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Ecologie et Marxisme

Le marxisme est profondément écologiste

mercredi 4 avril 2018, par Pierre Le Bec

Certaines personnes situées dans les sphères gauchisantes ont pris à cœur de combattre l’écologie sous le prétexte qu’il s’agit d’un mouvement réactionnaire et conservateur. Dans le fond, il s’agit surtout de remettre en cause la pensée de Karl Marx et du Marxisme.

Que dit Marx de l’écologie ?

L’analyse de Karl Marx dans les trois tomes du Capital laisse entrevoir une critique profonde du système de production à travers les crises structurelles que représente la surproduction. Les trois livres de Karl Marx nous expliquent que le Capital épuise deux choses : l’Être Humain et la Nature.

En effet, si certains voient dans l’écologie un mouvement réactionnaire et conservateur, on peut dire clairement qu’ils ne se sont pas intéressants à l’œuvre de Karl Marx. Pour cause, le capitalisme se retrouve foncièrement en surproduction pour anticiper les achats des travailleurs. Cette surproduction pour être liquidée nécessite des baisses drastiques de prix sur une courte période afin d’épuiser les stocks. On pourra parler logiquement des « soldes » ou des « promotions ». Si « la vente à perte » aboutie sur le statu quo d’une interdiction, le déstockage génère certes une hausse du chiffre d’affaires sur une courte période. Souvent, les produits que les consommateurs achètent ne sont guère utilisés et cela abouti à un énorme gaspillage en terme de ressources naturelles, du travail effectué, mais aussi de dépenses des différents ménages.

Le libéralisme vert et « Greenwashing »

Résumer le courant écologiste au « Greenwashing » ou à la « décroissance » semble faire preuve de mauvaise foi. D’ailleurs, on pourrait se poser la question sur la définition même de la « décroissance ». Souvent, on retrouve le mouvement « minimaliste ». La « décroissance » du taux de chômage semble être une bonne chose, tout comme celle de l’énergie électrique. L’idée de réaliser des économies d’énergie se traduit par une baisse de la production électrique, et donc une décroissance de l’énergie produite. On sent évidemment que l’opposition croissance et décroissance n’a guère d’intérêt, si l’on ne définit pas ce que l’on y met derrière.

Loin des clichés, la décroissance de la production électrique nécessite effectivement une diminution des centrales électriques. En aucun cas, il s’agit de revenir à la bougie dans le cas présent. Lorsque le mouvement « décroissant » n’est pas justifié, il devient logiquement réactionnaire et en retard sur l’évolution même de la société.

Certains révolutionnaires nient l’anthropocène, tout comme le réchauffement climatique

Si certains affirment que « les écologistes nous emmerdent », ils n’ont pas fait le lien entre la crise financière de 2008 et les politiques de l’offre allant contre l’évolution de la société. Le modèle de production du capitalisme est foncièrement « anti-écologiste ». La technologie peut se révéler comme un atout majeur pour modifier la production, mais aussi tenter de diminuer l’impacte de l’Homme sur la nature. Ce n’est pas pour rien que nous sommes entrés dans l’anthropocène.

La lutte des classes ne s’oppose pas au fait qu’il puisse exister une crise écologique d’une ampleur jusque-là inégalée. Pour cause, la condition de production dans la logique néoclassique se doit d’être nécessairement en surproduction d’où le gaspillage des différentes ressources naturelles.

Les « soldes » ou les « promotions » traduisent la volonté du capitalisme d’épuiser les stocks en surplus tout en réalisant un chiffre d’affaire plus important. Les scènes où les plus pauvres courent vers certains produits traduisent une volonté du capitalisme de comprimer les classes populaires et de leur laisser le choix du luxe uniquement sur certaines périodes pour des produits qu’ils n’ont pas forcément besoin. En effet, en ce qu’il concerne les vêtements achetés, ces derniers sont rarement mis par les clients. La consommation pour la consommation soulève la problématique écologiste, mais aussi de la manière, dont nous regardons le niveau de notre pouvoir d’achat.

Dans le même temps, les différentes études du GIEC démontrent que le Capitalisme en tant que structure est le responsable du réchauffement climatique. En d’autres termes, lutter contre le capitalisme se résume à adopter une position écologiste claire loin des écologistes compatibles avec le libéralisme ou des décroissants rêvant d’un enracinement à la campagne. Les « néo-ruraux » ou le « libéralisme vert » suivent des logiques purement réactionnaires, loin de l’anticapitalisme.

Les anti-écologistes assimilent les courants néoconservateurs et réactionnaires à la seule vision de l’écologie. L’écologie étant plurielle. Ils n’hésiteront sans doute pas à considérer Karl Marx et le marxisme comme des mouvements conservateurs et réactionnaires : un véritable paradoxe.

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