L’expérience de l’Université

Temps de lecture : 13 minutes

Cet article est extrait d’une série d’articles (en l’occurrence le troisième) mettant en avant mon parcours militant et mon cheminement intellectuel pour en arriver à ce que je suis devenu au travers d’une vision clairvoyante. Les analyses peuvent être subjectives et objectives.

J’étais en capacité en droit. Oui, j’avais par le passé étudié afin de faire du droit. J’aime le droit et l’analyse des articles de loi. Il y eut une autre problématique. J’avais réussi mon premier semestre, mais le second semestre s’inscrivait dans un véritable échec. Je ne comprenais pas la cohérence du “droit administratif”. Puis l’apprentissage dû “par cœur” me rappelait le “bourrage de crâne” que j’avais réalisé lorsque j’étais au lycée (en internat) pour me former à un métier qui ne connaîtrait jamais la pénurie : aide à domicile. J’avais vraiment tout fait comme il le fallait, mais j’étais à la base une personne scientifique. Nous apprenions les raisonnements et les démonstrations allaient d’elle-même. Or, le droit s’inscrivait autrement : on apprenait les articles de lois, les jurisprudences, les doctrines comme des robots. Ce n’était pas pour moi. J’avais essayé, j’avais échoué. Les études n’ont jamais été mon fort.

Aurais-je voulu retenter l’université dans sa forme classique ? Je pense que non. Je n’ai pas plus voulu redoubler une nouvelle fois. En effet, j’étais certes sérieux, mais ce n’était pas la manière, dont j’aimais faire des études. Je n’aime pas les études, je trouve cela barbant. Il semble clair et réaliste que le fait de se faire atomiser la tête pour avoir des résultats qui résultaient d’un mode surréaliste. Les études ne sont guère des lieux d’apprentissage quand bien même certains professeurs sont doués et passionnés par leur métier, mais des endroits d’abrutissement généralisé. Certes, les formations professionnelles diplômants doivent nécessiter de l’apprentissage des techniques afin d’apprendre le métier dans ses grandes lignes, puis vient de la spécialisation. Pourtant, je vois que l’aspect méritocratique dans ce pays est lié au niveau d’étude (ce qui ne reflète pas l’intelligence), le métier tout comme le salaire. Il existe un récit du self-made-man (ou woman) démontrant d’une façon ou d’une autre que l’on peut réussir à partir de rien. Ce récit à la qualité de démontrer une nouvelle fois que ce n’est pas l’École de la République (si fondamentale en opposition aux écoles confessionnelles gavées à l’argent public) qui a permis d’arriver au niveau que je suis.

Je critique les écoles confessionnelles pour deux raisons : l’une, il s’agit d’une imposition à l’enfant de choix, dont il n’est pas en mesure de raisonner là-dessus, notamment en primaire ; l’autre, j’ai fait mon primaire, mon collège dans le privé catholique (et une année volontaire dans le privé catholique en internat) et j’en sors avec une expérience très amère. En effet, quand j’étais jeune adolescent : je ne supportais pas du tout ces éléments paradoxaux qu’il y avait. Les fondamentaux comme le Français, dont il faut que je revienne dessus ne m’ont guère aidé.

Il faut que je revienne longuement sur une histoire, dont on m’a sali et les conséquences ont été désastreuses à ce moment-là. Oui, mon collège dans le privé catholique n’a pas été une grande gloire. Je ne peux en vouloir à mes parents, ils ont cru bien faire en pensant que le privé était mieux que le public. Il s’agissait de me donner une meilleure éducation possible. En effet, le public jouit d’une mauvaise réputation auprès des classes moyennes. Il existe une certaine volonté de reproduire les classes en investissant sur ces dernières. Pourtant, l’école n’était déjà pas faite pour moi.

Je me souviens également que la pression d’avoir été harcelé par des personnes de différentes classes du même niveau. Il s’est passé près de deux an dans lesquels ni les professeurs, ni les surveillants n’y ont prêté attention. Une démonstration se faisait que je n’avais aucun soutien du corps éducatif. Aujourd’hui, je vois très bien que les écoles privées sont des “machines à cash”. En effet, s’il y avait le format d’une association, elle n’était qu’une entreprise où le service y était délégué. Autrement dit, l’intérêt s’inscrivait à fournir de l’argent afin d’accroître la trésorerie. Cela permettait d’agrandir sans cesse “l’institut”. Il n’y a pas d’argent dans le public, mais le privé y déborde. Le néolibéralisme sabote l’école Républicaine.

