Quelques notes sur le journalisme

Temps de lecture : 3 minutes

J’écris déjà depuis une dizaine d’années sur différentes plateformes, différents médias, différents formats afin d’informer. Dans ce sens, j’ai déjà réalisé différentes enquêtes, mais il semble que cela ne suffise pas pour un camarade qui m’expliquait de façon irrationnelle qu’il fallait une carte de presse : le sésame absolu.

La neutralité journalistique au service de la censure

Cela s’enracine également par le fait qu’il faille faire une “école de journalisme”. Dans les propos qu’ils dénoncent, il affirmait d’une façon objective que l’écriture doit être aseptisée au travers d’une forme de “neutralité journalistique”. Pourtant, l’usage des mots reste une bataille dialectique et clairement sémantique.

Dans ce sens, je ne vais rentrer dans une grande démonstration afin de sous-entendre que deux expressions signifiant la même chose, mais leurs sens en termes d’usage ne signifie pas la même chose, ni même la même connotation. L’usage d’une langue reste foncièrement politique. Dès la neutralité aboutis d’une façon conséquente d’inscrire un “droit de réserve”. En somme, les éléments de langage ouvrent le chemin vers un journalisme ancré dans le “politiquement correct”. Or, rien de tout cela n’est exigé par le “droit de la presse”. Il s’agit d’une volonté de l’extrême-droite afin de faire taire les journalistes. Étonnant non ?

On entend très souvent dire que les “journalistes” n’ont pas à être des “militants politiques”. Cette remarque me permet de souligner qu’un journal, un magazine ou même une revue se doit d’être “neutre” comme je viens de l’expliquer ci-dessus. Ce n’est pas connaître la presse, notamment la “presse d’opinion”. En effet, cette dernière a une ligne éditoriale comme chaque organe de presse, mais le fait qu’elle soit au travers d’une vision où la “presse d’opinion” est par essence militante, cela permet de voir que de grands journaux (comme l’Huma ou Le Figaro) s’inscrivent dans cette dynamique. Les journalistes de ces deux canards, ne seraient-ils que des faux “journalistes” ? Un peu de sérieux tout de même.

Lorsque je suis passé quelques mois dans le webzine Kedistan (webzine d’Opinion), cela m’a permis de me former dans le cadre d’une rédaction au travers d’un travail collectif se situant à dix mille lieux de la neutralité.

Ainsi, il semble nécessaire que durant les “différentes guerres en Syrie” ou la mise en place d’une “démocrature” en Turquie ou même encore dans le cadre des articles rédigés sur les Kurdes d’Iran, la neutralité n’aurait jamais permis la rédaction de ces articles. De ce fait, il s’agit d’une volonté de censurer les articles d’opinion. On connaît très bien l’affiliation de ce courant de pensée. Dans le cadre des trois articles cités ci-dessus, il convient de souligner que ne pas prendre une opinion, c’est choisir l’oppression de la majorité. Ainsi, dans le cadre de ces articles, le choix de dénoncer Bachar Al-Assad, Erdoğan ou même les mollahs d’Iran devenait cohérent en lien avec l’actualité. Ne pas le dénoncer, c’est se murer dans une forme de silence et d’être complice de ces dictatures. Chacun son choix, chacun sa position, mais il faudra assumer à un moment donné.

Le journalisme gonzo

La réalité reste difficile à entendre pour certains que le journalisme puisse paraître subjectif. En écrivant à la première personne, il semble objectif de voir que chez certaines personnes, cela dérange énormément. Or, le “journalisme gonzo” reste particulièrement cru et s’écrit à la première personne au travers d’un ensemble de faits, dont l’auteur se fait l’opinion. De telle sorte qu’l convient de souligner que l’on peut être d’une part journaliste et assumer pleinement son rôle subjectif. Ainsi, l’élément de l’attaque qu’il convient de sous-entendre comme “écrire comme on parle” ne tient pas vraiment la route. Il va falloir pleinement revoir la copie. Or, je crois que c’est vraiment peine perdue. La tactique revient une fois de plus à une forme de méconnaissance du sujet. Rien de rationnel là-dedans.

Quand les blogueurs se reconvertissent en journalistes

De nombreux blogueurs ou de militants se reconvertissent progressivement dans le monde digital et celui de la presse. Or, il semble nécessaire de soutenir qu’à partir d’un moment la frontière entre un blogueur et un journaliste devient très faible. L’un a la liberté réelle de trouver des éléments de langage, l’autre n’a pas de liberté puisqu’il est tenu par la loi de 1881 sur la liberté (et plus largement du droit) de la presse. Cela permet d’acquérir clairement plus de souplesse sur le format d’écriture.

Le mépris de classe tient d’une façon qui n’est pas anodine. Le pigiste reste un contractuel payé à savoir la production d’un article, d’une photographie et bien d’autres. Il s’agit d’un statut précaire. De telle sorte que de nombreuses sont les personnes à avoir un métier alimentaire la journée et sur le “temps de loisir” tout comme de “repos” de faire leur vrai métier à savoir celui de journaliste. Nul ne pourra ignorer ces informations.

Son dernier argument : tout le monde peut devenir journaliste. C’est également le cas. Toutefois, il apparaît de façon objective que sa vision par un mépris vis-à-vis de ceux qui sont nombreux réalisant des piges à droite comme à gauche en ayant un second métier pour mettre du beurre dans les épinards.

Auteur/autrice : Pierre Le Bec

Aide-Soignant en #EHPAD, Marxiste et Communiste ✊

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