Une république monarchique capitaliste E5

, par  Pierre Le Bec , popularité : 0%
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Nous vivons une drôle d’époque où la « cinquième république » est défendue par un monarchiste se revendiquant des préceptes monarchistes. Or, s’il manque un roi à la tête de l’état, il s’avère que la restauration de la monarchie dans l’Histoire de France comme entre 1815 et 1830, de même la monarchie de Juillet n’ont pas permis l’émancipation du prolétariat. Pire, il s’agit d’une certaine manière de considérer que la France a besoin d’un « sauveur suprême ». Or, le dernier roi légitime a tout de même eu la tête tranchée pour haute trahison.

Dans le cadre d’Emmanuel Macron, la monarchie absolue ou parlementaire à laisser place à une certaine forme de république. Or, la « cinquième république » telle qu’elle est constituée s’avère n’être autre qu’une forme dévoyée de la monarchie actuelle. Si de nombreuses personnes se pavanent à exalter le Général de Gaulle. Dans son histoire, ce dernier a été un étudiant maurrassien. En réferénce, nous renverrons à l’ouvrage suivant pour de plus amples précisions [1]

Comment peut-on faire confiance à une république, dont le père fondateur n’est autre qu’un monarchiste ? Par analogie, on a tendance à parler de « monarchie républicaine » ou de « cinquième monarchie ».

Dans la politique française, le grand absent est la figure du roi, dont il est probable le peuple français dans sa grande majorité n’a pas voulu la mort. " La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! " pourrait-on dire. On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléoniens, boulangistes et gaullistes, notamment. " Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace ". On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. "Pourtant, ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction". Tout s’est construit sur ce malentendu (souligné par moi). [2]

Bien que le Général de Gaulle ait été purement maurassien dans sa jeunesse, il a créé une sorte de régime hybride entre le monarchisme et le parlementarisme. La démocratie libérale est prise dans le piège de l’orléanisme.

Sortir du capitalisme en sortant par le haut implique nécessairement d’adopter une vision anticapitaliste. Cette dernière connaît des termes empreints de progressisme comme le socialisme, le communisme [3], l’anarchisme [4], etc.

Ces courants de pensées s’inscrivent dans une logique matérialiste et mettent en avant les antagonistes de classes, mais ne défendent pas les mêmes méthodes pour sortir du capitalisme. Le courant libéral a largement impulsé le matérialisme avec des analyses portant sur la réalité physique. Pourtant, depuis près de quarante ans, on constate que le néolibéralisme est incapable de relever les grands défis du XXIème siècle. Le côté de l’exploitation interroge. Durant près de deux siècles, nous avons mis en avant l’aspect de l’exploitation des êtres humains entre eux sous la forme d’une lutte de classe : le bourgeois exploite le prolétaire au nom du titre de propriété privé qu’il possède et le prolétaire pour vivre voir survivre vend son temps de travail en échange d’un salaire.

Vouloir renverser le capitalisme souligne de changer la structure de la société et sa façon de penser. Cela passe par son remodelage de fond en comble de notre société. Dès lors, nous nous intéressons à la pensée animaliste radicale. Cela implique une déconstruction du capitalisme tout comme celle de l’antispécisme, et cela, dans une même logique. Si les deux peuvent au premier abord n’avoir pas vraiment de lien entre les deux. L’analyse sémantique entre le communisme et l’animalisme demeure opportune et enrichissante pour la pensée.

Cette dernière nous force à affirmer la volonté de rompre avec le vieux monde. Évidemment, il ne s’agit pas reprendre la dialectique macroniste qui oppose la fin du « vieux monde » à comprendre le clivage droite-gauche et le « nouveau monde » avec un clivage progressisme ˗ nationalisme/populisme. Pourtant, le « Nouveau monde » qui nous vante de façon sans cesse la ligne « ni droite, ni gauche » conduit de façon irrémédiable à la justification de toute forme de répression, ce qui risque de favoriser à terme les partis fascistes ou crypto-facistes. Le dépassement dudit clivage pour la sauvegarde de la nation ou encore mettre la nation comme forme de logique absolue en termes de politique conduit façon inévitable à des régimes autoritaires. Nous avons vu des néosocialistes comme Manuel Valls s’inscrire dans une logique libérale et liberticide. La pensée d’Emmanuel Macron en suivant le « nouveau monde » exhorte une volonté de rompre avec « l’ancien monde ». Pourtant, il s’avère que le « nouveau monde » qu’ils défendent reste identique à l’ancien. Il s’agit d’une dialectique dangereuse. Le dépassement des clivages droite-gauche nous a conduit à avoir un gouvernement de droite radicale. Mais les néolibéraux bornés dans leurs idées voient dans ce dernier un homme politique de gauche.

[1Eugen Weber, L’Action française, éd. Hachette, 1990, p. 297.

[2Emmanuel Macron, « J’ai rencontré Paul Ricœur qui m’a rééduqué sur le plan philosophique », Le 1 Hebdo, 8 Juillet 2015

[3Celui-ci a été théorisé originellement par Babeuf (dont le nom de sa doctrine sera le babouvisme) et développé par Karl Marx et Friedrich Engels. Dans le communisme, il y a différents courants de pensée : le trotskysme, le luxembourgisme, le stalinisme (même si c’est plus du capitalisme d’état), le maoïsme, etc.

[4L’anarchisme se veut comme le refus de l’autorité par un groupe de personne. Multiples sont les courants anarchistes, cela de l’anarchisme révolutionnaire de Bakounine à l’anarcho-capitalisme de Lysander Spooner. Il y en a pour tous les goûts.