Adieu Volt France, bonjour l’eurocommunisme

Temps de lecture : 8 minutes

Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence du neuvième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

La nécessité de construire un état fédéral européen

J’ai réalisé en vieillissant que la “grande bataille” n’advenait nécessairement pas au niveau national au travers du Parlement européen. Je ne croyais pas à la “souveraineté populaire”, je ne crois pas non plus à la “souveraineté nationale”, mais je crois sincèrement à la “souveraineté européenne”. Or, pour comprendre cette dernière, il aura fallu que je me pose plusieurs fois dans le dilemme du Tramway. Cette énigme en philosophie a la particularité de trouver différents éléments.

Si nous souhaitons créer ensemble un état fédéral européen, il faudra s’interroger sur le concept de “nation européenne” et le “peuple européen”. Très vite, le risque de tomber dans un piège de sombrer dans un “patriotisme” ou “nationalisme européen” guète ces personnes. Il semble nécessaire de trouver une solution également face à la problématique du “régionalisme” au cœur de la transformation d’un “fédéralisme intégral”.

Le “social-libéralisme” ?

Nous le savons très bien, la position vers un “social-libéralisme” apparaît comme abstraite. Il se trouve au travers d’une logique de créer de la richesse pour la répartir. Il est vrai qu’elle se répartit, mais il s’agit dans les faits d’une répartition entre l’état et les classes aisées.

Je ne conçois pas le social-libéralisme comme l’aboutissement d’une politique. Le “socialisme libéral” de Stuart Mill aurait pu permettre une amélioration des conditions de vie, mais c’est l’inverse. Victor Hugo disait déjà que “c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches“. Il semble nécessaire de soutenir qu’en France, le modèle économique ne s’avère pas adapté.

Lorsqu’un parti ne sait pas s’il est de droite ou de gauche alors nombre de personnes pensant à une politique novatrice afin d’aller vers une dynamique européiste ou alter-européiste, cela soulève des questions. En effet, l’idée phare demeure innovatrice : un parti transnational. Or, les lignes restent très libérales en accord avec les principes rétrogrades de la Commission européenne. Le chauvinisme au niveau national s’est transformé dans un chauvinisme au niveau européen. Je me pose de grandes questions sur l’avenir de l’Union européenne. Au moment où sonnent les conséquences liées à l’inflation, il en demeure pas moins que les jours sombres au travers du FMI s’installe progressivement. Les jours seront profondément difficiles à l’avenir. Cela sera le moment véridique de savoir les différents axes que prendra ce parti politique. Au travers des décisions qui seront actées lorsque l’Union Européenne mettra des millions de chômeurs dans les rues alors la question de savoir quel dessein veulent-ils pour l’Europe. L’Europe technocratique des capitaux et des entreprises ou une Europe sociale, solidaire et démocratique.

Le terrorisme et le “grand remplacement”, on en parle ?

Durant la campagne à l’élection présidentielle, j’ai compris que mon adhésion à Volt-France ne pouvait durer dans le temps. En effet, j’étais au sein d’une formation politique, dont le projet paraît ambitieux : établir un état fédéral au niveau de l’échelle européenne. Foncièrement jeune et novateur, je concevais à chaque instant l’idée d’aller plus loin qu’un simple état fédéral. L’objectif de fonder les États-Unis d’Europe apparaît comme un projet novateur, mais sans le progrès, sans l’humanisme et sans identité alors ce dernier ne pouvait n’être qu’un projet de pantouflard. En France, il s’agit clairement de mettre en place une démarcation nécessaire au sein d’un parti : droite ou gauche. Ne pas le faire amène à un parti où le tiraillement se réalise entre conservateur et progressiste, entre droite et gauche, etc. Je ne vais pas faire la morale, mais Zeev Sternhell avait clairement démontré que le fait de se positionner au-delà des clivages ne pouvait aboutir in fine à un mouvement reprenant les codes de l’extrême-droite.

