’offrit à moi : rejoindre un internat, mais comme le public était saturé, je dus choisir l’option d’un privé encore une fois chez les “culs-bénis”. Je pris le bon vieux BEP CSS en un an. Ce fut difficile, je dus me taire, mais j’eus mon BEP avec une bonne note. Je trouvais un travail en temps partiel en tant qu’employé de collectivité puis un autre travail en tant qu’aide de vie. Au bout d’un moment, j’ai compris que le baccalauréat s’il ne servait à rien n’était qu’une porte pour ouvrir d’autres portes. Je décidais à partir de ce moment de m’orienter vers une capacité en droit, un diplôme universitaire en deux ans en cours du soir. Le droit n’était pas mon orientation, mais cela m’a fait grandir, notamment dans la manière d’argumenter. J’ai compris que le droit, c’était la politique et la politique, c’était le droit. À cette époque, nous étions dans le débat au Parlement de la “Loi Taubira” sur le “mariage pour tous”. Les homophobes battaient les rues au travers de slogan nauséabond. Qu’importe, j’ai compris qu’il fallait se pencher un minimum sur le droit et que la politique n’était pas seulement de la théorie. J’ai raté ma première année de capacité en droit. Mais les connaissances que j’avais emmagasinées m’ont ouvert sur le monde. Certes, je ne serai jamais un avocat, mais la méthodologie d’argumentation en disait long.

Puis il fut des années où je me cultivais, mais malheureusement le diplôme de niveau 5 ne se passe pas sur la culture générale, mais sur une lobotomie du cerveau en matière de connaissance.

Au bout de quatre années à cavaler entre chaque client pour réaliser des toilettes, du repassage (dont des foutues chemises avec des plis) ou à nettoyer les sols, faire de la restauration collective et les différentes tâches administratives. Avoir deux emplois comme le font les Allemands pour survivre n’était pas une vie. Je voulais au contraire trouver une forme de stabilité. J’ai effectué des recherches pour passer le diplôme d’Aide-soignant. Je trouvais qu’il était adapté par rapport à mes besoins de me poser. Finis le fait de courir entre deux endroits pour gagner le salaire minimum. J’ai décidé de faire la démarche pour m’inscrire au concours. J’avais travaillé un peu, mais le résultat était que j’étais arrivé trentième. Un score vraiment pas mal. Cela me redonnait confiance en moi. J’étais un peu arrivé comme un touriste en travaillant juste l’orale. Il ne fait guère de doute que le plus dur allait être devant moi. En effet, il fallait se plier devant les formateurs et dans les stages, il fallait se soumettre partout. Le paramédical (tout comme le médicale) s’inscrivait dans le fait de broyer les élèves afin de leur dégoûter au plus profond du métier. Se taire ou partir, tel est la vision dans le paramédical. Puis, il y a une injustice criante : les élèves aide-soignant ont deux mises en Situation Professionnelle alors que les infirmiers n’en ont aucune. Bref, j’ai dû passer trois fois le module 3. J’étais aide-soignant. Je suis parti au bout de cinq années après mon diplôme : écœuré, dégoûté et déçu.

Plus de huit ans après, j’ai décidé après repasser le baccalauréat afin de montrer que je pouvais repasser des épreuves. J’ai effectivement réussi à passer les épreuves malgré la maladie psychique toujours pas régulée. Ce fut éprouvant. Mais j’étais en mesure de passer des épreuves. Il ne fait guère de doute que la méthode de créer un “examen unique” ou des partiels n’était pas mon mode de fonctionnement. J’avais besoin de respirer et non de réapprendre par cœur des formules et des démonstrations. Il ne fait guère de doutes que ce n’est pas ma méthode pour apprendre. Je ne suis pas conformiste. J’ai ma méthodologie pour apprendre. Concrètement, je suis très anarchiste finalement, même si j’ai beau avoir une bibliothèque remplie de livre communiste, mais la démonstration s’avère être celle-là.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais en 2019, j’ai commencé l’écriture d’un livre. En même temps, j’étais dans une église évangélique. Je ne critiquerai pas ce qu’elle m’a apporté en termes de connaissances. Avec la personne, chez qui nous faisions l’étude biblique et le pain quotidien (dont je reviendrai certainement plus tard là-dessus), nous allions à la Bibliothèque de Nanterre. Oui, j’avais des problèmes liés à l’alcool et aux drogues, j’étais pris dans une spirale infernale. Lorsque j’étais en descente, j’effectuais des recherches sur le livre que j’écrivais. Il fallait que je disse que je dise malgré l’embrigadement dans le mysticisme.

