Un regard croisé sur la cause animale

Le risque de la codification de l’Etat d’urgence sanitaire dans le droit commun

jeudi 9 avril 2020 par Pierre Le Bec

L’état d’urgence sanitaire pose la question de la restriction des libertés fondamentales. Le contrôle des masses devient le synonyme d’un État allant vers un autoritarisme toujours plus forcené. Or, il faut faire extrêmement attention aux différentes mesures exceptionnelles.

Elles sont valables un jour dans un cadre précis avec une argumentation qui peut tenir la route. Toutefois, lorsqu’elles ne sont plus valables : l’État les codifie dans le droit commun.

Cette peur nous provient de la codification de l’état d’urgence dans le droit commun sans que cela puisse empêcher les différents attentats. On peut considérer qu’il y a une tentation totalitaire dans la volonté de contrôler les masses dans une logique où l’État renforce sa présence dans le contrôle de l’individu. Or, la problématique intervient dans le fait que nos démocraties libérales sont axées sur la question de la défense des différentes libertés.

Les gestes barrières sont nécessaires pour faire face à la pandémie. Pourtant, la volonté de l’Etat de vouloir tout contrôler même nos propres vies s’inscrit dans ce processus. Nous vivons une époque pratiquement orwelienne. Le « Big Brother Is Watching You » s’est déplacé par « Big State Is Watching You ». Le télé-écran a laissé place au smartphone et aux différentes attestations qui permettent de contrôler la « liberté d’aller et venir » des individus. L’individualisme soumis dans ses recoins par rapport à un Etat toujours plus surveillant s’inscrit dans un domaine où les tentations totalitaires s’extériorisent de façon continue. C’est la démonstration que nous faisons sur un domaine ou si les verrous sautent, nous risquons de nous retrouver avec un Etat augmentant continuellement ses différentes lois scélérates.

Lorsque le « Professeur Pangolin » aura terminé son oeuvre, il faudra que nous remettions en cause l’ensemble du tissu social. Aujourd’hui, nous nous rendons compte que le pays tient sur des fondations solides, mais ces dernières peuvent s’écrouler à tout moment. Le fascisme peut prendre différentes formes. Il en découle que l’Etat d’urgence sanitaire ne doit pas laisser place à un état d’urgence sanitaire permanent comme dans le passé le gouvernement l’a réalisé. Au contraire, il convient de sortir de façon radicale de ce dernier.

Pourtant, le fascisme rôde toujours. Il arrive sous couvert de sauvegarder les intérêts supérieurs de la nation n’est pas propice à la sauvegarde de la démocratie libérale. Bien au contraire, la démocratie n’a jamais été autant en danger. L’extrême-droite s’annonce comme le rempart et la roue de secours du capitalisme. Défendre la propriété privée et les capitaux, c’est-à-dire les moyens de production à tout prix renvoie à une idée que le marché doit être libéré afin qu’il soit le plus sans contrainte possible, mais dans le même temps, il s’annonce que cette forme d’ultra-libéralisme s’accompagne d’une dose importante de restriction des droits fondamentaux.

En Hongrie, Viktor Orbán s’est vu attribuer les pleins pouvoirs. La « démocrature » laisse place à l’installation d’une « dictature » au sein même de l’Union Européenne sans que cette dernière ne puisse réagir. On pourrait croire que ce n’est qu’un mauvais rêve, voir un cauchemar d’une seule journée. Cependant, les régimes « libéraux » en période de crise ont tendance à s’orienter vers des régimes « illibéraux ». La garantie des capitaux et la sauvegarde du capitalisme à tout prix portent un lourd préjudice sur les droits fondamentaux qui ont été conquis par les différents peuples. Dans le cadre de la Hongrie, des sanctions seraient certainement nécessaires, mais face à une telle situation, elles ne seront jamais suffisantes. C’est Viktor Orbán qui doit partir. Le fascisme authentique arrive toujours par les chemins légaux.


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