Un regard croisé sur la cause animale

L’heure de la correction est venue

jeudi 14 mai 2020 par Pierre Le Bec

Le travail de relecture est entré dans sa phase intensive visant à rendre « lisible » le tapuscrit pour le grand public. Il y a du « pain sur la planche » qui m’attend. C’est avec « joie » et « émotion » que je peux mettre en forme sous la meilleure souplesse possible mon argumentation dans le cadre d’une « analyse » pour aboutir à une « nouvelle dialectique animaliste et antispéciste ». Pour l’instant, je réalise ce premier travail de relecture avec Patrice Leroux. Un camarade de lutte, mais aussi un ami à qui je doit beaucoup. En effet, si le texte reste solide, il y a un moyen pour l’alléger et rendre la tâche plus lisible.

Le concept même d’Humanisme peut renvoyer à différentes luttes bien distinctes. Or, l’animalisme s’ancre dans les luttes antiracistes et antisexistes. Partant de ce premier angle, il y a manifestement une empreinte forcée de l’Humanisme dans l’antispécisme. Jean-Pierre Digard peut affirmer que « l’animalisme est un anti-humanisme ». Il se fourvoie dans le fait que les animalistes sont certainement plus « humanistes » que les « vieux humanistes » qui se sentent « autoproclamer » comme tel. Il convient de rehausser l’animalisme pour ce qu’il est vraiment : une doctrine plurielle. Parce que les personnes comme Jean-Pierre Digard n’ont jamais milité que pour des idées négatives en s’opposant aux autres sans mettre en avant son projet de société si ce n’est que l’exploitation toujours plus forcenée des animaux non-humains ou reprenant des thèses malthusiennes pour discréditer l’animalisme avec Jocelyne Porcher.

Le fait de déconstruire progressivement les mots les uns à la suite des autres s’inscrit de façon méthodique d’utiliser un nouveau corpus sémantique pour les « gauches radicales ». En effet, il semble nécessaire d’avoir « notre champ lexical » afin de désigner et de nommer « la bête immonde » sous le regard anticapitaliste et animaliste. Il est vrai que nous devons aller vers une lecture « positiviste ». L’anticapitalisme est vu comme un courant extrême sous le regard des néolibéraux. L’une des problématiques réside dans le fait de regarder le « verre à moitié vide » et non « à moitié plein ». L’analyse structurelle des sens renvoie de façon indéniable à la vue. Or, lorsque nous parlons et que nous faisons des métaphores et des figures de style, nous jouons sur la sentience. Cette dernière permet de jouer sur les sens. La « mission sentience » apparaît comme profondément novatrice dans notre approche. Elle s’ancre dans une large gamme de choix mettant en avant la raison et le rationalisme. En effet, il semble cohérent de souligner que le choix irrationnel des opposants au véganisme et à l’antispécisme permet de créer une logique romanesque et immatérielle. Le problème du mouvement romantique est qu’il n’hésite pas à s’arroger des pirouettes logiques pour arriver à ses fins.

La tâche qui m’incombe réside dans le fait de définir une autre manière d’utiliser le sens des mots. La novlangue « carniste » et « néolibérale » a fait son bout de chemin. À l’ère du COVID-19, il y a un risque que le monde soit pire qu’avant avec une rupture brutale. Or, le Coronavirus est un de ces nombreux « carnovirus » qui circulent doucement sur la planète. Sans un changement des structures dialectiques et sémantiques des mots que nous utilisons, il y a un risque de se voir être l’otage et d’être soumis aux différents capitalistes.