Finalement, l’expérience m’a appris que j’étais hors du cadre institutionnel. J’ai une approche clairement autodidacte. J’ai compris qu’en effectuant des recherches critiques à l’université de façon libre et sans rendre de mémoire, cela s’articulait autour d’une méthodologie. Récemment, j’ai fait un bilan de compétence avec une personne afin de savoir ce que je voulais faire. J’apprenais moi-même à mon rythme. Maintenant, l’avenir reste à construire.

Le temps du squat

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Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le deuxième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

J’étais partie avec mon “sac à dos dans le dos” comme je le soulignais dans le premier article. J’allais vers un monde inconnu. En effet, je sortais de ma “zone de confort” afin d’avoir mon “autonomie”. Le chemin fut particulièrement compliqué. Or, la solution s’enracinait d’aller dans un logement “ni droit, ni titre”. Dans le même temps, je continuais à travailler dans le foyer pour personnes âgées. Il fallait bien que je puisse survivre avec mon maigre salaire. L’image donnée du squatteur n’était pas celle qui est véhiculée dans les médias traditionnels. Nous étions des personnes comme monsieur et madame tout le monde.

Nous étions comme dans la chanson des Berurier Noir, ainsi squattent-ils ! Au départ, les premières nuits, nous faisions des pâtes cuites dans la cheminée. Tout indique que les premières nuits furent difficiles. Puis il a fallu organiser des veillées la nuit. Une journée où nous étions parties : le propriétaire enleva les fenêtres afin de nous faire déguerpir rapidement avec l’aide d’un des voisins. Plus tard, le voisin est venu nous dire qu’une équipe de “barbouzes” allaient venir nous dégager manu militari. La peur envahissait notre vision, les milices d’extrême-droite et autre de propriétaire ne faisaient pas dans la dentelle. Nous nous sommes barricadés une nuit, mais ce fût du bluff comme dans un jeu de poker menteur. Rien ne se passa. Nous avons récupéré nos fenêtres et l’histoire d’un lieu de vie ne pouvait que commencer.

Il apparaissait qu’il était bien glauque au fond de la rue Sadi Carnot à Bagnolet. Déjà trois squats habillaient le quartier afin de lui redonner un goût populaire. Avec des compagnons de lutte que je ne nommerai pas “camarade” pour la plupart, nous sommes rentrés dans un bar inoccupé depuis des années. Il était foncièrement insalubre. Il aurait fallu faire de “grands travaux” à l’intérieur. Il fallait faire des choix afin de redonner vie à ce bar et ancien restaurant. Oui, il fallait charbonner pour laisser entrer la lumière. Les cloisons artificielles pour rendre le lieu inhospitalier ont dû être abattues. Mais il y avait des voisins foncièrement mauvais. Ils payaient leurs loyers et se croyaient les maîtres des lieux. Ces derniers appelèrent la “Police”. En tant que squatter, nous risquions gros : l’expulsion sauvage.

L’huissier et le propriétaire ne connaissaient pas vraiment les procédures en matière d’expulsion de locataire ou encore d’occupant “sans droit, ni titre”. Il ordonna à certaines personnes de partir. Et voilà, un constat d’huissier fait n’importe comment. Il aurait dû saisir la justice afin d’avoir un constat en “bonne et due forme”. Qu’importe, cela était du folklore. Il savait très bien que nous ne partirions pas jusqu’à ce que la procédure soit réellement enclenchée.

Ismaël, un gourou qui s’inscrivait particulièrement dans le cadre de la “tribu K” de Kemi Seba, voulait avoir le leadership dans cet endroit. En parlant de cette vision, il voulait faire un lieu à son image, à son idéologie, mais surtout à ses délires aigus concernant le “peuple peuhle“. La nostalgie de la construction d’une identité en disait long. Connaître ses racines, son origine, ses biens, cela a de l’importance, mais en faire un argument comme “mode de vie”, cela ne passait vraiment pas pour ma part. Je trouvais ses discours dangereux ethno-différentialiste et clairement antisémite sur la plupart des cas. Peut-être que c’était une des raisons pour lesquels, ses congénères regardaient régulièrement du Alain Soral toute la journée au nom de l’instruction. Cela se résumait concrètement à un abrutissement du cerveau par des théories dangereuses au nom du fait que toutes ces dernières se valaient. Le “socialisme des idiots” avait frappé.

Il s’inscrivait dans une ligne écologiste clairement bohémienne. L’économie de l’eau reste certes un enjeu fondamental pour la planète. Il faut économiser les énergies. Il avait mis des drôles de mousseurs. Cela ne servait foncièrement à rien du tout. Mais l’écologie individualiste à la sauce colibri diffusait cette vision que les petits gestes de chacun font les grandes révolutions écologistes de demain. Puis un jour : une engueulade sévère éclata dans ce lieu collectivisé. Il décida de repartir dans sa collocation. Depuis, plus de nouvelles et ce n’était pas plus mal.

