Un regard croisé sur la cause animale

Des petits « déficits », toujours des « déficits »

lundi 27 avril 2020 par Pierre Le Bec

Les différents pays de la Zone Euro sont sommés de relancer l’économie de leurs différents pays par tous les moyens possibles et imaginables. Parmi eux se trouve la relance budgétaire en creusant sciemment les déficits d’une économie où la politique de l’offre ces dernières années ne les a pas épargnés.

Gérald Darmanin peut s’inquiéter de la tournure que prend la « crise sanitaire ». Les différents efforts budgétaires réalisés depuis près de dix ans se retrouvent réduits à néant. Le risque qu’une « crise sanitaire » cache désormais une « crise de la dette » se fait de plus en plus sentir sur les différents marchés. Le taux de relèvement des dettes et la mise en marche de la « machine à billets » n’y feront rien. La « crise sanitaire » aura fait exploser un budget de l’État de plus de 110 Mds d’euros. Comment faire puisqu’à un moment donné les intérêts de la dette se retrouveront dans « la charge de la dette » et « le service de la dette » à travers les différents « bonds » émis par la République Française. Une dette se situant entre 112 et 115 % sans une diminution drastique des dépenses publiques risque à termes selon le modèle orthodoxe de baisser drastiquement le taux de croissance du PIB.

Le problème n’est pas tant le fait de relancer l’appareil budgétaire et de sauver les entreprises au bord de la faillite. On constate qu’il y a une volonté de l’État assez absurde : la relance par le crédit. L’État se porte juste « garant » des prêts que les entreprises auraient pu réaliser alors qu’il aurait pu procéder à une nationalisation partielle de l’économie afin d’en augmenter la productivité et la compétitivité. Sans ces deux gains incroyables, on constate que sous la volonté de sauver le capitalisme, le parti présidentialiste ne va pas au bout de son raisonnement. Il s’agissait du bon moment de baisser par exemple l’impôt sur les sociétés, les différentes cotisations sociales, etc., en partant du principe qu’au point où se trouve le niveau des déficits, un peu plus de déficits ou un peu moins cela se relèverait comme étant la bonne chose, mais cela entraînera une vision optimiste pour la plupart des entrepreneurs.

La question que souligne notre cher président s’inscrit dans le fait de sauver par tous les moyens possibles, le capitalisme français et les autres pays le font. Pourtant, dans cette période pleine d’hétérodoxie, il ne va sans dire que la Banque Centrale Européenne pour la « Zone Euro » joue un rôle omniprésent. Au lieu de créer une montagne de dettes au profit des États, des Banques, des Assurances, il y aurait beaucoup à gagner de financer les différents États directement au lieu d’utiliser le Quantitative Easing (QE) afin que les taux d’emprunt soit le plus faible possible, mais aussi que cela relance en grande partie l’inflation pour la situer entre 2 et 3 %. Or, le monde tel que nous le vivons s’inscrit dans le fait de rompre avec le « vieux monde ». La montagne de dette est déjà présente, ce n’est pas pour autant qu’il faille faire un autre QE. Les citoyens des États-membres aimeraient se financer directement auprès de leur Banque Centrale et que cette dernière ne soit plus indépendante du Parlement Européen.

La bank of England (BoE) a décidé de faire une « facilité de caisse » en prêtant directement au Royaume-Uni. Cette rupture avec la période Thatchérienne soulève de nombreuses questions sur le débat public. Une chose est certaine, il s’agit d’un message adressé au « Vieux Monde » et à l’orthodoxie budgétaire. Mais pour de nombreux économistes orthodoxes, ce mécanisme est le synonyme de dépenses incontrôlées de la part de l’État en question. L’influence importante de la BoE sur la scène internationale se fait sentir puisqu’elle est l’une des plus grandes banques centrales du monde avec à la clef le rôle de 6ème puissance mondiale.

De même sur ce blog, nous abordons régulièrement la révolution végétale. C’était le moment d’entrer dans une nouvelle ère avec une « transition écologique » en planifiant l’ensemble de cette dernière avec des objectifs à atteindre. Évidemment, le terme « planification » fait peur aux « anticommunistes ». Ils y voient la mainmise de l’État dans les affaires communes alors qu’ils ne rendent pas compte que la main mainmise est déjà omniprésente. Or, c’est déjà le cas avec un État qui s’immisce dans la vie privée des personnes avec des lois toujours plus extraordinaires les unes que les autres pour mettre en place un autoritarisme digne de ce nom. Le « néofascisme » séduit de plus en plus de personnes. Pourtant des personnes de « droite » comme De Gaulle ont utilisé cette planification pour faire redémarrer l’économie et obtenir de vraies réussites sociétales et des mœurs. La « transition écologique » vers un autre modèle se doit d’être priorité.

Finalement, Gérald Darmanin n’a pas profité de la situation exceptionnelle pour envisager un « monde d’après ». Si nous continuons dans la même voie que celle que nous empruntons depuis de trop nombreuses années, il est possible que la « crise sanitaire » se transforme dans une « crise généralisée ». Il faut s’attendre à ce que les manifestations repartent de plus belles dès que le confinement se terminera. Il y a un « Ras-le-Bol » généralisé du monde dans lequel nous vivons.