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Marine Le Pen continue sa croisade contre les réfugiés

Derrière la profanation, l’apologie du « le délit de blasphème »

mercredi 21 mars 2018, par Caroline Fouchard

Marine Le Pen n’est pas vraiment d’accord avec « la France Insoumise », mais nous le fait savoir en demandant le retour du blasphème via une xénophobie sans merci et une psychiatrisation de ses adversaires et opposants politiques.

Eric Coquerel a répondu ainsi :

La « profanation » et « le délit de blasphème »

La monarchie appartient à l’Histoire et doit rester un objet d’étude pour les Historiens et les Politologues. Pourtant, politiciens et polémistes se servent de la monarchie pour susciter des scandales et alimenter un débat de pacotille. On peut dire que le Suicide Français d’Eric Zemmour semble fonctionner pour pousser une partie des français vers ce « suicide » qu’est le « conservatisme » et la « réaction ».

À l’image de Dominique Venner se suicidant à la Cathédrale de Notre-Dame-De-Paris, le nostalgisme du « nationalisme révolutionnaire » pousse l’être humain à mettre un pied dans une des nécropoles modernes. Le cimetière des gueux ne s’appelle pas nécropoles, mais les vieux cimetières qui sont découverts par les archéologues se nomment des nécropoles.

La Basilique de Saint-Denis est considérée par les conservateurs et les antirépublicains comme un lieu « Saint ». La question de la « sainteté » renvoie effectivement à une tentative de mystification de la politique. Cette mystification se traduit par la volonté de Marine Le Pen de s’ancrer dans ce qui ressemble à ses yeux être « le pays réel ». En conséquence, elle refuse « le matérialisme didactique » des libéraux et des marxistes. L’analyse « mystique » sur l’analyse des « faits » interroge sur le fondement du « sacré ».

Pourtant, la Loi de 1905 sur la séparation de l’Église et l’état affirme dans ses premiers articles ne pas reconnaître les religions dans leur ensemble. Ainsi, Marine Le Pen peut ne pas être d’accord, mais il ne s’agit pas d’une profanation. D’ailleurs, l’utilisation de la sémantique du verbe « profaner » va de paire avec le concept du « blasphème ».

L’article 166 du Code Pénal Local énonçait que « celui qui aura causé un scandale en blasphémant publiquement contre Dieu par des propos outrageants, ou aura publiquement outragé un des cultes chrétiens ou une communauté religieuse établie sur le territoire de la Confédération et reconnue comme corporation, ou les institutions ou cérémonies de ces cultes, ou qui, dans une église ou un autre lieu consacré à des assemblées religieuses, aura commis des actes injurieux et scandaleux, sera puni d’un emprisonnement de trois ans ou plus ». En considérant que l’occupation de la basilique par des réfugiés est un acte injurieux et scandaleux, Marine Le Pen affirme qu’il s’agit ni plus, ni moins que d’un blasphème.

Une incohérence importante se met en évidence. Pourtant « le délit de blasphème » a été entièrement aboli sur l’ensemble du territoire depuis la Loi 2017-86 du 27 janvier 2017. Pourquoi vouloir rétablir « le délit de blasphème » et « les tribunaux religieux » quand il s’agit de réfugiés ? Cette constance à se servir des réfugiés pour mettre en avant une vision rétrograde de la société ne peut qu’interroger ses électeurs. Dans d’autres pays, notamment dans la péninsule arabique, le « blasphème » et la question de la « profanation » conduisent tout droit à la potence ou des châtiments corporels. On notera un silence radio très intriguant de Waleed Al-Husseini sur les propos de Marine Le Pen. Étonnant non ?

La vigilance vis-à-vis de l’extrême-droite semble primer, puisque si elle tournera autour du pot concernant l’islam, mais sa position vis-à-vis du christianisme selon le Vatican I notamment peut pousser à l’abrogation de la loi de 1905. Mais si elle tient tellement à son christianisme pourquoi n’applique-t-elle pas ces paroles ? « Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne pas de ton semblable. » dans Ésaïe 58:7. Marine Le Pen est une « cul-bénit » quand ça l’arrange et que ça lui plait. Cela ne sert à rien de faire « la grenouille de bénitier », si ce n’est pour ne pas appliquer les paroles qu’elle considère comme sacrées.

Ces descendants d’étrangers inhumés Basilique de Saint-Denis

Un exemple : Louis de France (1682-1712) y est inhumé, alors qu’il est le fils de Marie-Anne de Bavière (1660-1690), autrement le fils d’une étrangère. Autrement dit, la nécropole royale n’abrite en aucun cas « le droit du sang », mais bien « le droit du sol ».

Est-ce que Louis de France en tant que fils d’une étrangère profane la basilique ? Une question qui a le mérite d’être posée, mais que les personnalités d’extrême-droite n’y répondront absolument pas. Pourtant, la question de la profanation intervient sur le fait que certains descendants d’immigrés ne profane pas la nécropole, alors que d’autres la profanent, le paradoxe maurrassien dans toute sa splendeur.

Le « choc des civilisations » et le « grand remplacement »

Les immigrés sont censés « piétiner notre civilisation ». S’agit-il de la civilisation en tant que t’elle ou d’une civilisation issue de l’imaginaire de l’extrême-droite ? Le fait de trouver refuge dans un lieu saint, en l’occurrence : une basilique n’est pas une piétonnisation de notre civilisation. D’ailleurs, la France est une terre d’accueil dans l’imaginaire collectif. Le concept de civilisation s’assimile ici à un nostalgisme reposant sur une fiction et des fantasmes. Cette vision illusoire se base sur une question d’opposition religieuse. Or, une basilique reste un lieu comme un autre. Elle est fabriquée avec des fondations et un sous-sol comprenant une crypte.

La psychiatrisation des adversaires

La supposée « folie immigrationniste » de « la France Insoumise » pousse aussi des questions sur l’utilisation du mot « folie ». La psychiatrisation des membres de « la France Insoumise » rappelle la manière dont le totalitarisme tend à percevoir son opposant : une personne malade. Dans le cas présent, il s’agit des pathologies psychiques, dont une grande partie de la population française est concernée.

Des associations comme UNAFAM (Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques) pourrait très bien porter plainte pour diffamation contre Marine Le Pen, et elle aurait raison.

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