Et pendant ce temps-là, j’étais devenu marginal, on se moquait de moi. Il fallait que je trouve un moyen de purger cet esprit négatif, j’y avais trouvé un recours au travers d’Internet. La fuite s’inscrivait au travers d’un début d’addiction aux jeux vidéo. C’était mon seul espace où j’étais dans une position “safe”. Je jouais trop, c’était évident. Mais que faire, lorsqu’on est un adolescent. Le pire dans tout cela, il y avait un élève qui nous harcelait, certainement avec des problèmes mentaux et/ou psychiques. Il venait sans cesse nous traquer dans la cour. Mais la “bête noire” dans l’œil du viseur de l’école catholique n’était pas sur cet individu, mais sur les miens. J’ai reçu un avertissement, comme dit-on dans le jargon. C’était un bout de papier, mais cela reflétait très bien l’ambiance : la victime était l’accusée. Il faudrait un livre pour que j’explique ce que j’ai enduré.

Du haut de mes 15 – 16 ans, je voyais déjà l’école comme un lieu de privation de liberté. J’étais d’extrême-gauche sans le savoir. Nous y entrons pour apprendre et nous en sortons formatés. Mais l’histoire aurait pu s’arrêter là. Pourtant, j’ai subi un “conseil de discipline” humiliant par l’hypocrisie des professeurs sauf un. À l’époque, je faisais du blog sur la plateforme “Skyrock” comme les jeunes de mon âge sous le pseudo “pierre526”. Comment avait-il fait pour retrouver le blog parmi des centaines de milliers ? Bonne question. Normalement, au sein d’un débat contradictoire avec une rigueur scientifique, on expose la méthodologie pour arriver à trouver une aiguille dans une botte de foin. Ils ont argumenté que c’était le fruit du hasard comme lorsque Thérèse avait vu la vierge Marie. C’était indémontrable, mais surtout, cela ne se basait sur rien. Ce n’était pas un hasard si l’aspect rationnel n’était pas leur fort. Sauf argumentation dans leur sens, ils n’ont pas voulu expliquer le point de départ. Déjà, cela en disait long de leur volonté d’être dans l’opacité. En effet, il faut voir le “conseil de discipline” se résumait à n’être que l’endroit où les “autoproclamés juges” font respecter le règlement en l’analysant. Si tous les éléments et les méthodes n’étaient pas sur la table alors les dés étaient pipés. Il s’agissait de réduire les moyens de défense tout en augmentant la charge de la preuve. Or, c’était à eux de démontrer au travers d’un réquisitoire d’énoncer les faits qui m’ont été reprochés tous comme l’intérêt des pièces du dossier. Rien n’a été fait, ils n’ont rien démontré du tout. Autant dire que nous marchions sur la tête.

Autant dire qu’avec du recul, ce conseil de discipline n’a servi à rien. Il s’agissait d’un enrobage destiné à donner “bonne conscience” à ces personnes qui désormais seront toujours des adversaires politiques. En effet, la méthodologie d’un conseil de discipline doit être clairement impartiale. Ils prennent des décisions sur des éléments. Mais peut-on être “juge” et “procureur” ? La sanction visée intervenait au bout d’une démonstration rigoureuse. Toutefois, il n’y avait rien de sérieux, il s’agit d’une simple réunion formelle comme une réunion d’information. Cela rendait le caractère obligatoire, mais c’était un peu comme les réunions publiques, ça ne servait à rien, mais cela faisait bonne figure dessus. Autrement dit, il y avait une forme de partialité. Cela montrait très bien où voulait en venir ceux qui se réclament de la “démocratie chrétienne” tout droit vers “révolution conservatrice” aboutissant sur le totalitarisme.

De ce fait, il ne s’agissait pas d’un débat contradictoire entre deux parties avec des personnes indépendantes. Non, il s’agissait d’un conseil. Or, un conseil comme dans l’armée rend des jugements expéditifs, un conseil de discipline dans le privé catholique (et j’imagine que dans les autres écoles privées confessionnelles ou non), c’est la même chose. Ainsi, ils ont épluché page par page, article par article. La Stasi religieuse voulait faire un exemple d’un de leurs élèves qui n’entraient pas dans leurs clous. Peut-être qu’il voulait des élèves cloués comme le fût Jésus ? À vrai dire, il n’y avait aucune pédagogie. La politique du “fusillé pour l’exemple” s’inscrivait typiquement dans une logique du “sabre et du goupillon” pour reprendre l’expression de Karl Marx. Il s’agissait de créer une peur de fond chez les autres élèves afin de leur démontrer qu’ils étaient surveillés même dans leurs vies externes. À aucun moment, une justification de soutenir un tel événement hors de l’institut n’était valable. Il aurait fallu refuser le conseil de discipline. Peut-être qu’il était obligatoire d’après le règlement de l’école, mais les raisons n’étaient pas citées. 

