Quelques notes sur le journalisme

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J’écris déjà depuis une dizaine d’années sur différentes plateformes, différents médias, différents formats afin d’informer. Dans ce sens, j’ai déjà réalisé différentes enquêtes, mais il semble que cela ne suffise pas pour un camarade qui m’expliquait de façon irrationnelle qu’il fallait une carte de presse : le sésame absolu.

La neutralité journalistique au service de la censure

Cela s’enracine également par le fait qu’il faille faire une “école de journalisme”. Dans les propos qu’ils dénoncent, il affirmait d’une façon objective que l’écriture doit être aseptisée au travers d’une forme de “neutralité journalistique”. Pourtant, l’usage des mots reste une bataille dialectique et clairement sémantique.

Dans ce sens, je ne vais rentrer dans une grande démonstration afin de sous-entendre que deux expressions signifiant la même chose, mais leurs sens en termes d’usage ne signifie pas la même chose, ni même la même connotation. L’usage d’une langue reste foncièrement politique. Dès la neutralité aboutis d’une façon conséquente d’inscrire un “droit de réserve”. En somme, les éléments de langage ouvrent le chemin vers un journalisme ancré dans le “politiquement correct”. Or, rien de tout cela n’est exigé par le “droit de la presse”. Il s’agit d’une volonté de l’extrême-droite afin de faire taire les journalistes. Étonnant non ?

On entend très souvent dire que les “journalistes” n’ont pas à être des “militants politiques”. Cette remarque me permet de souligner qu’un journal, un magazine ou même une revue se doit d’être “neutre” comme je viens de l’expliquer ci-dessus. Ce n’est pas connaître la presse, notamment la “presse d’opinion”. En effet, cette dernière a une ligne éditoriale comme chaque organe de presse, mais le fait qu’elle soit au travers d’une vision où la “presse d’opinion” est par essence militante, cela permet de voir que de grands journaux (comme l’Huma ou Le Figaro) s’inscrivent dans cette dynamique. Les journalistes de ces deux canards, ne seraient-ils que des faux “journalistes” ? Un peu de sérieux tout de même.

Lorsque je suis passé quelques mois dans le webzine Kedistan (webzine d’Opinion), cela m’a permis de me former dans le cadre d’une rédaction au travers d’un travail collectif se situant à dix mille lieux de la neutralité.

Ainsi, il semble nécessaire que durant les “différentes guerres en Syrie” ou la mise en place d’une “démocrature” en Turquie ou même encore dans le cadre des articles rédigés sur les Kurdes d’Iran, la neutralité n’aurait jamais permis la rédaction de ces articles. De ce fait, il s’agit d’une volonté de censurer les articles d’opinion. On connaît très bien l’affiliation de ce courant de pensée. Dans le cadre des trois articles cités ci-dessus, il convient de souligner que ne pas prendre une opinion, c’est choisir l’oppression de la majorité. Ainsi, dans le cadre de ces articles, le choix de dénoncer Bachar Al-Assad, Erdoğan ou même les mollahs d’Iran devenait cohérent en lien avec l’actualité. Ne pas le dénoncer, c’est se murer dans une forme de silence et d’être complice de ces dictatures. Chacun son choix, chacun sa position, mais il faudra assumer à un moment donné.

Le journalisme gonzo

La réalité reste difficile à entendre pour certains que le journalisme puisse paraître subjectif. En écrivant à la première personne, il semble objectif de voir que chez certaines personnes, cela dérange énormément. Or, le “journalisme gonzo” reste particulièrement cru et s’écrit à la première personne au travers d’un ensemble de faits, dont l’auteur se fait l’opinion. De telle sorte qu’l convient de souligner que l’on peut être d’une part journaliste et assumer pleinement son rôle subjectif. Ainsi, l’élément de l’attaque qu’il convient de sous-entendre comme “écrire comme on parle” ne tient pas vraiment la route. Il va falloir pleinement revoir la copie. Or, je crois que c’est vraiment peine perdue. La tactique revient une fois de plus à une forme de méconnaissance du sujet. Rien de rationnel là-dedans.

Quand les blogueurs se reconvertissent en journalistes

De nombreux blogueurs ou de militants se reconvertissent progressivement dans le monde digital et celui de la presse. Or, il semble nécessaire de soutenir qu’à partir d’un moment la frontière entre un blogueur et un journaliste devient très faible. L’un a la liberté réelle de trouver des éléments de langage, l’autre n’a pas de liberté puisqu’il est tenu par la loi de 1881 sur la liberté (et plus largement du droit) de la presse. Cela permet d’acquérir clairement plus de souplesse sur le format d’écriture.

Le mépris de classe tient d’une façon qui n’est pas anodine. Le pigiste reste un contractuel payé à savoir la production d’un article, d’une photographie et bien d’autres. Il s’agit d’un statut précaire. De telle sorte que de nombreuses sont les personnes à avoir un métier alimentaire la journée et sur le “temps de loisir” tout comme de “repos” de faire leur vrai métier à savoir celui de journaliste. Nul ne pourra ignorer ces informations.

Son dernier argument : tout le monde peut devenir journaliste. C’est également le cas. Toutefois, il apparaît de façon objective que sa vision par un mépris vis-à-vis de ceux qui sont nombreux réalisant des piges à droite comme à gauche en ayant un second métier pour mettre du beurre dans les épinards.

Le travail sur dans le tissu associatif

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Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence du cinquième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

La vie ne se résume guère à militer, il faut mettre du beurre dans les épinards afin de pouvoir survivre. Dans ce sens, j’ai régulièrement assumé mon parcours professionnel dans un univers associatif. Cela se résume d’une façon ou d’une autre par le fait que la “force de travail” reste la marchandise que nous vendons à l’employeur contre une indemnisation qui se nomme le “salaire”. Si la question ne se résume pas à disserter sur l’approche de la question de la marchandise, il convient d’assumer pleinement que j’ai choisi des associations de loi de 1901 afin de pouvoir choisir un moyen pour financer mes activités. Ainsi, j’ai fait le choix de parfaitement assumer ma position : ma “force de travail” devait être aux services de la collectivité.

Je sortais d’un BEP Carrières Sanitaires et Sociales que j’avais réussis comme je le montre dans le troisième volet. Cela fut pour moi certes un choix assez salvateur. J’étais dans une vision où me projeter vers un salaire digne en lien mon caractère qui diverge foncièrement de mes capacités. En effet, la question de soumission vis-à-vis de l’autorité devenait un véritable problème. Je ne supportais guère la tutelle de qui que ce soit. Le fait de redoubler une année qui ne m’aurait rien apporté comme l’a démontré ma seconde Troisième. Il me fallait de la maille, de l’oseille et du pognon. Je savais très bien que les conditions n’avaient guère été faciles. Toutefois, on me ficherait complètement la paix durant le travail que j’allais devoir faire. La “confiance n’exclut pas le contrôle” disait un certain Lénine. Ce fut d’ailleurs la dernière promotion du BEP puisque celui-ci a été transformé vers un “Bac Pro”.

Durant un stage que j’avais parfaitement réussi en opposition avec celui de la crèche de Bihorel, on m’avait proposé un emploi à temps partiel en CDI. Auparavant, j’avais enchaîné les CDD’s dans des différentes structures de chez AREFO. Mais voilà, il me fallait de la stabilité. C’était une époque où je faisais également des gardes de nuit sous forme d’astreinte. C’était vraiment compliqué de dormir d’un seul œil. Je veillais également aux différents systèmes d’alarmes ou encore au fait de surveiller la “présence” des personnes et lever le doute. Cela me permettait d’avoir une responsabilité importante.

En d’autres termes, je me retrouvais pleinement épanoui dans un “foyer pour personnes âgées” à Carrières-sur-Seine. Je travaillais dans l’entretien de surface tout comme dans la restauration collective. Certes, cela ne fait pas vraiment rêver, mais cela m’a donné une autonomie. Ce fut une époque où je croyais pleinement aux différentes valeurs liées au travail. Le travail me permettait de croire dans un meilleur avenir. J’y suis resté finalement près de quatre ans. J’en démords pas moins qu’il s’agit d’une expérience riche, gratifiante, mais aussi humaine. Contrairement à d’autres emplois humanistes, dont les cadences se retrouvent à travailler à chaîne comme dans les usines, il convient d’ajouter que ce n’était pas le cas quand bien la tâche était clairement répétitive. Je pourrai raconter différentes anecdotes, mais le “secret professionnel” m’en empêche.

Au fil du temps, j’ai remarqué que ma situation n’évoluait pas et cela devenait compliqué en lien avec la “crise économique”. Je suis vite arrivé à l’idée qu’il me fallait un deuxième job. Ce n’était guère par plaisir, mais il fallait absolument que je puisse joindre les deux bouts afin de boucler mon budget comme de nombreux habitants de ce pays. Le marasme arrivait clairement, la période était austère.

Durant un “village des associations” dans la ville dans laquelle j’habite, je suis tombé sur une association qui se nomme “2AD Yvelines”. Il s’agissait de réaliser des soins (même si je n’en connaissais pas le fondamental), du repassage, du nettoyage, etc. Qu’importe, j’ai compris sincèrement ce que veut dire courir entre deux clients. Je pensais que cela me permettrait d’accroître mon salaire. Toutefois au travers d’un “CDI à temps modulable”. Cela me permet de souligner d’une manière ou d’une autre que les différents contrats étaient déjà très souples. Les différentes mesures de flexibilisation du marché du travail s’inscrivaient dans une obsession constante à la libéralisation du pays.

Le temps était chronométré pour chaque prise en charge. C’était la course contre la montre. Je ne parle pas du faible temps que j’avais entre chaque client. J’étais assujetti aux transports en commun, à la marche ou encore au vélo. J’y suis resté près d’un an et demi. J’avais compris une chose cette fois-ci : je souhaitais un poste stable dans un seul lieu au lieu de cavaler. Je devenais épuisé par la tâche dans des “beaux métiers”, mais si mal payé. Mais j’entendais drastiquement une chanson de la part des “boomers” : la jeunesse ne veut plus de métiers pénibles, car elle est fainéante ou bien qu’elle ne veut pas travailler. Je commençais sincèrement à douter même de mon rôle.

Au printemps 2016, je pris la décision importante d’enclencher un processus de changement de métier afin de devenir aide-soignant. Je fis le dossier inscription puisqu’à l’époque, il y avait une sélection afin d’établir un tri aux candidats. La raison pour laquelle j’avais choisi cette nouvelle voie résidait clairement dans le fait de quitter deux jobs pour un emploi stable dans une structure. Le concours se passa parfaitement bien. J’avais travaillé un minimum mon sujet au travers de livres divers et variés. Je fus admis au concours avec une note de 19,50/20 et un classement sur tout l’APHP de 30. Certains me poseront la question suivante : pourquoi avoir choisi l’assistance publique que d’autres lieux ? J’avais l’expérience en oral de mon petit-frère et du fait qu’il était plus facile de trouver des “vacations” après y avoir travaillé. Si le diplôme était national, il en sortait pas moins que les stages permettaient réellement d’entrer dans le “vrai monde des soins”.

Après avoir eu la note sur le tableau, j’eus ressenti beaucoup de satisfaction. Je pensais que les conditions de travail allaient être meilleures. On dit souvent que l’herbe est plus verte ailleurs. Je voulais évoluer, m’adapter et voir la réalité d’un autre métier, mais dans une branche similaire : les soins et l’aide à la personne.

À l’été 2016, je me fis une douleur très importante dans mon mal de dos. Je ne pouvais plus bouger. La réalité résidait dans le fait qu’au travers de mes deux emplois, l’ergonomie n’était clairement pas appliquée. Je travaillais dans de mauvaises postures. La sanction fut irrémédiable. J’eus près d’un mois et demi afin de reprendre le travail. On me demanda de démissionner chez 2AD Yvelines et je fis la même chose chez AREFO. Il s’agissait d’une page pour ma part qui se refermait. J’étais maintenant à l’IFAS Saint-Louis.

J’entrais dans les premiers jours terminant un cycle de crise, je commençais une nouvelle vie, un nouveau tremplin vers autre chose. Je savais que j’avais quelques connaissances dans le domaine. Il me fallu clairement que je prenne sur moi. En effet, les Elèves Aide-Soignant (EAS) n’étaient pas rémunérés contrairement aux Elèves en Soins Infirmiers (ESI).

Un petit coca au Verre Taquin près de l’Hôpital Saint-Louis à Paris avec le DEAS entre les mains – 2018

Je voyais très bien que mon choix de transition vers une autre orientation allait être difficile. Contre vents et marées, je me suis accroché y compris dans les stages où cela ne se passa clairement pas bien au point d’être humilié comme il se le fait pour nombreux EAS (et ESI aussi). J’ai failli baisser les bras à plus d’une reprise. Nous faisions les tâches d’un soignant, nous remplacions régulièrement un soignant, mais n’avions rien. J’entends dire qu’aujourd’hui, les “mise en situation professionnelle” serait “facile”. Toutefois, j’ai subi le redoublement. Elles sont clairement ancrées dans la “théorie” des cours de l’IFAS, mais concrètement : il s’agit d’une impossibilité à les mettre en pratique.

Il fallu que j’admette à un moment donné que je devais me taire pour avoir le diplôme. C’est ce que j’ai compris et ce que j’ai dit une fois à une ESI. Je passais alors pour un tyran. Et c’est vrai que lorsqu’on n’a pas de diplôme, il faut courber l’échine. Le message clair en disait long : “quand tu seras diplômée, tu feras ce que tu voudras”. Vraiment difficile à entendre, mais c’est la réalité : pour valider un stage, il semble nécessaire d’admettre que le mieux c’est de répondre “amen” à tout y compris dans le fait de faire des fautes professionnelles ou du transfert de compétences devenues une norme selon les différents services.

Je me doutais bien que mon diplôme allât me permettre de grandir. Le jour où j’ai réussi la dernière épreuve, environ 15 minutes plus tard la Croix-Rouge m’appela pour me proposer un CDI à temps complet dans une unité protégée. Je pris la décision de le signer, car il fallait que je reprenne de là où j’en étais partie. J’avais vraiment apprécié travailler auprès des personnes âgées. Toutefois, le métier était répétitif, difficile et la chaleur devenait infernale. Toutefois, grâce au travail, j’arrivais à m’en sortir, mais il fallait admettre que le travail d’aide-soignant restait un métier difficile et très pénible en raison d’un problème systémique : Trop de patients et pas assez de soignants. Cela était vrai à la Croix-Rouge Française (CRF), mais cela est vrai aussi dans la globalité.

Me voilà désormais à la CRF dans une unité protégée. J’aime mon travail pour lequel j’avais fait de nombreuses vacations. Aujourd’hui, je suis toujours salarié de cette association. Toutefois, j’ai décidé de rendre mon tablier pour aller vers d’autres aventures. Je pense sincèrement qu’après une dizaine d’années dans le soin, il me paraît nécessaire de passer à autre chose. J’ai rendu un travail important pour la société, pour les personnes âgées et bien d’autres.

Le début d’une réflexion communiste

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Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le quatrième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

La pensée après la suite du squat s’inscrivait dans la recherche et la volonté de comprendre le monde au travers d’une notion théorique. J’écrivais à l’époque sur Révolution et Libertés. Je savais que j’avais de grosses lacunes. J’avais de pétrole, mais j’avais des idées. Or, vouloir écrire sans maîtriser les fondamentaux m’interrogeait régulièrement. J’avais commencé à écrire en 2011 (les articles ont été perdus) et certainement en 2010 sur un autre nom, dont je me souviens plus. Toutefois, le premier article était concentré autour de la consommation de viande. Une ironie, n’est-ce pas ? Autant dire que cela fait plus de 10 ans que je fais de l’écriture et de l’analyse sur l’actualité.

Comme je le terminais dans l’article sur le squat, le livre contenant des extraits choisis de Léon Trotski a été pour moi une porte ouverte sur le monde. Je n’avais que quelques livres par ci, par là. Très peu politisé en somme. Pourtant, la lecture s’avérait comme l’alpha et l’oméga afin de comprendre le monde sous un angle précis. Pourtant, une problématique s’instaurait au moment où la lecture commençait à être imprégnée dans mon monde. Quelle théorie choisir dans le marxisme choisir ? Marxisme-léninisme, maoïsme, luxemburgisme, trotskisme, stalinisme, castrisme, etc. J’avais d’ores et déjà une idée, je m’orientais vers des théories clairement révolutionnaires. Je croyais (je continue à penser également) que le capitalisme ne se renverse pas uniquement en claquant des doigts. Il fallait une stratégie révolutionnaire et rationnelle.

Entre anarchisme et communisme

Certes, j’ai pu lire des livres de personnes qui ont commis des crimes contre l’Humanité afin de mettre une “pseudo” dictature du prolétariat. Oui, l’Union Soviétique tout comme la Chine était une dictature sanglante et bureaucratique. La question d’une “démocratie réelle” afin de paraphraser tonton Marx ne pouvait s’inscrire dans le fait qu’une poignée de personnes décide pour l’ensemble du peuple. Il est vrai qu’il y a eu la “loi Gayssot” qui a permis de réprimer le négationnisme. Mais cette dernière ne prenait pas en compte les crimes du stalinisme. Il semble nécessaire de différencier le stalinisme du communisme. Le “capitalisme d’Etat” afin de paraphraser Lénine et Trotski n’était même pas dans une vision d’aller dans la transition vers le socialisme. Il est vrai qu’Hannah Arendt a fait une démonstration dans le “système totalitaire”, mais sa démonstration s’inscrit dans le fait que les “extrêmes” se rejoignent. En effet, la mise en place de théorie au travers du “socialisme dans un seul état” en disait long sur la volonté d’être contre la véritable “révolution socialiste”. Je me pensais trotskard. Mais la réalité était différente. Il m’aura fallu lire des dizaines de livres pour comprendre l’aboutissement d’un chemin intellectuel.

Entre temps, on m’a ouvert un livre d’Alexandre Skirda (récemment décédé) sur Nestor Makhno. En effet, je me renseignais de façon dont s’était construit la fin de la “grande guerre” sur le front de l’Est tout comme la prise du pouvoir par les bolchéviks et les mencheviks. La situation ukrainienne de 1917 à 1921 reste clairement influencer de cette époque. Pour la situation actuelle, j’y reviendrai dans un autre article.

La question de l’anarchisme ou d’un communisme libertaire. Le confédéralisme entaché par l’expérience étatsunienne au niveau de la guerre de Sécession s’est transformé dans une vision malsaine de cette forme d’organisation de la société. En effet, le confédéralisme de la Makhnovtchina s’inscrit pleinement dans ce qu’il peut se passer au Rojava. Toutefois, je regrette d’avoir donné ses mémoires à une ancienne amie où les parcours liés au chemin de vie nous ont séparés. Il y avait aussi la révolte de Kronstadt. Au moment où l’on faite les 150 ans de la commune de Paris, les Versaillais ne comprennent rien à rien en termes d’Histoire et essaye de la réécrire afin d’avoir un autre regard : celui des capitalistes. Je ne vais pas en venir sur la guerre civile et impérialiste qui s’est déroulé en Russie pour faire taire la Révolution Bolchévik et la mise en place progressive des “thèses d’avril“.

Dans les différents écrits communistes, il était dit que l’anarchisme restait un courant “petit-bourgeois”. La structuration d’une telle réflexion devait d’une manière ou d’une autre se baser sur quel courant anarchiste. En effet, il y avait énormément de courants anarchisants. Je pourrais citer : Bakounine, Proudhon, Stirner, Spooner, etc. Karl Marx avait rencontré ces personnages pour la plus plupart sauf Spooner qui s’inscrivait dans le courant “libertarien” et “anarchocapitaliste”. Il y en avait bien d’autres, mais l’Association Internationale du Travail avait dynamisé les grands penseurs pour refaire le monde afin de mettre en avant les convergences tout comme les divergences. Je me suis cru longtemps “anarchiste”. J’ai certaines positions anarchistes et (en même temps) certaines communistes.

Le jacobinisme

Oui, j’étais dans cette dynamique. Il m’arrivait de lire également du Robespierre, une figure honnie de la bourgeoisie pour sa volonté de créer comme Gracchus Babeuf (au travers de la société des égaux) la nouvelle République. Certes, j’étais très loin du jacobinisme comme idéologie. En effet, la centralisation s’expliquait par une rupture large avec la monarchie absolue et parlementaire. La Première République était née d’une banqueroute en lien avec la guerre d’indépendance des colons américains pour fonder ironiquement une République. La géopolitique s’inscrivait dans une vision où les guerres par interposition battaient leur plein. Le Commonwealth voulait absolument garder sa colonie. L’Histoire n’a pas retenu cette dernière. Le commonwealth était un empire qui deviendra colonial plus tard.