Un autre congénère : Frédéric que je devrai plutôt appeler un “dégénéré”, patriote dans l’âme comme l’extrême-droite se voulait être un “grand résistant”. Il ne savait ni lire, ni écrire. Aucun jugement de ma part. Toutefois, il savait très bien utiliser un ordinateur. Mais il répétait à longueur de journées le fait d’être bloqué par la lecture. Une réelle hypocrisie en somme. Il se servait de cela pour ne rien faire. Il était fier d’être allé en Espagne avec son drapeau “Bleu, Blanc, Rouge”. On comprendra qu’il était un “patriote” comme certains courants nauséabonds. Il avait inscrit l’article 35 de la seconde Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793. Il faut souligner la date, car il y a eu deux déclarations différentes. Il se vantait d’avoir été filmé par … Russia Today : une chaîne du Kremlin pour ne pas dire d’extrême-droite. Il se disait ancien parachutiste de l’armée. Peut-être que le fait que ses idées venant du roman national avaient été le symbole de ce passage hypothétique dans l’armée. Pourtant, tout cela n’était qu’une invention de sa part. Il vivait du RSA (loin sans faute, il ne s’agit pas d’une critique.), mais son égoïsme en lien avec son “mode de vie” en disait long.

Il était dans la “résistance”, mais ne savait pas vraiment contre quoi, contre qui. Il luttait contre le “système”. Il écoutait du “rap conscient” pour reprendre les termes à la mode. Ils le mettaient à fond et en boucle comme un disque rayé. Cela faisait un barouf pas possible en lien avec les enceintes et un caisson de basse. Pourtant, ce valeureux résistant n’était finalement qu’un pion dans ce qu’ils appelaient la “matrice”. À aucun moment, il n’était question de poser un mot dessus : le capitalisme. Étonnant non ?

Un jour, un “after”, comme on l’appelle dans le milieu de la nuit, s’était déroulée dans un squat à la “clinique des arts BIS”. J’avais fait la java toute la nuit. Mais, au nom des valeurs de fournir de l’argent matériel dans la caisse collective, j’ai pris sur moi malgré mes deux heures de sommeil pour aller vendre des sandwichs. Rien, d’extraordinaire en somme. Il devait avoir une logique liée à la sécurité de l’entrée. Frédéric a voulu faire le mariolle. Il ne comprenait en rien le concept de “propriété privée”. Oui, même chez les squatters : la propriété privée avait aussi un sens. Ainsi, il s’est assis au milieu de l’aller en pensant qu’il était chez lui partout. Doux rêveur en somme. Mais l’utilisation de la propriété privée ne pouvait être accordée à tous. Il n’était pas chez lui, pas dans son squat. Le ton est monté entre le responsable du squat et lui. Dommage, c’était de l’argent qui partait en fumée. Il était foncièrement individualiste, mais le rejetait sur les autres. Avec la fatigue qui montait progressivement, j’accumulais l’argent, le business fonctionnait très bien. L’argent ne tombe pas du ciel. Il s’agit du “temps libre” que l’on donne pour vendre sa capacité pour gagner son gagne-pain vis-à-vis de son patron. Nous avions acquis une petite fortune pour nous, fruit d’un dur labeur. Je proposais à partir de ce moment-là de mettre dans le “pot commun”. L’égoïste et l’inculte m’accusa d’égoïsme. Ironie non ? L’égoïsme pour ce réactionnaire fut de collectiviser l’argent et le partage, c’était de privatiser les ressources. Bref, c’était la démonstration ultime qu’il était un valeureux soldat du capitalisme et plus précisément du néolibéralisme. Fou de colère face à une situation, je décidais de collectiviser ce que j’avais acquis.

Dans le même temps, je décidais de faire la manche afin d’avoir un peu plus de sous, mais aussi de ramener pour le squat. Pendant que certains vivaient comme des rois, d’autres charbonnaient. Oui, ce fut une expérience difficile, mais il a fallu mettre son ego de son côté. Les sommes n’étaient pas mirobolantes. Mais cela permettait d’une façon ou d’une autre de mettre du “beurre dans les épinards”.

Je voyais aussi la question de l’usage de la drogue dure (combien même, elles le sont toutes). Je craignais de tomber là-dedans. Je restais à l’écart et je voyais très bien que malgré l’aspect convivial, les personnes accrochaient très rapidement certains produits, dont les opiacés. Je me rends bien compte qu’il s’agissait d’un traquenard. Certes, j’étais dans le cannabis. Je fumais beaucoup trop toujours dans un aspect récréatif. Peut-être que cette consommation m’a évité de tomber trop tôt dans les maladies psychiques.

