Un regard croisé sur la cause animale

Une République bonapartiste

E5
jeudi 4 juin 2020 par Pierre Le Bec

À l’epoque actuelle, la « Cinquième république » est défendue par un jeune politicien à la pratique monarchique qui recycle le décorum royal. Or, il s’avère que la Restauration entre 1815 et 1830 a été un coup de frein à l’émancipation du prolétariat ; de même, à la suite, la Monarchie de juillet a fait régresser les droits des ouvriers, des manouvriers (travailleurs agricoles) et des petits employés pour permettre la croissance des nouveaux conglomérats capitaliste du fait de la Révolution industrielle naissante.

Or, s’il manque un roi à la tête de l’état, il s’avère que la restauration de la monarchie dans l’Histoire de France comme entre 1815 et 1830, de même la monarchie de Juillet n’ont pas permis l’émancipation du prolétariat. Pire, il s’agit alors de considérer que la France a besoin d’un « sauveur suprême ». ; cette représentation conservatrice du pouvoir sera d’ailleurs remise pleinement en avant sous le régime de Vichy en faveur du maréchal Pétain, même si la comparaison historique s’arrête là. Le dernier roi de l’Ancien Régime a tout de même guillotiné pour haute trahison.

Pour en revenir à Emmanuel Macron, le régime parlementaire de la Cinquième République, sous son auspice, a laissé place à une forme de présidentialisme.

La « Cinquième république » telle qu’elle est constituée sous une période de concordance des majorités parlementaire et présidentielle ne s’avère être qu’une forme déguisée de restauration monarchique dans sa pratique institutionnelle et dans son imagerie quotidienne, bien que le texte constitutionnel ne réserve l’exercice du pouvoir gouvernemental qu’au Premier ministre.

Si de nombreuses personnes vénèrent le Général de Gaulle et se servent de son héritage politique pour asseoir leurs propres ambitions, il ne faut pas oublier que ce dernier a été un étudiant maurrassien dans sa jeunesse : même si sa conversion à la suite au républicanisme n’est cependant pas contestable, il en reste des traces puissantes dans sa vision personnelle du pouvoir (avec une modernisation notable du courant bonapartisme).

Comment peut-on faire confiance en notre système politique actuel, dont le père fondateur n’était autre qu’un nostalgique des pratiques monarchiques sous l’apparence trompeuse des institutions républicaines ? En conséquence, par abus de langage (trop entendu dans la bouche de journalistes), on a ainsi tendance à parler de « monarchie républicaine » pour désigner notre régime.