Je lisais attentivement ces vieux discours écrits dans un Français de l’époque. J’espérais une “grande révolution” comme du bon vieux temps. Effectivement, la Révolution française a fait tourner la guillotine de façon mécanique et à la chaîne. Le contexte l’explique par deux éléments : 1/ il s’agissait d’une guerre civile ; 2/ il s’agissait d’une guerre entre patries. Vous comprendrez, il fallait sauver la monarchie en France et en Europe. Une vision comme je l’avais développé

Je ne dirais pas que les néoconservateurs sont bloqués dans le passé au travers d’une volonté de restaurer finalement les valeurs qui ont fondé l’axe “droite-gauche”. Il y avait certainement une part de monarchie très intense. Il aura fallu des centaines d’années pour que la “droite” se républicanise. Autant dire que la “droite républicaine” reste un oxymore initialement. Aujourd’hui, cette même droite, qui s’était rangée du côté du roi, se range du côté de l’Etat policier, la fin de l’Etat de droit et l’ultralibéralisme à foison. Autant dire qu’on ne change pas une recette qui gagne. La droite en disait long sur son modèle, l’expression du Kärcher n’était qu’une volonté pour en finir avec la République et bâtir un autre modèle de société, si loin de l’idéal républicain en somme.

Puis, il y eut une deuxième République : démocratique et sociale.

Le luxemburgisme

Cependant, j’ai compris très vite que le trotskisme n’était pas une idée viable, elle ne portait vraiment pas sur une construction d’un mouvement révolutionnaire, mais uniquement sur une critique du stalinisme. L’opposition de gauche s’enracinait dans le paysage. Le trotskisme était mal vu autant à droite et à gauche. Dans le fond, le trotskisme avait une certaine notoriété. Si les écrits de Léon s’inscrivaient dans une grande remise en cause de l’histoire officielle soviétique, il s’agissait entre autres d’une forme d’intelligence, mais ses écrits étaient justement illisibles à mon regard. Puis un autre élément s’engageait dans la bataille : les scissions respectives entraînaient un éparpillement rapide des différents groupes. Autant dire que ce n’était pas pour moi. Je rêvais du communisme, mais en aucun cas la division apportait un élément de pierre afin d’abattre le capitalisme.

Lénine a d’ailleurs écrit un livre sur la maladie infantile du communisme (le communisme de gauche), il s’attaquait à Rosa Luxemburg et Antonio Gramsci. Une nouvelle porte s’ouvrit. Et ce serait un peu mon pilier théorique. La rigueur des démonstrations et la légèreté de l’écriture m’avaient convaincu. Je commençais à devenir admiratif et surtout vu une “véritable révolutionnaire”. En effet, Rosa Luxemburg défendait des idéaux qui étaient les miens : rejet du nationalisme, rejet du patriotisme, rejet de la guerre et de l’union nationale (ou union sacrée), etc. Au-delà du fait que je croie sincèrement aux textes, cela aboutit à la “Ligue Spartakiste“.

Rosa Luxemburg m’avait bercé dans les méandres d’une argumentation claire, rationnelle et précise. Nous n’étions pas dans du Lénine, du Trotski ou même du Karl Marx. Je lisais des articles, je fus littéralement passionné par la rigueur d’écriture. En effet, Rosa savait très bien que la dimension d’une telle démarche ne pouvait que conduire vers une révolution de fond. La pédagogie pour réaliser une forme de déconstruction du capitalisme se réalise au travers de ses articles, de ses essais et de ses livres. Plus tard, j’ai entrepris de m’acheter les œuvres complètes en Français afin de mieux comprendre le fond de sa pensée afin de ne pas rester dans une approche superficielle. Le luxemburgisme dans nos sociétés se traduit par une révolution, certes brutale, mais cela ne peut qu’aboutir à un renversement du capitalisme qui ne tient que par la force et la brutalité.

La question qui demeure après des années de militantisme dans les cercles dans la gauche radicale : Suis-je pour une révolution “violente” ? La violence dans nos sociétés se traduit inlassablement par une répression féroce et sauvage de la part des gouvernements au pouvoir. Le musellement de l’opposition dans la rue se réprime dans les rues, souvent sous les gazs lacrymogènes, sous les grenades, sous les canons à eau, etc. Cette dimension ne peut qu’aboutir dans les faits à prendre conscience également d’une véritable stratégie. À ce jour, je n’ai pas encore la réponse, mais il faudra la choisir rapidement afin de faire basculer vers un autre modèle où les moyens de production ne sont pas concentrés au sein de la classe dominante. Cette dernière correspond à une minorité de la population.

Le mouvement obscurantiste

Tout cela a l’air très beau sur le papier et les différents manuels de macroéconomies mettront en avant différentes formules. La lecture de mon processus a admis que je suis ancré dans une forme de défaitisme. Le Parlement représente uniquement la bourgeoisie. Il n’y a aucun ouvrier, aucune personne des classes populaires qui siège au Palais Bourbon. Les lois répressives et sécuritaires sont votées les unes après les autres avec l’aval des personnes antivaxs et antipass. Une réalité peut être brute comme cela, mais la cohérence réside ainsi.

Les lois sécuritaires ne sont pas faites pour protéger la “patrie” contre “l’insécurité” ou le “terrorisme”, mais pour protéger les détenteurs de titres liés à la propriété privée en tout genre. Ces gens-là ne sont pas à une incohérence près. Il me semble également nécessaire de mettre en avant que les idées d’une “révolution blanquiste” se targue de n’être qu’une “théorie révolutionnaire”. En effet, les masses doivent plancher sur le soutien d’une révolution violente dans ce contexte. Dans le pire des cas, nous revenons sur les pieds de la “ligue spartakiste”. Mais la commune de Berlin a cédé sous le pas des sociaux-démocrates et des nationalistes en termes du rapport de force.

Aujourd’hui, elle déborde et je ne sais pas où mettre tous les livres tellement il y en a. C’est peut-être abstrait, mais c’est une des raisons pour lesquelles j’avais acheté une liseuse pour avoir des livres numériques. Cela faisait certainement de moi un “idiot utile” sur des objets non-nécessaire. Si la liseuse était un investissement, il ne ferait guère de doutes qu’elle me permet de gagner de la place. Un objet inutile en apparence, mais tellement pratique également pour les différents travaux afin de citer les différents passages pour les articles tout comme pour le livre.

L’expérience de l’Université

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Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le troisième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

J’étais en capacité en droit. Oui, j’avais par le passé étudié afin de faire du droit. J’aime le droit et l’analyse des articles de loi. Il y eut une autre problématique. J’avais réussi mon premier semestre, mais le second semestre s’inscrivait dans un véritable échec. Je ne comprenais pas la cohérence du “droit administratif”. Puis l’apprentissage dû “par cœur” me rappelait le “bourrage de crâne” que j’avais réalisé lorsque j’étais au lycée (en internat) pour me former à un métier qui ne connaîtrait jamais la pénurie : aide à domicile. J’avais vraiment tout fait comme il le fallait, mais j’étais à la base une personne scientifique. Nous apprenions les raisonnements et les démonstrations allaient d’elle-même. Or, le droit s’inscrivait autrement : on apprenait les articles de lois, les jurisprudences, les doctrines comme des robots. Ce n’était pas pour moi. J’avais essayé, j’avais échoué. Les études n’ont jamais été mon fort.

Aurais-je voulu retenter l’université dans sa forme classique ? Je pense que non. Je n’ai pas plus voulu redoubler une nouvelle fois. En effet, j’étais certes sérieux, mais ce n’était pas la manière, dont j’aimais faire des études. Je n’aime pas les études, je trouve cela barbant. Il semble clair et réaliste que le fait de se faire atomiser la tête pour avoir des résultats qui résultaient d’un mode surréaliste. Les études ne sont guère des lieux d’apprentissage quand bien même certains professeurs sont doués et passionnés par leur métier, mais des endroits d’abrutissement généralisé. Certes, les formations professionnelles diplômants doivent nécessiter de l’apprentissage des techniques afin d’apprendre le métier dans ses grandes lignes, puis vient de la spécialisation. Pourtant, je vois que l’aspect méritocratique dans ce pays est lié au niveau d’étude (ce qui ne reflète pas l’intelligence), le métier tout comme le salaire. Il existe un récit du self-made-man (ou woman) démontrant d’une façon ou d’une autre que l’on peut réussir à partir de rien. Ce récit à la qualité de démontrer une nouvelle fois que ce n’est pas l’École de la République (si fondamentale en opposition aux écoles confessionnelles gavées à l’argent public) qui a permis d’arriver au niveau que je suis.

Je critique les écoles confessionnelles pour deux raisons : l’une, il s’agit d’une imposition à l’enfant de choix, dont il n’est pas en mesure de raisonner là-dessus, notamment en primaire ; l’autre, j’ai fait mon primaire, mon collège dans le privé catholique (et une année volontaire dans le privé catholique en internat) et j’en sors avec une expérience très amère. En effet, quand j’étais jeune adolescent : je ne supportais pas du tout ces éléments paradoxaux qu’il y avait. Les fondamentaux comme le Français, dont il faut que je revienne dessus ne m’ont guère aidé.

Il faut que je revienne longuement sur une histoire, dont on m’a sali et les conséquences ont été désastreuses à ce moment-là. Oui, mon collège dans le privé catholique n’a pas été une grande gloire. Je ne peux en vouloir à mes parents, ils ont cru bien faire en pensant que le privé était mieux que le public. Il s’agissait de me donner une meilleure éducation possible. En effet, le public jouit d’une mauvaise réputation auprès des classes moyennes. Il existe une certaine volonté de reproduire les classes en investissant sur ces dernières. Pourtant, l’école n’était déjà pas faite pour moi.

Je me souviens également que la pression d’avoir été harcelé par des personnes de différentes classes du même niveau. Il s’est passé près de deux an dans lesquels ni les professeurs, ni les surveillants n’y ont prêté attention. Une démonstration se faisait que je n’avais aucun soutien du corps éducatif. Aujourd’hui, je vois très bien que les écoles privées sont des “machines à cash”. En effet, s’il y avait le format d’une association, elle n’était qu’une entreprise où le service y était délégué. Autrement dit, l’intérêt s’inscrivait à fournir de l’argent afin d’accroître la trésorerie. Cela permettait d’agrandir sans cesse “l’institut”. Il n’y a pas d’argent dans le public, mais le privé y déborde. Le néolibéralisme sabote l’école Républicaine.

Et pendant ce temps-là, j’étais devenu marginal, on se moquait de moi. Il fallait que je trouve un moyen de purger cet esprit négatif, j’y avais trouvé un recours au travers d’Internet. La fuite s’inscrivait au travers d’un début d’addiction aux jeux vidéo. C’était mon seul espace où j’étais dans une position “safe”. Je jouais trop, c’était évident. Mais que faire, lorsqu’on est un adolescent. Le pire dans tout cela, il y avait un élève qui nous harcelait, certainement avec des problèmes mentaux et/ou psychiques. Il venait sans cesse nous traquer dans la cour. Mais la “bête noire” dans l’œil du viseur de l’école catholique n’était pas sur cet individu, mais sur les miens. J’ai reçu un avertissement, comme dit-on dans le jargon. C’était un bout de papier, mais cela reflétait très bien l’ambiance : la victime était l’accusée. Il faudrait un livre pour que j’explique ce que j’ai enduré.

Du haut de mes 15 – 16 ans, je voyais déjà l’école comme un lieu de privation de liberté. J’étais d’extrême-gauche sans le savoir. Nous y entrons pour apprendre et nous en sortons formatés. Mais l’histoire aurait pu s’arrêter là. Pourtant, j’ai subi un “conseil de discipline” humiliant par l’hypocrisie des professeurs sauf un. À l’époque, je faisais du blog sur la plateforme “Skyrock” comme les jeunes de mon âge sous le pseudo “pierre526”. Comment avait-il fait pour retrouver le blog parmi des centaines de milliers ? Bonne question. Normalement, au sein d’un débat contradictoire avec une rigueur scientifique, on expose la méthodologie pour arriver à trouver une aiguille dans une botte de foin. Ils ont argumenté que c’était le fruit du hasard comme lorsque Thérèse avait vu la vierge Marie. C’était indémontrable, mais surtout, cela ne se basait sur rien. Ce n’était pas un hasard si l’aspect rationnel n’était pas leur fort. Sauf argumentation dans leur sens, ils n’ont pas voulu expliquer le point de départ. Déjà, cela en disait long de leur volonté d’être dans l’opacité. En effet, il faut voir le “conseil de discipline” se résumait à n’être que l’endroit où les “autoproclamés juges” font respecter le règlement en l’analysant. Si tous les éléments et les méthodes n’étaient pas sur la table alors les dés étaient pipés. Il s’agissait de réduire les moyens de défense tout en augmentant la charge de la preuve. Or, c’était à eux de démontrer au travers d’un réquisitoire d’énoncer les faits qui m’ont été reprochés tous comme l’intérêt des pièces du dossier. Rien n’a été fait, ils n’ont rien démontré du tout. Autant dire que nous marchions sur la tête.

Autant dire qu’avec du recul, ce conseil de discipline n’a servi à rien. Il s’agissait d’un enrobage destiné à donner “bonne conscience” à ces personnes qui désormais seront toujours des adversaires politiques. En effet, la méthodologie d’un conseil de discipline doit être clairement impartiale. Ils prennent des décisions sur des éléments. Mais peut-on être “juge” et “procureur” ? La sanction visée intervenait au bout d’une démonstration rigoureuse. Toutefois, il n’y avait rien de sérieux, il s’agit d’une simple réunion formelle comme une réunion d’information. Cela rendait le caractère obligatoire, mais c’était un peu comme les réunions publiques, ça ne servait à rien, mais cela faisait bonne figure dessus. Autrement dit, il y avait une forme de partialité. Cela montrait très bien où voulait en venir ceux qui se réclament de la “démocratie chrétienne” tout droit vers “révolution conservatrice” aboutissant sur le totalitarisme.

De ce fait, il ne s’agissait pas d’un débat contradictoire entre deux parties avec des personnes indépendantes. Non, il s’agissait d’un conseil. Or, un conseil comme dans l’armée rend des jugements expéditifs, un conseil de discipline dans le privé catholique (et j’imagine que dans les autres écoles privées confessionnelles ou non), c’est la même chose. Ainsi, ils ont épluché page par page, article par article. La Stasi religieuse voulait faire un exemple d’un de leurs élèves qui n’entraient pas dans leurs clous. Peut-être qu’il voulait des élèves cloués comme le fût Jésus ? À vrai dire, il n’y avait aucune pédagogie. La politique du “fusillé pour l’exemple” s’inscrivait typiquement dans une logique du “sabre et du goupillon” pour reprendre l’expression de Karl Marx. Il s’agissait de créer une peur de fond chez les autres élèves afin de leur démontrer qu’ils étaient surveillés même dans leurs vies externes. À aucun moment, une justification de soutenir un tel événement hors de l’institut n’était valable. Il aurait fallu refuser le conseil de discipline. Peut-être qu’il était obligatoire d’après le règlement de l’école, mais les raisons n’étaient pas citées. 

Un véritable danger guettait tous les autres élèves : celui de voir leur vie épluchée par des petits chefaillons pour les mettre à la porte. Georges Orwell utilisait comme expression dans 1984 : “Big Brother Is Watching You”. Nous étions de même avec des fanatiques tant dans les professeurs que dans les surveillants. D’ailleurs, si la Principale n’était pas présente, l’un des incriminés à savoir le pion était présent. Il s’agit d’un véritable paradoxe. Structurellement, la forme du conseil de discipline s’enracinait dans le “n’importe quoi”.

Dès lors, le conseil de discipline ne permettait pas d’une façon ou d’une autre que je réalise une défense claire et rationnelle. Les éléments avaient été fondés afin de créer une parodie tels les procès de Moscou. Mais là, c’était la grande purge de “Sainte-Thérèse”. L’association qui gérait l’Institut pouvait certes se donner comme patron une “illuminée”, c’est-à-dire une Sainte qui avait vu une personne des cieux. Toutefois, on n’oubliera pas que cela avait été auparavant un couvant et un internat. Cependant le capitalisme passant par-là. Ce fut surtout un institut qui grandissait avec des professeurs ayant des discours clairement séparatistes. Mais on ne pouvait pas prononcer ces mots-là à cette époque, je n’avais pas la même connaissance politique qu’aujourd’hui.

La Principale n’était pas présente, il faut dire que je n’étais pas vraiment très doux dans mes propos. Il y eut aussi une plainte déposée au commissariat de Police pour diffamation. Bref, la machine à expulser et faire du nettoyage était bien là. On assistait au moment où j’avais été convoqué à des purges (Vis-à-vis d’autres amis sous le même mécanisme : la terreur brune) sous fond de faux prétextes. Il voulait que je fasse une lettre d’excuse, c’est-à-dire que je me soumette totalement. Il est vrai que je me suis excusé, si c’était à refaire : je ne le referai pas et j’irai envoyer cette “bande de cul-bénis” de là où ils viennent. Durant le conseil de discipline, la plus grande hypocrite fut Mme P. Il représentait les parents d’élèves. Elle mentait comme on respire. Cette personne à la fois hypocrite et insolente en disait long. Tout ce qu’elle disait n’était qu’un tissu de “mensonges”, comme la surveillance de tous ses enfants chaque fois qu’ils allaient sur Internet. Elle a humilié mes parents qui eux n’avaient rien à voir dans cette histoire. À 15 ou 16 ans, nous avons très bien une autonomie. Bref, un jour, j’aurai des comptes à régler avec cette dernière. Le temps passe, les blessures restent. Je ne doute pas d’un seul instant qu’elle ne travaillait pas en “douce” pour l’école. Sa vision n’était pas Thatchérienne, mais de nos jours : ce serait une petite soldate d’Éric Zemmour. Bref, le conseil de discipline fut le “bal des hypocrites”. J’ai été viré manu militari. Si j’avais fait du droit, j’avouerais que je serai allé devant un tribunal administratif. Après tout, les écoles confessionnelles sous contrat étaient des écoles sous délégation du service public. Je crois que nous n’aurions pas dû nous laisser faire. Le certificat de radiation définitive en disait long. C’était tendu à la maison. Il y avait des raisons.

Le pire dans tous cela, le collège organisa le lendemain de ma radiation une journée de prévention à Internet. S’il ne citait pas mon nom et mon prénom, ils y faisaient référence. La diffamation battait son plein. Une fois de plus, ma famille a été humiliée par les “hypocrites”, les “menteurs” et les “charlatans”. De règlement en règlement de comptes, cela ne leur avait pas suffi pour me mettre à la porte, ils en jouaient d’une certaine notoriété. Il fallait effrayer les “brebis” et les mettre dans le droit chemin. La principale était présente. L’école ce n’est pas la guerre de tous contre tous, mais un lieu d’apprentissage où chacun commet des erreurs. Le privé ce n’est pas l’école publique, c’est l’école de l’élite.

Entre temps, je changeai de collège pour le public. Une grande révélation s’offrit à moi. Une nouvelle vie commençait au sein d’un bâtiment où l’éducation était républicaine et non fait de “culs-bénis”. J’entrai dans une classe en cours d’années, ce fut très difficile au début. Nous étions dans l’année du mouvement social contre le CPE. Il faut dire que Mme P. a voulu des conseils de discipline contre ceux qui organisait les blocages du collège. Autant dire, ce n’était plus un parent d’élèves, mais bien un circuit rôdé au sein de l’établissement. Elle soutenait la ligne extrême-droitière de Sarkozy certainement avec le fait de nettoyer au karcher les mauvaises ondes (peut-être à l’aide des Bovis). Qu’importe, l’ordre religieux devait régner sous cet établissement gavé à l’argent public comme des milliers d’autres. Le vrai séparatisme est là !

Toutefois, quelques semaines plus tard, un gros pétard explosa sur l’une des portes. Bien évidemment, les mêmes qui voient dans les pétards, des tirs de mortiers ; ce furent les mêmes qui prétextaient à ce qu’un pétard était une bombe. Un article avait été rédigé dans le Parisien certainement anecdotique. Tout le monde s’en foutait. Pourtant, le “proc” n’était pas du même avis. Imaginez : une bombe sur un collège juif ou musulman ? Il s’agirait d’une affaire ! Tout était déformé, mais au nom de l’égalité vis-à-vis des autres établissements confession, une enquête de la SRPJ de Versailles fut diligentée une enquête de la SRPJ de Versailles fut diligentée.

