Les extrêmes n’ont pas le même projet et ne se rejoignent pas

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Au cours de ce second tour, j’entends sur un groupe WhatsApp, et même dans des communiqués de presse une idée de lutter contre les extrêmes. La question majeure réside dans le fait qu’une notion pour connaître en quoi ressemble clairement l’idée de combattre “l’extrême”. Cela sous-entend sciemment que “les extrêmes se rejoignent” sous couvert naturellement de totalitarisme.

Cette dynamique n’a rien de naturel lorsque l’on connaît l’Histoire des extrêmes qui sont implicitement soutenus dans cette rhétorique. Elle provient des idées de Hannah Arendt au travers de ses travaux sur les origines du système totalitaire et plus précisément le système totalitaire, dont le troisième livre dresse une comparaison entre le Stalinisme et le Nazisme. Les deux mouvements ne sont pas à défendre loin de là.

Pourtant, l’élève d’Heidegger jette une idée que l’extrême-gauche est autant dangereuse que celle d’extrême-droite. Ainsi, il convient de lutter contre les “extrêmes “, c’est-à-dire de se positionner dans une vision où naturellement la position convient d’être dans une logique pragmatique. Dans un pays où l’extrême-gauche fait 0,8 % (LO et NPA), c’est-à-dire moins de 1 %, cette rhétorique a du plomb dans l’aile. Pourquoi utilise-t-on le terme “extrême” pour ces deux courants ? Il y a manifestement une vision tendant à démontrer que l’aspect de la dialectique tend à considérer que la théorie de la “révolution permanente” de Léon Trotski s’avère de prendre le pouvoir au travers des “luttes sociales”. Par ce principe, il ne croit absolument pas dans la question de l’outil démocratique pour réaliser une “révolution socialiste”. Ainsi, la bataille se joue dans la rue et les urnes ne sont là que pour mettre en avant les idées d’un “communisme révolutionnaire”. Je me demande d’ailleurs s’ils savent ce que cela implique, c’est-à-dire la mise en place d’une “dictature démocratique”. C’est un oxymore, avouons-le. Encore faut-il lire la lecture trotskiste pour le comprendre, mais les conservateurs et les militants de salon préféreront l’usage sémantique montrant leur incompétence, mais aussi leur ridicule.

La stratégie républicaine de la “gauche”, dont il faut utiliser le terme “radical” s’inscrit dans une dynamique de prendre le pouvoir par les urnes afin d’y appliquer un discours plus réformiste que le programme de gouvernement commun entre le Parti Socialiste et le Parti Communiste Français durant les élections de 1981. On sait très bien que le progrès que François Mitterrand a apporté à la France, notamment l’abolition de la peine de mort, là où les conservateurs étaient dans une logique de décapitation des criminels comme d’ailleurs le Front National. Dans ce sens, il convient de saluer le fait que Robert Badinter a été à l’oeuvre d’une vision futuriste.

Les lignes brouillées par des individus ultraconservateurs provenant de l’extrême-droite ont un impact sans précédent. Nous le voyons, les mêmes tendent à caractériser (et avec culot) que Jean-Luc Mélenchon serait d’extrême-gauche. Oui, les sociaux-démocrates sont vus par les conservateurs comme des “gauchistes” en somme. Ils n’ont plus l’habitude de voir que la “vraie” gauche (et avec toutes les réserves que j’ai à mettre dessus) est de retour. À partir de ce principe, il convient d’utiliser le terme “radical” pour souligner en quoi elle réside. Dès lors, nous voyons bien que la “droitisation” se traduit par un appauvrissement du niveau des débats.

Toutefois, la notion d’endiguer les extrêmes provient la plupart du temps des différents conservateurs. Or, la mise en perspective d’Hannah Arendt ne s’inscrit pas dans une rhétorique abstraite, elle est le produit de la Révolution conservatrice allemande. Dans ce sens, il convient de souligner que si les écrits tendent à rationaliser les propos de Friedrich Hayek dans son livre les discours de la servitude. L’idée phare réside dans une ambition qu’il n’y aurait plus qu’une alternative face au totalitarisme. Cela n’empêchera pas de perdurer en ce qu’il concerne le soutien à des dictatures comme au Chili avec Augusto Pinochet ou dans d’autres pays d’Amérique du Sud. L’idée tend surtout à soutenir une vision ultralibérale où les libertés individuelles sont mises de côté afin de laisser le marché dans son absolu gérer les différents problèmes économiques. Friedrich Hayek était dans ce sens, un économiste entre minarchisme et libertarianisme. Il faut tout de même le dire les ultraconservateurs, dont les liens actuels avec l’extrême-droite sont les mieux placés pour mettre en place cette dynamique, essaye de transformer l’ensemble des rapports afin d’aller vers un système pur en termes d’équilibre des marchés.

