Les « zoo-esclaves » sont dans les hangars, les enclos et les cirques E4

, par  Pierre Le Bec , popularité : 0%
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Les « zoo-esclaves » sont des animaux non-humains esclavagisés par l’Homo Sapiens. Ils se trouvent dans des hangars, dans des cirques, dans des enclos. Leurs propriétaires disposent le droit de vie ... et de mort sur ces derniers, mais c’est souvent la mort qui les attend.

Si vous disposez d’un esclave, vous risquez de passer devant une cour d’assise avec de nombreuses années dérrière les barreaux. Si vous faites la même chose avec un animal, vous avez de la chance puisque vous disposez du droit avec vous que cela soit un animal de compagnie ou un animal dit de bouche. Pourtant dans les deux cas, il s’agit d’un crime contre le vivant. Mais, les juridictions n’ont pas le temps d’évoluer.

L’objectif de l’esclavage réside dans le fait de fournir un travail contre un logement et un peu de nourriture. Or, dans le cadre de l’esclavagisme des animaux humains, il y a une prédominance au « droit de mort ». Plus particulièrement en ce qu’il concerne l’élevage, les animaux non-humains n’ont aucune chance de s’en sortir. On peut que « la mort soit au rendez-vous » quelle que soit la forme et la manière pour ces individus. Pour les femelles, il s’agit d’une double peine ; d’abord elles sont exploitées pour leurs sécrétions, puis lorsqu’elles sont considérées comme improductive au regard du néolibéralisme, elles sont envoyées dans des abattoirs sordides afin que leurs muscles et leurs organes servent le marché agro-industrielle.

L’élevage est la mère de l’esclavagisme pour les animaux non-humains. Maltraités dès la naissance, engraissé avec l’aide de soja OGM pour la plupart, puis transporté dans des camions insalubres avant d’être envoyé dans des abattoirs sordides, le « zoo-esclave » subit toutes les humiliations possibles par des personnes, dont le métier se résume à une traite de grande ampleur.

La traite négrière — et bien d’autres traites dans la sombre Histoire de l’Humanité — dans les ports français laisse derrière elle, la traite des animaux non-humains. Que faire pour ne pas rester insensible face à une situation dans laquelle nous sommes toujours plus nombreux à nous estomaquer de ces situations horripilantes. Il s’en suit une volonté de vouloir libérer tous les animaux, et cela, nous amène à aborder la thématique du néospécisme.

Nous sommes impuissant puisque dans les libérations sauvages, si nous donnons une chance à ces animaux non-humains, il y a un réflexe paternaliste. L’Homo Sapiens devrait libérer ces animaux non-humains au regard de ce qu’ils subissent, mais dans le même temps : la sélection naturelle s’occupe du reste. Ce darwinisme laisse entrevoir que la volonté de sauver tous les « zoo-esclaves » d’un seul coup apparaît comme une fuite en avant intellectuelle. D’autant que nous ne sommes qu’une minorité agissante. La traite des « zoo-esclaves » s’arrêtera lorsque la majorité de la population ira dans ce sens. Ce ne sont pas les 1% de la population abolitionniste qui résoudra ce problème de fond, mais bien le fait de convaincre progressivement les autres personnes de la réalité du quotidien.

Le pragmatisme reste de mise. Nous n’avons ni la force, ni la puissance de faire front face à la FNSEA et la CR. Ces corporations agro-industrielles tiennent d’une main de fer l’ensemble de la filière avec certaines organisations welfaristes comme l’OABA. Derrière, se trouve également les mains de l’Etat. L’Etat a les pieds et les mains liés avec les « agri-tueurs ».

Les « zoo-esclaves » ou comme le diraient nos confrères outre-manche et outre-atlantique « zoo-slaves » est bien pire qu’au final l’esclavage lorsqu’il est légiféré. En effet, l’esclave possède la capacité de s’affranchir vis-à-vis de son maître. L’affranchissement est une des conditions sine qua none des sociétés modernes. Or, pour le « zoo-esclave », il n’y a pas d’affranchissement possible. La possibilité de se retrouver « libre » se fait dès lors au prix de sa propre vie sauf dans de rares cas où ils trouvent un havre de paix dans des sanctuaires, mais il s’agit d’une solution marginale. De facto, la « liberté » chez les animaux non-humains destinés à être commercialisé n’existe pas et tant que le spécisme sera au rendez-vous, elle ne pourra exister.

Dans les différents cirques, les « propriétaires » mettent en avant différents numéros pensant que le cirque est devenu par tradition : un habitat naturel. Dans les faits, l’animal non-humain est entièrement dépossédé de ce qui fait son animalité. On ne montre pas les coulisses des cirques qui sont faites par la maltraitance généralisée.