La traversée du désert

Temps de lecture : 7 minutes

Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le septième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

L’heure du recul militant

Je me souviens très bien avoir lu un des textes de Lénine (sans que je ne sois adhérent au marxisme-léninisme tout comme un soutien à la révolution bolchévik) que le parti Bolchévik après la révolution de 1905 avait connu une longue traversée du désert au travers d’un manque d’adhérents. Dans ce cas précis, je me retrouve clairement dans cette manœuvre.

À bout d’idées politiques, il paraissait rationnel que mon objectif se transcrivait comme ce fût l’apanage afin de vivre un jour dans le dépassement du capitalisme. La société post-capitaliste, je l’imaginais dans une forme de “communisme” de bas en haut au travers d’un système d’assemblée. Tout cela n’était pas une utopie, mais la construction d’une lutte qui permettait réellement d’émanciper les travailleurs. Je me suis dès lors rapproché vers le “fédéralisme intégral”. Il s’agit une des raisons pour lesquelles je me rapprochai de Volt France.

De 2018 à 2021, je n’y voyais plus grand-chose. Bien sûr que la mandature d’Emmanuel Macron s’inscrivait dans une violence inouïe à l’égard des plus démunis (et s’il a la majorité à l’Assemblée Nationale, ce sera un bain de sang). De telle sorte que la société se fracturât comme jamais elle ne l’a été. Je voyais très bien ce qu’il se déroulait, ce qui se disait dans les différents mediums acquis au capitalisme. Les pauvres coûtaient trop cher, mais les plus riches devaient être arrosés en raison du fait que selon la croyance néolibérale : il créait de la richesse et la redistribuait. Or, le “capitalisme paternel” avait laissé place à un capitalisme sauvage. Emmanuel Macron s’enracinait clairement dans les pas de Thatcher et Reagan.

Une présidence autoritaire

Il aurait fallu relire de façon consciente le 10, Downing Street afin de mieux comprendre clairement l’approche de l’orage qui semblait se profiler à l’horizon. Dans ce sens, cette lecture s’enracinait particulièrement sous le signe que le “socialisme” apparaissait comme l’idéologie en bout de course. Karl Marx et Friedrich Engels pouvaient aller se rhabiller pour plusieurs années. Les conséquences pour une génération allaient être terribles. Le modèle actuel essayait de trouver ses différents modes afin d’être sur une trajectoire optimum. Je voyais très bien dans la démarche que je réalisais : le socialisme et encore plus le communisme était pestiféré par une partie de la population. Les temps allaient être durs. Un retour à la diète, retour à la précarité, retour à une explosion de la cohésion de la société s’annonçait comme la solution pour ceux qui ne “sont rien”.

Les répressions allaient bon train. L’objectif résidait dans le fait de créer un choc dans les consciences. Nous pouvions y passer à tout moment. Puis, nous avons vu un président remettre en place les “voltigeurs”. S’inscrire dans la ligne de Charles Pasqua en disait long. En effet, ces derniers avaient été dissous après la tentative de meurtre sur Malik Oussekine qui décéda peu de temps après. Les attaques devenaient évidentes : la coercition battait son plein.

Ainsi, il semblait évident que le fantôme du “plan Juppé” devenait nécessaire afin que la France gagne en compétitivité et revienne sur le plan international comme une grande Nation, c’est-à-dire dans le novlangue néolibéral comme une Nation mettant à genoux ses travailleurs et dégageant de la croissance pour la redistribuer à … ses actionnaires.

La question du commerce extérieur était très mauvaise et représentait la politique du président de la République : un désastre absolu. Le fait de s’inscrire dans “l’avantage comparatif” de Ricardo ne fonctionnait pas comme souvent.

L’une des craintes des “nationalistes” de droite se transcrit concrètement par une vision de déclassement de la Nation. De cette manière, les travailleurs ne devaient plus passer des journées très longues, mais des journées pour la patrie et la nation. Ainsi, la condition d’une pauvreté n’était plus à l’ordre du jour. Pendant ce temps-là, le régime se radicalisa fortement.