Donald Trump savait très bien ce qu’il faisait en terme de réformes économiques et de libéralisation des marchés. Ce dangereux multimilliardaire aux différents réflexes néofascistes était dans une dynamique où la “révolution libérale” débouche sur une vision absurde, c’est-à-dire sur la question d’une dictature forcenée. D’ailleurs, la limace orange telle qu’il faut l’appeler a débordé d’imagination dans l’aspiration des différentes “fake-news”. Ne revenons pas sur son quinquennat où par sa volonté eugéniste, il a tué 500 000 personnes. On se souvient très bien que ce dernier dans une vision mégalomane et hostile à la démocratie a organisé une tentative de coup d’état dans l’assaut du Capitole. Le vrai visage de l’extrême-droite reste présent. La démocratie apparaît comme un “moyen” de prendre le pouvoir afin de le séquestrer. Voilà, le vrai visage de l’extrême-droite. On pourra parler également de Vladimir Poutine, dont sa vision s’inscrit dans l’impérialisme (comme nous le voyons dans les massacres en Ukraine) et dans le totalitarisme en accord avec les oligarques russes.

Ainsi, les différents soutiens en France comme Hossam (dit Jean) “Messiha” de Donald Trump en ce qu’il concerne la politique et l’élection de Joe Biden soutenait des éléments de langage en soulignant que la “démocratie libérale” n’était autre que le communisme. De cette manière, le franco-égyptien considère la “démocratie” comme une position “communiste”. Cela montre bien que le partisan du Raïs préfère la dictature à un système démocratique avec ses défauts.

De plus, loin de comparer la France à l’Allemagne tout comme l’Union Soviétique, la question des extrêmes sous l’idée que le communisme est équivalent au nazisme cache la réalité des progrès sociaux liés à l’extrême-gauche. L’extrême-droite n’apporte aucun progrès, aucune perspective et s’enracine dans un discours contre la modernité. En partant de ce principe, la “révolution conservatrice” entend justement trouver une seule voix pour articuler qu’il n’y aurait qu’une seule alternative face aux extrêmes : le libéralisme conservatisme. Cela permet de continuer à ne souligner que la “Sécurité Sociale” en tant que vision impulsée par l’extrême-gauche et son système de fonctionnement. La réduction du temps de travail, le code du travail, l’interdiction du travail des enfants, etc.

Les personnes ayant ce type de réflexes s’inscrivent dans des relents passéistes, rétrogrades et savent très bien que les dynamiques les orienteraient vers une rupture de la France afin qu’elle revienne au 20e voir au 19e.

La Commune de Paris en 1871 se résume à la “liberté de la presse”, la “laïcité” ou encore “la liberté d’association” qu’il faudra attendre respectivement sous la Troisième République en 1888, 1905 et 1901. Autant dire que si l’extrême-gauche est un danger comme le disent souvent les conservateurs, ces derniers ont du mal avec les libertés au nom de la tradition. Mais les conservateurs et réactionnaires disent que la “Commune de Paris” était antidémocratique, ni plus, ni moins. D’ailleurs, Adolphe Thiers a préféré la “semaine sanglante” au nom de ses valeurs et dut broyer les “libertés collectives”.

Chacun pensera à partir de ces éléments ce qu’il voudra, mais dire qu’en France que l’extrême-droite et l’extrême-gauche, c’est la même chose revient à un manque de culture et danger pour l’avenir de la République. Cela revient à banaliser le discours de l’extrême-droite et à vouloir d’une certaine manière en finir avec les “libertés collectives”. Au moment où l’extrême-droite se situe au plus haut niveau que jamais, il convient de remettre à sa place les termes exacts pour mieux comprendre et tant pis si ça ne plaît pas aux militants de salon et habitués d’être derrière des écrans.

Lutter contre l’extrême-droite pour ne jamais oublier

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Nul ne pourra dire qu’il n’était pas au courant de la manière, dont se jouent les élections présidentielles. Je vis la lutte contre l’extrême-droite depuis plus d’une dizaine d’années, c’est-à-dire à partir du moment où j’ai commencé milité. Certes, il m’est arrivé de faire des bourdes comme chacun. Toutefois, j’assume pleinement ma position de militant progressiste, c’est-à-dire de combattre quotidiennement non pas une vitrine, mais l’intégralité des différentes idées.

