Un regard croisé sur la cause animale

La chasse contre les chasseurs est ouverte

mercredi 30 septembre 2020 par Pierre Le Bec

La chasse n’est pas un loisir comme les autres. Le simple fait de tuer massivement des animaux non-humains sous de faux prétextes s’inscrit dans une certaine forme de barbarisme intellectuel. Le dogme de la chasse s’ancre dans une paresse de l’intelligentzia. En effet, la chasse selon les différents types de méthode est censée rapprocher finalement les différentes classes sociales lissant les inégalités sociales. Pourtant, chacun sait que ces dernières ne disparaissent pas vraiment dans les carnages. Au contraire, la chasse tend à mettre en avant les inégalités visibles notamment sur les différentes pratiques. Un gueux n’ira jamais à la chasse à court avec les notables locaux. De même, les différentes armes utilisées témoignent de la richesse de la personne. Si la chasse peut-être un lieu de rencontre, elle est un endroit où se croisent les inégalités sociales.

Dans le même temps, la chasse attire peut-être plus de personnes sur le papier, mais elle reste soumise à des débats toujours plus importants dans notre société. La chasse n’échappe pas à la cause animale. Nous sommes dans une déconstruction systémique d’une des branches du spécisme. L’un des arguments le moins aboutis, mais le plus répandu se distribue sous la forme que la chasse existe depuis « la nuit des temps ». Or, les premiers hominidés ont pratiqué la chasse et notre époque, plus d’un million d’années se sont écoulés. La tradition, comme ils la vantent, viens d’un passé très lointain. Pourtant, on entend souvent qu’il faille réguler sans cesse la nature pour la protéger les différentes récoltes ou encore les autres espèces. La nature a un fonctionnement autonome et elle-même face aux différentes conditions qu’on lui donne. La théorie de l’évolution de Darwin permet d’aborder une nature dynamique et loin d’être comme un tableau statique. En même temps, les chasseurs ont tendance à créer des élevages pour pratiquer leur passion au maximum. Or, de nombreuses zones de surpopulation de certaines espèces vient en réalité des élevages des chasseurs. Ainsi, le « chasseur » reste responsable des dégâts qu’il engendre sur la nature puisqu’il fabrique une nature à son image et à l’image de la doctrine étatique.

Les chasseurs se prennent des lors pour des « cow-boys » dans leurs forêts. En effet, ces miliciens sont déterminés à entretenir la pression. Les récoltes souffrent de différents dégâts que peuvent générer les animaux sauvages. Mais les plus gros dégâts ne viennent pas des animaux, mais bien du réchauffement climatique. Les canicules tout comme les sécheresses augmentent d’année en année et mettent en péril l’autonomie alimentaire des différents pays. Dans le même temps, les agriculteurs payent des assurances pour profiter pleinement du système. Ils peuvent hurler au système, mais avec les chasseurs, ils en profitent pas mal.

Face aux différents mouvements de contestation dans le milieu rural sur une réglementation toujours plus stricte. La grande réforme ne sera pas institutionnelle, mais se jouera dans la bataille de l’opinion publique. Dès lors cette réforme de l’approche éthique des animaux sauvages prendra tout son sens dans les prochaines décennies. La nature « dérégulée » sera paradoxalement mieux réguler qu’une nature régulée par le bruit des bottes. Des théories comme la réduction de la souffrance des animaux sauvages (RAWS) déjà largement mises en place dans les milieux urbains se développeront à la vitesse de l’éclair. On entendra de nombreux adversaires et partisans s’exclamer qu’il s’agit d’une vision radical voire extrémiste. Pourtant, de nombreuses personnes y participent en donnant à manger aux différentes espèces ce qui paraît totalement « contre-nature ». L’appel de la nature s’inscrit dans une logique néofasciste chez les spécistes. Ils essayent de nous faire passer pour des « Khmers verts » alors que dans la symbolique, le fusil n’est qu’une prolongation du culte du corps.

Il y a la NRA aux Etats-Unis d’Amérique, il y a la FNC en France. Les deux tentent d’intimider leurs adversaires à travers les armes et de l’effet de groupe. Sous le prétexte que « seul les homme tue, pas les armes ». Il y a un réel renversé se traduisant par des victimes chaque année. Ces deux lobbys sont prêts à tout pour défendre leur bout de pain quitte à faire pression sur les différents élus de la république. Mais le pire dans ces affaires réside dans le fait que l’Etat ne réagit pas vraiment, au mieux l’appareil étatique reste complice. Par contre en ce qu’il concerne, les partisans de l’abolition de la chasse, les peines pleuvent.

Nonobstant ces faits, on ne peut arrêter une opinion par une politique sécuritaire qu’elle que soit son importance et sa vigueur. La « liberté de pensée » peut certes être largement encadrée par les différents pouvoirs comme la création de cellule spécifique comme DEMETER. Cependant, la « cause animale » reste en roue libre. Plus rien ne semble l’arrêter puis contrairement à ces adversaires, elle n’a tué personne à ce jour que ce soit des personnes spécisées ou des êtres humains. La révolte gronde doucement dans la population. Le « Référendum pour les animaux » va de paire avec l’un des slogans : « Justice pour les animaux ». En effet, le gouvernement craint des affrontements entre militants de la cause animale et les spécistes. Pour le moment, les rares affrontements viennent de ceux qui tuent avec (bonjour les welfaristes !) ou sans étourdissement, chassent, exploitent, traient, etc. Pendant ce temps-là, une vitrine cassée ou taguée fait plus parler d’elle que de la réalité de l’envers du décor. Le système spéciste tire toutes les ficelles

L’argument souvent agité par les chasseurs et des spécistes de façon globale prend en compte la notion de la liberté. Elle a bon dos cette dernière. En effet, la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Les personnes spécisées sont considérées comme des esclaves et par conséquent comme des objets, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas le droit aux libertés fondamentales. Les personnes reléguées comme inférieur en raison de l’appartenance à une autre espèce justifient pleinement les actes de barbarisme que l’on peut trouver dans des pratiques datant d’une autre époque. En entrant dans les années 2020, les chasseurs se sentent sur les nerfs. Lorsque le préfet d’un département indique le nombre d’éliminations de certaines populations de l’espèce, il se place dans un « spécisme radical ». En effet, en plus de considérer que l’animal non-humain n’est pas un individu à part entier, il est noyé sous des lignes de tableau. L’identité de l’individu s’envole au profit des associations de chasseur. Toutefois, les tribunaux qui censurent différentes dispositions réglementaires permettant à l’Etat de droit de se défendre face au corporatisme de toute nature.

Leurs pratiques pour certaine plurimillénaire se retrouvent devant les tribunaux au travers de nombreuses associations. Les batailles juridiques sont l’un des versants dans « le monde d’après ». La cause et la protection animale n’ont jamais été aussi omniprésentes ces dernières année dans le débat. Le bien-être animal est ancré dans le paysage politique français et plus généralement au niveau de la sphère internationale. La chasse contre les chasseurs est pleinement ouverte. Il va falloir du courage puisqu’il s’agit du pot de terre contre le pot de fer.