Vers une union de la gauche écologique et populaire ?

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La France Insoumise (LFI) a trouvé un accord avec Europe-Écologie Les Verts (EELV) dans le cadre d’une coalition pour gouverner. Il ne manque plus que trois partis : NPA (les trotskistes), le PCF (les communistes) et les cendres du PS (ce qu’il reste des sociaux-démocrates). D’ores et déjà, nous vivons un “moment unique” au sein de la gauche.

Je ne suis pas mélenchonien loin de là, mais je crois à une reconstruction de la gauche pragmatique, réaliste et en lien avec son époque. En effet, ces quarante dernières années, nous avons vu la sape néolibérale détruire l’ensemble de notre société en y distillant un poison au travers de l’augmentation de l’extrême-droite. Je crois avec volonté qu’on doit la création de se dire que face à un macronisme souhaitant s’allier avec les conservateurs et l’extrême-droite au plus haut niveau, l’heure est à la responsabilité et à réaliser des choix politiques pas forcément en accord avec l’ensemble de nos valeurs. Gouverner, c’est faire des choix.

Par ailleurs, il convient de souligner qu’il convient de voir que la gauche “sociale-démocrate” pourrait être amenée à gouverner dans ce cadre précis. En effet, les écologistes néolibéraux de Yannick Jadot sont terrassés par leur score minable aux élections présidentielles. Dans ce sens, les électeurs ont boudé un programme écolo-libéral. Il faut le dire que l’écologie sans la rupture avec le néolibéralisme, c’est du greenwashing. Avec près de 4,7 % des voix, il convient de souligner que ce qui devait s’incarner comme une troisième force du pays afin d’enclencher le processus vers une “transition” n’a pas vraiment satisfait les électeurs, le programme de Sandrine Rousseau apparaît comme plus approprié. Une rupture radicale avec la société capitaliste devient évidente. Du coup, la bande est à Yannick Jadot est partie. Peut-être qu’elle ira rejoindre les bans de la macronie tellement ils sont proches. Ce désaveu des urnes conduit nécessairement à un accord entre les partisans de Jean-Luc Mélenchon et Sandrine Rousseau. Il a été acté cette nuit.

Comme le dirait si bien Manuel Valls (dans le Gif 👇), dont sa mission aura été de dynamiter ce qu’il reste de sa vision du Parti socialiste. En effet, la logique des néosocialistes est connue sous Marcel Déat. Ces derniers en voulant sans cesse s’inscrire dans un triptyque éponyme d’un livre : Ordre, Autorité, Nation, flanchent progressivement sous un signe de l’extrême-droite. Cela n’a pas marqué à souligner que Manuel Valls est tout de même dans sa carrière espagnol allé manifester avec les franquistes et antisémites de Vox. Son Parti Socialiste a été un moteur pour la création du parti présidentiel d’Emmanuel Macron. À force des jours qui se suivent, le substrat des idées de droite ont fuit vers un el dorado où le business et le management sauvage étaient les valeurs pionnières. Que reste-t-il du Parti Socialiste ? On peut dire qu’au travers 1 à 2% des voix aux élections présidentielles : pas grand chose. Le Parti Socialiste de Manuel Valls et François Hollande est mort. La renaissance d’ores et déjà du monde d’après la cuite peut se retrouver dans un autre avenir, une autre ambition, c’est le programme de Jean-Luc Mélenchon. Toutefois, il semblera nécessaire peut-être d’infléchir une ligne un peu plus “européenne”.

Et le parti Communiste Français (je n’ai pas trouvé de Gif à la gloire du camarade Roussel 😅) ? La question des programmes diverge et c’est notoire, notamment sur le nucléaire ou encore sur la laïcité (la liste n’étant pas exhaustive).

La question se résume de savoir : comment Fabien Roussel a-t-il pu invité à Colonel Fabien des néolaïcs, c’est-à-dire des personnes foncièrement antimusulmans et antilaïcs comme Caroline Fourest ? Cela donne deux axes foncièrement antagonistes de la façon, dont la République laïque est défendue.Ainsi, sur le volet du nucléaire, il semble clairement nécessaire de voir au travers de mon prisme, je suis mitigé. En effet, l’industrie nucléaire nécessite des investissements colossaux afin de réussir un jour à produire une centrale à réaction par fusion et non par fission, mais aussi de concevoir les réacteurs à nucléaire de 4e génération, là où la construction d’un EPR s’avère complexe, notamment à Flamanville. L’affaire est à suivre.

J’avais lu la note de mon camarade Cédric Goulmot qui expliquait les raisons de son vote. Or, si la richesse de l’analyse est au rendez-vous, il apparaît clairement que je reste foncièrement sceptique sur les tenants et les aboutissants. Toutefois, au vu de l’urgence qui incombe face à la “violence néolibérale”, un accord même minimal serait le bienvenu.

Puis la dernière question s’inscrit dans le fait de savoir : qu’allons-nous faire des Trotskistes du NPA ? Les communistes révolutionnaires emmenés par Philippe Poutou savent très bien qu’ils narrent la réalité de nos vies afin de les mettre en perspective dans les luttes sociales. Nous avons besoin des personnes clairement orientées dans le concret de la vie, par un idéal et ne souhaitant pas faire des carrières politiques. Or, Philippe Poutou et ses camarades connaissent très bien les classes populaires. D’autant que Philippe Poutou a été un ouvrier d’usine.

Je vois très bien que certains de mes compagnons qui ont pris une route qui n’était pas la mienne sont en alerte maximale. D’ores et déjà, la crainte de trouver une “nouvelle gauche” reconstruite se traduit par des “posts” sur les réseaux sociaux, des “articles” sur des articles sur des blogs ou des journaux divers. Cette crainte se traduit sur deux axes : la peur d’une majorité alternative à l’Union Européenne et du fameux péril rouge. Dans ce sens, les électeurs auront le choix dans une grande alliance de gouvernement face au “vieux monde” rabougri par la haine des travailleurs, des syndicats et de l’opposition. En effet, il convient de souligner d’ores et déjà qu’au vu des dernières publications au sein de mon parti animées par la peur, je pense rendre ma carte afin de faire cavalier tout seul. Je ne peux pas être avec des personnes qui pensent que le fascisme, c’est la même que l’extrême-gauche. La banalisation de l’extrême-droite n’est pas de mon point de vue. Face à cette menace, l’autoroute d’un parti pro-européen de gauche aurait fait son chemin. Lorsqu’ils ne savent pas qu’ils sont de gauche ou de droite alors il convient d’assumer la position et l’immobilisme ambiant.

Auteur/autrice : Pierre Le Bec

Aide-Soignant en #EHPAD, Marxiste et Communiste ✊

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