Un regard croisé sur la cause animale

La pensée Humaniste au défit du « libéralisme » et de « l’animalisme »

mercredi 27 mai 2020 par Pierre Le Bec

Le « libéralisme philosophique » est totalement dévoyé de ses valeurs ces derniers temps par ces mêmes libéraux : les « libéraux-libertaires » et les « libéraux-conservateurs ». Les régimes « hybrides » sous prétexte de « libéralisme » se développent de façon irrémédiable sur la surface du globe les uns après les autres. La question de « l’Humanisme » semble appartenir au vieux monde. Toutefois, l’Humanisme est porteur d’espoir lorsqu’il n’est pas dévoyé aux projets sordides des « libéraux-libertaires ». Ces derniers se transforment chaque jour un peu plus dans des « libéraux-autoritaires ». Oubliant volontairement le passé totalitaire de l’époque antérieure pour l’Europe de l’Ouest, mais aussi dans un « anticommunisme » débridé dans le bloc de l’Est, ces derniers aspirent à des « démocraties hybrides » teintées d’un néoconservatisme.

Pourtant, certains de ces êtres humains n’hésitent à enchevêtrer nombre de luttes au point avec des « luttes humaines » que cela devienne finalement « ridicule ». Si la question peut sembler abstraite. La convergence devient nécessaire dans un moment où la « répression » contre les luttes contre le « pouvoir » et « l’ordre établi » se fait de plus en plus sentir. L’alliance entre le « néocorporatisme » et le « pouvoir » à travers la cellule DEMETER rappelle les heures sombres de notre pays. D’autant que le gouvernement pacifie à coup de milliards un système qui ne tient qu’au travers d’une perfusion financière. Cependant, avec la « crise qui vient », on peut dire que le « changement les mœurs » avec la baisse généralisé des salaires va créer tel une infusion dans de l’eau froide. Les personnes vont adopter un nouveau mode de consommation. Si l’Humanisme doit passer par là alors on peut dire qu’il est sur la bonne route et ne se perdra pas en chemin. Faudra-t-il surveiller les êtres humains n’étant pas dans la norme du pouvoir ? Cette surveillance reste vicieuse. Elle met tout le poids du capitalisme agricole pour empêcher la « libre-expression » et la « libre-pensée ». Il y a un intérêt à faire converger les différentes « luttes humaines » pour faire preuve d’Humanisme.

Quand j’ai commencé à faire s’entrecroiser deux luttes a piori distinctes de tout sens. Corine Pelluchon affirme qu’il ne faut pas « s’enfermer [à propos du capitalisme] dans une idéologie opposant patronat et salariés » [1].

Pour autant, c’est bien le système capitaliste qui enferme les individus non-humains et qui pousse à la discrimination. S’il faut mettre la cause animale comme une lutte « transpartisane », il convient de souligner que la position sur l’échiquier politique devient nécessaire. En effet, nous vivons une époque où le « transpartisanisme » s’ancre pour faire tomber le clivage droite/gauche. Le dépassement du clivage « droite/gauche » serait une idée lucide s’il ne comportait pas le slogan « ni droite, ni gauche ». Ce dernier sème la confusion chez les faibles d’esprit. L’animalisme de droite porte en elle une contradiction majeure voulant d’une part émanciper les animaux, mais continue d’exploiter ses « frères » et ses « sœurs » de combat sous prétexte qu’il existe des « lois naturels ». Il apparaît plus clairement que sur son exemple de l’abolition de l’esclavage : il s’agissait d’une revendication libérale, mais l’esclavage ancestral a laissé place à l’individu « libre » de ses mouvements théoriques.

Pourtant, l’individu est-il « libre » dans les faits ? L’esclavage a donné certes des droits, mais vu que nous sommes dans une société promouvant la « méritocratie républicaine », il y a un paradoxe sur la question dans le fait « d’avoir des droits » et le fait de pouvoir « utiliser ces droits ». De facto, si il y a un lien entre l’affranchissement de l’esclavagisme qui se nourrit en premier lieu du racisme, l’origine même de l’esclavagisme à savoir « le racisme » et le « capitalisme » n’a pas disparu. Avec la prise des pouvoirs par les « libéraux-conservateurs », nous avons eu un regain de racisme et de volonté de créer de « nouveaux esclaves ». Si l’animalisme de droite porte en lui une certaine contradiction, il existe sur la question des « discriminations » vis-à-vis d’autrui remettant au goût du jour l es arguments semblable à l’esclavage. Les deux communautés souffrant du racisme : « les Juifs » et les Musulmans » lors des différentes religieuses ne se rendent pas compte qu’ils attaquent non pas un culte, avec certaines traditions qui peuvent dater d’une autre époque, mais à des personnes physiques. L’animalisme de droite n’est qu’une pensée inachevée de ce que pourrait « l’anarchisme de droite ».