Dans les différentes conversations que j’ai eues au travers des différents groupes WhatsApp notamment, certaines personnes affirmaient qu’il était normal de voter pour Valérie Pécresse. Au nom qu’elle se retrouvât comme “pro-européenne” (au travers d’un filigrane Thatchérien), l’idée du “grand remplacement” pouvait être acceptable. Après tout, le parti Les Républicains était considéré comme la “droite républicaine”. Au nom de cette dernière, une théorie néonazie qui poussait à des attentats (l’attentat de l’île d’Utøya, l’attentat de Christchurch, etc.) aux quatre coins du globe, devenait acceptable. Autrement dit, les conservateurs au sein de Volt-France pouvaient soutenir des “théories terroristes”, car c’était véhiculé par un parti autoproclamé “républicain” dans le nom, mais aussi dans l’esprit. L’idée de défendre l’Europe réside également dans une nature de défendre la démocratie. Or, si l’Europe est libre aujourd’hui et débarrassée du nazisme comme du fascisme, nous le devons à ces personnes qui avaient la fibre démocratique et la volonté de reconstruire entièrement un continent où la guerre avait semé la terreur et les catastrophes. L’Europe ne pouvait pas devenir un continent où continuerait de régner la guerre et les génocides (la Shoah, le génocide de Srebrenica, etc.). Toutefois, le fascisme se rapproche lorsqu’on sait que la présidence du parti “Les Républicains” attire des personnes comme Eric Ciotti, ardent défenseur du nationalisme intégral de Charles Maurras dans sa version modernisée.

Je constate que le formatage réel des grandes écoles de commerce tout comme ceux ayant fait leurs classes à Sciences Po déconstruit l’ancrage de la réalité. Il ne s’agit à aucun moment de souligner que la “communauté Sciences Po” apparaît comme une école qui forme de déconstruction totale d’individus n’ayant aucun ancrage dans la réalité des classes populaires. De telle sorte que les différentes théories politiques soient absorbées par une forme de nihilisme intellectuel. Or, les différents clichés s’enracinent dans une forme de déconnexion absolue entre ce qu’ils disent et ce qu’il se passe, c’est bien le problème. Ils ne savent pas ce qui est de “droite” et ce qui est de “gauche” alors leur faire confiance apparaît nécessairement pour avoir une ligne solide et pragmatique ancrée dans le réel de la vie des travailleurs, des salariés et des étudiants.

Ainsi, les thèses liées à la “lutte des classes” sont mal vues alors qu’il ne s’agit pas de thèses, mais d’éléments pragmatiques opposant les classes entre elles. Lorsque des personnes osent parler également de “reproduction des classes sociales” alors il semble nécessaire d’être vu comme le diable rouge. Les différentes formes s’orientent vers une vision orientée vers le MacCarthysme. Le fait que la droite procède au travers de différents mécanismes visant à créer la terreur rouge. Cela oriente nécessairement vers une approche clairement radicale afin de défendre le néolibéralisme et le système du néocorporatisme qui lui est lié. La réaction engendrée au moment où j’ai fait les élections régionales en disait long. Ainsi, au moment des élections législatives, les conservateurs et individualistes tapaient sans cesse sur Jean-Luc Mélenchon, mais rarement sur Marine Le Pen, châtelaine de Montretout. Passons également les différentes formes de racisme omniprésent tout comme le ton condescendant des personnes.

Un barrage de paille face à l’extrême-droite

Aujourd’hui, je regrette d’avoir participé à un “barrage républicain”. Je pense que les éléments macronistes n’ont pas bien compris en quoi résidait le fascisme. De plus sous Gérald Darmanin, il y a une tentative de dissoudre La GALE au travers de mensonges de la DCRI à la demande de la bourgeoisie locale proche des mouvements identitaire. Dès lors, il semble clairvoyant qu’après la tentative de dissoudre Nantes Révoltée qui s’est autodissous pour éviter des problèmes judiciaires, cela montre la vérité des “vrais séparatistes” au ministère de l’Intérieur, mais aussi d’une volonté de couper toutes les voix dissidentes. Cela montre bien que la réalité de ce que représente le macronisme à l’échelle du pays : des scélérats.

Pourtant, au travers d’un communiqué, l’idée d’une petite rhétorique se tient en filigrane : “Nous ne pouvons pas compter sur les extrêmes gauche et droite pour maintenir notre système démocratique en équilibre“. Or, cela démontre le vide abyssal d’une culture militante, l’extrême-gauche réside au travers de Lutte Ouvrière et du Nouveau Parti Anticapitaliste. Leur score ? 1 à 2 % cumulés. J’ai bondi, la reprise de la dialectique : les extrêmes se rejoignent sans connaître la démonstration même de ce que représentent l’extrême-droite et l’extrême-gauche. Cela s’avère cocasse. Finalement, j’ai pu voir comme chez le parti “Les Républicains”, la peur de se retrouver face à une réelle politique humaniste et progressiste, effraie alors que les théories précitées ci-dessus au travers du “grand remplacement” ne soulèvent aucun problème de fond. Oublions également que le terrorisme de l’Intérieur lié à la théorie de Renaud Camus permet de savoir vers quel bord se situe finalement Volt-France.