Le régime se radicalisait

Dans le même temps, il convenait de souligner que le mépris des “classes populaires” en disait long. Tous les outils des différentes luttes sociales avaient été brisés les uns après les autres. Il ne fait guère de doutes qu’au travers du “rouleau compresseur” d’un modèle économique, cela dénotait de façon pragmatique sa vraie nature. La “lutte des classes” avait laissé place à une guerre sans pitié.

Il faut le poser, la classe dominante était en guerre contre les salariés. Les médias dépendant des milliardaires servaient la “soupe” pour mépriser toujours un peu plus les personnes faisant la richesse de ce pays. À l’heure où l’on se moque de la “Pravda”, les différents relais du pouvoir et plus largement du capitalisme exerçaient sans faille un relai où l’information avait laissé place à la communication.

Certes, la France n’était pas l’Union Soviétique ou même la Fédération du Russie. Pourtant, les informations étaient martelées sous une forme précise afin que l’opinion de la “classe dominante” s’avérât être l’opinion du “bon sens” et in extenso celui de la “vérité”. Au travers de ces éléments, cela  résidait dans les chiffres liés à certains domaines étaient niés et comme disait Gérald Darmanin, il préférait le “bon sens” de son boucher-charcutier sur la question de la sécurité que les statistiques de l’INSEE par exemple.

Nous avions des “technocrates” hors-sol qui niaient clairement le rôle des sciences sociales. Pour cela, il y a eu différentes polémiques : “islamo-gauchisme”, “wokisme”, “cancel culture” et dernièrement la “woke culture”. Tout cela devenait pénible. Le gouvernement inventait des concepts afin d’effrayer une partie de l’opinion. Ainsi, la “gauche” a été accusée “d’islamisme”, de faire du “racisme antiblanc” au travers des réunions réservées, de soutenir la thèse liée au wokisme et finalement d’interférer dans la “suppression de la culture”. Tout cela était effrayant, mais cela ne reposait sur aucune base politique, scientifique, et même philosophique. Il s’agissait avant tout de slogans creux.

Cela permettait aux Versaillais de prétexter lutter pour un “universalisme” qui n’en n’était pas un. Le séparatisme lié à la macronie distillait son poison dans toutes les couches conservatrices de la société. Imaginez Marine Le Pen reprenant “mot à mot” le discours des lieutenants du président ne choquait plus. Une théorie et un fait n’existant pas s’amena clairement pour faire pression afin que la “gauche” disparaisse. Cela signifiait de détruire Jean Jaurès, Léon Blum et bien d’autres. Leur monde était le produit d’une “œuvre de l’esprit”. Je me demande d’ailleurs les raisons pour lesquelles : ils n’ont pas écrit un livre pour soutenir leurs thèses. Or, il ne pouvait démontrer ce qu’il n’existait pas. Là était un vrai dilemme.

Il convient dès lors d’utiliser des guillemets afin de soutenir que le vocable utilisé de la “droite gouvernementale” jusqu’à l’extrême-droite la plus radicale en disait long. Le fait de conquérir des bulletins de vote poussait le gouvernement à aller vers l’extrême-droite. Gérald Darmanin a soutenu dans un débat que Marine Le Pen était “molle”. Cela permet de sous-entendre que la vitrine du macronisme se situait à la droite du Rassemblement National.

On se moquait d’Emmanuel Macron, mais c’était sarcastique. Il avait un dessein terrible pour la France : une France forte contre les pauvres et faible avec les riches. D’ailleurs, n’était-ce pas un des slogans de Nicolas Sarkozy ?