Évidemment, on m’accusera de vouloir diviser un mouvement encore embryonnaire, mais les divisions ne peuvent que nourrir un débat « constructif » mettant en avant, certes, nos divergences, mais peut construire une « convergence » basée sur un axe sein. La question de l’émergence de « l’animalisme de gauche » se réalise sur des bases éthiques mettant en avant l’abolition de toute « oppression ». Bien sûr que l’on me reprochera de penser qu’il existe une « gauche morale » à l’instar d’une « droite immorale » ou encore d’opposer « le bien » et « le mal » selon l’axe traditionnel. Il existe chez les gens de « droite » : une morale « bonne » à leurs yeux qui n’est pas ma morale. Il s’agit pour le coup d’une approche subjectif. Mais nous nous retrouvons sur la « sentience » de Benjamin Bentham.

Lorsqu’on s’attaque aux « droits humains » sous prétexte qu’il existe des « droits des animaux », on s’attaque également aux différentes minorités de ces différents pays. Il n’y a pas à dire, si l’animalisme s’attaque aux minorités sous prétexte de défendre les animaux non-humains alors l’animalisme ne sera qu’une idéologie terminant aux poubelles de l’Histoire. Nous l’avons vu, la question des « minorités » prend dès lors un rôle primordiale. La manière, dont nous luttons et que nous prenons en compte notre propre lutte vis-à-vis de ces dernières tend manifestement à montrer l’ouverture d’une société qui se renferme sans cesse. « L’animalisme de gauche » ne doit pas transcender ses valeurs au profit d’une société qui s’exaspère et qui défend l’individualisme comme « norme » fondamental. Les « gauches radicales » ont énormément à gagner de l’animalisme tout comme des sciences dures et sociales. Au moment où l’on nous vend le « roman national » comme porte de sortie de la crise systémique d’une société qui se noie sous ses propres contradictions. Le monde d’après risque d’être plus difficile à vivre pour les futures générations.

Au moment où j’écris, de nombreux cas positif de COVID-19 ont été relevés dans les abattoirs du monde entier. Les éleveurs outre-Atlantique se retrouvent confrontés face à une contradiction importante, il s’agit dans les faits du « serpent qui se mort la queue ». La question de la survie pour ces éleveurs qui sont en réalité des « exploitants agricoles » à savoir des « entrepreneurs agricoles » se dégagent par le fait d’abattre à la chaîne de pauvres êtres sentients. Faudrait-il aider ces « kapos » dans la crise qu’ils vont vivre ? La réponse semble évidente, il faut qu’ils se responsabilisent et qu’ils mettent en avant leur dogme libéral. Ce n’est pas à « nous » — les animalistes et les antispécistes — de payer leur crise. Je peux comprendre que le temps n’est pas en notre faveur et qu’il faut faire preuve « d’Humanisme ». Toutefois, on peut s’attendre à ce que le « vieil Humanisme » qui en découle soit tout simplement détruit la cupidité de l’argent et l’avarice. Ces exploitants agricoles risquent de subir la crise de plein fouet, il est évident.

La question des discriminations intervient dans un sens où il s’agit du fondement de la pensée et de la définition du spécisme, c’est-à-dire d’une discrimination d’une espèce sur une autre. Le spécisme est une discrimination de potentiellement universelle. Or, il n’existe pas que le spécisme comme discrimination « potentiellement universelle » (sic). On retrouve : le sexisme, l’homophobie, le racisme, la transphobie, etc. Les « libéraux-libertaires » et les « libéraux-conservateurs » tendent toujours à définir comme des « victimes » du système alors que dans les faits, ce sont des « bourreaux ». Au nom de la « liberté d’expression » ou encore de la « liberté d’entreprendre », ils font une extension du droit comme quelque chose d’inaliénable.

Certains antispécistes pensent y voir une « pensée humanocrate » [2]. Or, nous ne sommes pas dans cette forme de penser : le « vieil Humanisme » tout comme « l’anti-Humanisme » se pavane autour de « l’Humanocratie ». Dès lors, ce n’est pas pass la fibre « humaniste » qui habite « l’Humanocratie », mais bien une pensée anthropocentriste. L’Humanisme, serait-il la contradiction avec « l’animalisme » ? Cette question mérite d’être développée tant dans la littérature spéciste, il s’agit de mettre une contradiction entre les deux.

L’anthropocentrisme n’a pas de couleurs, pas de nation, et pas d’idéologie. Le spécisme a dès lors une vision visant à faire passer l’Humain comme le corolaire de toute pensée. On pourrait détourner le slogan de Donald Trump en affirmant : « Human First ». Certains antispécistes répondent à ce slogan renvoyant au nazisme en déclarant : « Animal First » [3]. L’argumentation bancale prévoit une affirmative action au profit des animaux, c’est-à-dire des discriminés. Or, une telle proposition ne va pas dans le sens du animalisme, mais peut a priori être une « première étape » au profit des animaux non-humains. Le fait de considérer l’être humain comme le seul référentiel d’une société au lieu de désigner les êtres sentients permet d’entrevoir une porte fermée. Toutefois, le véganisme va dans le bon sens avec une mise au point progressive de la révolution végétale.

[1Corine Pelluchon, Manifeste Animaliste, 2017

[2Il faut comprendre par un régime des êtres humains.