Un regard croisé sur la cause animale

Qu’est-ce que la Zoo-politique ?

E6
dimanche 3 mai 2020 par Un Regard Croisé sur l’animalisme
Dans nos sociétés modernes, la question du spécisme prend progressivement un pan entier des différents débats à l’approche des élections. Nous avons réussi à mettre en place une Zoo-politique dans les mœurs [1].

La Justice que nous devons vis-à-vis des animaux non-humains s’inscrit par ailleurs dans une vision anthropocentriste. Comment sortir de ce schéma type et laisser les animaux se libérer eux-mêmes ? La question a le mérite d’être posée. N’est-ce pas dans le fond de savoir si nous voulons une Zoopolis ou si nous souhaitons une société en dehors de celle-ci.

La démocratie Zoo-politique trouve ses racines dans la Zoopolis. L’Humanopolis serait-elle responsable de tous les maux ? C’est bien la responsabilité individuelle et collective qui permet de rendre une partie de l’Humanité responsable d’un « crime contre l’animalité ». L’anthropocentrisme tel qu’il est formulé par les spécistes s’inscrit naturellement dans le cadre d’un post-modernisme « dans le concept de biopolitique foucaldien » [2]. Grâce à Derrida, nous avons pu afin mettre sur un piédestal « inséparablement politique, ontologique et éthique, humains et non humains animaux » [3].

La zoopolitique derridienne consiste à penser l’animalité tant de l’homme que de l’animal comme étant instrumentalisée par les biopouvoirs au fondement de notre modernité politique. [4]

La Zoo-politique renvoie à la politique des animaux. Il s’agit manifestement d’un anglicisme. Les politiciens qui font de l’animalisme : un combat politique, s’inscrivent le Zoo-politique. Or, la problématique réside dans le fait que la politique à l’heure actuelle est mal-vue surtout lorsqu’elle est politicienne avec des stratégies différentes. Entre le welfarisme et l’abolitionnisme, nous trouvons des approches diverses et variées.

Pourtant, malgré la multitude de ces approches, l’animal non-humain n’a rarement été autant présent au cœur de la politique. Il y a certes une part de spécisme qui réside dans de nombreuses conversations. La crise de la culture reste omniprésente dans le sens d’élever les enfants. Il y a toujours un sens à donner à la vie et elle n’est pas naturelle. Il s’agit d’une multitude d’interactions chimiques. La nature est faite d’un ensemble de réactions chimiques au niveau macro et micro. Or, les enfants ne sont pas destinés à manger de la viande. S’ils en mangent, c’est avant tout par l’éducation qu’ils ont reçue. Dès lors, on peut dire que la culture est en « crise ». Avec le SARS-CoV-2, cette culture zoophage est plus que jamais soumise aux perturbations d’une foule de sceptique.

Des abattoirs, aux élevages, aux pandémies, la Zoo-politique reste de mise. L’association animaliste L214 s’intéresse particulièrement aux politiques animales avec la mise en place d’un laboratoire visant à mesurer la défense et la protection des animaux qui se répercute sur la santé collective et publique, mais aussi sur la nature. Il ne s’agit pas de faire un « appel à la nature » comme nous le voyons trop fréquemment chez les « libéraux » et « libertariens ». Si l’une des règles communément admises par tous est justement que la concurrence entre les individus permet la survie, l’autre règle moins admises reste l’entraide [5].

Le droit des animaux est devenu progressivement un mouvement d’intérêt public au fil des années. La cause animale s’est progressivement politisée. Cette politisation s’est soldée par la création du « Parti Animaliste », il y a quelques années. Ce petit parti mono-thématique s’inscrit dans la défense des animaux non-humains de façon souple et surtout avec une communication dans l’air du temps. La bataille des idées fait rage pour une doctrine en avance sur son époque, mais qui nous le rappelle tous les jours reste profondément d’actualité, notamment avec le virus SARS-CoV-2.

[1Pelluchon, Corine. « Zoopolitique et justice envers les animaux », Études sur la mort, vol. 145, no. 1, 2014, pp. 15-28.

[2Llored, Patrick. « Pour une démocratie zoopolitique. Ou comment Derrida fait entrer les animaux dans la démocratie à venir », Rue Descartes, vol. 89-90, no. 2, 2016, pp. 245-252.

[3Idem

[4Id.

[5Pablo Servigne, Gauthier Chapelle, l’entraide : l’autre Loi de la Jungle, édition de poche, 2019