Un regard croisé sur la cause animale

Extrait n°1 du Livre

Introduction
lundi 27 avril 2020 par Pierre Le Bec

La question de la lutte animaliste pose les bases d’une pensée transpartisane. Cela sous-entend qu’il y a différents courants de pensée au sein de l’animalisme. Nous venons d’horizons diverses et nous avons en commun la volonté de défendre le droit des animaux non-humains. Dès lors, il y a une problématique dans l’approche que nous faisons de la « cause animale ».

L’animalisme se veut comme étant un courant de pensée hétérogène. Dans ce sens, il y a autant d’approche possible de l’animalisme que nous avons de courants animalistes. La multiplicité des courants permet de créer une certaine diversité. Cela aboutie à ce que tous les courants de pensée politique soient désormais présents dans chaque courant spécifique de l’animalisme.

Au sein de ces courants se situe celui des anticapitalistes. On peut concéder que l’utilisation d’un terme péjoratif permet d’émettre une logique négative. Dans la novlangue néolibérale et libérale, les anticapitalistes sont vus comme des extrémistes. Une fois de plus, le caractère extrême d’un courant de pensée se détermine par rapport aux bornes de la personne qui la fixe. Le néolibéralisme est vu comme un courant extrême par ceux qui souhaitent faire tomber le capitalisme. On peut d’ailleurs comprendre que les dictatures néolibérales de Pinochet au Chili, la dictature des généraux en Argentine et même l’expérience de la Grèce vis-à-vis de la Troïka sont des portes de sortie en dernier recours lorsqu’il s’agit de sauvegarder le capitalisme par tous les moyens.

En langage mathématique, l’extrême — ou plutôt la limite — se caractérise par l’infini qu’il soit négatif ou positif. Que faut-il conclure ? L’extrémisme se caractérise comme une volonté d’atteindre les limites de l’idéologie qui nous habite. Il y a une certaine volonté d’atteindre la pureté dans ses propres convictions. On peut s’interroger sur la question du dogmatisme. Dans les faits, il se caractérise par le fait d’être « prisonnier » de ses idées politiques ou même de ses croyances. Toutefois, force est de constater que nous sommes toujours l’extrémiste de quelqu’un d’autre.

Nous devons non pas parler d’extrémisme dans la plupart des cas, mais bien de la « radicalité » et du terme « radical » qui souligne revenir à la racine. En revenant à la racine, je pense que nous pouvons mettre en place de nombreux cheminements intellectuels qui s’approche le plus de ce que nous souhaitons tous : l’abolition du spécisme et la chute du capitalisme. Dans ce cadre, il convient de souligner qu’il y a une vision double qui se dégage. Nous empruntons aux différents libéraux la philosophie libérale que nous utilisons à bon escient. Dès lors, il convient de séparer le « politique » du « philosophique ». Cela permet de souligner que « les libéraux économiques », au-delà de la pensée qui les habite à vouloir incorporer par la force le « sacro-saint » marché et la libre-concurrence et non faussée partout où elle est possible, sont des extrémistes vis-à-vis de ceux qui critiquent la « toute-puissance » du marché.

Il semble nécessaire de ne pas réduire la philosophie libérale aux différents corpus en vigueur concernant le phénomène du « pro-choice ». Si la liberté des individus peut sembler fondamentale, il convient également de défendre les libertés collectives et communes comme le démontre Johannes Althusius. À travers la défense de ces droits et de ces libertés que l’on peut considérer comme fondamentaux, cela permet de s’opposer façon systématique aux différents régimes libéraux, mais aussi de rappeler que même au travers de la misère de la philosophie, la défense du libéralisme philosophique ne viendra pas pour autant de ceux qui se revendiquent pleinement libéraux.