Un véritable danger guettait tous les autres élèves : celui de voir leur vie épluchée par des petits chefaillons pour les mettre à la porte. Georges Orwell utilisait comme expression dans 1984 : “Big Brother Is Watching You”. Nous étions de même avec des fanatiques tant dans les professeurs que dans les surveillants. D’ailleurs, si la Principale n’était pas présente, l’un des incriminés à savoir le pion était présent. Il s’agit d’un véritable paradoxe. Structurellement, la forme du conseil de discipline s’enracinait dans le “n’importe quoi”.

Dès lors, le conseil de discipline ne permettait pas d’une façon ou d’une autre que je réalise une défense claire et rationnelle. Les éléments avaient été fondés afin de créer une parodie tels les procès de Moscou. Mais là, c’était la grande purge de “Sainte-Thérèse”. L’association qui gérait l’Institut pouvait certes se donner comme patron une “illuminée”, c’est-à-dire une Sainte qui avait vu une personne des cieux. Toutefois, on n’oubliera pas que cela avait été auparavant un couvant et un internat. Cependant le capitalisme passant par-là. Ce fut surtout un institut qui grandissait avec des professeurs ayant des discours clairement séparatistes. Mais on ne pouvait pas prononcer ces mots-là à cette époque, je n’avais pas la même connaissance politique qu’aujourd’hui.

La Principale n’était pas présente, il faut dire que je n’étais pas vraiment très doux dans mes propos. Il y eut aussi une plainte déposée au commissariat de Police pour diffamation. Bref, la machine à expulser et faire du nettoyage était bien là. On assistait au moment où j’avais été convoqué à des purges (Vis-à-vis d’autres amis sous le même mécanisme : la terreur brune) sous fond de faux prétextes. Il voulait que je fasse une lettre d’excuse, c’est-à-dire que je me soumette totalement. Il est vrai que je me suis excusé, si c’était à refaire : je ne le referai pas et j’irai envoyer cette “bande de cul-bénis” de là où ils viennent. Durant le conseil de discipline, la plus grande hypocrite fut Mme P. Il représentait les parents d’élèves. Elle mentait comme on respire. Cette personne à la fois hypocrite et insolente en disait long. Tout ce qu’elle disait n’était qu’un tissu de “mensonges”, comme la surveillance de tous ses enfants chaque fois qu’ils allaient sur Internet. Elle a humilié mes parents qui eux n’avaient rien à voir dans cette histoire. À 15 ou 16 ans, nous avons très bien une autonomie. Bref, un jour, j’aurai des comptes à régler avec cette dernière. Le temps passe, les blessures restent. Je ne doute pas d’un seul instant qu’elle ne travaillait pas en “douce” pour l’école. Sa vision n’était pas Thatchérienne, mais de nos jours : ce serait une petite soldate d’Éric Zemmour. Bref, le conseil de discipline fut le “bal des hypocrites”. J’ai été viré manu militari. Si j’avais fait du droit, j’avouerais que je serai allé devant un tribunal administratif. Après tout, les écoles confessionnelles sous contrat étaient des écoles sous délégation du service public. Je crois que nous n’aurions pas dû nous laisser faire. Le certificat de radiation définitive en disait long. C’était tendu à la maison. Il y avait des raisons.

Le pire dans tous cela, le collège organisa le lendemain de ma radiation une journée de prévention à Internet. S’il ne citait pas mon nom et mon prénom, ils y faisaient référence. La diffamation battait son plein. Une fois de plus, ma famille a été humiliée par les “hypocrites”, les “menteurs” et les “charlatans”. De règlement en règlement de comptes, cela ne leur avait pas suffi pour me mettre à la porte, ils en jouaient d’une certaine notoriété. Il fallait effrayer les “brebis” et les mettre dans le droit chemin. La principale était présente. L’école ce n’est pas la guerre de tous contre tous, mais un lieu d’apprentissage où chacun commet des erreurs. Le privé ce n’est pas l’école publique, c’est l’école de l’élite.