Dans les différentes questions basiques que les condés ont posées au niveau des personnes qui pouvaient en vouloir à l’Institut : mon nom sortit du chapeau. J’avais été humilié à deux reprises, mais l’Institut voulait me voir briser jusqu’au bout. Il s’agissait d’un véritable harcèlement comme ce que j’ai subi pendant des années et qu’ils n’ont rien fait. J’ai été reconvoqué au commissariat de Houilles par les Officiers de Police Judiciaire. On m’indiquait les risques encourus. Mais j’étais innocent dans cette affaire. Après avoir discuté un peu, une perquisition du domicile familial : une humiliation de plus. Ils sont même allés jusqu’à confisquer temporairement l’ordinateur de mon père. Pour quelles raisons ? Il n’avait pas de preuves, rien à se mettre sous la dent. Bien sûr, cela est retombé sur moi. Au bout de 30 minutes à 1 heure, nous sommes repartis. On m’a indiqué que j’allais faire une garde à vue. À 16 ans, c’était complexe, mais le code procédure pénal était fait de cette façon-là. J’étais le “bouc-émissaire”. On me proposa un avocat commis d’office. Je refusais : je n’avais rien à cacher. Je subis comme de nombreuses personnes : la fouille à nue et on m’enferma dans une cellule pendant des heures et des heures. Le temps passa très vite. Imaginez la sensation à 16 ans. L’humiliation atteignait son paroxysme. Qu’importe, je n’avais rien lâché vis-à-vis des condés. Dans l’interrogatoire, la démonstration assez complexe que je développais : prouver que je dormais. Assez absurde, mais on perdait tous notre temps : flics et juges avaient certainement d’autres affaires à se mettre sous la dent. Ma garde à vue aurait pu durer près de 24h00. Je risquais lourd, car je n’avais pas d’alibi comme les condés le disent dans le jargon et je ne pouvais pas le démontrer. Les “culs-bénis” m’avaient tendu un véritable traquenard.

Finalement, j’ai pu démontrer quelque chose de cohérent : la nuit, je dormais et je n’avais rien entendu. L’histoire s’est essoufflée. Mais les conséquences sont toujours là.

Faisons un saut dans le futur, on ne parlera pas de ce qu’il s’est passé au lycée public. J’avais pris une filière technique, mais peut-être pas la bonne. J’aimais la science, je ne pouvais douter, mais laquelle ? Les sciences de l’ingénieur m’ont vraiment formaté le cerveau tout comme le baccalauréat scientifique que j’ai lamentablement échoué. Un échec aurait pu se transformer en réussite en remontant au créneau. Mais voilà, les années de lycée m’avaient usé. Je n’aimais pas l’enseignement où étaient formatés de nombreux lycéens. J’eus une solution à partir de ce moment-là. J’étais clairement tombé dans l’addiction aux écrans, dont l’ordinateur portable.

Une solution s’offrit à moi : rejoindre un internat, mais comme le public était saturé, je dus choisir l’option d’un privé encore une fois chez les “culs-bénis”. Je pris le bon vieux BEP CSS en un an. Ce fut difficile, je dus me taire, mais j’eus mon BEP avec une bonne note. Je trouvais un travail en temps partiel en tant qu’employé de collectivité puis un autre travail en tant qu’aide de vie. Au bout d’un moment, j’ai compris que le baccalauréat s’il ne servait à rien n’était qu’une porte pour ouvrir d’autres portes. Je décidais à partir de ce moment de m’orienter vers une capacité en droit, un diplôme universitaire en deux ans en cours du soir. Le droit n’était pas mon orientation, mais cela m’a fait grandir, notamment dans la manière d’argumenter. J’ai compris que le droit, c’était la politique et la politique, c’était le droit. À cette époque, nous étions dans le débat au Parlement de la “Loi Taubira” sur le “mariage pour tous”. Les homophobes battaient les rues au travers de slogan nauséabond. Qu’importe, j’ai compris qu’il fallait se pencher un minimum sur le droit et que la politique n’était pas seulement de la théorie. J’ai raté ma première année de capacité en droit. Mais les connaissances que j’avais emmagasinées m’ont ouvert sur le monde. Certes, je ne serai jamais un avocat, mais la méthodologie d’argumentation en disait long.

Puis il fut des années où je me cultivais, mais malheureusement le diplôme de niveau 5 ne se passe pas sur la culture générale, mais sur une lobotomie du cerveau en matière de connaissance.

Au bout de quatre années à cavaler entre chaque client pour réaliser des toilettes, du repassage (dont des foutues chemises avec des plis) ou à nettoyer les sols, faire de la restauration collective et les différentes tâches administratives. Avoir deux emplois comme le font les Allemands pour survivre n’était pas une vie. Je voulais au contraire trouver une forme de stabilité. J’ai effectué des recherches pour passer le diplôme d’Aide-soignant. Je trouvais qu’il était adapté par rapport à mes besoins de me poser. Finis le fait de courir entre deux endroits pour gagner le salaire minimum. J’ai décidé de faire la démarche pour m’inscrire au concours. J’avais travaillé un peu, mais le résultat était que j’étais arrivé trentième. Un score vraiment pas mal. Cela me redonnait confiance en moi. J’étais un peu arrivé comme un touriste en travaillant juste l’orale. Il ne fait guère de doute que le plus dur allait être devant moi. En effet, il fallait se plier devant les formateurs et dans les stages, il fallait se soumettre partout. Le paramédical (tout comme le médicale) s’inscrivait dans le fait de broyer les élèves afin de leur dégoûter au plus profond du métier. Se taire ou partir, tel est la vision dans le paramédical. Puis, il y a une injustice criante : les élèves aide-soignant ont deux mises en Situation Professionnelle alors que les infirmiers n’en ont aucune. Bref, j’ai dû passer trois fois le module 3. J’étais aide-soignant. Je suis parti au bout de cinq années après mon diplôme : écœuré, dégoûté et déçu.

Plus de huit ans après, j’ai décidé après repasser le baccalauréat afin de montrer que je pouvais repasser des épreuves. J’ai effectivement réussi à passer les épreuves malgré la maladie psychique toujours pas régulée. Ce fut éprouvant. Mais j’étais en mesure de passer des épreuves. Il ne fait guère de doute que la méthode de créer un “examen unique” ou des partiels n’était pas mon mode de fonctionnement. J’avais besoin de respirer et non de réapprendre par cœur des formules et des démonstrations. Il ne fait guère de doutes que ce n’est pas ma méthode pour apprendre. Je ne suis pas conformiste. J’ai ma méthodologie pour apprendre. Concrètement, je suis très anarchiste finalement, même si j’ai beau avoir une bibliothèque remplie de livre communiste, mais la démonstration s’avère être celle-là.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais en 2019, j’ai commencé l’écriture d’un livre. En même temps, j’étais dans une église évangélique. Je ne critiquerai pas ce qu’elle m’a apporté en termes de connaissances. Avec la personne, chez qui nous faisions l’étude biblique et le pain quotidien (dont je reviendrai certainement plus tard là-dessus), nous allions à la Bibliothèque de Nanterre. Oui, j’avais des problèmes liés à l’alcool et aux drogues, j’étais pris dans une spirale infernale. Lorsque j’étais en descente, j’effectuais des recherches sur le livre que j’écrivais. Il fallait que je disse que je dise malgré l’embrigadement dans le mysticisme.

Finalement, l’expérience m’a appris que j’étais hors du cadre institutionnel. J’ai une approche clairement autodidacte. J’ai compris qu’en effectuant des recherches critiques à l’université de façon libre et sans rendre de mémoire, cela s’articulait autour d’une méthodologie. Récemment, j’ai fait un bilan de compétence avec une personne afin de savoir ce que je voulais faire. J’apprenais moi-même à mon rythme. Maintenant, l’avenir reste à construire.

Le temps du squat

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Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le deuxième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

J’étais partie avec mon “sac à dos dans le dos” comme je le soulignais dans le premier article. J’allais vers un monde inconnu. En effet, je sortais de ma “zone de confort” afin d’avoir mon “autonomie”. Le chemin fut particulièrement compliqué. Or, la solution s’enracinait d’aller dans un logement “ni droit, ni titre”. Dans le même temps, je continuais à travailler dans le foyer pour personnes âgées. Il fallait bien que je puisse survivre avec mon maigre salaire. L’image donnée du squatteur n’était pas celle qui est véhiculée dans les médias traditionnels. Nous étions des personnes comme monsieur et madame tout le monde.

Nous étions comme dans la chanson des Berurier Noir, ainsi squattent-ils ! Au départ, les premières nuits, nous faisions des pâtes cuites dans la cheminée. Tout indique que les premières nuits furent difficiles. Puis il a fallu organiser des veillées la nuit. Une journée où nous étions parties : le propriétaire enleva les fenêtres afin de nous faire déguerpir rapidement avec l’aide d’un des voisins. Plus tard, le voisin est venu nous dire qu’une équipe de “barbouzes” allaient venir nous dégager manu militari. La peur envahissait notre vision, les milices d’extrême-droite et autre de propriétaire ne faisaient pas dans la dentelle. Nous nous sommes barricadés une nuit, mais ce fût du bluff comme dans un jeu de poker menteur. Rien ne se passa. Nous avons récupéré nos fenêtres et l’histoire d’un lieu de vie ne pouvait que commencer.

Il apparaissait qu’il était bien glauque au fond de la rue Sadi Carnot à Bagnolet. Déjà trois squats habillaient le quartier afin de lui redonner un goût populaire. Avec des compagnons de lutte que je ne nommerai pas “camarade” pour la plupart, nous sommes rentrés dans un bar inoccupé depuis des années. Il était foncièrement insalubre. Il aurait fallu faire de “grands travaux” à l’intérieur. Il fallait faire des choix afin de redonner vie à ce bar et ancien restaurant. Oui, il fallait charbonner pour laisser entrer la lumière. Les cloisons artificielles pour rendre le lieu inhospitalier ont dû être abattues. Mais il y avait des voisins foncièrement mauvais. Ils payaient leurs loyers et se croyaient les maîtres des lieux. Ces derniers appelèrent la “Police”. En tant que squatter, nous risquions gros : l’expulsion sauvage.

L’huissier et le propriétaire ne connaissaient pas vraiment les procédures en matière d’expulsion de locataire ou encore d’occupant “sans droit, ni titre”. Il ordonna à certaines personnes de partir. Et voilà, un constat d’huissier fait n’importe comment. Il aurait dû saisir la justice afin d’avoir un constat en “bonne et due forme”. Qu’importe, cela était du folklore. Il savait très bien que nous ne partirions pas jusqu’à ce que la procédure soit réellement enclenchée.

Ismaël, un gourou qui s’inscrivait particulièrement dans le cadre de la “tribu K” de Kemi Seba, voulait avoir le leadership dans cet endroit. En parlant de cette vision, il voulait faire un lieu à son image, à son idéologie, mais surtout à ses délires aigus concernant le “peuple peuhle“. La nostalgie de la construction d’une identité en disait long. Connaître ses racines, son origine, ses biens, cela a de l’importance, mais en faire un argument comme “mode de vie”, cela ne passait vraiment pas pour ma part. Je trouvais ses discours dangereux ethno-différentialiste et clairement antisémite sur la plupart des cas. Peut-être que c’était une des raisons pour lesquels, ses congénères regardaient régulièrement du Alain Soral toute la journée au nom de l’instruction. Cela se résumait concrètement à un abrutissement du cerveau par des théories dangereuses au nom du fait que toutes ces dernières se valaient. Le “socialisme des idiots” avait frappé.

Il s’inscrivait dans une ligne écologiste clairement bohémienne. L’économie de l’eau reste certes un enjeu fondamental pour la planète. Il faut économiser les énergies. Il avait mis des drôles de mousseurs. Cela ne servait foncièrement à rien du tout. Mais l’écologie individualiste à la sauce colibri diffusait cette vision que les petits gestes de chacun font les grandes révolutions écologistes de demain. Puis un jour : une engueulade sévère éclata dans ce lieu collectivisé. Il décida de repartir dans sa collocation. Depuis, plus de nouvelles et ce n’était pas plus mal.

Un autre congénère : Frédéric que je devrai plutôt appeler un “dégénéré”, patriote dans l’âme comme l’extrême-droite se voulait être un “grand résistant”. Il ne savait ni lire, ni écrire. Aucun jugement de ma part. Toutefois, il savait très bien utiliser un ordinateur. Mais il répétait à longueur de journées le fait d’être bloqué par la lecture. Une réelle hypocrisie en somme. Il se servait de cela pour ne rien faire. Il était fier d’être allé en Espagne avec son drapeau “Bleu, Blanc, Rouge”. On comprendra qu’il était un “patriote” comme certains courants nauséabonds. Il avait inscrit l’article 35 de la seconde Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793. Il faut souligner la date, car il y a eu deux déclarations différentes. Il se vantait d’avoir été filmé par … Russia Today : une chaîne du Kremlin pour ne pas dire d’extrême-droite. Il se disait ancien parachutiste de l’armée. Peut-être que le fait que ses idées venant du roman national avaient été le symbole de ce passage hypothétique dans l’armée. Pourtant, tout cela n’était qu’une invention de sa part. Il vivait du RSA (loin sans faute, il ne s’agit pas d’une critique.), mais son égoïsme en lien avec son “mode de vie” en disait long.

Il était dans la “résistance”, mais ne savait pas vraiment contre quoi, contre qui. Il luttait contre le “système”. Il écoutait du “rap conscient” pour reprendre les termes à la mode. Ils le mettaient à fond et en boucle comme un disque rayé. Cela faisait un barouf pas possible en lien avec les enceintes et un caisson de basse. Pourtant, ce valeureux résistant n’était finalement qu’un pion dans ce qu’ils appelaient la “matrice”. À aucun moment, il n’était question de poser un mot dessus : le capitalisme. Étonnant non ?

Un jour, un “after”, comme on l’appelle dans le milieu de la nuit, s’était déroulée dans un squat à la “clinique des arts BIS”. J’avais fait la java toute la nuit. Mais, au nom des valeurs de fournir de l’argent matériel dans la caisse collective, j’ai pris sur moi malgré mes deux heures de sommeil pour aller vendre des sandwichs. Rien, d’extraordinaire en somme. Il devait avoir une logique liée à la sécurité de l’entrée. Frédéric a voulu faire le mariolle. Il ne comprenait en rien le concept de “propriété privée”. Oui, même chez les squatters : la propriété privée avait aussi un sens. Ainsi, il s’est assis au milieu de l’aller en pensant qu’il était chez lui partout. Doux rêveur en somme. Mais l’utilisation de la propriété privée ne pouvait être accordée à tous. Il n’était pas chez lui, pas dans son squat. Le ton est monté entre le responsable du squat et lui. Dommage, c’était de l’argent qui partait en fumée. Il était foncièrement individualiste, mais le rejetait sur les autres. Avec la fatigue qui montait progressivement, j’accumulais l’argent, le business fonctionnait très bien. L’argent ne tombe pas du ciel. Il s’agit du “temps libre” que l’on donne pour vendre sa capacité pour gagner son gagne-pain vis-à-vis de son patron. Nous avions acquis une petite fortune pour nous, fruit d’un dur labeur. Je proposais à partir de ce moment-là de mettre dans le “pot commun”. L’égoïste et l’inculte m’accusa d’égoïsme. Ironie non ? L’égoïsme pour ce réactionnaire fut de collectiviser l’argent et le partage, c’était de privatiser les ressources. Bref, c’était la démonstration ultime qu’il était un valeureux soldat du capitalisme et plus précisément du néolibéralisme. Fou de colère face à une situation, je décidais de collectiviser ce que j’avais acquis.

Dans le même temps, je décidais de faire la manche afin d’avoir un peu plus de sous, mais aussi de ramener pour le squat. Pendant que certains vivaient comme des rois, d’autres charbonnaient. Oui, ce fut une expérience difficile, mais il a fallu mettre son ego de son côté. Les sommes n’étaient pas mirobolantes. Mais cela permettait d’une façon ou d’une autre de mettre du “beurre dans les épinards”.

Je voyais aussi la question de l’usage de la drogue dure (combien même, elles le sont toutes). Je craignais de tomber là-dedans. Je restais à l’écart et je voyais très bien que malgré l’aspect convivial, les personnes accrochaient très rapidement certains produits, dont les opiacés. Je me rends bien compte qu’il s’agissait d’un traquenard. Certes, j’étais dans le cannabis. Je fumais beaucoup trop toujours dans un aspect récréatif. Peut-être que cette consommation m’a évité de tomber trop tôt dans les maladies psychiques.

Puis, il y eut aussi Mickaël, un ami dans mon militantisme. Un parcours de vie qui en disait long avec une richesse incroyable et également une intelligence débordante. Il était spécialisé dans l’administration réseau. Il était aussi très fortement doué dans l’électricité. Je crois que sans lui : pas d’électricité et encore moins l’accès à l’eau. Le seul bémol résidait dans le fait que nous n’avions pas d’eau chaude. Mais grâce à lui, le squat pouvait fonctionner comme une habitation normale. Je ne remercierai jamais d’avoir rencontré une personne brillante. Nous étions devenus amis et pas de simple colocataire sous un même toit.

Nous étions proches de l’un et de l’autre, nous faisions la manche ensemble à Nation. Cela agaçait les commerçants de voir des pauvres près de leur business. Il faut dire que la petite-bourgeoisie entend prospérer, mais ne souhaite pas voir la réalité de la situation économique. François Hollande était peut-être passé, mais les signaux économiques étaient déjà présents : la crise n’allait pas disparaître d’un coup de baguette magique. Il fallait montrer une “place propre”. Voilà la gentrification qui vient.

Très vite, il a fallu baptiser le nom du squat, nous avions décidé de le nommer le M5R. Une idée originale qui était venue de Bemba Gueye Lindor. En effet, si j’ai beaucoup de critiques à faire vis-à-vis de lui, notamment dans le fait qu’il nous a endoctriné afin que notre mouvement reprenne les tactiques liées entre autres par l’organisation terroriste : Action Directe ou de la Bande à Baader. Oui, il nous a poussés à commettre des attentats terroristes. Une ignominie quand c’est que la doctrine blanquiste ne fonctionne pas. Puis lorsque l’on gratte plus profondément, on s’aperçoit que le modèle de “Jean-Marc Rouillan” brise des familles et ne fait guère avancer le chemin pour abolir le capitalisme. Autant dire qu’après du recul, la stratégie de Bemba était clairement dangereuse. Il nous manipulait pour que nous enlevions la vie à des personnes qui n’ont rien demandé. Oui, il y a tout de même une accusation fondée. Je reviendrai plus tard, mais j’ai pu acquérir des livres rares sur ce sujet quelques années.

Dans le même temps, j’écrivais sur un blog avec un Français illisible. Il faut que je l’avoue : j’étais illettré. Je savais lire, mais je ne savais point manière manier la langue de Molière. J’avais la volonté d’écrire, mais avec une langue clairement appauvrie. Il faut dire que j’étais un cancre à l’école, notamment en ce qu’il concerne le domaine littéraire. Je n’étais pas formé pour être dans cette logique d’apprentissage forcé. Les articles que j’avais commencé à écrire en 2011 sur “Révolution et Libertés” étaient clairement illisible et manquait d’une structure tout comme d’une ossature. Ainsi, il me fallait de la théorie afin que je puisse me familiariser avec la lutte que je voulais faire. Lutter, c’est dans les actes, mais aussi dans la lecture. Autant dire que le travail de militant reste un travail à plein temps.

Je savais très bien que j’étais de “gauche” et “altermondialiste“, mais je ne savais pas encore sur quelle doctrine j’allais me lancer. En effet, il existait une multitude de théories au-delà de la scission entre le marxisme (et marxienne) tout comme l’anarchisme, mais aussi à d’autre mouvement comme le blanquisme (dont je parlais plutôt). La théorie apparaît comme foncièrement très difficile en termes d’approche, mais elle permet d’en déduire l’aspect dialectique dans l’écriture. Je savais très bien qu’il ne fallait pas forcément une grandeur, mais une rigueur dans l’analyse changeait toute la donne. Lire, c’est écrire, écrire, c’est lire comme on pourra le dire si bien. Il n’en fallait pas plus pour voir que la grande partie du militantisme se résumait dans l’analyse. Il fallait bien démarrer par quelque chose. Bemba bien les accusations que j’ai colportées ci-dessus : il m’a fait ouvrir une “porte d’Overtone” sur l’aspect radical. En effet, mon “réel” premier livre fut une anthologie de Léon Trotski. Une vision qui a pu me permettre d’aller vers les lectures de Karl Marx tout comme d’Engels et du Lénine.

Puis vient le moment où nous avions eu la lettre de l’Huissier nous assignant en justice de la part de la part des propriétaires du bar. Il s’agissait d’une indivision avec une voie juridique de tout ce qu’il y a de plus standard. Nous avons eu dès lors une stratégie pour défendre notre vision. Mais personne ne voulait vraiment se mouiller. Ainsi, avec Mickaël, nous avons essayé de monter une stratégie. Il fallait défendre une période assez réaliste. Nous n’avions pas d’avocats. Je savais que nous n’étions pas expulsés dans l’immédiat. J’ai demandé un mois de délai. Bien sûr, cela allait mettre tout le monde en furie. Qu’importe, il fallait faire un choix. Nous avons reçu la décision de justice bien plus tard. Pour ma part, je suis partie dans la vie quotidienne en ayant un appartement. J’avais un point de chute.

