Comment le lien avec les animaux non-humains a-t-il changé ?

, par  Caroline Fouchard, Jean Edouard , popularité : 0%
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Dans ce moment difficile que nous traversons, l’heure s’est arrêté. Nous passons plus de temps chez nous et forcément pour ceux qui ont des boules de poil comme le dit Claudie : « bien sûr je passe énormément de temps chez moi depuis le début du confinement à lire, tricoter ou regarder la télé le plus souvent dans un fauteuil ou sur un canapé accompagné pour l’un ou l’autre de mes chats ». Pourtant, l’impact se révèle particulièrement important sur la vie de nos alter-egos. En effet, les chats en particulier qui ont élu domicile chez nous se sont appropriés l’ensemble de notre vie en devenant les maîtres de la maison : « alors ils se sont persuadés que j’étais là pour répondre à tous leurs caprices et effectivement j’ouvre porte ou fenêtre à la moindre demande ! En fait depuis le début du confinement je suis devenue leur esclave ». Cela démontre bien que c’est pas « mon » animal, mais plutôt « l’animal qui vit avec nous ». L’animal non-humain s’adapte rapidement à de nouvelles situations et en particulier le « confinement ». Ils avaient une certaine routine, celle-ci a été cassée. Ils se sont adaptés.

Au détour d’une autre conversation, j’ai l’occasion de discuter avec Juliette (prénom changé à sa demande). Elle m’explique qu’avant « le 16 mars, il y avait un rythme de vie bien différent que l’actuel. Mes chats avaient leurs habitudes avec et sans moi à l’appartement ». Le temps supplémentaire passé avec nos félins change drastiquement le regard qu’il porte sur nous. Puis Juliette continue en affirmant que ses chats « je ne les abandonnerai jamais, quitte à me battre si quelqu’un voulait me les enlever. Mes chats sont ma famille. J’en ai élevé deux au biberon, car elles avaient été abandonnées à côté d’une route ». Dans son raisonnement, il y a une transformation progressive vers la cause animale, elle souhaite changer ses habitudes en adoptant un régime pesco-végétarien : « je mange de tout, mais, de moins en moins de viande que j’essaie d’éliminer, pas évident. Je voudrais garder le lait, les œufs et le poisson ». Peut-être que le fait de considérer que ses chats sont sa famille, mais les vaches, les poules, les brebis, les moutons aussi ? Toutefois, le poisson souffre terriblement lorsqu’il est pêché. Son agonie dure environ quatre heures par asphyxie.

Quant à Nathalie, elle a deux chiens : une femelle de huit ans qu’elle a recueillie lorsqu’elle était un jeun chiot sauvé de l’euthanasie «  croisée border colley et berger australien… un grand gabarit de plus de 40 kilos  », elle le considéré «  comme sa fille  » ; le jeune mâle a été adopté à la SPA, c’est un croisé griffon et fauve de Bretagne. Floof préfère le confort par rapport Bidi qui adore l’eau. Elle n’a jamais mis ses deux loulous en pension ou quoi que ce soit d’autres. Son loulou a des séquelles liés à la malnutrition et est susceptible de faire des crises d’épilepsie. En temps normal, c’est très calme chez elle. Le moment idéal pour les sorties. Il passe la quasi-totalité du temps avec Nathalie. Pendant le confinement, qui dure depuis la mi-mars, elle a observé différents changements chez Bidi et Floof. Bidi s’ennuie énormément. Les sorties sont plus courtes, habituellement, elle aime les balades en forêt, la pluie, l’eau, la piscine. Floof est très perturbé par le confinement. Cela génère des tensions avec son fils. Il a perdu beaucoup de poil, symbole d’un stress et d’un ressentiment. Il voit que les choses sont anormales. Il cherche le calme, mais la surpopulation le fatigue. Elle est flexitarienne depuis toujours.

Pour terminer, c’est au tour de Chantal de se livrer à la conversation, elle me déclare dans son témoignage que ses « quatre chichis et mon chat sont très heureux, ils sont toutes la journée avec moi, moi aussi je suis heureuse d être avec eux, car j’en profite pour les gâtés encore plus que d habitude, étant une retraitée au travail je ne les laissais de toute façon pas très longtemps seuls juste le temps de faire le trajet et mes 3 heures de travail donc en tout 4 heures 4 fois semaine ».

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