Puis, il y eut aussi Mickaël, un ami dans mon militantisme. Un parcours de vie qui en disait long avec une richesse incroyable et également une intelligence débordante. Il était spécialisé dans l’administration réseau. Il était aussi très fortement doué dans l’électricité. Je crois que sans lui : pas d’électricité et encore moins l’accès à l’eau. Le seul bémol résidait dans le fait que nous n’avions pas d’eau chaude. Mais grâce à lui, le squat pouvait fonctionner comme une habitation normale. Je ne remercierai jamais d’avoir rencontré une personne brillante. Nous étions devenus amis et pas de simple colocataire sous un même toit.

Nous étions proches de l’un et de l’autre, nous faisions la manche ensemble à Nation. Cela agaçait les commerçants de voir des pauvres près de leur business. Il faut dire que la petite-bourgeoisie entend prospérer, mais ne souhaite pas voir la réalité de la situation économique. François Hollande était peut-être passé, mais les signaux économiques étaient déjà présents : la crise n’allait pas disparaître d’un coup de baguette magique. Il fallait montrer une “place propre”. Voilà la gentrification qui vient.

Très vite, il a fallu baptiser le nom du squat, nous avions décidé de le nommer le M5R. Une idée originale qui était venue de Bemba Gueye Lindor. En effet, si j’ai beaucoup de critiques à faire vis-à-vis de lui, notamment dans le fait qu’il nous a endoctriné afin que notre mouvement reprenne les tactiques liées entre autres par l’organisation terroriste : Action Directe ou de la Bande à Baader. Oui, il nous a poussés à commettre des attentats terroristes. Une ignominie quand c’est que la doctrine blanquiste ne fonctionne pas. Puis lorsque l’on gratte plus profondément, on s’aperçoit que le modèle de “Jean-Marc Rouillan” brise des familles et ne fait guère avancer le chemin pour abolir le capitalisme. Autant dire qu’après du recul, la stratégie de Bemba était clairement dangereuse. Il nous manipulait pour que nous enlevions la vie à des personnes qui n’ont rien demandé. Oui, il y a tout de même une accusation fondée. Je reviendrai plus tard, mais j’ai pu acquérir des livres rares sur ce sujet quelques années.

Dans le même temps, j’écrivais sur un blog avec un Français illisible. Il faut que je l’avoue : j’étais illettré. Je savais lire, mais je ne savais point manière manier la langue de Molière. J’avais la volonté d’écrire, mais avec une langue clairement appauvrie. Il faut dire que j’étais un cancre à l’école, notamment en ce qu’il concerne le domaine littéraire. Je n’étais pas formé pour être dans cette logique d’apprentissage forcé. Les articles que j’avais commencé à écrire en 2011 sur “Révolution et Libertés” étaient clairement illisible et manquait d’une structure tout comme d’une ossature. Ainsi, il me fallait de la théorie afin que je puisse me familiariser avec la lutte que je voulais faire. Lutter, c’est dans les actes, mais aussi dans la lecture. Autant dire que le travail de militant reste un travail à plein temps.

Je savais très bien que j’étais de “gauche” et “altermondialiste“, mais je ne savais pas encore sur quelle doctrine j’allais me lancer. En effet, il existait une multitude de théories au-delà de la scission entre le marxisme (et marxienne) tout comme l’anarchisme, mais aussi à d’autre mouvement comme le blanquisme (dont je parlais plutôt). La théorie apparaît comme foncièrement très difficile en termes d’approche, mais elle permet d’en déduire l’aspect dialectique dans l’écriture. Je savais très bien qu’il ne fallait pas forcément une grandeur, mais une rigueur dans l’analyse changeait toute la donne. Lire, c’est écrire, écrire, c’est lire comme on pourra le dire si bien. Il n’en fallait pas plus pour voir que la grande partie du militantisme se résumait dans l’analyse. Il fallait bien démarrer par quelque chose. Bemba bien les accusations que j’ai colportées ci-dessus : il m’a fait ouvrir une “porte d’Overtone” sur l’aspect radical. En effet, mon “réel” premier livre fut une anthologie de Léon Trotski. Une vision qui a pu me permettre d’aller vers les lectures de Karl Marx tout comme d’Engels et du Lénine.