Il fallait trouver un nouveau lieu en urgence. Un Secours populaire se tenait non loin de là. Nous avions pour objectif de l’occuper. Nous avons bien fait les choses. Un soir, alors que nous venions pour voir si nos cadenas tenaient la route, nous sommes tombés près des dealers. Personnellement, je n’avais rien vis-à-vis d’eux. Ils faisaient leur job pour pouvoir vivre. Mais on nous a tendu un guet-apens. Ce fut particulièrement difficile. On s’est pris un coup de gazeuse de très près. Les dealers protégeaient leur business, c’était compréhensible comme n’importe quel business. Mais voilà, Frédéric au premier coup de gazeuse est parti en courant. La virilité en prenait un coup. Il ne suffit pas d’écouter “Furax” à longueur de journée pour avoir du courage. Avec Mickael, nous n’avons pas bougé d’un seul coup. Oui, nous étions plus endurcit. Nous avons pris un second coup de gazeuse. Le problème, résidait dans le fait que ce n’est pas du gaz, mais du gel. Cela brûlait les narines, la gorge, les yeux. Nous étions en terrain hostile. Rapidement, deux histoires se mirent en place : l’une concernait sa version héroïque, la mienne plus rationnelle et raisonnée.

Nous sommes allés également dans un autre lieu pour ouvrir un commissariat abandonné. Tout était retourné. C’était une époque où nous pouvions faire des choses. J’avais pris toutes les clefs par mégarde, une chose qu’on m’a retournée dans la tête. J’ai commis des erreurs à ce moment-là. Nous sommes restés un peu. Puis, nous sommes partis. Tant que le lieu était ouvert, cela permettait d’avoir une solution de secours et de repli.

Je me suis retiré progressivement pendant quelque temps de ce monde incertain. Mais voilà, un jour : le futur squat qui avait été préparé de longue haleine se faisait attaquer et encercler par les forces de l’ordre. On ne me dit point cette raison. On prétexta une infection du squat par un parasite bien connu : la gale. J’avais dit que c’était moi qui l’avais transmis alors que c’était faux. Il fallait agir dans l’urgence. Or, quelle erreur ai-je faite ! La personne l’a raconté à tout le monde alors que c’était elle qui était la primo porteur de ce véritable fléau. Entre temps, je voyais des efforts de plusieurs semaines se faire réduire à néant. Les policiers prirent la bâtisse en utilisant le marteau de Tor ou un bélier. Mais, la porte ne céda pas. Ils allèrent dès lors dans un mur pour expulser les squatteurs. Une véritable honte. C’était la politique propriétariste en somme qui se déroulait sous nos yeux. Aucune personne ne fut arrêtée ce jour-là. Cependant, en rentrant du squat : je me pris un savon. Frédéric, une grande gueule savait hurler. J’avais compris que les personnes n’avaient aucune vision réaliste. L’égoïsme régnait. Bref, je suis partie et je ne suis plus revenu. J’étais en colère.

J’étais installé de l’autre côté de Paris dans un appartement à Maisons-Laffitte. Un studio pour commencer une nouvelle année avec des études. Je m’étais inscrit dans une capacité en droit afin d’avoir un diplôme similaire au Baccalauréat en termes d’échelon de diplôme. En effet, je voulais pouvoir accéder à des études. Certes, le droit n’était pas dans une vision que je pensais : je faisais du droit constitutionnel et du droit civil, notamment ancré sur le “droit de la famille”. Nous étions en pleine loi sur le “mariage pour tous”. Le sujet était intéressant, notamment au travers des critiques et des réserves émises par le professeur de droit. J’avais presque oublié de là où je venais : le squat.

Oui, je lisais ce livre dans les vieux wagons du RER A lorsque j’allais au travail. Cela avait du charme, ça parlait de Révolution Permanente, de Révolution Trahie, de réforme agraire… Oui, je rêvais de voir le capitalisme se renverser et migrer vers une autre société. Ce monde était inégalitaire, rabougri et haineux. Certes, cela aurait pu être mieux, mais la crise économique était passée par là. Le Projet de Loi des Finances de 2009 avait été une véritable bombe économique. L’économie française était une locomotive à vapeur. Elle s’arrêtait lentement et démarrait lentement. Le “communisme” tel qu’il était théorisé avait été construit dans une société où l’industrialisation restait la pierre angulaire de la révolution. Dans une société mondialisée où la désindustrialisation battait son plein en lien avec la notion fondamentale de “l’économie politique” (loin de la vision bourgeoise).

Pourtant, cette histoire de gale perdurait et toute l’ancienne équipe y était contaminée. Avait-il fait le choix de se soigner ? Certes, les soins n’étaient pas vraiment la priorité. Il aura fallu d’un seul coup de téléphone pour voir que cette histoire se poursuivait. Il aura fallu assumer les conséquences. On me disait que j’étais partie comme un voleur, c’est vrai. Mais je fus la victime dans cette histoire-là. En effet, je fus également contaminé avec ce “maudit parasite”. J’étais allé un médecin exprès. Je m’étais soigné. Pour autant, il aura fallu que les autres comptent sur celui qui était parti. Certes, il y avait la précarité. Il faut dire que n’étais pas riche. Les différents sprays comme toutes les maladies ou parasites dermiques n’étaient pas remboursés. J’en avais eu pour très cher. Toutefois, j’étais droit dans mes bottes. Je ne voulais pas de problèmes et que cette histoire se résolve rapidement. J’avais donné également des bombes désinfectantes. Ils étaient dans le squat d’une Sécurité Sociale (la fameuse CPAM). Plus rien n’allait. L’âge d’or du squat s’écroulait et était révolu. Nous étions en hiver, les difficultés allaient bon train.

Au moment où il y a eu l’expulsion du squat de la Sécurité Sociale, il n’y eut qu’une seule et unique solution pour passer l’hiver : le commissariat de police abandonné à Houilles. Toutefois, le projet de transformation vers un local administratif de la Commune avait progressé. Le lieu était désaffecté. Le lieu servit à passer quelques nuits pour les membres de l’ancienne équipe. Vous vous doutez bien qu’un squat dans un commissariat il fut hors de question pour l’équipe municipale que nous restions. De plus, la corrida pédestre passait devant le bâtiment sous les yeux des caméras. Le drapeau de la Fédération Anarchiste avait remplacé le drapeau tricolore. Il s’agissait dans le fond tout un symbole. Sans procédure, il y eut une expulsion sauvage. Toutefois, les forces de l’ordre auraient indiqué un bâtiment dans Houilles. Logiquement et peut-être par vision abstraite, nous sommes arrivés chez un ancien local commercial de photographie abandonné depuis des années. Il s’avère que nous sommes rentrés dedans et nous nous sommes installés. Il manquait juste un détail : il n’y avait pas d’eau.

Un jour, alors que j’étais dedans, le propriétaire a voulu rentrer, mais le bâtiment était occupé. Oui, on me disait que je n’étais pas courageux du tout. La réalité reste que j’ai tenu bon face à une équipe complète des forces de l’ordre. J’ai pu mesurer le rapport de force. Seul face à une dizaine de personnes, ce n’était pas crédible. J’ai eu une frousse énorme lorsque j’ai dû ouvrir le lieu face à nos ennemis : les propriétaristes et les condés. Les forces de l’ordre ont admis qu’il s’agit d’une habitation. Le propriétaire a fait couper l’électricité afin que nous partions rapidement du squat. Les autres occupants étaient à Paris pour vaquer à leurs occupations. Les forces de l’ordre ont fait partir le propriétaire des lieux, dont le commerce était à 25 mètres du squat. J’alternais rigoureusement : squat et appartement. Puis, la procédure a été lancée. Nous sommes passés devant le tribunal d’instance et le lieu a été fermé au terme de la procédure. Ce fut pour moi une histoire que se terminait.

Le mouvement des indignés

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Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le premier) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

Le malaise de l’austérité lié à la crise financière des subprimes en disait long. Il fallait se serrer la ceinture. Il fallait réaliser des politiques structurelles, car le marché était impur et pas assez libéralisé. En cette fin de quinquennat, la volonté de barrer la route à ce qu’il se nommait le “Parti Socialiste” devenait très forte avec une certaine forme de Maccarthysme. En effet, le “social-libéralisme” avait été un échec comme le “néolibéralisme”. Mais il fallait continuer dans ce chemin, car comme le disait si bien Margaret Thatcher, il n’y avait aucune alternative. Cela ne fonctionnait pas, mais on devait quand même continuer quand cela ne fonctionnait pas. Il s’agissait d’un dogmatisme de fond, voir une doctrine religieuse.

Je voulais m’engager en politique. J’avais une réticence des partis politiques. Peut-être que j’avais déjà peur d’être trahis. Dès lors, ma réelle première expérience militante a été dans le mouvement des “Indignés” entre 2011 et 2012. J’ai découvert les dessous d’une volonté de vouloir changer le monde. Les assemblées générales, les commissions, les manifestations sauvages. Les arrestations à tout-va pour terminer dans des cars direction la vérification d’identité dans un commissariat dans le Nord de Paris. Ce fut déjà le cas sous Nicolas Sarkozy. Une chose qui s’est radicalisée sous François Hollande et s’est banalisée sous Emmanuel Macron.

On débattait jusqu’à tard dans la nuit autour d’une bière ou d’un café. On refaisait le monde sous une ligne altermondialiste. Réformer le monde : voilà le grand dilemme dans un monde irréformable. Pourtant, je fus assidu à ma tâche : j’étais dans la commission juridique. Je parlais de révolution et de réformisme, mais je n’étais pas encore communiste. Je pensais à ce moment-là, la magie du mouvement social. On pensait qu’on allait faire grandir notre mouvement. Le seul problème dans cette logique : nous nous revendiquions apolitique alors que nous faisions de la politique. Étrange, mais cela permettait d’agglomérer de nombreuses personnes venues d’un peu partout.

Nous étions des “doux rêveurs”, mais l’aspect bohémien en disait long sur cette émanation, dont l’origine s’inscrivait dans le livre de Stéphane Hessel : “Indignez-vous !”. Je me suis indigné, une simple émotion très subjective en ressortait. On faisait des actions, des happenings, des occupations, mais sur une notion émotionnelle, nous ne pouvions qu’être une réaction par rapport à une situation donnée. De plus, Stéphane Hessel, s’il avait été un grand résistant pendant la Seconde Guerre Mondiale, il incarnait la “gauche caviar”. Nous devenions les enfants politiques d’une personne d’une personne ayant œuvré pour l’Humanité, mais aussi pour la pérennité du capitalisme. Dès lors le gage réformiste que nous distillions devait faire rire de nombreuses personnes sur la crédibilité du mouvement.

J’aspirais à ce que la “gauche” telle que je la concevais à l’époque loin des écrits et de la littérature pourrait fonctionner. Je constatais que je n’avais pas le support intellectuel qu’il me fallait. Or, le fait de ma première expérience aurait dû me permettre de m’instruire afin d’avoir des arguments. Au lieu de cela, j’ai perdu près d’une année à faire des tracts, à les distribuer, à enchaîner les différentes commissions en fonction des roulements. Toutefois, le spectre altermondialiste n’englobait pas réellement la “lutte des classes”. Le prolétariat contre la bourgeoisie, valeur fondamentale de pouvoir permettre d’analyser la société ne prenait pas corps dans mon logiciel. Que de temps perdu !

Il ne suffisait plus de s’exclamer que le modèle social en cours depuis 1983 n’était pas viable. Il créait certes de la richesse, mais ne pouvait en aucun cas diminuer les inégalités de richesse et baisser la pauvreté. Les salaires stagnaient (ou plutôt il diminuait en fonction de l’inflation.), et nous devions faire le “Calimero”. Nous regardions sur ce qu’il se passait dans les autres pays comme en Espagne au travers du mouvement de la “Puerta Del Sol”. Pourtant, nous ne voulions pas le voir, mais le mouvement social lié au 15 Mai s’inscrivait dans l’émanation d’un long mouvement social construit en amont et en aval. Nous étions très loin de ce travail.

L’un des slogans du mouvement espagnol était “si se puede”. Il s’agit entre autres d’une variante du slogan de la campagne de Barak Obama “Yes We Can”.

J’ai pu voyager à Rome et à Bruxelles de par cette expérience. J’ai eu la joie de voir la solidarité européenne à l’œuvre loin de la xénophobie ambiante qui montait crescendo. Je voyais la joie et la vision d’une société antagoniste par rapport à la doxa dominante. Je me souviens également dans la capitale de l’Union Européenne, les policiers de les avoir vu couper les tentes les unes après les autres comme ce qu’il se fait actuellement de par les différents fonctionnaires de police ou encore les sous-traitants des préfectures en France à Calais. Deux idéologies s’opposaient foncièrement la “haine” et la “solidarité”. Nous avons marché, nous avons voyagé. Nous étions dans l’utopie. Peut-être que nous étions dans le “socialisme utopique” que décrivait si bien Engels ? Nul ne pourra savoir.

Je me souviens également du contre G7 ou G20 à Nice, la ville de Christian Estrosi, monsieur sécurité de l’Union pour un Mouvement Populaire. J’ai vu le dessous de l’aspect altermondialiste. J’étais arrivé en train, tout était extrêmement bien gardé à la gare de Lyon à Paris. J’ai pris un tortillard en TGV. Si l’ambiance était intéressante, je me souviendrais d’une chose : je me suis fait voler mes affaires sur la promenade des Anglais alors que c’était noir de CRS. Conclusion : les caméras ne servent à rien, ce n’était que du populisme et de la démagogie. Or, le plus dramatique n’était pas tellement ce délit anodin hormis qu’il y eût des affaires importantes dedans et des contenus stratégiques. Mais cela soulignait que les forces de l’ordre ne servaient à rien du tout. Ils n’étaient pas là pour garantir leurs missions, mais pour protéger les intérêts de la classe dominante. Une belle démonstration en somme. Nous sommes restés avec mes camarades quelques jours.

Le lendemain, je savais très bien que Benjamin Ball (le même qui organise la primaire populaire) avait organisé une occupation sur le parvis de La Défense. C’était un coup d’éclat. Une vision mûrement réfléchie en somme. Pourtant, l’occupation dans son cadre pacifique a subi les hordes d’assauts des forces de l’ordre afin d’en terminer rapidement avec cette action pacifique. Les charges comme dans un “jeu de guerre” étaient d’une violence inouïe. Le but était de déloger rapidement les activistes. L’occupation ne devait pas durer dans le temps, mais elle s’est profondément éternisée sur la durée. Nous avons dès lors déposer une plainte avec initialement une vingtaine de requérants contre l’Etat. En effet, le droit de manifester pacifique en disait long et nous allions vers un bras de fer avec la Loi. Nous défendions une vision clairvoyante sur le fait que la déclaration était caduque en raison des différents traités internationaux. Beaucoup se sont essoufflés devant la machine juridique. Il a fallu se porter “partie civile”, etc. Au final, nous n’étions plus que quatre. Nous nous sommes perdus. Initialement, cela devait être une révolution au niveau de la jurisprudence, mais la Justice a décidé d’un “non-lieu”. Circulez, il n’y a rien à voir. Dans ce contexte, le mouvement des indignés n’existait quasiment plus. La lenteur de la Justice en disait long. Il aura fallu des années pour aboutir à la décision. J’étais vraiment frustré. Pourtant, j’aurai dû savoir que la Justice marchait main dans les mains avec le pouvoir exécutif, c’est-à-dire le préfet de Police et sous alternes.

La question d’une solution transnationale dans le cadre d’une solution européenne devenait nécessaire. On se regardait les uns et les autres. Mais nous n’avions pas peur de trouver des solutions à bras-le-corps. Oui, nous combattions l’austérité. Oui, nous combattions le monstre de la Troïka. Oui, nous combattions la Commission Européenne. Est-ce que cela faisait de nous des europhobes ou des eurosceptiques ? Non. Notre concept de l’Europe Sociale et Solidaire n’entrait pas dans les clous de la doxa macroéconomique. Le tous contre tous apparaissait comme la seule solution. Les impôts des riches diminuaient sous forme de niches fiscales, de baisse des taxes, de crédits en tout genre, etc. Les salaires des pauvres étaient voués à stagner voire à baisser.

La compression salariale en disait long : le travail était vu comme un coût alors il fallait le baisser. Je ne comprenais pas vraiment les choses, mais il s’agissait en réalité de baisser les cotisations sociales au nom de la compétitivité. Pourtant, le travail générait la richesse, mais les travailleurs dans cette rhétorique étaient accusés de peser sur la société et en ricoché sur l’économie. Une doctrine libérale visant à maximiser les profits qui se répercuta de quinquennat en quinquennat.

La France ne vivait pas sous la Troïka. Pourtant, le quinquennat de Nicolas Sarkozy s’achevait sous une note aigrie. La dette explosait, le déficit budgétaire brisait le plafond, le chômage augmentait brutalement, la croissance stagnait… Tous les paramètres économiques n’étaient plus dans le rouge, mais dans le violet écarlate.

Il fallait construire le mouvement social. Or, nous ne pouvions pas le faire sans les syndicats, les associations et les partis politiques. Puis François Hollande est passé au second tour. Tout s’est essoufflé. Le mouvement des Indignés se désintégrait de lui-même. Le “socialisme” tant vanté risquait de sombrer comme celui d’un quinquennat de renoncement.

Dans ma famille, cela ne se passait pas forcément bien alors un jour, j’ai décidé de prendre mon “sac à dos” et je suis parti comme dans les films vers l’inconnu, mais surtout vers la liberté. 

Vers une dissolution de la GALE ?

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La GALE (Groupe Antifasciste Lyon et Environs) a reçu une notification d’une procédure engagée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. L’extrême-droite gouvernementale au travers de la « loi contre le séparatisme » a le plein pouvoir afin d’organiser toutes les dissolutions des différents collectifs qui dérangent le gouvernement et les différents ministres. Dans ce sens, le mouvement antifasciste à la demande surtout de la droite radicale est dans l’œil de la Place Beauvau.

Non à la dissolution de la GALE

Du pass sanitaire au pass vaccinal

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Il y a quelque temps, j’écrivais un article sur l’obligation vaccinale (évidemment, j’étais pour !), outil fondamental et nécessaire pour faire face au variant Delta. Le variant Omicron contamine entre 70 et 100 000 personnes par jour. Nous sommes dans une diffusion plus importante que la première vague. Personne ne souhaite un nouveau confinement dur. Personne ne souhaite revenir à être cloisonné chez soi. Personne ne souhaite revivre une privation de liberté d’aller et venir. Mais pourtant, ce cheminement pris par les “complotistes” de la première heure qui hurlent à la “dictature sanitaire” en dit long sur les différents “bouillons de culture”. En effet, les mesures drastiques étaient considérées par ces personnes comme des atteintes aux “libertés naturelles”, c’est-à-dire le “droit de contaminer”. Si ce dernier peut paraître particulièrement sombre et profondément ancré dans “l’individualisme méthodologique“. Ils dénoncent le “systèmeuh”, mais ne savent en rien le caractériser, ni même le borner.

La rhétorique de se mobiliser contre “le système” reste une phraséologie bien connue : Das System. En effet, les nazis nommaient tout leur combat en y faisant référence. Est-ce un hasard ? Les antivaccins se prennent souvent les pieds dans une certaine contradiction. Leurs théories restent paradoxales dans la plupart des cas. 

Extrait d’un sticker du mouvement de la “Rose Blanche 2.0”

La locution des antivaxs reste également en lien avec le fait qu’ils se sont embourbés dans une “cause” qui n’a ni queue, ni tête. La vaccination existe depuis des siècles, nous avons clairement assez de recul à ce sujet. Les points de Godwin déferlent. Les “Jean Moulin 2.0” ou encore la falsification de la “Rose Blanche” en dit long sur la culture réelle. En effet, la réalité s’enracine autrement : l’extrême-droite construit autour des différentes théories s’enracinait clairement dans le mouvement qu’il considère : le macronisme serait un nazisme. Des thèses farfelues sont objectivement défendues au travers d’un ensemble de montages de photos et de vidéos. Le fameux “mille feuilles argumentatifs” est mise en place afin de perdre le curieux. Toutefois, la réalité : Sophie Scholl, tout comme Jean Moulin se battait contre le totalitarisme. Or, la vaccination a été utilisée par le Troisième Reich comme d’un outil visant à décimer les peuples que les nazis jugeaient inférieur alors que le gouvernement le pose de façon gratuite à tous dans le cadre d’un universalisme. Bien que le gouvernement soit tenté par une vision fascistoïde au niveau de la société ; sur la question de la vaccination, il a une position objective universaliste.

