Un regard croisé sur la cause animale

L’épreuve du Coronavirus

jeudi 19 mars 2020 par Pierre Le Bec

Le Coronavirus (COVID-19) touche pleinement l’ensemble de la population et n’a pas de frontière. Des mesures d’ampleur sont prises pays par pays, mais surtout témoigne d’un certain vent de panique qui secoue l’ensemble du globe.

Le président de la République a rappelé à cinq reprises que nous étions « en guerre » contre un ennemi invisible. Le virus est invisible et ne peut se voir. Lorsque nous le regardons avec ses symptômes, il est déjà trop tard. Des mesures de confinement ont lieu en ce moment pour une quinzaine de jours. Je sais que ces mesures seront très difficiles à vivre, mais nous pouvons également nous mettre à la place de ceux qui sont privés de liberté dans les Hôpitaux Psychiatrique ou encore dans les Prisons.

Ce blog a toujours eu l’intention de se vouloir universaliste, mais aussi faire converger les différentes luttes ensembles. Puisque c’est ensemble que nous abolirons l’élevage, la chasse et la pêche, les cirques avec animaux, mais aussi que nous en finirons avec le salariat tout comme les différentes classes. Dans ce contexte, il semble que nous ayons une occasion incroyable de constater que le capitalisme ne subsiste uniquement pas grâce à une certaine forme d’exploitation des travailleurs. Lorsque ces travailleurs ne vont plus au travail au moyen d’une grève générale ou encore dans le cadre d’une crise économique comme sanitaire, l’ensemble du capitalisme et de ses différentes réserves s’écroulent de façon très rapide. La France comme les différentes autres puissances plonge doucement dans une crise majeure d’ordre sanitaire, mais aussi économique. Les indices boursiers dégringolent les uns après les autres. Nous rentrons dans une phase de récession attendue depuis plusieurs années. Hoover disait : « la reprise est au coin de la rue ». Cette phrase m’a marqué puisqu’en période de crise, les libéraux ont tendance à croire d’avantage dans un dogme que dans une science sociale.

Je constate que le président de la République a décidé face à la crise économique qui se profile de mettre en place un plan de relance keynésien à hauteur de 300 Mds d’euros afin de sauver l’économie. Les lignes bougent et la bataille idéologique commence à porter doucement ses fruits. Évidemment, il ne s’agit pas d’augmenter les différents salaires, mais de venir en aide aux différentes entreprises qui seraient impactées par le « confinement ». Les entreprises créent de la richesse, mais par la force de travail des salariés. Aussi, il convient de souligner que ce plan de sauvegarde introduira une hausse massive de la dette publique à hauteur de 13 % du PIB faisant monter de de facto la dette publique aux alentours de 113 % du PIB. Les économistes néoclassiques risquent de grincer des dents. Pourtant, il ne faut pas nous leurrer Emmanuel Macron reste et est un libéral. Il avance de l’argent afin d’éviter une crise économique majeure. Pourtant, son plan reste faiblard. Il aurait suffi de mettre un véritable de relance de l’économie s’écartant de façon significative de la « règle d’or » et des traités européens. D’autant que les économistes néoclassiques de l’École de Chicago dans le puissant parti « Républicain » sur l’équilibre budgétaire deviennent minoritaires. Le président de la République démontre qu’il est facile désobéir aux règles européennes, il s’agit avant tout d’une question de volonté. Toutefois, la dette augmentera de façon crescendo sur l’économie, cela nécessite un plan de financement sur une durée de cinq à dix ans. Il ne faut pas que ces mesures induisent un libéralisme toujours plus extrémiste et radical.

Il semble nécessaire de faire intervenir les différentes banques centrales dans un plan totalement hétérodoxe en injectant de façon massive de la monnaie dans « l’économie réelle » afin de créer une inflation pour résorber justement la question du chômage. La question du Quantitative Easing doit tourner à fond afin que la Banque Centrale Européenne puisse venir directement en aide aux entreprises quitte à mettre en place des taux négatifs sur une durée limitée.

La question que je me pose peut-être légitime, mais aussi critique : quel regard animaliste peut-on poser sur ces derniers ? J’entends déjà les railleries spécistes qui affirment que nous défendons tous les êtres vivants, chose qui est naturellement faux. Nous défendons, les êtres sentients. Or, le Coronavirus est : il faut le dire en lien avec les animaux non-humains. C’est bien la consommation de chaire animale dans le Wuhan en Chine qui a provoqué la pandémie de grande ampleur que nous vivons actuellement cette dernière quinzaine de jours. En effet, les grandes pandémies de ces dernières années sont liées de près comme de loin à la consommation de produits carnés. Cela doit nous faire réfléchir de façon radicale de la manière dont nous regardons les animaux non-humains. C’est bien la consommation des carnistes qui est à l’origine de cette pandémie.

Dans ce contexte, il semble nécessaire de rappeler que le carnisme reste un danger sanitaire de grande ampleur au point que l’état d’urgence sanitaire soit décrété dans de nombreux pays. Le nombre de morts ne cesse de grimper. Peut-être qu’il y aura un sursaut animaliste et écologiste ? Nul ne le sait, mais une chose est sûre, nous vivons une expérience de grande ampleur.