Puis vient le moment où nous avions eu la lettre de l’Huissier nous assignant en justice de la part de la part des propriétaires du bar. Il s’agissait d’une indivision avec une voie juridique de tout ce qu’il y a de plus standard. Nous avons eu dès lors une stratégie pour défendre notre vision. Mais personne ne voulait vraiment se mouiller. Ainsi, avec Mickaël, nous avons essayé de monter une stratégie. Il fallait défendre une période assez réaliste. Nous n’avions pas d’avocats. Je savais que nous n’étions pas expulsés dans l’immédiat. J’ai demandé un mois de délai. Bien sûr, cela allait mettre tout le monde en furie. Qu’importe, il fallait faire un choix. Nous avons reçu la décision de justice bien plus tard. Pour ma part, je suis partie dans la vie quotidienne en ayant un appartement. J’avais un point de chute.

Il fallait trouver un nouveau lieu en urgence. Un Secours populaire se tenait non loin de là. Nous avions pour objectif de l’occuper. Nous avons bien fait les choses. Un soir, alors que nous venions pour voir si nos cadenas tenaient la route, nous sommes tombés près des dealers. Personnellement, je n’avais rien vis-à-vis d’eux. Ils faisaient leur job pour pouvoir vivre. Mais on nous a tendu un guet-apens. Ce fut particulièrement difficile. On s’est pris un coup de gazeuse de très près. Les dealers protégeaient leur business, c’était compréhensible comme n’importe quel business. Mais voilà, Frédéric au premier coup de gazeuse est parti en courant. La virilité en prenait un coup. Il ne suffit pas d’écouter “Furax” à longueur de journée pour avoir du courage. Avec Mickael, nous n’avons pas bougé d’un seul coup. Oui, nous étions plus endurcit. Nous avons pris un second coup de gazeuse. Le problème, résidait dans le fait que ce n’est pas du gaz, mais du gel. Cela brûlait les narines, la gorge, les yeux. Nous étions en terrain hostile. Rapidement, deux histoires se mirent en place : l’une concernait sa version héroïque, la mienne plus rationnelle et raisonnée.

Nous sommes allés également dans un autre lieu pour ouvrir un commissariat abandonné. Tout était retourné. C’était une époque où nous pouvions faire des choses. J’avais pris toutes les clefs par mégarde, une chose qu’on m’a retournée dans la tête. J’ai commis des erreurs à ce moment-là. Nous sommes restés un peu. Puis, nous sommes partis. Tant que le lieu était ouvert, cela permettait d’avoir une solution de secours et de repli.

Je me suis retiré progressivement pendant quelque temps de ce monde incertain. Mais voilà, un jour : le futur squat qui avait été préparé de longue haleine se faisait attaquer et encercler par les forces de l’ordre. On ne me dit point cette raison. On prétexta une infection du squat par un parasite bien connu : la gale. J’avais dit que c’était moi qui l’avais transmis alors que c’était faux. Il fallait agir dans l’urgence. Or, quelle erreur ai-je faite ! La personne l’a raconté à tout le monde alors que c’était elle qui était la primo porteur de ce véritable fléau. Entre temps, je voyais des efforts de plusieurs semaines se faire réduire à néant. Les policiers prirent la bâtisse en utilisant le marteau de Tor ou un bélier. Mais, la porte ne céda pas. Ils allèrent dès lors dans un mur pour expulser les squatteurs. Une véritable honte. C’était la politique propriétariste en somme qui se déroulait sous nos yeux. Aucune personne ne fut arrêtée ce jour-là. Cependant, en rentrant du squat : je me pris un savon. Frédéric, une grande gueule savait hurler. J’avais compris que les personnes n’avaient aucune vision réaliste. L’égoïsme régnait. Bref, je suis partie et je ne suis plus revenu. J’étais en colère.

J’étais installé de l’autre côté de Paris dans un appartement à Maisons-Laffitte. Un studio pour commencer une nouvelle année avec des études. Je m’étais inscrit dans une capacité en droit afin d’avoir un diplôme similaire au Baccalauréat en termes d’échelon de diplôme. En effet, je voulais pouvoir accéder à des études. Certes, le droit n’était pas dans une vision que je pensais : je faisais du droit constitutionnel et du droit civil, notamment ancré sur le “droit de la famille”. Nous étions en pleine loi sur le “mariage pour tous”. Le sujet était intéressant, notamment au travers des critiques et des réserves émises par le professeur de droit. J’avais presque oublié de là où je venais : le squat.