Entre temps, je changeai de collège pour le public. Une grande révélation s’offrit à moi. Une nouvelle vie commençait au sein d’un bâtiment où l’éducation était républicaine et non fait de “culs-bénis”. J’entrai dans une classe en cours d’années, ce fut très difficile au début. Nous étions dans l’année du mouvement social contre le CPE. Il faut dire que Mme P. a voulu des conseils de discipline contre ceux qui organisait les blocages du collège. Autant dire, ce n’était plus un parent d’élèves, mais bien un circuit rôdé au sein de l’établissement. Elle soutenait la ligne extrême-droitière de Sarkozy certainement avec le fait de nettoyer au karcher les mauvaises ondes (peut-être à l’aide des Bovis). Qu’importe, l’ordre religieux devait régner sous cet établissement gavé à l’argent public comme des milliers d’autres. Le vrai séparatisme est là !

Toutefois, quelques semaines plus tard, un gros pétard explosa sur l’une des portes. Bien évidemment, les mêmes qui voient dans les pétards, des tirs de mortiers ; ce furent les mêmes qui prétextaient à ce qu’un pétard était une bombe. Un article avait été rédigé dans le Parisien certainement anecdotique. Tout le monde s’en foutait. Pourtant, le “proc” n’était pas du même avis. Imaginez : une bombe sur un collège juif ou musulman ? Il s’agirait d’une affaire ! Tout était déformé, mais au nom de l’égalité vis-à-vis des autres établissements confession, une enquête de la SRPJ de Versailles fut diligentée une enquête de la SRPJ de Versailles fut diligentée.

Dans les différentes questions basiques que les condés ont posées au niveau des personnes qui pouvaient en vouloir à l’Institut : mon nom sortit du chapeau. J’avais été humilié à deux reprises, mais l’Institut voulait me voir briser jusqu’au bout. Il s’agissait d’un véritable harcèlement comme ce que j’ai subi pendant des années et qu’ils n’ont rien fait. J’ai été reconvoqué au commissariat de Houilles par les Officiers de Police Judiciaire. On m’indiquait les risques encourus. Mais j’étais innocent dans cette affaire. Après avoir discuté un peu, une perquisition du domicile familial : une humiliation de plus. Ils sont même allés jusqu’à confisquer temporairement l’ordinateur de mon père. Pour quelles raisons ? Il n’avait pas de preuves, rien à se mettre sous la dent. Bien sûr, cela est retombé sur moi. Au bout de 30 minutes à 1 heure, nous sommes repartis. On m’a indiqué que j’allais faire une garde à vue. À 16 ans, c’était complexe, mais le code procédure pénal était fait de cette façon-là. J’étais le “bouc-émissaire”. On me proposa un avocat commis d’office. Je refusais : je n’avais rien à cacher. Je subis comme de nombreuses personnes : la fouille à nue et on m’enferma dans une cellule pendant des heures et des heures. Le temps passa très vite. Imaginez la sensation à 16 ans. L’humiliation atteignait son paroxysme. Qu’importe, je n’avais rien lâché vis-à-vis des condés. Dans l’interrogatoire, la démonstration assez complexe que je développais : prouver que je dormais. Assez absurde, mais on perdait tous notre temps : flics et juges avaient certainement d’autres affaires à se mettre sous la dent. Ma garde à vue aurait pu durer près de 24h00. Je risquais lourd, car je n’avais pas d’alibi comme les condés le disent dans le jargon et je ne pouvais pas le démontrer. Les “culs-bénis” m’avaient tendu un véritable traquenard.

Finalement, j’ai pu démontrer quelque chose de cohérent : la nuit, je dormais et je n’avais rien entendu. L’histoire s’est essoufflée. Mais les conséquences sont toujours là.

Faisons un saut dans le futur, on ne parlera pas de ce qu’il s’est passé au lycée public. J’avais pris une filière technique, mais peut-être pas la bonne. J’aimais la science, je ne pouvais douter, mais laquelle ? Les sciences de l’ingénieur m’ont vraiment formaté le cerveau tout comme le baccalauréat scientifique que j’ai lamentablement échoué. Un échec aurait pu se transformer en réussite en remontant au créneau. Mais voilà, les années de lycée m’avaient usé. Je n’aimais pas l’enseignement où étaient formatés de nombreux lycéens. J’eus une solution à partir de ce moment-là. J’étais clairement tombé dans l’addiction aux écrans, dont l’ordinateur portable.