Au moment où le gouvernement s’enracine progressivement dans une volonté de transformer le “pass sanitaire” en “pass vaccinal”, les obscurantistes de la première heure se sont mis à y voir une “société de contrôle”. De l’extrême-droite à l’anarchisme, les revendications de la “libertay” se sont ralliées les unes après les autres. Ainsi, un bout de papier qui permet d’accéder aux différents loisirs serait une marque de contrôle. Pourtant, rien n’est dit sur la “carte bancaire”, dont nous nous servons tous les jours, les cartes de magasin, la carte de la Sécurité Sociale, les fadettes des téléphones mobiles ou fixes, etc. Nous vivions bien avant dans une “société de contrôle généralisé”. Je ne parle même pas des différentes lois codifiant l’état d’urgence sécuritaire où les opposants étaient vus comme des “gauchistes”. Nous étions une “menace”. Certains nous considéraient comme des “parias”.

Dès lors, la surveillance généralisée en dit long sur ce qu’il existe déjà sans parler en fin de compte des nombreux fichiers au sein du ministère de l’Intérieur. Nous sommes tous fliqués. On ne compte pas les caméras de surveillance dans les lieux publics et privés. On ne compte pas les lois sécuritaires, les unes à la suite des autres au nom du populisme sans grande opposition de nos valeureux soldats de la Liberté. L’hypocrisie est bien là. Les antivaccins, même s’ils sont des millions ne représentent qu’une partie de la population. Alors, il faut certes défendre les “minorités”. Or, cette “minorité dangereuse” rappelle sans cesse qu’elle œuvre à la prolifération des différents variants. Dès lors, elle combat le retour à la norme. Il s’agit d’une profonde cruauté au nom d’un dogmatisme déraisonné de tout élément pragmatique et irrationnel. C’est peut-être cruel ce que je vais dire, mais ces personnes ont le droit de vote. C’est particulièrement inquiétant. Alors, il n’est pas question de mettre le “pass vaccinal” comme élément pour voter, mais les élections poseront problème à un moment donné en lien avec la loi.

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Les opposants à la vaccination nous expliquent sans cesse que le vaccin qui modifierait l’ADN. Les grands savants biberonnés à la culture “QAnon” inventent toutes sortes de théories farfelues. Autrement dit, cela permet de donner des gages. Ils font leurs propres recherches, mais sans esprit critique : ils s’endoctrinent entre eux. Qu’on soit d’accord ou pas des “bulles” qui se créent sur les “réseaux sociaux”, le fait de rester dans “l’entre-soi” afin d’éviter les contradictions en d’autres termes nous serions des “moutons” ou des “brebis” reprenant la phraséologie biblique pour suivre le berger Emmanuel Macron.

Dans leur fonctionnement de logicien, toute personne ayant une position “pro-vax” est associé à un animal … Quand bien même les travaux trouvent de nombreuses qualités similaires à l’être humain. 

Dans la webradio dans laquelle je suis en tant que bénévole, je vois très bien que la culture scientifique n’est pas abordée pour tous. Les individualistes qui ne voient pas plus loin que leur bout de leur nez, sont légion. Or, c’est cette France profonde en rupture avec la science qu’il faudrait convaincre, mais l’endoctrinement étant trop profond, il pense qu’il s’agit d’une volonté “de les emmerder”. Pourtant, la réalité reste clairement sinistre, les opposants aux gestes barrières et à la vaccination seront les premiers à bouffer du pissenlit par les racines. Le drame est là.

Le Front Progressiste pour barrer la route aux fascismes

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Le fascisme est une hydre à plusieurs têtes. La montée idéologique de l’extrême-droite se diversifie au sein des nombreux courants politiques et parfois de façon antagoniste. Le “barrage Républicain” depuis des dizaines d’années ne fonctionne plus, il est temps de laisser place au “Front Progressiste”.

La mort du “barrage républicain”

La thématique d’un fascisme avec différentes ramifications peut laisser place à la vision trotskyste du “social-fascisme” 1 . Longtemps critiquer par les partisans d’un “barrage républicain”, nous sommes désormais face au mur. L’idéal de la Cinquième République ne séduit plus au sein de la population. Dans le même temps, nous assistons progressivement à une rupture démocratique dans les élections territoriales (mairie, conseil départemental et régional, et européen).

Toutefois, même dans les élections présidentielles et législatives, le vote ne convainc plus. Dès lors, l’abstention devient la matérialisation d’un mal-être généralisé au travers d’un refus de la participation à ce moment démocratique ou encore d’une indifférence à ce qu’il se passe au niveau politique. Un certain nombre de charlots de commentateurs font le jeu de la subjectivité en condamnant les abstentionnistes. Ces godillots, auto-proclamés comme spécialiste de la politique déresponsabilisent les intervenants du système politique. Ainsi, l’abstention n’a jamais permis de voir d’une manière quelconque dont elle participerait à la hausse de l’extrême-droite. 

Dans le “même temps”, de nombreux partis politiques qui appartenaient hier au barrage Républicain dérivent progressivement vers le néofascisme. Ainsi, le naufrage risque d’être d’une brutalité lorsque le barrage va céder. Il convient de désigner d’une manière ou d’une autre qu’il est mort. L’heure est venue de faire un deuil afin de progresser sous la mise en application d’un “front progressiste”.

La lepénisation de la société

Le développement du “front progressiste” s’articule comme son nom l’indique sur des bases de progrès. Il convient dès lors de définir ce qu’il incombe derrière cette notion de “progrès”.

La rhétorique bourgeoise consiste à défendre la question de la République et rien que la République. Pour autant, la dédiabolisation de l’extrême-droite au travers d’une incorporation des idées politiques dans la sphère publique par les partis bourgeois démontre d’une manière ou d’une autre que le “barrage républicain” déborde. Ainsi, la France peut se réveiller au travers de l’extrême-droite sous couvert de la République et du progrès. Dans le même temps, le progrès dans les politiques publiques n’est point le même entre le “monde du travail” et le “monde du capital”. Ainsi, les “luttes sociales” demeurent fondamentales tout comme inhérente à la dynamique du progrès pour les premiers, alors que les seconds se fixent sur les “luttes sociétales” comme moteur de progrès pour l’ensemble de la société à savoir : le mariage pour tous, la PMA pour les couples lesbiens, etc. Toutefois, il serait ambigu de dire que le progrès du camp social ne prendrait pas en compte les “réformes sociétales”. De ce fait, le programme politique de la bourgeoisie qui se réclame des luttes sociétales reste le même que celui de l’extrême-droite concernant l’approche sociale : destruction de toutes les “conquêtes sociales” afin de laisser le marché prendre le pas. Dès lors, d’une bourgeoisie à une autre, la question fondatrice demeure le “libéralisme économique”.

Quant au libéralisme philosophique, il s’efface progressivement. D’ailleurs, la pêche de différentes personnalités au sein de l’extrême-droite comme Nathalie Loiseau, ancienne du GUD 2 ou encore Gérald Darmanin, ancien de l’Action Française3 ne laisse pas indifférent. Dans ces conditions, on ne peut faire confiance à la bourgeoisie comme moteur du progrès. Ainsi, le seul progrès qui vaille est celui du “monde du travail”. Toutefois, dans les conditions actuelles du confusionnisme et du complotisme d’une partie du “monde ouvrier”, il semble nécessaire de garder une ligne orthodoxe en matière de défense du progrès via la lutte des classes.

Ensuite, je constate de façon très claire que le repli nationaliste et souverainiste de tous les pays au travers de la montée de l’extrême-droite et de la droite nationaliste tout comme la gauche populiste4 se targue certes d’une approche clairement différente de la souveraineté. Les fascistes ont une notion de souveraineté de type nationale alors que la gauche populiste s’inscrit dans une logique populaire. Nonobstant cette différence significative, il convient de souligner qu’il n’y a pas une seule seconde sans que cela ne puisse se traduire par un mal-être généralisé au sein d’une crise sociale, économique et culturel 5. 

Les partisans d’un ultralibéralisme à la carte se targuent d’être une tangente. Pour autant, nous le savons très bien se replie identitaire ne permet qu’au capitalisme de se maintenir. Les différents mécanismes pour faire barrage à l’extrême-droite s’inscrivent dans un cadre républicain. Or, nous constatons depuis près de quarante ans : une lepénisation de la société. Ainsi, le décalage progressif vers l’extrême-droite fait que des personnalités qui ont participé au front républicain se retrouve au sein de l’extrême-droite comme Thierry Mariani. Le barrage républicain n’a plus de sens en raison des différents mercato politiciens et des passages progressifs vers l’extrême-droite par pur opportunisme. 

Toutefois, l’idée de combattre rigoureusement l’extrême-droite a du plomb dans l’aile dans une époque clairement néofasciste et néoconservatrice. D’autant que la métaphore du barrage consiste à retenir progressivement les eaux, mais face à une cohésion très claire de l’augmentation du niveau de l’eau, même si ces dernières années, cela a tendance à stagner. Il convient de dire que le barrage sert surtout à produire de l’électricité en recyclant l’eau. C’est exactement ce qu’il se passe : le Rassemblement National stagne, mais ses idées sont entièrement diffusées au sein de la société au travers des politiques publiques. Dès lors, le barrage républicain semble clairement inefficace. Ainsi, il convient de souligner qu’il y a une autre façon de voir les choses au travers d’un changement de dialectique. Il semble nécessaire de ne plus parler de “barrage”, mais de “front”. En effet, nous sommes en guerre contre l’extrême-droite de façon idéologique, mais aussi au travers des partis, des associations et des groupuscules. Le faire de devoir voter entre le moins pire, mais qui finalement adopte les mêmes politiques interroge.

Les différents courants bourgeois s’entraident malgré les divergences

Ainsi, il me semble nécessaire de voir que nous n’avons rien à attendre à la bourgeoisie d’une manière ou d’une autre. Pire ! Dans les périodes de crise, il agite l’épouvantable drapeau de l’ordre et de l’autoritarisme afin de garder démocratiquement ses privilèges. C’est d’ailleurs une des variables en ce qu’il concerne la mutation et la transformation des classes sociales entre la féodalité et le passage vers le capitalisme.

La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n’a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n’a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d’oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d’autrefois.6.

Ainsi, j’assiste d’une façon clairement impuissante à la montée du racisme peu importe la forme (dont l’antisémitisme), le rejet de la devise républicaine tout comme de l’universalisme, de la réécriture de l’Histoire afin de créer un récit national, etc. Dans ces conditions, nous ne pouvons nous associer au “parti de l’ordre” :

Dans son programme électoral, le parti de l’ordre proclama directement la domination de la classe bourgeoise, c’est-à-dire le maintien des conditions d’existence de sa domination, de la propriété, de la famille, de la religion, de l’ordre ! 7

La classe dominante l’a bien comprise : les dictatures à parti unique ne font guère rêver. Ainsi, la lente transformation d’un modèle où la “philosophie libérale” tend clairement à replacer une version hybride sous la forme d’une “démocrature”. Ainsi, l’apparition des élections ne constitue qu’un moyen pour asseoir une logique autoritariste. En effet, la volonté de correspondre aux électeurs permet de créer une dérive par des régimes dictatoriaux tout en gardant l’apparence d’une démocratie au travers seul mécanisme de vote. Il s’agit d’une démonstration assez radicale que le vote ne permet pas la démocratie. Il semble clairement nécessaire de voir que la “séparation des pouvoirs”, le respect de “l’Etat de droit”, l’indépendance de la presse sont autant d’éléments clairement bafoués. 

Les pays d’Europe de l’Est ont criminalisé le communisme pour des raisons qui peuvent apparaître cohérentes au vu de l’Histoire de la stalinisation. Pourtant, les apprentis dictateurs comme Òrban & co mettent en application le stalinisme sous l’angle d’un capitalisme radical reprenant le processus stalinien : 

Jusqu’à quel point la politique socialiste de la classe ouvrière peut-elle être appliquée dans les conditions économiques de la Russie? Il y a une chose que l’on peut dire avec certitude : elle se heurtera à des obstacles politiques bien avant de buter sur l’arriération technique du pays. Sans le soutien étatique direct du prolétariat européen, la classe ouvrière russe ne pourra rester au pouvoir et transformer sa domination temporaire en dictature socialiste durable 8

Finalement, la phase de transition devrait déboucher sur une interdiction des signes capitalistes dans l’ère post-capitaliste de ces pays-là lorsqu’ils seront sortis de l’endoctrinement de la haine de la démocratie et de l’Europe.

La problématique réside en Occident comme l’une des façons la plus particulière au niveau de l’avancée des démocraties libérales. Toutefois, nous avons vu que l’impérialisme empêche par ses différents de pression et les technologies modernes en matière d’expansion de l’économie capitaliste. Ainsi, le lecteur a compris à partir de ce moment-là que le modèle de la classe dominante avait différents recours y compris à des régimes autoritaires. Ainsi, la question de décortiquer la démocratie ouvrière et la dictature du prolétariat devient un élément majeur.

Dépasser la démocratie libérale

La question de la démocratie libérale peut paraître impromptue pour de nombreux prolétaires souhaitant rapidement en finir avec le capitalisme. La volonté sociale-démocrate apparaît dès lors comme la construction du mouvement ouvrier, c’est-à-dire à l’ère du XXIe : le salariat, dans sa phase initiale. Toutefois, la position ne relève pas d’une volonté de créer une politique sociale-démocrate, mais bien une politique pour construire le socialisme. En effet, la social-démocratie est incapable de créer un politique pour amener vers le socialisme. La défense des valeurs de la République tout comme la démocratie au sens d’une “République Sociale” comme la vision primitive de créer d’une certaine manière afin de créer les conditions fondamentales pour la transformation d’une démocratie libérale vers une démocratie ouvrière. Ainsi, la promotion de la démocratie libérale comme élément nécessaire dans le cadre de la construction d’un “monde libre”.

La démocratie libérale

La démocratie au sens libérale telle que nous la connaissons en Occident se traduit d’une façon ou d’une autre par des valeurs. En effet, les grands philosophes ont imprégné la mise en place d’une pensée clairement individualiste afin de créer une émancipation collective tout en étant au niveau de l’unité indivisible.

Le “libéralisme philosophique” permet de faire bloc vis-à-vis des démocraties autoritaires, c’est-à-dire des régimes hybrides ou encore la lutte de fond contre le totalitarisme de type étatique tel le fascisme, le nazisme ou encore le stalinisme. En effet, la pensée libérale au sens, stricto sensu, crée une barrière intellectuelle et libérale. 

Le nationalisme au niveau de l’atomisation de l’individu fait passer l’intérêt supérieur de la Nation engendrant de facto une perte absolue des droits individuels et collectifs. La construction de ces dictatures se forge sur un “récit National” 9 taillé sur pièces afin de donner un “élan victorieux” à ces dictatures dans le cadre d’une violence inouïe. Le libéralisme au travers de la “séparation des pouvoirs”, le “parlementarisme” (quand bien même il est bourgeois) ; la liberté de la presse, de manifester, de circuler, de penser, de croire ou pas, etc. Tous ces éléments matérialisent des contre-pouvoirs importants afin d’éviter que la “tyrannie de la majorité” (des électeurs) ne dérive pas vers un pouvoir despotique.

Le libéralisme en période de crise devient un pilier comme base que la “gauche radicale” doit défendre. En effet, le libéralisme ne se résume point à la question uniquement de l’économie, mais il s’agit d’un ensemble de valeurs que nous devons défendre afin qu’elles deviennent un socle pour la construction du socialisme, mais aussi de créer un front contre les idées de l’extrême-droite. Il convient de souligner que les démocraties libérales interviennent à un moment donné précis de l’Histoire. Toutefois, la “philosophie libérale” au sens des libertés individuelles peut que déboucher sur une société ouverte. Par ailleurs, il convient de souligner que la plus grande régression en matière de ces dernières. En effet, le progrès qui peut découler des sociétés libérales peut être un rempart. Dans le même temps, elle est un outil de prise du pouvoir par les mouvements antilibéraux au sens que ces derniers ne défendent pas.

Dès lors, il convient de faire “l’apologie” de la démocratie libérale afin de fonder les bases d’une démocratie solide qui ne s’écroule pas à chaque tempête ou au tremblement de terre. En effet, ce modèle advient sur les bases permettant de créer des délégués au peuple (je sais, cela fait très marxiste.) et non des élus avec les privilèges, dont ils disposent dans le cadre de la France surtout. Ainsi, les délégués permettent de représenter réellement les formations politiques et les courants transcendant la politique. Or, le verrou reste la Constitution. En effet, il ne s’agit pas de vouloir la fin de l’Etat de droit comme le souhaitent les partisans du totalitarisme. Toutefois, la surenchère légaliste intervient à un moment donné où le libéralisme philosophique laisse place aux libéraux économiques. Ainsi, les “religieux” d’hier sont restés d’une certaine manière dans une transition d’époque.

Si la fondation d’un Etat de droit écrit au travers des lois et des jurisprudences (dans le cadre des interprétations des lois) permet de s’assurer qu’elles sont les mêmes pour toutes et que leur application s’inscrit dans une interprétation que donnera le pouvoir judiciaire. La Justice (dont le Conseil Constitutionnel) permet entre autres de créer un espace afin de faire respecter les différentes lois dans leur esprit ou de retoquer certaines lois lorsqu’elles sont désaccord avec la Constitution.

La démocratie sous le néolibéralisme

Le néolibéralisme ne cesse de gagner des batailles. Il apparaît victorieux. Toutefois, la plus grande défaite que les salariés peuvent ressentir s’inscrit typiquement dans le cadre de la démocratie qu’ils devraient défendre. Sauf que le néolibéralisme n’utilise que la démocratie comme un vecteur pour imposer “les réformes structurelles” afin d’établir la “contre-révolution” 10. Ironiquement, nous parlons de “libéralisme” pour le mouvement conservateur. Dans les faits, il semble nécessaire de voir que le Parlement n’est qu’un moyen pour appliquer la grande régression au niveau des droits démocratiques. La question de l’universalisme se pose également au travers de la mécanique de l’application du droit. En effet, les exceptions sont tellement nombreuses que l’on peut se demander si la République telle qu’elle est conçue est encore universelle.

Enfin, il convient d’être des bâtisseurs du “nouveau monde” afin de faire rayonner la démocratie. Cependant, une question me vient : peut-on être libéral sur le plan philosophique et marxiste sur le plan politique ?

Démocratie ouvrière vs dictature du prolétariat

Le “marxisme-léninisme” (ML) a laissé une emprunte indélébile dans les pays de l’Est de l’Europe. Loin sans faute, si l’apport de Lénine aux différentes théories reste important, sa mise en pratique reste une véritable barbarie et ne débouche que sur du totalitarisme. Toutefois, il semble très clair de voir que d’autres courants au sein du communisme ont pu voir le jour au travers d’une vision réaliste de la démocratie. Ainsi, il semble nécessaire de ne pas tout mélanger au sein du communisme. Pour autant, la marque indélébile du ML tend justement à mettre en avant que le communisme ne porterait que la barbarie et la dictature. Il convient de souligner que les dictatures se revendiquant du communisme11 n‘aide pas vraiment à changer de regard sur la chose. Cependant, les détails ont une importance : le communisme sans la démocratie n’est qu’une supercherie. Dans le même temps, les dictatures communistes génèrent une très forte réaction au sein de la société au travers de mouvement d’extrême-droite, nationaliste et néoconservateur. Là, où les dictatures se revendiquant du communisme sont passées, tout est à reconstruire sur le plan des libertés individuelles. La transition vers une démocratie libérale comme point d’ancrage à l’évolution d’une société communiste demeure nécessaire. Toutefois, il convient de souligner si nous nous posons des questions sur la question d’une Assemblée Nationale ou d’une République des Conseils12.

L’évolution du courant communiste dans les masses

La question qu’on peut se poser réside dans le fait si les deux théories que nous aborderons plus bas se résument d’une manière ou d’une autre à l’évolution progressive des idées socialistes et communiste au sein du prolétariat (qui s’est transformé dans un salariat). En effet, la prise du pouvoir par le prolétariat dans sa globalité peu importe le secteur d’activité demander de créer une confédération prolétaire et une “Union Populaire” comme le souhaite le sinistre Jean-Luc Mélenchon13. Ainsi, il claire et net de se poser la question de Rosa Luxemburg : Les masses sont-elles “mûres”14 ? Dans le contexte de la montée en puissance du néolibéralisme au travers de réformes très grandes réformes structurelles anti-salariales et anti-prolétaires, la réplique devrait se solder d’une manière ou d’une autre par un grand mouvement vis-à-vis du monde du capital et la remise en cause même du capitalisme. Ainsi, la structuration des masses intervient à un moment phare de la vie politique.

Dans le contexte de la montée en puissance du néolibéralisme au travers de réformes très grandes réformes structurelles anti-salariales et anti-prolétaires, la réplique devrait se solder d’une manière ou d’une autre par un grand mouvement vis-à-vis du monde du capital et la remise en cause même du capitalisme. Ainsi, la structuration des masses intervient à un moment phare de la vie politique. Toutefois, cette dernière subit les différentes lois visant à flexibiliser le marché du travail au nom d’une hypothétique “flexisécurité” et en même temps permettent la libéralisation de l’économie. Ainsi, il apparaît dans cette dernière que les obstacles visant à la construction d’un mouvement politique de classe multiforme et dans sa diversité doivent permettre de créer un vaste front contre le capitalisme. En effet, le capitalisme et la classe dominante portent en eux : le néofascisme. À l’heure des réseaux sociaux, la question syndicale demeure l’élément moteur. De ce fait, l’idée à propos d’un parti guidant les salariats, mais d’un “front progressiste” avec ses valeurs.