Oui, je lisais ce livre dans les vieux wagons du RER A lorsque j’allais au travail. Cela avait du charme, ça parlait de Révolution Permanente, de Révolution Trahie, de réforme agraire… Oui, je rêvais de voir le capitalisme se renverser et migrer vers une autre société. Ce monde était inégalitaire, rabougri et haineux. Certes, cela aurait pu être mieux, mais la crise économique était passée par là. Le Projet de Loi des Finances de 2009 avait été une véritable bombe économique. L’économie française était une locomotive à vapeur. Elle s’arrêtait lentement et démarrait lentement. Le “communisme” tel qu’il était théorisé avait été construit dans une société où l’industrialisation restait la pierre angulaire de la révolution. Dans une société mondialisée où la désindustrialisation battait son plein en lien avec la notion fondamentale de “l’économie politique” (loin de la vision bourgeoise).

Pourtant, cette histoire de gale perdurait et toute l’ancienne équipe y était contaminée. Avait-il fait le choix de se soigner ? Certes, les soins n’étaient pas vraiment la priorité. Il aura fallu d’un seul coup de téléphone pour voir que cette histoire se poursuivait. Il aura fallu assumer les conséquences. On me disait que j’étais partie comme un voleur, c’est vrai. Mais je fus la victime dans cette histoire-là. En effet, je fus également contaminé avec ce “maudit parasite”. J’étais allé un médecin exprès. Je m’étais soigné. Pour autant, il aura fallu que les autres comptent sur celui qui était parti. Certes, il y avait la précarité. Il faut dire que n’étais pas riche. Les différents sprays comme toutes les maladies ou parasites dermiques n’étaient pas remboursés. J’en avais eu pour très cher. Toutefois, j’étais droit dans mes bottes. Je ne voulais pas de problèmes et que cette histoire se résolve rapidement. J’avais donné également des bombes désinfectantes. Ils étaient dans le squat d’une Sécurité Sociale (la fameuse CPAM). Plus rien n’allait. L’âge d’or du squat s’écroulait et était révolu. Nous étions en hiver, les difficultés allaient bon train.

Au moment où il y a eu l’expulsion du squat de la Sécurité Sociale, il n’y eut qu’une seule et unique solution pour passer l’hiver : le commissariat de police abandonné à Houilles. Toutefois, le projet de transformation vers un local administratif de la Commune avait progressé. Le lieu était désaffecté. Le lieu servit à passer quelques nuits pour les membres de l’ancienne équipe. Vous vous doutez bien qu’un squat dans un commissariat il fut hors de question pour l’équipe municipale que nous restions. De plus, la corrida pédestre passait devant le bâtiment sous les yeux des caméras. Le drapeau de la Fédération Anarchiste avait remplacé le drapeau tricolore. Il s’agissait dans le fond tout un symbole. Sans procédure, il y eut une expulsion sauvage. Toutefois, les forces de l’ordre auraient indiqué un bâtiment dans Houilles. Logiquement et peut-être par vision abstraite, nous sommes arrivés chez un ancien local commercial de photographie abandonné depuis des années. Il s’avère que nous sommes rentrés dedans et nous nous sommes installés. Il manquait juste un détail : il n’y avait pas d’eau.

Un jour, alors que j’étais dedans, le propriétaire a voulu rentrer, mais le bâtiment était occupé. Oui, on me disait que je n’étais pas courageux du tout. La réalité reste que j’ai tenu bon face à une équipe complète des forces de l’ordre. J’ai pu mesurer le rapport de force. Seul face à une dizaine de personnes, ce n’était pas crédible. J’ai eu une frousse énorme lorsque j’ai dû ouvrir le lieu face à nos ennemis : les propriétaristes et les condés. Les forces de l’ordre ont admis qu’il s’agit d’une habitation. Le propriétaire a fait couper l’électricité afin que nous partions rapidement du squat. Les autres occupants étaient à Paris pour vaquer à leurs occupations. Les forces de l’ordre ont fait partir le propriétaire des lieux, dont le commerce était à 25 mètres du squat. J’alternais rigoureusement : squat et appartement. Puis, la procédure a été lancée. Nous sommes passés devant le tribunal d’instance et le lieu a été fermé au terme de la procédure. Ce fut pour moi une histoire que se terminait.

Le mouvement des indignés

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Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le premier) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

Le malaise de l’austérité lié à la crise financière des subprimes en disait long. Il fallait se serrer la ceinture. Il fallait réaliser des politiques structurelles, car le marché était impur et pas assez libéralisé. En cette fin de quinquennat, la volonté de barrer la route à ce qu’il se nommait le “Parti Socialiste” devenait très forte avec une certaine forme de Maccarthysme. En effet, le “social-libéralisme” avait été un échec comme le “néolibéralisme”. Mais il fallait continuer dans ce chemin, car comme le disait si bien Margaret Thatcher, il n’y avait aucune alternative. Cela ne fonctionnait pas, mais on devait quand même continuer quand cela ne fonctionnait pas. Il s’agissait d’un dogmatisme de fond, voir une doctrine religieuse.