Toutefois, je pense que ce n’est certainement pas volontaire, mais bien d’un manque de culture politique pour de nombreuses personnes issues de grandes écoles. Ainsi, j’ai eu l’occasion de démontrer que l’idée phare que les extrêmes n’ont pas le même projet apparaît comme anecdotique, mais foncièrement nécessaire. Au travers d’une droitisation et d’une dépolitisation rampante de la société, il convient d’admettre objectivement que certains ne savent plus ce qui apparaît comme de “gauche” et de “droite”, ce qui est “républicain” et “fasciste”, ce qui est “démocrate” et “antidémocrate”.

Aujourd’hui, les macronistes considéreraient François Mitterrand comme un dangereux “gauchiste” au travers du programme commun. Dans les faits, le novlangue néolibéral tente de déformer l’usage sémantique des mots. Voilà la réalité, il se démarque une “gauche” et une “gauche de gouvernement” qui pratique l’application des lois de droite et d’extrême-droite.

L’Eurocommunisme face à l’Histoire

À partir de ce moment précis, l’idée de conjuguer une politique permettant une véritable source de progrès et inclusif pour tous. Or, il semble nécessaire de voir que l’aspect inclusif soulève de nombreuses questions. L’idée même d’un “eurocommunisme” devient nécessaire au travers d’une refonte clairement de l’idée même de ce que représentent les “partis communistes” y compris notamment dans les pays de l’Europe de l’Est. Les politiques d’intégration ne s’avèrent pas encore ancrées solidement au sein de ces derniers. Un grand progrès reste à faire.

Cela me rappelle que les antisémites d’Alain Soral de Gaza Firm qui manifestaient en 2015 dans une des nombreuses guerres entre Israélien et Gazaoui notamment. Je m’étais fait agresser par un antisémite, certainement au cœur de cette mouvance qui vilipendait un anticommunisme primaire en accord avec ses convictions antisémites. Il venait de Hongrie. Ils ne défendaient pas une solution à deux Etats, mais une solution terrible : la fin d’Israël, c’est-à-dire un génocide. Certes, les républiques populaires n’avaient pas été un exemple au travers d’un “socialisme étatique” ou “capitalisme d’état” pour reprendre la doctrine de Léon Trotski. Or, sa défense pour la Palestine s’enracinait tellement profondément dans l’axe antisémite de Fidesz.

Au moment de la monté progressive de l’illibéralisme, il semble nécessaire de rappeler que la défense de la “démocratie libérale” s’avère être l’alpha et l’oméga. Il semble nécessaire de couper l’aide aux pays européens ne souhaitant pas l’intégration comme la Hongrie du Viktor Òrban. En effet, la question de créer une société en “non-mixité” rappelle étrangement la notion de recréer le “Troisième Reich” sous Adolf Hitler. Ainsi, l’Union européenne tolère cette approche. Elle est plus réactive en Pologne. À un moment donné, il semble nécessaire de couper le robinet d’un pays en totale contradiction avec les valeurs européennes. Or, le petit dictateur est protégé par des partis politiques comme “Les Républicains” (jusqu’en 2021 à la suite d’une réforme des règles du PPE) sur la scène européenne. Nous voyons très bien que la “droite ultralibérale” et la “droite nationaliste” intervient se retrouve pleinement dans cette diatribe.

Une porte de sortie vers l’espoir

J’ai pris la poudre d’escampette, je ne renie absolument pas mes idées politiques concernant l’idée phare de mettre en place une Europe Fédérale, mais je conçois objectivement que le chemin sera long et exigu, il demandera beaucoup de “sacrifice” dans le sens de créer une seule structure afin d’arriver à une Constitution Européenne (démocratique, progressiste et sociale), ce qui n’est pas le cas actuellement étant donné la doxa conservatrice au travers des différentes présidences successives des commissions européennes. Dès lors, dans ma posture d’être un militant pour un autre projet, il me semble non pas que le problème vient de l’idée révolutionnaire de Volt Europa, mais bien des adhérents qui font “Volt France”. Dans ce sens, je vois qu’il y a une porte d’espoir qui peut amener dans ces conditions présentes : une autre vision. J’avais beaucoup d’espoir en y rentrant et j’en ai encore plus en y sortant. Ainsi, je pars sans regret, sans colère, mais aussi avec une dimension que l’esprit de créer une logique “transnationale” est possible, mais cela nécessite d’aller bien plus loin, bien plus fort, mais avec des personnes qui savent où ils vont et qui acceptent d’aller vers le débat au travers de la confrontation d’idées sans réaliser une position paternaliste et moralisante.

Auteur/autrice : Pierre Le Bec

Aide-Soignant en #EHPAD, Marxiste et Communiste ✊

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