La question de l’évolution dans les masses du courant socialiste15 et communiste se traduit d’une manière ou d’une autre par la question du rapport de classe vis-à-vis du capital. Le contexte actuel se résume à une vision en faveur des néolibéraux. Ainsi, il semble nécessaire de citer une nouvelle fois Rosa Luxemburg :

La révolutionnaire allemande lancera également :

C’est seulement au travers des combats de la révolution que le prolétariat accédera à une pleine maturité, dans tous les sens du terme 16

La vision qui s’en dégage se résume à la construction du socialisme de façon universelle. Ainsi, il me semble pessimiste de voir que les partis néolibéraux et conservateurs mènent l’agenda politique. Dans le même temps, il appartient d’une façon ou d’une autre à voir que la “contre-révolution conservatrice” avance à pas double. La classe dominante fait sauter les verrous les uns après les autres. 

La question des masses renvoie également à la logique de l’Internationale, c’est-à-dire de la révolution globale en opposition avec la construction du “socialisme dans un seul pays”. Rosa Luxemburg lancera un signal d’alarme prévenant du risque qui s’inscrivit de la démarche de Lénine et de Staline :

Mais, internationale par sa nature même et dans son essence profonde, la politique de classe du prolétariat ne peut être réalisée que sur le plan international. Si elle se limite à un seul pays tandis que les ouvriers des autres pays pratiquent une politique bourgeoise, l’action de l’avant-garde révolutionnaire est dévoyée dans ses conséquences ultérieures17.

Toutefois, l’idée même du socialisme appartient à une manière ou d’une autre à la vision du futur puisque cela fait des siècles qu’elles existent. Toutefois, elle s’adapte par rapport aux différents contextes. Ainsi, la révolution prolétarienne ne demeure plus une utopie, mais une façon d’appliquer la rigueur du matérialisme et du socialisme scientifique 18, il semble nécessaire de voir la question de la transformation du socialisme comme le dit de façon concrète, Rosa Luxemburg :

La révolution prolétarienne commencée aujourd’hui ne peut avoir d’autre but et d’autre résultat que la réalisation du socialisme. La classe ouvrière doit avant tout essayer de s’emparer de toute la puissance politique de l’Etat. Pour nous, socialistes, ce pouvoir politique n’est qu’un moyen. Le but pour lequel nous devons employer ce pouvoir, c’est la transformation fondamentale de tous les rapports sociaux.

Aujourd’hui, toutes les richesses, les plus grandes et les meilleures terres, les mines, les machines, les fabriques, appartiennent à quelques grands propriétaires et grands capitalistes. La grande masse des travailleurs ne reçoit d’eux qu’un misérable salaire pour les empêcher de mourir de faim, en échange d’un pénible travail. La société actuelle a pour but l’enrichissement d’un petit nombre d’oisifs.

Cette situation doit changer entièrement. Toutes les richesses sociales, le sol et le sous-sol avec tous leurs trésors, toutes les fabriques, tous les instruments de travail doivent être enlevés aux exploiteurs. 19

Enfin, les alternatives au capitalisme ne manquent pas, mais il faut se le dire : le socialisme peut importe sa forme (après cela se débat) reste l’alternative absolue au capitalisme enclenchant directement la démocratie ouvrière.

Si on craignait de suivre cette voie, la seule possible, il ne restait d’autre ressource que de renoncer complètement à la lutte et a toute politique inspirée des principes du parti, c’est-à-dire renoncer à toute lutte politique. 20

Ainsi, après parler de la question de l’organisation du prolétariat, il semble tout à fait nécessaire de parler de la question de la mise en application d’une démocratie ouvrière qui serait la forme la plus absolue de la démocratie.

La démocratie ouvrière

La position de Rosa Luxemburg est sans nul doute la plus aboutie en ce qu’il concerne la “question de la démocratie”. En effet, la révolutionnaire allemande ne se bat simplement pour renverser les antagonismes de classes, mais aussi pour approfondir la question de la démocratie. Ainsi, la démocratie ouvrière telle qu’elle est conçue par Rosa Luxemburg devient un des piliers fondateurs en ce qu’il concerne la mise en pratique du socialisme scientifique21. Toutefois, la démocratie ouvrière ne peut se mettre en place sans les fondements mêmes de la démocratie bourgeoise et de la société capitaliste. Il convient sans nul doute de souligner d’une certaine manière que l’idéal ne fait plus guère référence à l’utopie, mais bien au pragmatisme qui en découle afin de laisser une forme de “démocratie réelle” pour paraphraser Karl Marx. On reprendra ces termes pour compléter nos propos :

La plus grande conquête de la lutte de classe prolétarienne au cours de son développement a été la découverte que la réalisation du socialisme trouve un appui dans les fondements économiques de la société capitaliste. Jusque là le socialisme était un “idéal”, l’objet de rêves millénaires de l’humanité ; il est devenu une nécessité historique. 22

La question de fonder le socialisme se traduit dans les faits par la mise en place d’une démocratie digne de ce nom. En effet, la question de la dictature du capital laisse entrevoir que malgré la différenciation entre les différents partis politiques, la notion demeure la même. En effet, il incombe de mettre en place révolution prolétarienne afin de justement de recréer les éléments nécessaires pour le passage démocratie pleine et entière. Ainsi, le socialisme sans la démocratie ouvrière avec pluralisme des idées, la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse, etc, ne peut être reconnu à juste titre comme faisant partie du processus historique de la conquête prolétarienne du pouvoir. Ensuite, le prolétariat dans le cadre de son organisation démocratique ne peut qu’accélérer les outils démocratiques afin de créer un véritable front contre l’extrême-droite. En effet, les outils mis à disposition peuvent servir d’une façon ou d’une autre aux pires ennemis de la République et de la patrie socialiste. Dans ces conditions, il semble nécessaire de créer des garde-fous pour protéger la démocratie. 

Pour sortir de ce cercle, il suffit de reconnaître ce que le libéralisme bourgeois a rendu l’âme, épouvanté par le développement du mouvement ouvrier ; on conclura que le mouvement ouvrier socialiste est aujourd’hui le seul soutien de la démocratie, il n’en existe pas d’autre. On verra alors que ce n’est pas le sort du mouvement socialiste qui est lié à la démocratie bourgeoise, mais inversement celui de la démocratie qui est lié au mouvement socialiste. On constatera que les chances de la démocratie ne sont pas liées au fait que la classe ouvrière renonce à la lutte pour son émancipation, mais au contraire au fait que le mouvement socialiste sera assez puissant pour combattre les conséquences réactionnaires de la politique mondiale et de la trahison de la bourgeoisie (souligné par moi)23

Lorsque Rosa Luxemburg parle de concrétiser que le prolétariat s’empare du pouvoir politique, il semble juste nécessaire de voir que cela peut prendre la forme d’élection où le mouvement ouvrier est majoritaire au Parlement. Dans ce cadre, les élections font intervenir d’une manière ou d’une autre la question rhétorique ou non s’il s’agit d’une forme de “dictature du prolétariat”. Ainsi, il semble tout à fait nécessaire de voir que la “terminologie” utilisée à la fin du XIXe et début XXe s’abstrait d’une opposition que peut renvoyer le parlementarisme comme des république bourgeoise, c’est-à-dire la dictature du capital. La question de la démocratie ouvrière ne peut que se transformer au travers de la prise du “pouvoir” par le prolétariat, c’est-à-dire par les salariés eux-mêmes. Ainsi, toute la nuance réside dans le fait ce qu’il différencie “dictature” et “démocratie”, mais aussi vis-à-vis de quel référentiel ? Dans ces conditions, il semble que dialectiquement, la notion même de la démocratie ouvrière plutôt que d’une dictature ouvrière permet entre autres la véritable question de la position démocratique au sein du mouvement ouvrier.

Dans le domaine politique, l’évolution du système conduit, si le terrain y est favorable, à la démocratie, à la participation de toutes les couches de la population à la vie politique. On s’oriente donc en quelque sorte vers un “Etat populaire”. Mais ceci dans le cadre du parlementarisme bourgeois où les antagonismes de classe, loin d’être résolus, s’étalent au contraire au grand jour. L’évolution du capitalisme oscille donc entre des contradictions ; pour dégager le noyau socialiste de la gangue capitaliste, il faut que le prolétariat s’empare du pouvoir politique, et que le système capitaliste soit entièrement aboli (souligné par moi)24.

La question fondamentale en ce qu’il concerne le “prolétariat” réside dans l’aspect salvateur de la démocratie. En effet, une démocratie pleine et entière suggère fondamentalement une réorientation du mouvement ouvrier dans le cadre de la “démocratisation” qui s’avère être simplement indispensable. Ainsi, il apparaît que la conquête du prolétariat du “pouvoir politique” ne peut résider dans un quelconque régime autoritaire. Or, les régimes qui s’autoproclament du socialisme à notre époque, ne se démocratisent pas. Ils sont l’antithèse absolue de la démocratie ouvrière. Ainsi, l’ouvrier du secondaire comme du tertiaire doit pouvoir choisir librement la question fondamentale de quel type de démocratie, il doit faire face tout en sachant que la bourgeoisie porte en elle la nuée ardente du fascisme. Dans le même temps, notre époque s’inscrit d’une façon ou d’une autre où nous assistons à une dynamique créant de grande défaites en termes de droits, mais aussi au niveau du progrès. La démocratie a rarement été autant malmenée par la bourgeoisie. Faut-il conclure que les “libéraux économiques” ne sont que l’antithèse du mouvement démocratique ? Le lecteur aura la sagesse de trouver lui-même les réponses.

En un mot, la démocratie est indispensable, non pas parce qu’elle rend inutile la conquête du pouvoir politique par le prolétariat ; au contraire, elle rend nécessaire et en même temps possible cette prise du pouvoir. Lorsque Engels dans sa préface à La lutte des classes en France révisait la tactique du mouvement ouvrier moderne, opposant aux barricades la lutte légale, il n’avait pas en vue – et chaque ligne de cette préface le démontre – le problème de la conquête définitive du pouvoir politique, mais celui de la lutte quotidienne actuelle. Il n’analysait pas l’attitude du prolétariat à l’égard de l’Etat capitaliste au moment de la prise du pouvoir, mais son attitude dans le cadre de l’Etat capitaliste. En un mot, Engels donnait les directives au prolétariat opprimé, et non au prolétariat victorieux (souligné par moi)25.

Quoi qu’il en soit, la question d’une démocratie ouvrière ne peut que se positionner sur le questionnement de l’idéologie du ML. En effet, si la “dictature du prolétariat” s’avère être une théorie majeure au sein du marxisme, il en demeure pas moins qu’elle est contestable notamment dans son apport idéologique et théorique tout comme de son apport pratique. La réalité réside dans les éléments que la société telle qu’elle est défendue réside uniquement dans une forme de dystopie dialectique.

La dictature du prolétariat

Il ne fait guère de doute que si je cite occasionnellement Lénine, je m’inspire entre autres des différentes sources afin d’appuyer les différents articles. La question demeure tout de même dans la notion même de “dictature du prolétariat” :

L’Etat est un “pouvoir spécial de répression”. Cette définition admirable et extrêmement profonde d’Engels est énoncée ici avec la plus parfaite clarté. Et il en résulte qu’à ce “pouvoir spécial de répression” exercé contre le prolétariat par la bourgeoisie, contre des millions de travailleurs par une poignée de riches, doit se substituer un “pouvoir spécial de répression” exercé contre la bourgeoisie par le prolétariat (la dictature du prolétariat). C’est en cela que consiste la “suppression de l’Etat en tant qu’Etat”. Et c’est en cela que consiste l'”acte” de prise de possession des moyens de production au nom de la société. Il va de soi que pareil remplacement d’un “pouvoir spécial” (celui de la bourgeoisie) par un autre “pouvoir spécial” (celui du prolétariat) ne peut nullement se faire sous forme d'”extinction” (souligné par moi)26.

Le mot “dictature” s’entend par au-delà de la contradiction comme l’antithèse du régime “bourgeois” et de la main-mise du capital comme nous l’avons vu plus haut. Toutefois, la notion de la violence au travers du processus révolutionnaire renvoie étrangement à la question même que l’on peut voir de la fausseté du caractère progressiste d’une telle conception :

Celui-ci ne peut céder la place à l’Etat prolétarien (à la dictature du prolétariat) par voie d'”extinction”, mais seulement, en règle générale, par une révolution violente. Le panégyrique que lui consacre Engels s’accorde pleinement avec de nombreuses déclarations de Marx (rappelons-nous la conclusion de la Misère de la philosophie et du Manifeste communiste proclamant fièrement, ouvertement, que la révolution violente est inéluctable; rappelons-nous la critique du programme de Gotha en 1875, près de trente ans plus tard, où Marx flagelle implacablement l’opportunisme de ce programme)27.

La question de la dictature pourrait poser de nombreuses questions quant à sa dialectique. Toutefois, il s’agit d’une certaine manière de créer un autre régime où le prolétariat a pris le pouvoir au travers de la “domination de la majorité”. Cette vision s’inscrit dans les craintes de la position très claire de Tocqueville. Pour autant, la mécanique des “forces armées” du prolétariat tend clairement à armer le prolétariat. Or, dans une dictature : aucune dictature ne possède la “séparation des pouvoirs”. Il faut comprendre également dans le cadre du renversement de la hiérarchie des normes : le prolétariat dirige alors qu’il est majoritaire et la bourgeoisie est dirigée puisqu’elle est minoritaire. Ainsi, la dictature du prolétariat apporte d’une certaine manière sur la question d’un point de vue de la majorité. De telle sorte, on peut se questionner sur le paradoxe de la dictature-démocratique afin de reprendre la thèse de Trotski au travers de la Révolution Permanente. Pour autant, il faut qu’on se le dise que les expériences démocratiques pendant la guerre mondiale, civile russe et ukrainienne (la Makhnovtchina et Kronstadt) ont été renversées par le chef de l’Armée rouge. Ainsi, nous avons une contradiction dans la théorie et la pratique.

La doctrine de la lutte des classes, appliquée par Marx à l’Etat et à la révolution socialiste, mène nécessairement à la reconnaissance de la domination politique du prolétariat, de sa dictature, c’est-à-dire d’un pouvoir qu’il ne partage avec personne et qui s’appuie directement sur la force armée des masses. La bourgeoisie ne peut être renversée que si le prolétariat est transformé en classe dominante capable de réprimer la résistance inévitable, désespérée, de la bourgeoisie, et d’organiser pour un nouveau régime économique toutes les masses laborieuses et exploitées (souligné par moi)28.

La dictature du prolétariat s’accompagne comme l’acte préparatoire de la “révolution socialiste”. En effet, le passage du capitalisme au socialisme qui se comprend comme l’une des étapes fondamentale dans la transition vers le socialisme se réalise au travers de la prise du pouvoir par le prolétariat dans le cadre d’un parti. Cette dangerosité souligne également l’élément moteur de la mise en place d’un “socialisme”. Pour autant, la volonté de créer un parti guidant le prolétariat ne peut que déboucher sur un des grands dangers. En effet, la volonté tend à créer des “leaders politiques” alors que l’un des slogans dans l’Internationale est “ni Dieu, ni César, ni tribun” . Dès à présent, nous avons un recul pour comprendre que les tensions actuelles ne peuvent en aucun cas permettre un nouveau régime de ce type qui ne peut s’apparenter uniquement comme autoritaire. Dès à présent, la recherche de la liberté et du socialisme ne font plus qu’un seul pilier.

La Révolution Russe ne peut que se voir comme une Révolution Trahie en raison de la bureaucratisation mis en place par Staline, mais aussi des conditions épouvantables et des crimes contre les droits de l’Homme orchestrés à cette époque. Même si aucune personne n’est en mesure de condamner ces actes ignobles au travers de la Justice, le jugement politique permet de condamner ces actes en bonne et due forme. Ainsi, la dictature du prolétariat partout où elle est appliquée au travers d’un parti se revendiquant du socialisme afin d’amener le communisme débouche en réalité sur une dictature sanglante et typique de tous les régimes autoritaires. Dès lors, la dictature du prolétariat apparaît comme une grosse forfaiture intellectuelle et dans la pratique. Or, la volonté de créer d’une certaine manière une révolution par étape s’inscrit également dont la vision qui sera reprise par la théorie stalinienne, mais qui ne se chargera jamais d’appliquer les différentes étapes du “socialisme”. Le stalinisme n’était d’ailleurs qu’un “capitalisme d’Etat”. Ainsi, tous les régimes qui s’imprègnent pour mettre en place la “transition socialiste” au travers d’un système étatique ne peuvent que déboucher sur le dilemme du Tramway : le capitalisme ou le socialisme ? Or, la majorité des personnes préfère le confort du capitalisme sans mettre en place d’une transition démocratique et sociale pour la construction de la “patrie socialiste”.

Nous ne sommes pas des utopistes. Nous ne “rêvons” pas de nous passer d’emblée de toute administration, de toute subordination; ces rêves anarchistes, fondés sur l’incompréhension des tâches qui incombent à la dictature du prolétariat, sont foncièrement étrangers au marxisme et ne servent en réalité qu’à différer la révolution socialiste jusqu’au jour où les hommes auront changé. Nous, nous voulons la révolution socialiste avec les hommes tels qu’ils sont aujourd’hui, et qui ne se passeront pas de subordination, de contrôle, “surveillants et de comptables” (souligné par moi)29.

La dictature du prolétariat s’oppose foncièrement à la dictature du capital. L’universalisme au niveau de la vision du suffrage questionne quant à la position de fond de la violence qui est développée par les partisans de la dictature du prolétariat. En effet, l’élargissement de la démocratie telle qu’elle est conçue permet au prolétariat de se doter de différents outils permettant à ce dernier “la prise du pouvoir”. Ainsi, dans l’Histoire, le renversement des forces internes au niveau des Etats-Nations, mais aussi au niveau mondial peut créer une prise du pouvoir par les urnes afin de créer une autre forme de dynamique plus proche du “peuple” (dans le sens que toutes les classes sont mieux représenté). De ce fait, la dictature du prolétariat s’avère être l’élément moteur pour la mise en place d’une démocratie intégrale. 

Toutefois, la recette du parlementarisme s’avère fondamentale dans le système bourgeois et devient un élément central dans la question du législateur. Or, il s’avère d’une certaine manière que la “dictature” ne permet pas de créer la “séparation des pouvoirs” : l’exécutif, le législatif et le judiciaire sont soumis au même pouvoir. Ainsi, nous pouvons voir qu’il y a un questionnement qui se pose : qu’est-ce la démocratie ouvrière sous la dictature du prolétariat ?

Lénine parle de violence et de répression et d’une démocratie qui ne peut pas exister sans la liberté. Or, nous avons très bien vu que sous la Commune de Paris que Karl Marx vantait dans la Guerre civile en France était l’expérience la plus aboutie en matière de gestion ouvrière de la cité. Toutefois, il semble nécessaire de voir que cette gestion n’était pas au niveau national. En effet, le “modèle fédéraliste” (ou plutôt communaliste) que les “communards” opposaient aux Versaillais. Ainsi, nous sommes dans le paradoxe de Lénine : la recherche de la démocratie au travers de la dictature.

Or, la dictature du prolétariat, c’est-à-dire l’organisation de l’avant-garde des opprimés en classe dominante pour mater les oppresseurs, ne peut se borner à un simple élargissement de la démocratie. En même temps qu’un élargissement considérable de la démocratie, devenue pour la première fois démocratie pour les pauvres, démocratie pour le peuple et non pour les riches, la dictature du prolétariat apporte une série de restrictions à la liberté pour les oppresseurs, les exploiteurs, les capitalistes. Ceux-là, nous devons les mater afin de libérer l’humanité de l’esclavage salarié; il faut briser leur résistance par la force; et il est évident que, là où il y a répression, il y a violence, il n’y a pas de liberté, il n’y a pas de démocratie (souligné par moi)30.

La volonté de Lénine d’opposer la démocratie capitaliste ou bourgeoise qu’il faut comprendre comme le parlementarisme à la dictature du prolétariat comme époque de transition pour construire la démocratie de demain afin que la “majorité silencieuse” puisse gérer la tournure à prendre. 

Cependant dans le cadre de l’Union Européenne et de la vision de l’Europe (que je défends), nous le voyons très bien que cette théorie se confronte fondamentalement aux différentes soupapes de secours des différentes juridictions européennes. La tentation pour créer une démocrature serait dangereuse. Le Communisme n’a pas besoin de dictature afin de dépasser l’Etat. Dans le même temps, la question de la désintégration de l’Etat advient comme une forme d’utopisme qui s’inscrit comme l’une des phases post-capitaliste.

