Un regard croisé sur la cause animale

La chasse à la glu

dimanche 23 août 2020 par Pierre Le Bec

La « chasse à la glu » fait partie de l’Histoire pas très glorieuse de l’Europe. Dans ces conditions, on peut se demander si les personnes adeptes de cette nostalgie au niveau de pratique barbare ne redoutent pas dans le fond de se retrouver face à un déracinement d’une culture plurimillénaire. Or, en ce début du troisième millénaire, le changement des mentalités s’accélèrent de façon crescendo. On peut comparer la « chasse à la glu » à « la chasse au déterrage » notamment sur les blaireaux. Ces pratiques sont ignobles puisqu’elles ne laissent aucune chance pour les animaux de pouvoir s’enfuir. Le rapport entre le « chassé » et le « chasseur » est obstrué. La dominance de l’être humain sur les animaux nous rappelle que la chasse s’inscrit dans un « spécisme de combat ».

La chasse reste certes une sphère d’influence irrémédiable au niveau du pouvoir. Nous avons pu le voir notamment lors de la « chasse à courre ». Le président de la République y a également participé à plusieurs lors des « chasses présidentielles ». Cette tradition est un reste de l’Ancien Régime. Il y a une dichotomie entre ce que veulent majoritairement la population et ce que réalise le pouvoir. Il est vrai que l’on ne gouverne pas avec la rue, mais gouverner sans prêter attention à ce qu’il se passe dans la rue, nous rappelle l’éloignement entre les sphères du pouvoir et la population.

Il se crée une vision antagoniste entre la volonté majoritaire de la population et les décisions du gouvernement. Bien sûr qu’il ne faille pas tomber dans le populisme le plus rance, mais parfois lorsqu’une majorité de la population souhaite faire tomber les obstacles d’un vieux monde, il semble nécessaire d’écouter les citoyens.

Il existe un art dans le fait de prêter attention au peuple. Toutefois, là où il y a des limites dans le raisonnement se résume dans le fait que le peuple n’est pas homogène et s’inscrit Ipso Facto dans une hétérogénéité de fond. La chasse a différents arguments permettant de voir la différence entre le loisir tel qu’il est pratiqué actuellement et l’impact néfaste sur la nature. La réalité reste que la « condition animale » passionne de plus en plus la population. Elle est devenue pour certains un paramètre dans la façon de voter. Le « vote animal » aura un impact majeur dans les prochaines élections présidentielles et législatives.

Certains comme Paul Arriès voit dans la protection animale une vision bourgeoise [1]. Mais c’est en regardant la manière dont sont traités les animaux non-humains que nous pouvons apercevoir la politique vis-à-vis des êtres humains. Le peu de considération pour les animaux non-humains de la part du gouvernement s’est traduite par une politique autoritaire, sécuritaire et liberticide sur tous les pans de notre société.

En cette période de crise touchant l’ensemble de l’activité des pays, des mesures impopulaires seront prises tant au niveau local qu’au niveau national pour que le radeau ne sombre pas. Le confinement lié au SARS-COV-2 a eu un impact majeur sur notre économie. Les bouts de bois flottant dans une mer déchaînée laisse entrevoir la tempête qui s’annonce pour les prochaines années.

Dans ces conditions, n’est-ce pas une idée intéressante de lâcher un peu de leste au niveau de l’évolution des mœurs sociétales ? La cure drastique et budgétaire qui attend le pays risque de bousculer plus d’une personne.

[1Laurence Parisot, ancienne présidente du MEDEF avait demandé à prendre la présidence de la sulfureuse Fondation Brigitte Bardot


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 0 / 0

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Antispécisme  Suivre la vie du site La chasse   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.2.8 + AHUNTSIC

Un regard Croisé sur l'animalisme ©