Je voulais m’engager en politique. J’avais une réticence des partis politiques. Peut-être que j’avais déjà peur d’être trahis. Dès lors, ma réelle première expérience militante a été dans le mouvement des “Indignés” entre 2011 et 2012. J’ai découvert les dessous d’une volonté de vouloir changer le monde. Les assemblées générales, les commissions, les manifestations sauvages. Les arrestations à tout-va pour terminer dans des cars direction la vérification d’identité dans un commissariat dans le Nord de Paris. Ce fut déjà le cas sous Nicolas Sarkozy. Une chose qui s’est radicalisée sous François Hollande et s’est banalisée sous Emmanuel Macron.

On débattait jusqu’à tard dans la nuit autour d’une bière ou d’un café. On refaisait le monde sous une ligne altermondialiste. Réformer le monde : voilà le grand dilemme dans un monde irréformable. Pourtant, je fus assidu à ma tâche : j’étais dans la commission juridique. Je parlais de révolution et de réformisme, mais je n’étais pas encore communiste. Je pensais à ce moment-là, la magie du mouvement social. On pensait qu’on allait faire grandir notre mouvement. Le seul problème dans cette logique : nous nous revendiquions apolitique alors que nous faisions de la politique. Étrange, mais cela permettait d’agglomérer de nombreuses personnes venues d’un peu partout.

Nous étions des “doux rêveurs”, mais l’aspect bohémien en disait long sur cette émanation, dont l’origine s’inscrivait dans le livre de Stéphane Hessel : “Indignez-vous !”. Je me suis indigné, une simple émotion très subjective en ressortait. On faisait des actions, des happenings, des occupations, mais sur une notion émotionnelle, nous ne pouvions qu’être une réaction par rapport à une situation donnée. De plus, Stéphane Hessel, s’il avait été un grand résistant pendant la Seconde Guerre Mondiale, il incarnait la “gauche caviar”. Nous devenions les enfants politiques d’une personne d’une personne ayant œuvré pour l’Humanité, mais aussi pour la pérennité du capitalisme. Dès lors le gage réformiste que nous distillions devait faire rire de nombreuses personnes sur la crédibilité du mouvement.

J’aspirais à ce que la “gauche” telle que je la concevais à l’époque loin des écrits et de la littérature pourrait fonctionner. Je constatais que je n’avais pas le support intellectuel qu’il me fallait. Or, le fait de ma première expérience aurait dû me permettre de m’instruire afin d’avoir des arguments. Au lieu de cela, j’ai perdu près d’une année à faire des tracts, à les distribuer, à enchaîner les différentes commissions en fonction des roulements. Toutefois, le spectre altermondialiste n’englobait pas réellement la “lutte des classes”. Le prolétariat contre la bourgeoisie, valeur fondamentale de pouvoir permettre d’analyser la société ne prenait pas corps dans mon logiciel. Que de temps perdu !

Il ne suffisait plus de s’exclamer que le modèle social en cours depuis 1983 n’était pas viable. Il créait certes de la richesse, mais ne pouvait en aucun cas diminuer les inégalités de richesse et baisser la pauvreté. Les salaires stagnaient (ou plutôt il diminuait en fonction de l’inflation.), et nous devions faire le “Calimero”. Nous regardions sur ce qu’il se passait dans les autres pays comme en Espagne au travers du mouvement de la “Puerta Del Sol”. Pourtant, nous ne voulions pas le voir, mais le mouvement social lié au 15 Mai s’inscrivait dans l’émanation d’un long mouvement social construit en amont et en aval. Nous étions très loin de ce travail.

L’un des slogans du mouvement espagnol était “si se puede”. Il s’agit entre autres d’une variante du slogan de la campagne de Barak Obama “Yes We Can”.

J’ai pu voyager à Rome et à Bruxelles de par cette expérience. J’ai eu la joie de voir la solidarité européenne à l’œuvre loin de la xénophobie ambiante qui montait crescendo. Je voyais la joie et la vision d’une société antagoniste par rapport à la doxa dominante. Je me souviens également dans la capitale de l’Union Européenne, les policiers de les avoir vu couper les tentes les unes après les autres comme ce qu’il se fait actuellement de par les différents fonctionnaires de police ou encore les sous-traitants des préfectures en France à Calais. Deux idéologies s’opposaient foncièrement la “haine” et la “solidarité”. Nous avons marché, nous avons voyagé. Nous étions dans l’utopie. Peut-être que nous étions dans le “socialisme utopique” que décrivait si bien Engels ? Nul ne pourra savoir.

