Le temps s’arrête avec le confinement

, par  Pierre Le Bec , popularité : 0%
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Pendant le confinement, le temps semble s’étirer et repose sur une certaine lenteur. Alors que nous avons franchi le « plateau épidémique », le nombre d’hospitalisations commence à décroître. Pourtant, il va falloir attendre jusqu’au 11 mai prochain pour que le déconfinement « par étape » apparaisse progressivement. Cette prédisposition va refaire surgir une monde bruant et violent. Rien que pour la capitale, le passage de 500 000 à 5 000 000 de personnes dans les transports publics ne peut qu’alerter l’opinion publique.

Le temps d’attendre devant les primeurs, chez les boulangers, etc., devient de plus en plus long. Nous sommes devenus une société impatiente souhaitant tout dans « l’immédiateté ». Nous devons apprendre à « vivre le moment présent » qui défile progressivement sous nos yeux.

Le capitalisme accélère sans cesse et nous n’avons pas le temps de nous reposer. L’heure est venue d’un repos forcé provoqué par le SARS-CoV-2. En même temps, on peut dire que nous l’avons bien mérité. Chaque jour qui passe réduit le capitalisme à néant. La « Théorie de la Grève Générale » que nous voyons mener par le virus sème la Terreur chez les différentes bourses, mais aussi les différentes bourses. La politique de l’offre semble provoquer de sérieux remous. Mais pour l’instant, nous sommes obligés d’attendre la fin d’une nouvelle ère. Rien ne sera plus jamais comme avant. Les choses ont désormais changé. Je ne crois pas que le gouvernement puisse voir les changements profonds que les personnes souhaitent voir, mais la politique de la demande vient de faire une démonstration magistrale : sans demande, l’offre s’effondre. Toutefois, nous apprenons à mieux vivre. Le superflux laisse place aux besoins de première nécessité.

Le président de la République l’avait annoncé pendant son allocution lundi dernier. Avec le confinement, le temps semble s’étirer sur une longueur imperceptible. La vie s’est arrêtée avec le monde économique. Les annulations des festivals se succèdent les uns après les autres. Jacques Marchais reprenait le poême de Raoul Vaneigem en chantant la vie s’écoule, la vie s’enfuit …

Nous perdons une partie de notre vie dans ce monde où tous attendent la reprise économique. Dans les starting-blocks comme pour courir le cent mètres, nous voulons retrouver notre vie d’avant. Nous voulons retrouvons une certaine nostalgie. Pendant ce temps, les ouvriers des différents secteurs sont envoyés au charbon. Le « temps s’achète au supermarché ». Le « reflet d’un monde d’objets » nous permet de voir que nous allons vers une catastrophe.

La catastrophe sanitaire a laissé place à une catastrophe financière comme le soulignait Les Échos (17/04/2020). Les « affamés » commencent à prendre le chemin des banques alimentaires. Ce que la « crise sanitaire » a détruit, il aura fallu près de dix ans de rigueur budgétaire pour enrayer une crise basée sur une bulle financière. Des millions de pauvres affluent partout dans le monde. Le temps s’arrête pour nous rappeler que nous sommes soumis au dicktat du réchauffement climatique et des différentes épidémies.

Finalement, cette crise nous permet de mieux comprendre que la route à suivre pour sortir du marasme collectif sera long. Le temps qui s’arrêtait défile pourtant. Une chose est certaine, nos vies ne seront plus jamais comme avant.

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