Un regard croisé sur la cause animale

Les animaux sauvages domestiqués à l’épreuve du confinement

mardi 24 mars 2020 par Pierre Le Bec

Les animaux non-humains souffrent énormément du confinement. Nombre d’entre eux sont dans la nature. Ils n’ont plus accès à manger et à boire. Ils subissent les effets pervers du confinement. En effet, de nombreux animaux non-humains ne peuvent subvenir à leurs besoins fondamentaux. Depuis que les villes se sont vidées : les riches sont partis à la campagne et les pauvres sont partis au charbon affronter cette terrible épidémie ; preuve est de constater que nous sommes dans une situation où les animaux non-humains errants risquent de se retrouver dans une situation de plus en plus précaire.

Nous ne sommes pas dans un film où il y a l’apocalypse et pourtant, nous y sommes. Le pic de l’épidémie n’est pas de se terminer. J’étais en contact avec un soignant travaillant en réanimation, il m’expliquait sa vision pessimiste quant à la poursuite de l’épidémie. Le pic de l’épidémie aura un impact qu’on le veuille ou non sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Pour les animaux sauvages domestiqués qui n’ont pas été stérilisés comme les chats, ceux-ci n’ont plus accès aux croquettes que de nombreux passants leur donne avec un cœur charitable. De facto, ils sont obligés de faire les poubelles. Or, les poubelles sont un risque une fois de plus d’augmenter le risque de contamination et de faire muter le virus. En effet, les différentes ordures en putréfaction, même si elles sont disposées à être ramassées par les éboueurs de façon régulière, il y a une logique cohérente à dire que l’épidémie peut se transformer également dans une épizootie de grande ampleur. En effet, nous ne connaissons pas grand-chose de ce virus et les premières publications scientifiques sur le sujet devrait aboutir dans les prochains jours. Il semble plus que nécessaire de manier avec circonstance la notion même de l’approche de la maladie. Des nouveaux symptômes apparaissent tous les jours.

Pour les animaux non-humains, la situation semble et apparaît dramatique alors que nous sommes à plus d’une semaine de confinement, elle risque d’être particulièrement désastreuse à la fin du confinement qui se prolonge pour durer plusieurs mois selon les différentes estimations. Les animaux domestiqués retournés à l’état sauvage risque de souffrir de façon constante. Or, nous le savons très bien que les animaux domestiqués qui retrouvent l’instinct sauvage pourront se débrouiller, mais à quel prix ? La vie n’a pas de prix également pour les êtres sentients. Ils vivent leurs vies à leur manière.

Évidemment, il y aura une remise en question de l’élevage, mais aussi des différentes normes. Dans ce cadre, il y aura une nouvelle fois des normes importantes, mais aussi un frein lié à la mondialisation. Ceux que les gens ne savent est qu’il s’agit d’une remise en cause du néolibéralisme et des différents dogmes qui l’entourent. L’assouplissement des normes tout comme la doctrine du « libre-échangisme » risque d’être sévèrement remise en question.

Alors que « la cause animale » prend une ampleur jusque-là inégalée, il convient de souligner que c’est dans cette période de « crise » que nous pouvons montrer une chose simple : nous ne pouvons avoir un cœur pour les êtres humains et un cœur pour les animaux non-humains. Nous n’avons qu’un seul cœur et celui-ci ne peut-être tiraillé entre celui des animaux non-humains et celui des êtres humains. Lorsque nous avons un cœur immédiatement un cœur pour les animaux non-humains, nous avons un cœur pour les êtres humains. Dans ce cadre, la question de la solidarité inter-espèce devient quelque chose de fondamental. C’est justement une façon de démontrer que l’être humain s’inscrit particulièrement dans une « nouvelle donne ». Il y aura un avant et un après en ce qu’il concerne le « droit des animaux ». Si la SPA redoute un abandon massif des différents animaux non-humains en fermant ses refuges, on se rend compte que le coronavirus prend également une ampleur sur la situation vis-à-vis des animaux non-humains.

Dans le même temps, il risque d’y avoir un rapprochement entre les différents êtres humains malgré les différentes mesures barrières. Il se pourrait qu’il y ait un rapprochement des animaux non-humains vis-à-vis des êtres humains. Une fois de plus, nous le saurons afin de l’épidémie. Toutefois, nous pouvons saluer le « professeur Pangolin » de nous avoir mis dans une situation catastrophique.