Je me souviens également du contre G7 ou G20 à Nice, la ville de Christian Estrosi, monsieur sécurité de l’Union pour un Mouvement Populaire. J’ai vu le dessous de l’aspect altermondialiste. J’étais arrivé en train, tout était extrêmement bien gardé à la gare de Lyon à Paris. J’ai pris un tortillard en TGV. Si l’ambiance était intéressante, je me souviendrais d’une chose : je me suis fait voler mes affaires sur la promenade des Anglais alors que c’était noir de CRS. Conclusion : les caméras ne servent à rien, ce n’était que du populisme et de la démagogie. Or, le plus dramatique n’était pas tellement ce délit anodin hormis qu’il y eût des affaires importantes dedans et des contenus stratégiques. Mais cela soulignait que les forces de l’ordre ne servaient à rien du tout. Ils n’étaient pas là pour garantir leurs missions, mais pour protéger les intérêts de la classe dominante. Une belle démonstration en somme. Nous sommes restés avec mes camarades quelques jours.

Le lendemain, je savais très bien que Benjamin Ball (le même qui organise la primaire populaire) avait organisé une occupation sur le parvis de La Défense. C’était un coup d’éclat. Une vision mûrement réfléchie en somme. Pourtant, l’occupation dans son cadre pacifique a subi les hordes d’assauts des forces de l’ordre afin d’en terminer rapidement avec cette action pacifique. Les charges comme dans un “jeu de guerre” étaient d’une violence inouïe. Le but était de déloger rapidement les activistes. L’occupation ne devait pas durer dans le temps, mais elle s’est profondément éternisée sur la durée. Nous avons dès lors déposer une plainte avec initialement une vingtaine de requérants contre l’Etat. En effet, le droit de manifester pacifique en disait long et nous allions vers un bras de fer avec la Loi. Nous défendions une vision clairvoyante sur le fait que la déclaration était caduque en raison des différents traités internationaux. Beaucoup se sont essoufflés devant la machine juridique. Il a fallu se porter “partie civile”, etc. Au final, nous n’étions plus que quatre. Nous nous sommes perdus. Initialement, cela devait être une révolution au niveau de la jurisprudence, mais la Justice a décidé d’un “non-lieu”. Circulez, il n’y a rien à voir. Dans ce contexte, le mouvement des indignés n’existait quasiment plus. La lenteur de la Justice en disait long. Il aura fallu des années pour aboutir à la décision. J’étais vraiment frustré. Pourtant, j’aurai dû savoir que la Justice marchait main dans les mains avec le pouvoir exécutif, c’est-à-dire le préfet de Police et sous alternes.

La question d’une solution transnationale dans le cadre d’une solution européenne devenait nécessaire. On se regardait les uns et les autres. Mais nous n’avions pas peur de trouver des solutions à bras-le-corps. Oui, nous combattions l’austérité. Oui, nous combattions le monstre de la Troïka. Oui, nous combattions la Commission Européenne. Est-ce que cela faisait de nous des europhobes ou des eurosceptiques ? Non. Notre concept de l’Europe Sociale et Solidaire n’entrait pas dans les clous de la doxa macroéconomique. Le tous contre tous apparaissait comme la seule solution. Les impôts des riches diminuaient sous forme de niches fiscales, de baisse des taxes, de crédits en tout genre, etc. Les salaires des pauvres étaient voués à stagner voire à baisser.

La compression salariale en disait long : le travail était vu comme un coût alors il fallait le baisser. Je ne comprenais pas vraiment les choses, mais il s’agissait en réalité de baisser les cotisations sociales au nom de la compétitivité. Pourtant, le travail générait la richesse, mais les travailleurs dans cette rhétorique étaient accusés de peser sur la société et en ricoché sur l’économie. Une doctrine libérale visant à maximiser les profits qui se répercuta de quinquennat en quinquennat.

La France ne vivait pas sous la Troïka. Pourtant, le quinquennat de Nicolas Sarkozy s’achevait sous une note aigrie. La dette explosait, le déficit budgétaire brisait le plafond, le chômage augmentait brutalement, la croissance stagnait… Tous les paramètres économiques n’étaient plus dans le rouge, mais dans le violet écarlate.

Il fallait construire le mouvement social. Or, nous ne pouvions pas le faire sans les syndicats, les associations et les partis politiques. Puis François Hollande est passé au second tour. Tout s’est essoufflé. Le mouvement des Indignés se désintégrait de lui-même. Le “socialisme” tant vanté risquait de sombrer comme celui d’un quinquennat de renoncement.

Dans ma famille, cela ne se passait pas forcément bien alors un jour, j’ai décidé de prendre mon “sac à dos” et je suis parti comme dans les films vers l’inconnu, mais surtout vers la liberté.