Affiche de campagne de Nicolas Sarkozy : “la France Forte”

Le “nouveau monde” qui s’inscrivait dans “et de droite et gauche” penchait clairement vers la droite radicale. Cela était une référence au livre de Zeev Sternhell ni droite, ni gauche. À partir de quel moment, pouvions-nous dire que le modèle “néolibéral” s’enrayait fortement ? Chaque provocation laissait une forme de sidération. Il s’agissait de la fenêtre d’Overtone. Choquer dans un premier temps l’opinion puis glisser sur le fait que finalement cette idée n’était pas mauvaise. Si l’apanage s’inscrivait dans une utilisation régulière de l’extrême-droite pour bouger le curseur toujours plus à droite, la “droite gouvernementale” l’utilisait également.

La bataille des idées battait son plein et nous étions les victimes collatérales de cette vision. Puis il y eut la loi contre le séparatisme. Une loi odieuse qui permettait de dissoudre n’importe quel collectif au travers d’une procédure éclair. Le ministre de l’Intérieur était devenu un “Commissaire Politique”.

Je le soulignais dans l’article sur la GALE, cela permettait clairement de laisser le poison du néofascisme et du néonazisme distiller sa haine tout simplement dans le vieux Lyon par exemple. Or, ce que le misogyne ne pense pas : une idée ne se dissout pas. L’antifascisme dénotait un argument dangereux : l’antifascisme et la lutte contre l’extrême-droite étaient une menace pour la République. Le totalitarisme commence par des dissolutions et se termine par un seul parti, une seule vision, une seule doctrine. Ainsi, le “droit de vote” permettait de soutenir que la France était une démocratie. Il s’agissait d’un leurre.

Le poison anticommuniste

Penser le monde, penser le communisme au XXIe siècle s’avérait être un sport de combat. Combien de gigolos pensait que le “communisme” était en réalité une “crise d’adolescence” ? Pourtant, cela se voyait très bien que les “anticommunistes” étaient adeptes de thèses bien plus dangereuses : le grand-remplacement comme chez Pécresse. Le pire réside dans le fait que l’Île-de-France était dirigée par l’extrême-droite. Actuellement, candidate à la présidence de la République, son dessein pour la France s’éloigne progressivement.

Toutefois, la région qu’elle dirige se transforme de façon crescendo dans une région appauvrie, où les trains privés (gavés par l’argent public) sont en retard, mais dans le dogme lié au catéchisme néolibéral : il faut poursuivre la libéralisation afin d’aboutir à des oligopoles privés et faire de l’Île-de-France : une région attractive, mais expulsant les classes populaires en périphérie des villes. Une dimension pour gentrifier les villes se taille dans cette dynamique.

La réalité qui effrayait l’extrême-droite résidait dans le fait que l’extrême-droite tombe toujours dans le totalitarisme et dans la dictature alors que la gauche radicale et l’extrême-gauche permet une réelle transformation de la société vers une “démocratie réelle”.

C’était la classe dominante qui faisait la pluie et le beau temps. Nous étions revenus au XIXe siècle, et même avant. La méritocratie, symbole d’une vision qui soutenait l’ordre dominant se diffusait partout. Dans ce sens, la sélection battait à tous les niveaux. Nous (les travailleurs) savions que cette dernière permettait une “reproduction des classes sociales”. De telle sorte que l’accumulation du capital s’accroissait fortement.

Le cauchemar de millions de Français continuait. Les aides sociales diminuaient. Dans ce sens, la précarisation devint un véritable fléau. Tout était bon pour faire de la maille sur ceux qui n’en avait pas. Cela aurait dû créer une véritable révolution dans ce pays. Les riches pillaient les pauvres.

Et maintenant ?

Aujourd’hui, à moins de deux semaines des élections présidentielles, je me suis remis en selle afin de continuer ce que je sais faire de mieux : écrire, analyser et décortiquer. Il y aura de nombreux points à soulever. Aussi, je suis devenu végétarien afin de lutter contre le réchauffement climatique et la question du “droit des animaux”.

Auteur/autrice : Pierre Le Bec

Aide-Soignant en #EHPAD, Marxiste et Communiste ✊

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