Un regard croisé sur la cause animale

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De « Black Lives Matter » à « Animal Lives Matter »

lundi 22 juin 2020 par Pierre Le Bec

La « lutte des classes » ne doit pas être réduite à une simple lutte opposant la lutte contre la bourgeoisie aux autres luttes. Le réductionnisme « classiste » tend à affirmer que la « lutte des classes » reste l’alpha et l’oméga de toutes les autres luttes. Bien sûr que la « la lutte des classes » prend une importance capitale dans nos vies. Elle se matérialise par un antagonisme de classes. Les différents corps de l’État au sens marxien diffusent progressivement l’ordre sous couvert d’un autoritarisme rampant. Le « réductionnisme » n’est autre que la phase cachée de la petite bourgeoisie qui ne cesse de tendre vers un certains perfectionnisme de la lutte des classes. Les « réductionnistes » peuvent se réclamer de l’orthodoxie marxiste. Karl Marx n’aurait jamais pensé mettre la lutte des classes au-dessus des autres luttes. Les réductionnistes ne comprennent pas le fait que les autres luttes subissent également les travers de cet État autoritaire. Le combat contre l’État, les flics et les patrons se réalise sous une multitude de forme. Il faut dire que la « lutte des classes » s’est diversifiée. Lorsque nous parlons de la « Libération Animale » ou du mouvement « Black Lives Matter » (BLM), il s’agit dans les faits d’une lutte sous-jacente contre le capitalisme.

Aux États-Unis d’Amérique, le meurtre de Georges Floyd a ravivé les tensions raciales dans un pays où le Président de la République (Donald Trump) ne cesse de diviser la population tout en faisant la promotion d’un suprématisme blanc. Le WASP (White Anglo Saxon Protestant) reste omniprésent dans une Amérique où les partisans les plus acharnés rêvent d’une nostalgie où la ségrégation était le leitmotiv d’une société n’ayant pas tourné pas la page de l’esclavagisme. Le romantisme américain s’inscrit dans la confédération.

Dans l’Hexagone, il y a une peur du séparatisme sous couvert d’une lutte identique contre le racisme systémique de la part de l’appareil répressif de l’État. Si tous le monde n’est pas raciste, loin sans faute, les différentes lois adoptées les unes après les autres s’inscrivent dans une logique profondément raciste. Il paraît que le Rassemblement National n’a pas été élu au second tour des élections présidentielle, mais sur le long terme la question idéologique se multiplie avec des lois toujours plus racistes les unes après les autres. La question de la bataille des idées devient le « leitmotiv » de l’extrême-droite. En effet, ils savent très bien qu’ils ne peuvent remporter de scrutin au niveau national alors ils ont décidé de pénétrer doucement les appareils de l’État à travers la « nouvelle droite » et « l’euro-différencialisme ». Cette droite révolutionnaire s’inscrit dans une logique en opposition à l’universalisme et aux Lumières. Elle prétend défendre une culture plurimillénaire, dans les faits elle s’inscrit dans la défense d’une France Nostalgique bénie du temps des colonies et de l’esclavage. En période de crise, « la droite révolutionnaire » et le fascisme à travers le romantisme imprègne doucement la société d’une odeur particulièrement rance. La devise de la République : « Liberté, Égalité, Fraternité » s’est sacrifiée au profit d’une République liberticide et de plus en plus inégalitaire. Mais, il y a une cause commune : le conservatisme tout comme la pensée réactionnaire se développe de façon crescendo des deux rives de l’Atlantique. Le temps d’une chanson, la vie peut basculer dans l’enfer. Que cela soit pour ceux qui n’ont pas la couleur blanche de peau ou ceux qui ne sont pas de la même espèce que la nôtre, la réaction se développe pour tendre vers un capitalisme toujours plus débridé.

On pourrait se poser également la question suivante : pourquoi ne pas traiter les animaux non humains comme des individus discriminés en raison de l’appartenance d’une autre espèce ? Dès lors, le slogan « Animal Lives Matter » (ALM) peut raisonner comme le fait que tous les animaux humains ou les animaux non humains ont le droit de vivre. Les cochons qui sont asphyxiés par dioxyde de carbone ne pourrait-il pas dire comme Georges Floyd : « I can’t breath ». Le problème dans les animaux non humains ne peuvent s’exprimer distinctement à travers la parole, mais on peut dire que ce sont des êtres sentients. Sous quel prétexte, nous les tenons comme des esclaves et que les spécistes les assassinent à la chaîne ? La jonction entre BLM et ALM devient une évidence pour ceux qui se battent contre les discriminations. Les deux font parties intégrante du capitalisme. Dans une société post-capitaliste, les mouvements BLM et ALM se dissolvent d’eux-mêmes puisque la racine du problème cesse d’exister.


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