Un regard croisé sur la cause animale
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La Théorie de la Justice

La pensée utilitariste se traduit par la maximisation du bonheur de chacun dans un souci de l’intérêt général. La particularité est que cela ne repose pas sur le fond obscur des droits naturels et des libertés individuelles. La rupture avec le pessimisme de Hobbes a été consommée et notamment avec le mouvement naturaliste. Toutefois, l’utilitarisme a été mis en place dans le développement du capitalisme dans les pays industriels notamment en Grande-Bretagne sous l’ère victorienne. Le lien entre l’utilitarisme et le libéralisme économique tout comme philosophique ne plus être en mesure pour justifier une démonstration. L’utilitarisme a largement été critiqué par Karl Marx du fait d’une logique capitaliste qui semble inhérent à l’utilitarisme.

De même, nous entrons dans un paradoxe de la méthodologie que nous utilisons : séparer l’utilitarisme de l’économie politique classique ou néoclassique pour l’intégrer dans le cadre d’une reprise sémantique des différents termes dans le souci d’un regard croisé entre les gauches radicales et l’animalisme (c’est le titre du livre.). Toutefois, le lecteur concédera que l’utilitarisme intervient dans un registre où la pensée utilitariste s’inscrit largement dans la déconstruction du spécisme. Dès lors, il apparaît clairement de remodeler l’utilitarisme selon le concept de Bentham et de ses précurseurs. Toutefois, l’homogénéité souligne que l’utilitarisme peut porter ses fruits dans le cadre d’une pensée progressiste. En effet, la notion de l’utilité s’ancre dans une vision où l’utilitarisme permet d’agir concrètement en faveur du droit des animaux.

La pensée utilitariste dans ces conditions peut surprendre dans le sens qu’elle s’inscrit profondément dans une logique profondément a priori humaine théorisée par des personnes peu enclines du sort des animaux. L’utilitarisme dans sa phase classique a même pu influencé les travaux d’Adam Smith avec la main invisible du marché. Dans les paradoxes, le mouvement pour le droit des animaux semble plus prédisposer à reprendre certaines terminologies ou une dialectique qui lui est propre tout en s’inspirant de l’aspect sémantique de l’utilitarisme.

Revendiquer dans les manifestations la justice pour les animaux incombe de trouver une certaine forme de théorie de Justice. Dans ce cadre, nous pouvons reprendre les John Rawls. En effet, soumettre la notion même d’une justice dans l’intérêt des animaux passe par un welfarisme abolitionniste au sens qu’il maximise le bien-être de tout être doué de sensibilité. Mais ce bien-être s’il est certes maximisé ne permet de sortir de l’abattage dans son schéma classique. En effet, la meilleure technique pour réduire les souffrances inutiles, l’animal sera tout de même égorgé. Nous assistons dès lors aux limites d’une pensée utilitariste ne souhaitant pas l’abolition de l’élevage, mais s’enracinant dans une logique libérale de l’exploitation.

Dans la Loi de Bastia, nous avons la description de ce que représente la loi et de ce qu’elle ne représente pas. Or, le mouvement welfariste lorsqu’il s’inscrit dans un processus légaliste pour arriver à une abolition, dois par une évolution radicale de la question de l’éthique loin d’une morale anthropocentrée.

Réclamer cette théorie de Justice soulève de nombreux obstacles, mais à défaut de sombrer dans le pessimisme d’un Hobbes, le welfarisme tel qu’il est pratiqué ne considère pas le droit à la vie comme l’un des éléments clef qui pourrait permettre de sortir de l’élevage et mettre la clef sous la porte de tous les abattoirs. Or, s’il y a un mouvement sérieux pour l’abolition, il semble nécessaire de redonner la parole à ceux qui ne peuvent s’exprimer.

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