Une solution s’offrit à moi : rejoindre un internat, mais comme le public était saturé, je dus choisir l’option d’un privé encore une fois chez les “culs-bénis”. Je pris le bon vieux BEP CSS en un an. Ce fut difficile, je dus me taire, mais j’eus mon BEP avec une bonne note. Je trouvais un travail en temps partiel en tant qu’employé de collectivité puis un autre travail en tant qu’aide de vie. Au bout d’un moment, j’ai compris que le baccalauréat s’il ne servait à rien n’était qu’une porte pour ouvrir d’autres portes. Je décidais à partir de ce moment de m’orienter vers une capacité en droit, un diplôme universitaire en deux ans en cours du soir. Le droit n’était pas mon orientation, mais cela m’a fait grandir, notamment dans la manière d’argumenter. J’ai compris que le droit, c’était la politique et la politique, c’était le droit. À cette époque, nous étions dans le débat au Parlement de la “Loi Taubira” sur le “mariage pour tous”. Les homophobes battaient les rues au travers de slogan nauséabond. Qu’importe, j’ai compris qu’il fallait se pencher un minimum sur le droit et que la politique n’était pas seulement de la théorie. J’ai raté ma première année de capacité en droit. Mais les connaissances que j’avais emmagasinées m’ont ouvert sur le monde. Certes, je ne serai jamais un avocat, mais la méthodologie d’argumentation en disait long.

Puis il fut des années où je me cultivais, mais malheureusement le diplôme de niveau 5 ne se passe pas sur la culture générale, mais sur une lobotomie du cerveau en matière de connaissance.

Au bout de quatre années à cavaler entre chaque client pour réaliser des toilettes, du repassage (dont des foutues chemises avec des plis) ou à nettoyer les sols, faire de la restauration collective et les différentes tâches administratives. Avoir deux emplois comme le font les Allemands pour survivre n’était pas une vie. Je voulais au contraire trouver une forme de stabilité. J’ai effectué des recherches pour passer le diplôme d’Aide-soignant. Je trouvais qu’il était adapté par rapport à mes besoins de me poser. Finis le fait de courir entre deux endroits pour gagner le salaire minimum. J’ai décidé de faire la démarche pour m’inscrire au concours. J’avais travaillé un peu, mais le résultat était que j’étais arrivé trentième. Un score vraiment pas mal. Cela me redonnait confiance en moi. J’étais un peu arrivé comme un touriste en travaillant juste l’orale. Il ne fait guère de doute que le plus dur allait être devant moi. En effet, il fallait se plier devant les formateurs et dans les stages, il fallait se soumettre partout. Le paramédical (tout comme le médicale) s’inscrivait dans le fait de broyer les élèves afin de leur dégoûter au plus profond du métier. Se taire ou partir, tel est la vision dans le paramédical. Puis, il y a une injustice criante : les élèves aide-soignant ont deux mises en Situation Professionnelle alors que les infirmiers n’en ont aucune. Bref, j’ai dû passer trois fois le module 3. J’étais aide-soignant. Je suis parti au bout de cinq années après mon diplôme : écœuré, dégoûté et déçu.

Plus de huit ans après, j’ai décidé après repasser le baccalauréat afin de montrer que je pouvais repasser des épreuves. J’ai effectivement réussi à passer les épreuves malgré la maladie psychique toujours pas régulée. Ce fut éprouvant. Mais j’étais en mesure de passer des épreuves. Il ne fait guère de doute que la méthode de créer un “examen unique” ou des partiels n’était pas mon mode de fonctionnement. J’avais besoin de respirer et non de réapprendre par cœur des formules et des démonstrations. Il ne fait guère de doutes que ce n’est pas ma méthode pour apprendre. Je ne suis pas conformiste. J’ai ma méthodologie pour apprendre. Concrètement, je suis très anarchiste finalement, même si j’ai beau avoir une bibliothèque remplie de livre communiste, mais la démonstration s’avère être celle-là.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais en 2019, j’ai commencé l’écriture d’un livre. En même temps, j’étais dans une église évangélique. Je ne critiquerai pas ce qu’elle m’a apporté en termes de connaissances. Avec la personne, chez qui nous faisions l’étude biblique et le pain quotidien (dont je reviendrai certainement plus tard là-dessus), nous allions à la Bibliothèque de Nanterre. Oui, j’avais des problèmes liés à l’alcool et aux drogues, j’étais pris dans une spirale infernale. Lorsque j’étais en descente, j’effectuais des recherches sur le livre que j’écrivais. Il fallait que je disse que je dise malgré l’embrigadement dans le mysticisme.

Finalement, l’expérience m’a appris que j’étais hors du cadre institutionnel. J’ai une approche clairement autodidacte. J’ai compris qu’en effectuant des recherches critiques à l’université de façon libre et sans rendre de mémoire, cela s’articulait autour d’une méthodologie. Récemment, j’ai fait un bilan de compétence avec une personne afin de savoir ce que je voulais faire. J’apprenais moi-même à mon rythme. Maintenant, l’avenir reste à construire.

Auteur/autrice : Pierre Le Bec

Aide-Soignant en #EHPAD, Marxiste et Communiste ✊

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