Une lutte multipartisane E1

, par  Pierre Le Bec , popularité : 0%
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La question de la lutte animaliste pose les bases d’une pensée transpartisane et multipartisane. Cela sous-entend qu’il y a différents courants de pensée au sein de l’animalisme. Nous venons d’horizon diverses et nous avons en commun la volonté de défendre le droit des animaux non-humains. Dès lors, il y a une problématique dans l’approche que nous faisons de la « cause animale ».

L’animalisme se veut comme étant un courant de pensée multiforme. Dans ce sens, il y a autant d’approche possible de l’animalisme que nous avons de courants animalistes. La multiplicité des courants permet de créer une certaine diversité. Cela aboutit à ce que tous les courants de pensée politique soient désormais présents dans chaque tendance spécifique de l’animalisme.

Au sein de ces mouvements de pensée se situe celui des anticapitalistes. On peut concéder que l’utilisation d’un terme péjoratif du point de vue de la classe dominante aura pour conséquence une analyse critique extrêmement rédhibitoire, mais cela notre but. Dans la novlangue néolibérale et libérale, les anticapitalistes sont vus comme des extrémistes. Une fois de plus, le caractère extrême d’un courant de pensée se détermine par rapport aux bornes de la personne qui le fixe. Le néolibéralisme est vu comme une idéologie extrême par ceux qui souhaitent faire tomber le capitalisme. On peut d’ailleurs comprendre que les dictatures néolibérales de Pinochet au Chili, la dictature des généraux en Argentine et même l’expérience de la Grèce vis-à-vis de la Troïka, sont des portes de sortie en dernier recours lorsqu’il s’agit de sauvegarder le capitalisme par tous les moyens.

En langage mathématique, l’extrême — ou plutôt la limite — se caractérise par l’infini qu’il soit négatif ou positif. Que faut-il conclure ? L’extrémisme se caractérise comme une volonté d’atteindre les limites de l’idéologie qui nous habite. Il y a une certaine volonté d’atteindre la pureté dans ses propres convictions. On peut s’interroger sur la question du dogmatisme. Dans les faits, il se caractérise par le fait d’être « prisonnier » de ses idées politiques ou même de ses croyances. Toutefois, force est de constater que nous sommes toujours l’extrémiste de quelqu’un d’autre.

Nous devons pas parler d’extrémisme dans la plupart des cas, mais bien de la radicalité, et du terme radical qui signifie étymologiquement lié à la racine. En revenant à ladite « racine », nous pouvons mettre en place de nombreux cheminements intellectuels qui s’approchent le plus de ce que nous souhaitons tous : l’abolition du spécisme et la chute du capitalisme. Dans ce cadre, il convient de souligner qu’il y a une vision double qui se dégage. 

Nous utiliserons les propres termes des libéraux pour en déterminer aussi bien les vices que les vertus dans une perspective de gauche – en effet, il n’y a pas une philosophie, mais des philosophies libérales toutes différentes les unes des autres.