Liberté surveillée, liberté abandonnée

Le déconfinement se profile pour la majorité des départements. Pourtant, le gouvernement et le président de la République ne se laissent pas abattre par les différentes mesures liberticides. Jamais un gouvernement n’était allé si loin dans le taillage des droits fondamentaux sous prétexte d’ordre public.

Une nouvelle application sera dévoilée sous le titre #STOPCOVID, elle prévoirait d’exploiter les données personnelles peut-être par les GAFA. Le COVID-19 permet une surveillance sans précédent. Il ne s’agit pas de s’opposer au confinement, mais de critiquer ce qu’il s’en suivra.

La « surveillance de masse » n’est pas censée rappeler Big Brother. À la place des télé-écrans, nous aurions nos smartphones. Plus subtile que la prophétie de Georges Orwell, il faudrait se soumettre à l’autorité désormais pour pouvoir se déplacer. La liberté tant chérie s’envole comme les colombes dans le ciel. « La guerre c’est la paix » pouvait-on deviner dans les affiches de l’armée. L’épais nuage de corbeau dans le ciel fait son apparition sous couvert de démocratie. Ce qu’il reste de la démocratie se consume doucement, mais sûrement tel un feu de paille. Rien ne peut l’arrêter. Les ordonnances pleuvent les unes après les autres tel les décrets-lois d’un ancien temps. Le parlementarisme bourgeois a atteint ses limites. Au même moment, la majorité est sur le point de voler en éclats avec un durcissement vers le libéralisme et l’État légal et non plus l’État de droit. Le caractère maurassien de notre République ferait rougir l’Action Française et l’extrême-droite.

Certains pays asiatiques ont mis en place des mesures extra-ordinaires comme c’est le cas pour France avec l’état d’urgence sanitaire. Il faudra sortir un jour du confinement, mais dans quelle condition ? Les ordonnances rappellent le monarchisme du parti présidentialiste. Il y a un risque de rendre acceptables les mesures jugées inacceptables jusque-là. L’État rogne progressivement sur les libertés publiques au profit non pas de la liberté individuelle, mais du capitalisme. Le risque d’un régime hybride s’entrevoit doucement au coin de la porte. Nous sommes dans les sables mouvants. Plus on bouge, plus on s’engloutit. C’est la démocratie qui se fait aspirer par le bas. Adieu secret médical ! Adieu protection des données personnelles ! Adieu vie privée ! Pour notre sécurité, nous devons tous abandonner un peu de notre liberté. Mais en laissant le tentacule pénétré notre vie privée, c’est notre sécurité personnelle et psychique qui est en jeu. Les restrictions ne sont plus nécessaires. Il n’y aura pas de retour à la normale.