Ainsi donc, en société capitaliste, nous n’avons qu’une démocratie tronquée, misérable, falsifiée, une démocratie uniquement pour les riches, pour la minorité. La dictature du prolétariat, période de transition au communisme, établira pour la première fois une démocratie pour le peuple, pour la majorité, parallèlement à la répression nécessaire d’une minorité d’exploiteurs. Seul le communisme est capable de réaliser une démocratie réellement complète; et plus elle sera complète, plus vite elle deviendra superflue et s’éteindra d’elle-même31.

Pour clôturer la notion même, on verra que la rhétorique léniniste s’avère très proche de la rhétorique stalinienne :

Pour ces messieurs, la “dictature” du prolétariat “contredit” la démocratie ! ! Au fond, rien de sérieux ne les différencie des démocrates petits-bourgeois32

Le coup d’Etat des bolchéviks durant la “révolution d’Octobre” se transcrit par le moyen de transformer de la gestion du pouvoir sous la forme d’un parti unique. Ainsi, la dictature du prolétariat qui devait être l’antithèse de la République bourgeoise au travers du parlementarisme s’est avérée être nul et non avenue. En effet, sous la question de la “dictature” a laissé place à une dictature féroce et la mise en place du ML ouvrant la voie au totalitarisme débouchant sur des crimes contre l’Humanité entre 1917 et 1991 comme nous l’avons ci-dessus.

Pour autant, la chute de l’Union Soviétique aurait dû laisser dans les mémoires la réalité de la philosophie de Lénine. Mais que penser finalement de son bras droit : Léon Trotski ? En effet, une dictature du prolétariat sous Lénine ou qu’elle aurait été sous Léon Trotski demeure la même chose : une dictature à parti unique.

Une vision incombe rigoureusement à savoir ce que l’on considère comme une “dictature” dans le cadre où le parlementarisme actuel peut être considéré comme une dictature du capital. En effet, les partis changent, mais la politique bourgeoise s’inscrivant dans tous les domaines de notre vie laisse entre elles une vision tantôt conservatrice, tantôt libérale.

De ce fait, il advient qu’au travers de la démocratie ouvrière telle qu’elle est formulée par Rosa Luxemburg permet entre autres de fédérer les ouvriers du secondaire tout comme ceux du tertiaire en faisant advenir les salariés au sein de leur Parlement nationaux. Pour autant, la question de la quête des régimes parlementaristes par le prolétariat permet de créer une forme de démocratie claire et nette avec l’ensemble des rapports de force en faveur du prolétariat.

Des éléments de langage qui me distingue clairement du ML puisque la position d’un parti unique ne permet pas de créer une véritable ouverture vers le progrès. Au contraire, nous avons constaté et nous constatons encore que les dictatures à parti unique sont embastillées dans la bureaucratie. La démocratie est inaliénable et demeure l’alpha et l’oméga tout comme la défense des libertés individuelles. Ainsi, le communisme a besoin de se renouveler dans un élan démocratique afin de laisser le pluralisme, la liberté d’expression et d’opinion. Sans cela, le communisme en tant que mouvement philosophique est voué à l’extinction, mais aussi à la radicalisation de certains mouvements idéologiques au travers du nationalisme notamment et de l’identitarisme. Il semble nécessaire de voir ces positions dans le cadre des chutes des régimes se revendiquant du socialisme se retrouve aux mains de la réaction néofascisme, néoconservatrice et ultralibéral. Enfin, une politique doit se baser sur la question d’un vote de masse en faveur d’une démocratie ouvrière. Ainsi, le Parlement bourgeois se transforme dans un parlement ouvrier tout en gardant la philosophe libérale dans le cadre de la séparation des pouvoirs.

Le Front progressiste

Nous le verrons ensemble ci-dessous, mais si je crois foncièrement que le communisme advient comme l’avenir et le progrès. Il en demeure pas moins qu’il faille être critique sur la question même des alliances et de la doctrine concernant le “front progressiste”.

À l’heure actuelle, le communisme est décrié par la bourgeoisie tel le “spectre qui hante l’Europe”. Un communisme au XXIe siècle présuppose une vision pragmatique et cohérente. La “lutte finale” contre la bourgeoisie crée un schéma ouvert dans le cadre d’une stratégie visant à amener partout le progrès où cela est possible. L’inverse ne peut que conduire à une forme précise du recul de plusieurs siècles en arrière.

Dans cette période de crise sanitaire, la boussole du progrès s’agite dans tous les sens. De nombreux autoproclamés progressistes lâchent le progrès afin de d’épouser des théories obscures. Devons-nous s’allier avec ces personnes, ces mouvements ou encore ces partis ? Le “barrage républicain” n’a de sens qu’au travers de la défense de la République.

En tant que communiste (luxemburgiste), il semble nécessaire d’aiguiller une boussole où le progrès est axé sur le Nord. Dans le cas inverse, nous risquons de passer outre sur un siècle perdu et de perdre l’ensemble des conquêtes sociales. Le mouvement réactionnaire poursuit son oeuvre depuis près de quarante ans.

Le capitalisme poststalinien

Ensuite, la réaction poststalinienne laisse clairement des dégâts importants. Les nationalistes reprennent les théories de Staline pour les adapter à leur logique. De telles sortes à ce que le totalitarisme rampant de l’URSS s’adapte très clairement à la question de l’isolationnisme

Moscou a changé ses couleurs : le rouge vers le bleu nationaliste afin de procéder concrètement à une mise en application de leurs visions de la société33. Le socialisme dans un seul Etat a laissé place à un capitalisme isolé au travers des frontières économiques et matérielles. La doxa réside d’une certaine manière de voir le changement d’une façon ou d’une autre dans l’idolâtrie de la Nation. En faisant passer la question de la nation sur l’individu, il existe ainsi une forme de reproduction du totalitarisme tel qu’il a été explicité par Hannah Arendt 34. De ce fait, Marine Le Pen et ses sbires ont une volonté d’appliquer la théorie stalinienne remodelée d’une certaine façon au capitalisme.

Toutefois, il semble nécessaire de voir que le stalinisme était également une forme de capitalisme sous couvert d’une promotion du socialisme. Ainsi, le capitalisme développé par l’extrême-droite française, mais aussi internationale a la particularité de créer un système ultra-libéral à l’intérieur opposant les travailleurs entre eux afin de gagner dans la productivité, la baisse des salaires et accroître les dividendes pour les propriétaires d’actions.

Dans le même temps, cette logique devrait entre autres s’accompagner d’une dynamique en faveur des traités de “libre-échange” alors que la logique s’inscrit dans le protectionnisme 35. De ce fait, du stalinisme au lepénisme tout comme la politique de Donald Trump durant son mandat s’inscrit typiquement dans la construction de la “patrie” et de la “nation” sous l’égide du “capitalisme dans un seul Etat” démontrant l’aspect totalitaire de la vision décrite.

La question de l’administration de Trump 36 ou encore celle du Brexit 37 pose de nombreuses questions. En effet, l’isolationnisme tout comme le protectionnisme demeure des idées aux antipodes du capitalisme moderne et constitue d’ailleurs un repère identitaire. Ce terrain propice aux différentes politiques ne peut que déboucher sur un nationalisme rampant et le terrorisme de l’intérieur.

Il semble nécessaire de voir qu’il y ait une “International Brune” 38 se positionnant progressivement sur tous les sujets sociétaux tout comme économique. Ainsi, le combat se retrouve autant au niveau national que supranational. En effet, face à l’arc obscurantiste, la question de combattre sans exclusion les mouvements idéologiques reprenant les idées du néofascisme de près comme de loin s’inscrit dans une logique sans compromission. Dès lors, le combat est total et sans pitié. En effet, il advient très clairement de souligner que lorsqu’il y a un début de compromission comme le réalise le gouvernement alors l’extrême-droite devient dès lors une alternative pour mettre un programme cousin. Le combat avec le fascisme ne se négocie pas.

La tentation de l’Etat Policier comme alternative à la l’Etat de droit

Ma position réside dans le fait de défendre l’Etat de droit et non l’Etat légal, c’est-à-dire l’Etat Policier. Je pense clairement qu’il faille le pouvoir judiciaire tout comme le pouvoir exécutif. Il y a une volonté également d’augmenter le nombre de forces de l’ordre. Cela permet de rassurer la bourgeoisie, mais aussi de garantir l’ordre public. Dans ces conditions précises, il semble nécessaire de voir que nombreux partis politiques ou mouvements se targuent de caresser dans le dos les différentes corporations policières. En effet, cela permet entre autres de réaliser du clientélisme au grand profit de la classe dominante qui est rassurée. Ainsi, les réformes concernant la Sécurité permettent de réaliser d’une façon ou d’une autre la stabilité paradoxale du système politico-policier. Enfin, soulignons que la paix civile est garantie au prix du sacrifice de toutes les libertés individuelles.

Dès lors, la vision d’un antifascisme populaire doit reprendre l’ordre de bataille face aux différents partis de l’ordre jusque dans le Parti Communiste Français :

Je pense qu’elle avait parfaitement raison. Face à cette tentative de putsch provenant de mercenaires et soutenue par le pouvoir en place tout comme une armada de citoyens et de politiciens du Parti Communiste Français jusqu’au néo-nazi, il ne se fait pas l’ombre d’un doute que le “droit à l’état policier” devient une revendication majeure.

Les questions sécuritaires interviennent à un moment donné où dans le désespoir ambiant, le “sentiment d’insécurité” se développe fortement au sein de la classe dominante. Dans les faits, cela suggère que la vision d’un régime autoritaire comme “garde-fou” de la République advient à un moment clef dans la construction du processus historique du rapport de force entre le capital et le travail. 

Les circonstances peuvent paraître abstraites, mais la vision de défendre les revendications des gardiens du “libéralisme économique” ne peut que déboucher sur un malaise de l’autre partie de la société. En effet, la spirale sans fin qui entraîne davantage de lois en faveur de la sécurité rogne progressivement sur le “libéralisme philosophique”. Le lecteur comprendra d’une façon très claire que la surenchère sécuritaire ne peut que déboucher sur une transition progressive vers “l’Etat policier”. 

À partir de ce moment-là, la question réside dans le fait de défendre les “libertés individuelles”. En effet, le passage vers un néofascisme se transcrira au travers d’une préparation du droit. Le format de la sauvegarde de la République vis-à-vis des dérives trouve également dans le fait que l’on ne puisse plus critiquer les Forces armées du capital sans risquer une plainte par le violeur présumé Gérald Darmanin. Les méthodes d’intimidation font partie des recettes pour faire taire l’opposition et de ce fait en finir avec la démocratie.

L’alternative est le Front Progressiste

La question concrète du “progrès” s’inscrit très clairement dans une vision où les différents courants se réclamant du libéralisme économique n’ont fait qu’accroître la percée idéologique de l’extrême-droite. De telles sortes à ce qu’il n’existe à ce jour aucune mesure progressiste sauf exception faite en ce qu’il concerne “la PMA“. Ainsi, l’exception étant citée, le reste n’appartient qu’à la contre-révolution réactionnaire et conservatrice.

Les forces progressistes autant dans la pratique que dans la théorie doivent s’unir afin de faire “front commun” contre la peste brune. Ainsi, il convient de refaire revivre l’idéal républicain au travers du modèle “démocratique et sociale” afin d’aboutir jusqu’au bout la “République” et non de laisser la République comme un “monstre bourgeois”. En effet, la “République Française” actuelle peut dès lors opérer une mutation vers un régime néofasciste. Toutefois, les conditions ne semblent pas atteintes afin que nous allions la transition d’une “République Démocratique et Sociale” 39, mais bien vers un modèle Hybride se réclamant de la République.

Le passage progressif vers un “Etat légal” 40 où le droit n’est plus qu’une archétype permettant entre autres de faire passer tout un ensemble de mesure afin de rester dans la légalité. On notera dans un même temps que la notion renvoie à également à Charles Maurras qui soulignait de défendre les valeurs monarchiste en rupture avec l’idéal républicain. Les germes du fascisme au XIXe siècle se situait clairement au niveau des individus en s’atomisant au profit de la “mère patrie”. L’intérêt supérieur de cette dernière ne pouvait que corrompre les libertés individuelles. Or, c’est justement à partir de la rupture que nous assistons d’une manière ou d’une autre à une vision totalement hybride au niveau du XXIe siècle. Au niveau européen, il existe des soupapes empêchant dans la théorie la lente déliquescence des pays au travers d’un système de contrôle et de régulation des droits fondamentaux.

Pour conclure, la situation actuelle en ce qu’il concerne la pandémie du Coronavirus laisse entrevoir un certain nombre de dérapages intempestifs et nauséabonds. De telles sortes à ce qu’un grand “sursaut républicain” ne peut que s’articuler sur des valeurs et un idéal. Ainsi, il appartient à changer de trajectoire afin de faire naviguer un “front progressiste” afin de remplacer le “barrage” ou “front républicain”.

Notes

Accueillir les réfugiés pour combattre les talibans

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Le parti de l’ordre et l’extrême-droite ont trouvé un nouveau chef de bataille : la lutte contre ceux qui combattent les discriminations et accueille les réfugiés, notamment Afghans. En effet, sous l’expression de combattre les “woke“, ils sont partis concrètement dans une logique dangereuse en caressant les talibans, les islamistes et les djihadistes. La question qui se résume réside : comment peut-on critiquer les valeurs de solidarité et de fraternité afin de réaliser une vision très lâche, nauséabonde et taliban-lepéniste ? En utilisant cette expression, j’inclus évidemment la “bande à Pécresse” qui se situe au fin fond de l’extrême-droite tout en se réclamant soft dans les apparences alors que sur la doctrine, ils sont dans la radicalité. D’ailleurs, son parti politique “Libre !” se positionne afin de mettre les libertés économiques au-dessus des droits fondamentaux. Nous sommes typiquement dans le cadre de la pensée de Friedrich Hayek. Ce dernier pensait que les “libertés économiques” n’avaient pas de prix incluant de facto les pires régimes pour les sauvegarder. Les “talibans” du néolibéralisme, voilà ce que représente l’Hydre néofasciste : Le Pen et Pécresse (tout comme Bertrand).

Il ne se passe pas une seule fraction de seconde sans que cette horde d’antirépublicain en opposition aux valeurs universelles de la République. Ils déversent leurs propos discriminatoires pour marquer une vision ultraconservatrice. Au pays de Rousseau tout comme de Descartes, ils essayent de mettre le voile sur les Lumières comme les talibans sur les femmes. Ils se servent d’ailleurs des femmes afghanes pour reprendre implicitement le slogan fasciste “France First” s’inspirant du mouvement fasciste “Britain First”. Pendant que cette extrême-droite utilise l’argument obscure de “l’islamo-gauchisme” pour souligner l’alliance entre la gauche et les islamistes (qu’il faut comprendre par les djihadistes de toutes obédiences), ils ne passent pas un seul instant sans qu’ils ne raillent le “modèle républicain”. Dès lors, le “parti de l’ordre” essaye de réclamer clairement une vision fasciste au travers d’un régime hybride sous la coupe de Dieu. N’est-ce pas une ironie si les talibans fonctionnent de la même manière ?

Il me semble nécessaire que ceux qui critiquent les personnes pour l’accueil des réfugiés afghans ont pactisé avec les talibans qui empêchent les Afghans de fuir le pays. Nous le voyons très bien que l’axe néoconservateur s’enracine très clairement dans ces éléments. Pourtant, ils passent leurs temps à critiquer la “gauche”, “l’universalisme” et les différents “voiles”. Leurs positions s’inscrivent dans une dissonance cognitive. Ainsi, au travers de leur endoctrinement dangereux dans le néolaïcisme qui s’avère n’être autre qu’une philosophie antagoniste si propre aux ennemis de laïcité comme les islamistes, les talibans et les terroristes de Daesh. Ces politiciens et militants devront rendre des comptes sur leurs prises positions.

Le fédéralisme pour sauver l’Europe et le progrès

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La longue question de l’Europe fait clairement débat au sein des partis se réclamant du progrès. Il ne fait guère de doute que ces dernières décennies, nous avons perdu la bataille des idées. Aujourd’hui, en ce début des années 2020, un projet peut naître clairement de la volonté de vouloir souder une Union Européenne basée sur d’autres valeurs.

En tant que communiste, je l’assume clairement : la solution ne se situera pas au niveau national, mais bien au niveau supranational. Dans ce sens, il convient de remodeler de fond en comble ce qui fait l’Union Européenne afin de créer un véritable chemin progressiste loin du carcan actuel de l’austérité et de l’ultralibéralisme à tout-va. Ainsi, il ne fait guère de doute que je crois foncièrement au destin d’une “Europe Fédérale”. Logiquement, le projet socialiste dans le cadre d’un projet fédéral a encore de nombreuses barrières qui le bloquent et l’en empêchent de créer une alternative concrète afin de redonner de l’espoir à des centaines de millions de personnes.

Il ne fait guère de doute que l’époque soviétique au travers d’une bureaucratie qui a conduit au totalitarisme sous le stalinisme et bien d’autres dictatures. Nul ne peut remettre en question les faits clairement établis par les différentes recherches historiques en la matière. Ainsi, nombreux sont les Etats se réclamant du socialisme qui ne sont dans les faits que des formes exacerbées du “capitalisme d’état”. Or, le capitalisme étatique, mixte ou d’obédience libérale reste d’une manière ou une autre le capitalisme, mais les régimes avec parti unique ont la particularité d’être des dictatures. Ainsi, le sujet du socialisme tout comme du communisme a laissé des séquelles dans les pays de l’Europe de l’Est. Cela est compréhensible, mais un apprenti-dictateur comme Viktor Òrban n’est-il pas un capitaliste ? Le capitalisme dans sa forme extrême porte en lui les germes de l’autoritarisme et de la dictature sanglante tout comme des millions de morts qu’ils causent indirectement chaque année. Pourtant, nul ne critique ce système philosophique et économique. Ainsi, l’exploitation peut perdurer. Le capitalisme n’est pas remis en cause malgré des dictatures sanglantes sous des formes totalitaires et fascisantes.

Ensuite, le patriotisme européen au travers d’un drapeau critiquable témoigne d’une volonté de s’axer et de sortir au travers de la vision “internationaliste”. Or, ce qu’il me chagrine dans le terme de “l’internationalisme” réside dans le fait qu’il fait intervenir le “nationalisme”. Il est vrai que pour reprendre Michel Winock, il existe différents types de nationalisme : ouvert, fermé et républicain. Nous nous situons dès lors dans un “nationalisme républicain” à l’image de Robespierre tout comme de Gracchus Babeuf. Dès lors, se fonde clairement une vision émanant des mouvements révolutionnaires de 1780 – 1790, et de 1848. La question de la patrie n’était pas autant déformée qu’elle l’était actuellement par l’extrême-droite et les différents partis se réclamant de la droite. Subjectivement, cela a créé une distorsion dans les faits au niveau de la représentation de l’Etat et de la République. Le patriotisme, c’est la guerre comme une nuée ardente et l’impérialisme en ce qu’il concerne la France. Ainsi, l’internationalisme doit laisser place au “mondialisme” afin de rejeter la question même du nationalisme tel qu’il est pratiqué actuellement.

Il convient également de souligner que le patriotisme tel que je le critique débouche sur un amour de façon inconditionnelle à la nation. Certains revendiqueront la différence entre le patriotisme et le nationalisme. Dans les faits, l’amour de la patrie ou la défense incommensurable de la nation afin de faire passer le collectif au-dessus des individus au travers d’un ethno-différentialisme laisse entrevoir d’une forme ou d’une autre que nous sommes dans une période phare où le rééquilibrage des forces politiques s’articule sur des valeurs élémentaires. En cette période où l’extrémisme galvanise les foules au travers du populisme tout comme de l’ignorance, il convient de remettre les pendules à l’heure. Le populisme n’a pas sa place dans un quelconque matérialisme tout comme le démagogisme.

Le fédéralisme rejeté en 2005 sous la forme d’une constitution européenne ne me permet pas d’avoir une vision objective. Cependant, je pense que la construction d’une Europe Fédérale doit se construire avec le consentement éclairé des citoyens. Toutefois, le fédéralisme intégral importe une nuance de bout en bout à une telle vision. En effet, il permet de créer une grande autonomie aux Etats tout comme de créer un socle commun. D’une façon ou d’une autre, nous avons déjà une monnaie unique (même si j’aurai préféré une monnaie commune) au travers d’une Banque Centrale Communautaire, un Parlement et un Territoire. D’une manière ou d’une autre, l’Union Européenne se construit comme celle d’un Etat-Nation en train d’émerger. Je pense fondamentalement que nous n’aurons pas le choix que de pousser la porte afin de ne pas être dans le mur. La question qui peut créer une distorsion, réside dans le fait le question vis-à-vis du remboursement (ou pas) de la dette publique et privée.

