Un quinquennat axé sur l’austérité et la violence

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Emmanuel Macron a été élu, certains sont soulagés, mais pas moi. Je crois sincèrement que l’extrême-droite et le fait que ses idées progressent dans la société permettent de dissocier deux éléments : la bataille électorale et la bataille des idées. Or, si l’extrême-droite perd chaque élection présidentielle depuis près de 20 ans, son score est passé de 18 à 42 %. Cela signifie que nous sommes passés d’un à deux personnes sur cinq souhaitant en finir avec la République, la Démocratie libérale et revenir à l’époque préhistorique.

La volonté de Marine Le Pen comme de ses alliés réside dans l’idée de revenir à la volonté d’un nationalisme voulant rompre avec le pacte républicain. Des personnes comme Nicolas Sarkozy ont clairement voulu faire progresser le Rassemblement National en soutenant que “Marine Le Pen est compatible avec la République“. Dans ce sens, il convient de sous-entendre que la droitisation engendre naturellement une fracture au sein de la République y compris chez les autoproclamés de la “droite républicaine”, dont on sait qu’au travers d’Eric Ciotti et Valérie Pécresse se sont accaparés la “théorie du grand Remplacement” du néo-nazi Renaud Camus. Il semble nécessaire de rompre avec cette vision que le suprémacisme blanc et ses axes antisémites tout comme antimusulmans en disent long. Ainsi, la “droite Pécresse” tout comme la “droite Ciotti” ne peut combattre l’extrême-droite. Une raison est simple, ils sont l’extrême-droite ultralibérale pro-européenne. Le ralliement à Emmanuel Macron se targue d’être une vitrine pour sauver les meubles.

Dans ce sens, il convient de comprendre la ligne de démarcation entre la position républicaine et les sépératistes antirépublicains devient de plus mince. Ainsi, il convient d’admettre que la République sera en sursis pour les années à venir. La mise en demeure que souhaitent les réactionnaires, les obscurantistes et les adeptes du Moyen-âge devient imminent. Les visions s’orientent sciemment vers une volonté de broyer les pauvres, s’attaquer aux travailleurs, harceler les syndicalistes, humilier les précaires afin d’extirper le dur labeur pour enrichir une classe dominante, dont sa girouette politique s’oriente là où l’exploitation est la règle. Elle n’est ni républicaine, ni européenne, elle est bourgeoise, car la bourgeoisie sait très bien les dimensions de son fonctionnement réside dans la spoliation via le surtravail (ou la plus-value).

D’ores et déjà, les partisans d’une Europe fédérale devront clairement admettre que le projet sera progressiste ou orienté vers une vision d’un “patriotisme européen” voir d’un “nationalisme européen”. Dans ce sens, les éléments commencent à se mettre en évidence au travers des accointinence entre la macronie et l’extrême-droite. De cette manière, la construction européenne (telle que je l’entends) risque de prendre du mordant dans la tête et du plomb dans l’aile. Ainsi, il semble nécessaire de voir que la bataille contre l’extrême-droite ne se réalise pas seulement dans les urnes, mais bien quotidiennement, notamment contre ses idées. Nous le voyons très bien que sur cette dernière question, la bataille s’avère très longue, et cela, s’inscrira nécessairement dans une vision de démasquer chaque proposition de l’extrême-droite. À partir de ce moment-là, l’idée qu’un gouvernement puisse appliquer les idées qu’il trouve “bon” pour la France en dit long. Le barrage commence à fuir doucement sur le côté droit.

Nemesis, collectif féminin suprémaciste blanc soutenant le ministre antilaïque Jean-Michel Blanquer

Le groupe séparatiste foncièrement raciste Nemesis proche de Marine Le Pen avec Jean-Michel Blanquer. L’extrême-droite a réussi là où personne n’avait fait. Ainsi, Nemesis peut se pavaner, mais elle soutient le présumé violeur comme Gérald Darmanin. Chacun sa priorité finalement, mais cela montre clairement l’axe flou en ce qu’il concerne la présidence réélue : soutenir le suprémacisme blanc avec enrobage d’antisémitisme et violemment antimusulman. Le communautarisme ethno-différentialiste en dit long au sein de la macronie. Il semble nécessaire de rappeler que le ministre opposé à la laïcité et pour la privatisation de l’école au profit des écoles séparatistes catholiques en dit long. L’extrême-droite a peut-être perdu les élections, mais cela démontre que ses idées en sortent vainqueurs.

Le ministre de l’Éducation nationale se dit avoir été piégé par le collectif féminin, mais cela en dit long sur la supercherie de son argumentation. Il semble nécessaire d’assumer à un moment donné.

La question réside dans le fait suivant : Emmanuel Macron et sa clique, va-t-il encore jouer avec le feu en soufflant sur les braises de l’extrême-droite ? Va-t-il enfin comprendre que cette dernière soutient les idées macronistes ? Ces questions détermineront sur quelle droite, la majorité va gouverner et il y a de quoi avoir peur. Le président de la République a soif de pouvoir et il va réprimer dans le sang les manifestations avec des soldats lepéniste clairement radicalisés (antiouvriers et pro-patronat) souhaitant en finir avec le prolétaire pour une soumission totale. Le quinquennat sera difficile.

Enfin, il incombe de voir que le nationalisme comme porte-étendard de la guerre multiforme (de classe, raciale, ethnique…) se porte bien au travers de différents modèles ultracapitalistes. Les gagnants n’auront pas à craindre l’arrivée de l’extrême-droite. Leurs idées sont déjà appliquées au niveau national et inscrites dans les différents codes et lois en vigueur. Rien ne changera pour nous les prolétaires si ce n’est une vision toujours plus oppressive.

Auteur/autrice : Pierre Le Bec

Aide-Soignant en #EHPAD, Marxiste et Communiste ✊

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