Dès lors, il convient d’admettre que cette bataille sur le terrain des idées se réalise au travers d’une déconstruction minutieuse. De ce fait, le bulletin de vote dans l’urne se traduit clairement ne permet à aucun moment de se mobiliser. Il s’agit d’une valse sur le « politiquement correct ». Les libéraux reprenant une grande partie du programme identitaire, sécuritaire et social savent très bien qu’ils ont ouvert la boîte de Pandore. La réalité se traduit dans les faits par une « lepénisation » progressive de la macronie. En partant de ces éléments, les polémiques identitaires tous les trois mois s’enracinent à grappiller quelques voix à l’extrême-droite, mais cela caduque le fait de poser la stature d’Emmanuel Macron comme le sauveur.

Je le vois bien autour de moi, la crainte s’installe de façon progressive. Les personnes ont peur, ils savent très bien que le fait d’avoir l’extrême-droite au pouvoir déclenchera une réelle « guerre civile ». La démocratie de la Cinquième République n’a pas été pensée pour être un rempart contre l’extrême-droite, mais uniquement d’asseoir un « roi » ou une « reine » tous les cinq ans. Qu’on se console, ce n’est à aucun moment le président qui fait la politique, mais bien le Parlement, dont le mode de scrutin laisse songeur puisque la représentation nationale est mise à mal au travers des circonscriptions. Mais, le parti du président sortant y est retissant. Chacun assumera s’il est vraiment « démocrate » ou pas.

En banalisant sans cesse ses idées politiques, les politiciens néo-socialistes, néo-laïcs et néo-conservateurs ont réussi à « républicaniser » la perspective fasciste. Il convient de retrouver la réalité de l’ascension de Benito Mussolini, celui-ci se disait également « républicain » avant de prendre le trône pour y installer une dictature que certains historiens qualifient de « totalitaire ». L’usage d’une dialectique inscrite dans le corpus réactionnaire ne peut qu’ouvrir les vannes de l’extrême-droite. Dès lors, je crois sincèrement qu’il va falloir qu’Emmanuel Macron change de braquet, change de méthode.

Dans le même temps, je crois effectivement que son refus de débattre avec les autres candidats s’enracinent progressivement dans une « mégalomanie » de fond. Il est animé par une vocation tel le chanoine de Latran. Il porte un projet de société que sa base ne connaît pas. On peut dire que tous les doutes sont permis. De plus, il convient de souligner que le Maccarthysme ambiant se traduit sincèrement comme je peux le voir chez Volt par une droitisation de la société : Jean-Luc Mélenchon est l’extrême-gauche, mais Mitterrand (en 1981) avec un programme plus à gauche, c’est la « gauche de gouvernement ». Comprendra qui voudra. Il va falloir admettre que sans la « France Insoumise », Emmanuel Macron ne sera pas réélu. D’ores et déjà, il convient de faire comprendre aux macronistes que leur sectarisme risque de conduire l’ensemble de la France dans les mains de l’extrême-droite.

Les mesures « anti-sociales » afin de construire la « France du 21e siècle » basées sur le programme entre autres de l’extrême-droite laisse deux formes de lutte : 1/ la bataille des élections ; 2/ la bataille des idées. Dans cette dernière perspective, il convient de s’assurer de différents éléments : jamais l’extrême-droite n’avait été aussi puissante. L’approche d’Antonio Gramsci au travers de la dimension culturelle laisse présager que l’extrême-droite s’est même offert le luxe d’avoir deux partis politiques : l’un centré autour de la nation, l’autre autour de l’ethnie.

Dans cette dimension, il me faut réitérer que je suis « communiste ». Je ne lâcherai pas mes idées. Il convient de dire que les faits semblent têtus. Or, le « communisme en France » soutient nécessairement un réel progrès, là où le progrès n’avance pas. Enfin, il aurait fallu dissoudre le Front National à la racine. Les politiciens continuent progressivement de l’utiliser comme un épouvantail. À la fin, celui qui joue avec le feu finit par se brûler. Instrumentaliser l’extrême-droite, c’est légitimer l’extrême-droite.

Vers une dissolution de la GALE ?

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La GALE (Groupe Antifasciste Lyon et Environs) a reçu une notification d’une procédure engagée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. L’extrême-droite gouvernementale au travers de la « loi contre le séparatisme » a le plein pouvoir afin d’organiser toutes les dissolutions des différents collectifs qui dérangent le gouvernement et les différents ministres. Dans ce sens, le mouvement antifasciste à la demande surtout de la droite radicale est dans l’œil de la Place Beauvau.

Non à la dissolution de la GALE