De nos jours, la lente déliquescence des politiques au sein des différents Etats au travers de la montée des idées d’extrême-droite au sein de tous les partis politiques se traduit par un retour en puissance de la question du “parti de l’ordre” afin de créer une société autoritaire. Or, nous le voyons clairement qu’une tangente peut être prise afin de créer une alternative à la question d’une Europe Ultralibérale. Bien évidemment, cela incombe de modifier l’ensemble du socle des différents traités en l’état afin d’aboutir à une vision plus égalitaire et plus sociale. Le “social-libéralisme” ne fonctionne pas actuellement. En effet, il y a le néolibéralisme, mais sans l’aspect social. Or, c’est justement ce manque de politique sociale qui se traduit dans les faits par un scepticisme vis-à-vis de l’Union Européenne. Cela se matérialise par une grande fracture au niveau de la France : les classes populaires rejettent l’Europe alors que la bourgeoisie soutient massivement l’Europe. Ce paradoxe se traduit par une incompréhension au niveau de la société. Ainsi, se construit le cauchemar de l’illibéralisme et du repli sur soi.

Enfin, la question de l’attache à l’Union Européenne doit permettre d’effacer la question même des nations, le risque de créer une nation au niveau supranational peut résider dans le fait même de l’explication de cette dernière. Ainsi, il convient de réaliser une déstructuration même des nations afin d’arriver d’une manière ou d’une autre à une forme même de l’individualisme sans aller dans le concept même dans le sens de l’individualisme méthodologique si cher au néolibéralisme et à toute forme de néolibéralisme passant les libertés économiques au-dessus des libertés individuelles et communes.

L’opposition au pass sanitaire est protofasciste

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Les gugusses manifestent dans les rues tous les samedis contre le “pass sanitaire” sous différents prétextes plus ou moins farfelus au nom d’une crainte, d’abstraction des faits et des études scientifiques. Cette rigueur qui tourne autour d’une vision très clairement ancrée dans une analyse distinctive. Qu’est-ce qui fait peur dans le pass sanitaire ? Qu’est-ce qui est différent en un carnet vaccinal ou de santé ? Ces questions demeurent tout de même l’alpha et l’oméga dans le début d’un quelconque raisonnement au sujet du “pass sanitaire”.

Ainsi, il semble nécessaire au nom de la “recherche des faits” d’apporter des éléments de réponses s’inscrivant dans la rigueur matérialiste. La réécriture de l’Histoire au travers d’un “angle alternatif” projetant l’ensemble des craintes et des phobies diverses s’initie dans les faits que ces derniers portent en eux les germes d’une vision protofasciste. Le mélange totalement hétéroclite allant de l’ultra-gauche à l’ultra-droite témoigne également d’un confusionnisme ambiant très important au sein de la société. En effet, les manifestations se construisent concrètement sur une désinformation de fond et de mensonges massifs. La propagande antivaccinale (légèrement différente de celle du pass sanitaire) s’inscrit comme la consommation de l’alcool de façon bringe-drinking. Elle est massive et sur une courte durée. Or, la recherche de l’effet de buzz dans ces mouvements ne se réalise en aucun cas au travers d’une réalisation d’une vérité, mais de la propagande. On se rend compte qu’il y a tout de même une vision très claire de réaliser que les fake news sont une réécriture sur un corpus d’un profond malaise psychique (et il ne s’agit pas de psychiatriser les personnes en question).

Le mouvement complotiste existait sérieusement avant l’ère de Donald Trump. La complosphère n’est en rien un fait inédit. Elle existe depuis plus d’un siècle, mais reste “l’avant-garde” dans l’utilisation des technologies numériques. Dès lors, il semble nécessaire de voir qu’au sein de cette extrême-droite se positionne tout un champ politique plus ou moins nauséabond.

Les “résistants 2.0” à la “dictature sanitaire” pour paraphraser l’association d’extrême-droite “Réinfo-Covid” utilise la méthodologie et l’ensemble de l’aspect de la sémantique liée à la “réinformation” afin d’asseoir leur emprise au sein de la population. Cette stratégie visant à élaborer une “vérité alternative” par rapport aux différents éléments s’inscrit clairement dans l’ancrage politique de l’extrême-droite 1. Il existe également une corrélation entre l’extrême-droite et le mouvement “vaccino-sceptique” 2. La question de l’eugénisme tant promue par Florian Philippot, Louis Fouché ou encore Martine Wonner apparaît paradoxale puisque ces derniers n’hésitent pas à critiquer le régime nazi en se considérant persécutés … tout en reprenant ouvertement les thèses hygiénistes du Troisième Reich 3.

Il semble nécessaire de voir que le “pass sanitaire” n’est autre qu’un certificat vaccinal issu du carnet de santé4 avec un “QR code” afin de le sécuriser. La question de retrouver une vie antérieure à celle que nous avions avant la pandémie semble plus que nécessaire. Nous en avons assez bavé avec nos camarades. Puis, la lutte contre le capitalisme devient primordial.

L’obligation vaccinale est nécessaire

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Les apprentis sorciers du libertarisme et des “libertés individuelles” nous bassinent sans cesse ces derniers temps sous le slogan : “Libertay“. Ils viennent d’horizons divers et pourtant, ils sont “vaccino-sceptiques” pour reprendre leur novlangue (afin de ne pas dire “antivax”).

L’obligation vaccinale face au vaccino-scepticisme

Dans ces éléments de philosophie politique, la promotion de la vaccination obligatoire serait un élément contraignant. Toutefois, les politiques de santé publique nécessitent une “force de l’action de l’Etat”. En effet, l’individualisme au sens méthodologique ne permet pas de garantir la même efficacité que la coercition. Dans l’absolu, la nécessité de la “liberté” devient nécessaire sauf lorsque les personnes sont prêtes à être “liberticide” pour les autres.

La régulation de l’Etat devient plus que nécessaire à ce moment-là. Loin sans faute qu’il me semble nécessaire de déconstruire la question de l’autorité de l’Etat, mais les conditions nécessaires pour en finir au travers de son abolition ou d’une quelconque révolution ne sont pas réunies. Ainsi, il n’est pas opportun de se positionner d’une quelconque matière de façon absolue contre toutes les formes d’autorité.

De plus, il semble nécessaire que le mouvement progressiste, matérialiste et marxiste (ou marxien) peut se positionner d’une certaine manière en faveur de l’obligation vaccinale afin d’éradiquer les maladies contagieuses que nous pouvons par un “traitement préventif”, c’est-à-dire au travers de la méthode vaccinale. On peut dire d’une certaine manière que le fait de vaincre des épidémies ou même des pandémies réside dans un véritable progrès. En ce sens, la question de la mise en place d’une politique vaccinale reste étroitement liée avec une politique clairvoyante en faveur du progressisme et plus réciproquement du socialisme (quelle que soit sa forme). Ainsi, au moment où manifeste les syndicats et gilets jaunes, les partis de l’alt-left française, et autres mouvements citoyens contre la vaccination obligatoire, on peut clairement se poser des questions puisqu’ils ne sont que la minorité bruyante, clairement hostile à toute forme de sortie de crise de cette pandémie.

De ce fait, on se rend compte qu’il y a clairement une vision entièrement déstabilisante pour les partisans d’une “liberté absolue”. La logique voudrait que nous ne passions pas par “l’obligation vaccinale”. Hélas, face à des personnes qui ne regardent que leur nombril et sont incapables de raisonner au niveau “macro” et s’inscrivent dans un alliage de “l’individualisme du soi”. Même le théoricien de la “main invisible” à savoir Adam Smith pensait qu’il était nécessaire de créer un “service public” là où le “service privé” ne pouvait en aucun cas se substituer. Ainsi, il semble nécessaire de voir qu’il y a d’une certaine manière une nécessité d’enclencher des mesures sanitaires strictes et rigoureuses.

L’obligation vaccinale depuis 1902 (variole)

Photo: Trois ampoules de vaccin contre le choléra, Paris, 1924

Le Vaccin contre la variole est rendu obligatoire en 1902. Son administration à auparavant administrée à certaines couches de la population.

Contraindre les soignants sous forme de sanctions disciplinaires s’ils ne sont pas vaccinés au nom de l’obligation vaccinale n’est pas se positionner dans “l’esprit autoritaire”, mais dans un esprit d’entraide et de solidarité, notamment envers les plus fragiles. Lorsque l’on soigne des personnes, on ne peut se permettre de mettre en danger les patients à travers des maladies ou des infections attrapés à l’Hôpital (les fameuses maladies nosocomiales). D’ailleurs, s’ils sont soignants, ils ont dû assumer clairement un processus d’obligation vaccinale, dont le vaccin contre l’Hépatite B qui contient de l’Aluminium alors que les vaccins Moderna et Pfizer n’en contiennent pas. Cherchez l’erreur ! Il semble peut-être nécessaire d’avoir une refonte du DEAS !

Nous l’avons déjà explicité que les maladies telles que la variole (dont la dernière épidémie date de 1974) sont liées à des efforts clairs sur l’ensemble du globe. Dans le même temps, les traitements pour soigner ces maladies sont nettement plus lourds et clairement ruineux pour l’économie et le budget de la Sécurité Sociale. La question d’ailleurs que les opposants aux différents “lobbys pharmaceutiques” soulignent, demeure dès lors clairement caduque. En effet, ils ne peuvent que résider dans les “idiots utiles du capitalisme pharmaceutique”. Dans ces conditions, leurs arguments sur les expérimentations du vaccin sont “nuls et non avenus”. Cependant, la ténacité de telles croyances réside dans des approches clairement mystiques. Un vaccin coûte entre 20 et 150 euros, une journée en réanimation entre 2 500 et 10 000 euros avec de vrais traitements expérimentaux et sans reculs au nom d’une médecine de guerre.

Le mouvement libertarien lié à la philosophie “antivax”

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Dans un monde ultra-libéral et libertarien, on peut jouir pleinement du slogan “mon corps, mon choix”. L’usage de l’adverbe permet de créer une différenciation avec l’usage tel qu’il était réalisé dans les luttes féministes dans les années 1960 et 1970. Au départ, il s’agissait entre autres de créer une émancipation réelle vis-à-vis de la domination masculine dans tous les domaines de la vie : habillage, maîtrise des appareils de reproduction, l’interruption volontaire de grossesse, etc. Il s’agit évidemment d’un réel progrès pour la condition des femmes et de facto pour l’ensemble de la société. Depuis cette révolution sexuelle, on voit que deux courants clairement antagonistes ont émergé : le libertarianisme (avec les différents sous-courants) et la position anarcho-communiste. On concédera qu’une partie des présupposés adversaires du système capitaliste et patriarcal n’ont aucune gêne à défendre les thèses libertariennes et à se revendiquer de l’anarchie tout comme du communisme. Les “libertés individuelles” sur “les libertés collectives” rappellent dans les faits que l’anarchisme individualiste de Stirner et du défaitisme révolutionnaire d’une partie de la classe prolétarienne ne sont que les bouts des tentacules d’un long désarmement du capitalisme vis-à-vis du camp du progrès.

Dans toute société, il existe des tabous. La question n’est pas vraiment de savoir si ces derniers sont négatifs comme positifs pour la société. Ainsi, la vision cohérente qui s’en dégage ne peut qu’aboutir au fait suivant que l’être humain ne pourra jamais pleinement jouir de son propre corps au regard des différents principes de l’éthique mise en place au travers d’une législation. Si la législation de nombreux éléments de lois peut être soumise à différentes controverses, la question fondatrice du libertarianisme débouche finalement sur les pires vices du capitalisme au travers de “la vente de tissus et d’organes humains” sous prétexte du choix. Tout ceci n’est guère rationnel au pays de Paul Lafargue. Cela peut paraître assez provoquant d’ailleurs, mais la “vente du corps de l’être humain”, sous quelques prétextes que cela soit, s’inscrit dans les pires dérives de l’espèce humaine. En effet, le “capitalisme sans tabou” admet que le “corps est une marchandise” finalement comme un autre. Ainsi, le “rein” ne serait finalement pas différent de celui d’un réfrigérateur. La question de la valeur prend également d’un ensemble de paramètres : qualité, rareté, etc.

La personne possède toujours la “liberté contractuelle”, mais dans une société où le dépassement de l’Etat est une réalité dans une époque pleinement capitaliste. Toutefois, la question de la “liberté de choix” au niveau d’une certaine éthique s’inscrit de façon pleinement dans le sens où là il n’y a pas d’éthique, pas de règles … Individualiste jusqu’au bout et dans ses retranchements, la question réside à savoir quelles sont les limites de “la liberté contractuelle” ? Comment peut s’exprimer une liberté de choix ? Autrement dit, il semble cohérent que nous ne vivons pas dans ces deux mondes en question.

Faire de la politique, c’est faire des choix

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Nous vivons dans une société de plus en plus dangereuse. Le mouvement antivax biberonné à la haine et à l’obscurantisme me targue de me dire que j’avais pris de l’avance lorsqu’il s’agissait entre autres de monter au combat contre les hordes et les meutes. Toutefois, j’avais fait une erreur majeure et fondamentale : face à l’extrême-droite, on ne part pas tout seul au front au risque de se retrouver submerger par ces personnes. Au rythme du jour, c’était la même propagande totalement délirante et sans fondement argumentatif. En l’occurrence, l’artiste comme tous ses prédécesseurs hurlent sans cesse à “liberté d’expression” pour justifier son “ignorance” et sa “bêtise”. Sur le combat frontal, j’ai assez donné face à des personnes qui ne s’inscrivent pas dans la “bienveillance”, mais bien dans la soumission à leurs croyances.

Peut-être qu’il n’ose pas l’avouer, peut-être qu’il ne voit la dérive devant leurs yeux. Il y a des personnes qui croient en Dieu, c’est un choix qu’ils ont pris. Puis il y a des personnes qui croient à des théories qui n’ont jamais été prouvées scientifiquement. La question du complotisme s’inscrit de facto dans le domaine de “croire”. Or, lorsque les théories complotistes en ce qu’il concerne le “mouvement antivaccin” sont tout simplement non-fondées. Ce n’est plus “In God We Trust”, c’est “In Conspiracy We Trust”.

L’une des questions fondamentales réside à savoir celle-ci : sont-ils idiots et stupides ? Je sais, on ne devrait pas juger les personnes en fonction de leurs croyances et de leurs dogmes. Toutefois, au vu du fanatisme, je me demande s’il ne serait pas nécessaire de réaliser une vision d’envergure face à la minorité bruyante. Cette nuée d’obscurantisme soudain me targue de me dire que finalement, il faudrait les isoler et leur accorder le moins d’importance possible. Or, comme les évangélistes, ils restent très dangereux et n’hésitent plus à pas à passer à des actions commandos que l’on pourrait qualifier presque de terrorisme en ce qu’il concerne les incendies des centres de vaccination.

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Les partisans de la “libertay” ne sont pas les mêmes qui manifestaient dans les rues pour défendre les droits et les conquêtes sociales. Au contraire, les personnes partisanes entre autres d’un libertarianisme (ou libertarisme) veulent une liberté absolue qui consiste à surdimensionner le “moi” au profit de la destruction du “contrat social”. Ces personnes-là, comme je le soulignais dans un précédent article, s’inscrivent dans les théories de Spooner, de David Friedman, Nozick & co. Autrement dit, ces théoriciens ne sont pas des blagueurs : ils sont aux ordres de l’individualisme absolu. Ils chantent ensemble contre le “vaccin obligatoire” alors que nous sommes dans la pire crise sanitaire du siècle. Ils sont incapables de se responsabiliser. Le variant Delta a déjà atteint le R de 1,6 selon les chiffres de Santé Publique France en date du 16/07/2021. La question réside dans le fait de savoir : maintenant, on fait quoi ? On laisse les principes généraux du néolibéralisme pour créer d’autres variants plus contaminants et plus létaux ? Rien à faire, c’est laisser faire ou plus précisément Business as usual ?

Ces derniers sont tellement conservateurs et réactionnaires qu’ils ont fait massacrer les partisans de la vaccination lors de la Commune de Paris en 1871. En effet, se faire vacciner reste un “acte révolutionnaire”. Il ne fait nul doute là-dessus. Dans un premier temps, l’ouverture des brevets des entreprises pharmaceutiques afin de laisser l’accès à l’ensemble de l’Humanité les différentes technologies de vaccins semble fondamentale. Dans un second temps, le contrôle social des moyens de production des entreprises pharmaceutiques intervient comme une nécessité afin que les actionnaires de ces entreprises ne s’enrichissent pas sur le dos de la crise. Cependant, ces mesures n’étant pas “libertariennes”, les “vaccino-sceptiques” ne sont que la cheville angulaire du capitalisme le plus sauvage et le plus crade. Revenons d’ailleurs sur le slogan “mon corps, mon choix” issu du MLF. Ces derniers au nom des “libertés absolues” (cela se traduit par la compréhension de la “liberté du moi”) interviennent dans l’esprit que le “corps” appartient intégralement à la personne. Par ailleurs, leur raisonnement ouvre entre autres le chemin à deux éléments : le trafic d’organes, la vente du sang et la GPA. Il n’y a dans les faits aucune éthique si ce n’est la recherche à tout prix de la mouvance ultra-libérale. Les libertariens à la droite de Trump tout comme les évangélistes se prennent pour de “glorieux” personnes contre le “systaimeuh”. Bref, maintenant que nous avons compris que le fondement théorique de leur doctrine, je peux le dire : se vacciner est bien plus qu’un acte citoyen, c’est aussi une méthodologie pour en finir avec la pire crise sanitaire du siècle. 

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Et le “contrat social” ? Il s’agit d’une notion fondatrice dans les sociétés modernes. Qu’importe ! Nous sommes pas dans du Montesquieu ou encore du Rousseau, mais plutôt dans du Hobbes. Ainsi, la question de résister s’avère n’être ni plus, ni moins d’une certaine manière que de s’inscrire dans l’hyper-individualisme. Je ne dis pas qu’il ne faille pas une part de l’individu dans le modernisme. Cependant, lorsque les personnes tentent progressivement de placer l’individu au-dessus des libertés publiques et individuelles de l’autre alors il ne peut que se créer qu’une vision clairement liberticide. Dès lors, les “vaccino-sceptiques” biberonnés à la haine ne sont en réalité que des “réactionnaires” et “égocentriques”

Sur la question du “pass sanitaire” que les antisémites adorent utiliser comme “paSS Nazitaire”, il semble nécessaire d’être pragmatique et réaliste sur la crise que nous traversons actuellement. Si le nombre de lits qui a été supprimé serait à l’origine de la crise sanitaire actuelle, il semble nécessaire de voir qu’à un moment donné : diriger, c’est prendre des décisions (bonnes comme mauvaises). Dans le cas où la logique des opposants au rationalisme se gère, il semble plus que nécessaire de voir l’eugénisme comme porte de sortie à la crise. N’est-ce pas les “nazis” qui utilisaient ces thèses nauséabondes pour créer une “race forte” ? Autant dire que nous sommes dans “l’inversion du référentiel”. Les “collaborationnistes” se considèrent comme les “héros”. C’est bien cela le problème. 

Photo by Anthony Choren on Unsplash

Loin de sombrer dans l’insécurité ambiante, j’ai pu constater avec désarroi que des mouvements clairement complotistes pouvaient soulever près de 100 000 manifestants dans la rue contre le vaccin à propos de la pandémie actuelle. Cela ne fait guère de doute que les manifestations de petits-patrons biberonnés et mis sous perfusion de l’Etat et des Gilets Jaunes nous ont fait passer des messages clairement audibles et revendicatifs : tout pour les patrons, tout pour les libertés économiques, tout pour le libertarianisme. Finalement, les Jean Moulin et Jean Zay 2.0 du XXIème siècle sortent dans nos rues pour hurler à la dictature, mais sont les mêmes qui manifestent avec les policiers putschistes des corporations policières : comprendra qui pourra.

Entretemps, la pandémie continue de poursuivre son augmentation de victimes, son impact budgétaire, ses conséquences sur la vie quotidienne des personnes … Ainsi, les “complotistes” ne sont en réalité que les “actionnaires des pompes funèbres” et les responsables d’une partie du trou de la Sécurité Sociale. Il semble nécessaire de taper du poing sur la table.

Pour ma part, je pense que l’on devrait faire davantage de pédagogie en ce qui concerne la vaccination afin d’arriver à une couverture optimale. En effet, l’aspect autoritaire peut rebiffer les personnes, mais dans le même temps … le “antivaxs” ou “altervaxs” sur toutes les données scientifiques et le consensus continue d’être dans les croyances. Il semble nécessaire qu’ils financent eux-mêmes leurs propres dogmes et non pas sur le dos de la “solidarité nationale”.

Quant à la quatrième vague va emporter les “antis et altervaxs” alors il faudra que ces derniers dans le cadre d’une “responsabilisation” de leur idéologie et du “libertarianisme” qu’ils défendent, payent l’ensemble des frais à prix coûtant. La solidarité oui, mais pas à n’importe quel prix. 

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