Accueil > Vie politique > La bataille du rail > Les syndicats de cheminots s’orientent vers une grève d’une durée d’un (...)

Les syndicats de cheminots s’orientent vers une grève d’une durée d’un mois

Episode 2 : la grève contre les droites

mardi 27 février 2018, par Pierre Le Bec

La CGT-Cheminots souhaite mettre en place une grève d’un mois pour faire reculer le gouvernement sur son projet législatif. Dans le cadre de « la lutte des classes », la notion de grève d’un mois est nommé comme la « grève sacrée ».

Il s’agit d’une théorie pour renverser le capitalisme à travers la grève en paralysant les axes de circulation du capitalisme, et en pénalisant les entreprises. Cette « grève générale expropriatrice » permet de « renverser l’ordre capitaliste et gouvernemental ». On ne peut pas dire que la grève de la CGT-Cheminots et des cheminots soient mise dans le cadre de renverser le gouvernement, mais dans un cadre particulièrement réformiste visant à faire reculer le gouvernement sur son projet d’ordonnance.

Sur le fond de la grève, tout le monde le sait : une grève sur des transports publics pénalise d’une part les cheminots au niveau du salaire [1], mais aussi les usagers tout comme la SNCF sur sa partie française au niveau des bénéfices. Dans ce cadre, personne n’a vraiment envie de la grève, puisqu’elle touchera tout le monde d’une façon ou d’une autre. Contrairement aux idées reçues, les syndicats affirment qu’en « cas de recours à l’ordonnance, le gouvernement portera l’entière responsabilité d’un conflit majeur ». Autrement dit, le seul responsable de la mise en dynamique d’une grève d’une intensité majeure proviendra uniquement du gouvernement à vouloir légiférer dans la vitesse en affirmant que la situation est catastrophique, alors qu’il s’agit de la vision des libéraux de voir des catastrophes, là où il y en a pas.

Dès lors, une petite musique commence à raisonner dans les différentes sphères libérales : la prise d’otages. François de Closets avait affirmé que « Quand on pense que les cheminots qui sont là conserveront leur statut, c’est scandaleux de même envisager de prendre dans ces conditions les Français en otage » en s’adressant à un rescapé du Bataclan. Une façon de considérer les cheminots comme des assassins, voir des terroristes. Cette criminalisation aboutie logiquement à insulter ceux qui sont pris en otage dans le monde, notamment les journalistes. Les otages risquent leur vie dans des conditions terribles et parfois sont abattues par le forcené ou le terroriste. À aucun moment, les syndicats des cheminots mettent une arme sur la tempe des voyageurs. Au contraire, ce sont eux qui décident ou non de prendre les transports en commun, notamment via le rail. Le « libre-choix » reste l’un des « maîtres-mots » du libéralisme. Les utilisateurs choisissent librement leur moyen de transport. Alors pourquoi tenter d’affirmer que les cheminots sont des criminels voir des terroristes ? La contradiction des personnes utilisant cet argument se confronte aussi à une réalité : les cheminots utilisent le droit de grève est reconnu dans le Préambule de la Constitution de 1946 [2]. Dans le même temps, on assiste régulièrement à une remise en cause du syndicalisme défendu également par la Constitution [3]. Considérer que l’usage d’un droit constitutionnel s’apparente à un crime ou encore à un acte terroriste permet de lien entre le droit constitutionnel et le crime tout comme le terrorisme. Dès lors, la remise en question du droit de grève par les libéraux s’apparente logiquement à une position clairement antirépublicaine et pose de nombreuses questions sur leur défense de la République. Les plus libéraux sont prêts à remettre en cause les fondements du droit du travail quitte à remettre en cause la République. Le libéralisme dans ces conditions de débats ne semble guère compatible avec la République.

Ensuite, les axes de circulation sont devenus des clefs de voûte pour le fonctionnement du capitalisme et des entreprises. De nombreuses entreprises dépendent justement de la qualité du service ferroviaire qui permet à de nombreuses personnes de se rendre dans leurs entreprises pour travailler et permettre à l’économie de fonctionner, de se développer et de croître.

On peut dire que la SNCF est un investissement de la part de l’état pour permettre de développer son économie et qu’elle est aussi un outil au service des entreprises dans le cadre de la mobilité des travailleurs. Le rail permet aussi aux usagers de voyager et de profiter du repos.

Notes

[1Contrairement aux idées libérales reçues, les cheminots ne touchent pas de salaire quand ils sont en grève comme n’importe quel travailleur. Une fois de plus, il s’agit d’un privilège n’existant pas, mais fortement enraciné dans l’imaginaire collectif des libéraux

[2Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 : « 7. Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent. »

[36. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0