Un regard croisé sur la cause animale

Le nouvel Humanisme (I)

samedi 1er février 2020 par Pierre Le Bec
L’Humanisme est un des vecteurs importants dans les courants progressistes. Le progrès se traduit par une vision tournée valorisant l’être humain. Pourtant, ces dernières l’Humanisme a été largement chahuté par le courant animalisme et de l’anthropocentrisme qu’il peut y exister. Dès lors, il est probable de construire un « nouvel Humanisme » en lien avec l’animalisme.

Traditionnellement, l’Humanisme se réfère essentiellement aux êtres humains. La notion d’un « nouvel Humanisme » souligne que l’Humanisme actuel est dépassé. Comment une vision des Lumières peut-elle être devenu un anachronisme ? L’Humanisme est censé mettre en avant des valeurs fondamentales qui rehausse justement l’aspect de l’être humain. Il est vrai qu’il existe de nombreux courants s’inscrivant dans « l’Humanisme », il existe la droite humaniste, la gauche humaniste, les catholiques humanistes, les protestants humanistes, etc. L’Humanisme tel qu’il est définit dans les différentes revues reste un Humanisme anthropocentré.

Jean-Pierre Digard tente de renverser la norme en soutenant article après article que l’antispécisme serait un « anti-humanisme ». Il va même jusqu’à parler de « spécisme anti-humain ». Cette rengaine se souligne par un spécisme exacerbé et un anthropocentrisme digne d’un intégriste. Pourtant, l’animalisme réside dans le « Nouvel Humanisme ».

Dans un monde où la montée des courants néoconservateurs et néolibéraux se traduit de facto par une « internationale brune », l’universalisme de l’Humanisme oit faire le pont avec l’animalisme. L’Humanité sortirait la tête par le haut en considérant finalement que les animaux non-humains sont nos semblables. Dans le cadre de la Zoopolis, on peut même affirmer que ce sont des individus et qu’ils peuvent jouir de certains droits dans la limite du possible.

Pourtant lorsque nous regardons les yeux dans les yeux le Zoocide, on peut dire que l’être humain s’est défait de l’Humanisme et sort progressivement de l’Humanité. Sortir de sa propre espèce, voilà un comble qui devrait faire réfléchir de nombreuses personnes. Pourtant, l’Homo Sapiens Sapiens perd sa qualité de Sapiens. La sagesse est peut-être le propre de l’Être Humain, mais lorsque celui-ci commet des atrocités qui n’ont pas de nom, il perd définitivement sa sagesse pour redevenir l’Homo Préhistoricus. Le temps des cavernes semblent pourtant largement révolu.

Dans une période où l’obscurantisme refait son retour en force tant sur le plan politique que sur le plan philosophique, la mise en évidence d’une idéologie issue des Lumières ne semble guère contradictoire, mais cela va également dans le sens de l’intérêt général. La question de l’Humanisme mérite mieux que d’être cantonnée à sa forme reptilienne. Or, le Nouvel Humanisme se construira sur une logique animaliste loin de « l’Animal-Machine » de Descartes.

Nonobstant la fracture en train de se créer entre l’Homo Préhistoricus et l’Homo Sapiens Sapiens, la question du « Nouvel Humanisme » prend son ampleur. Il faut continuer à revenir sur la naissance de l’Humanisme. Certains voient actuellement le « Nouvel Humanisme » comme le tournant du néolibéralisme. Dans un regard critique, on ne peut que constater que le libéralisme post-moderne entraîne d’une certaine une vision post-humanisme. Le relativisme entre une vision qui associe selon ses moyens la questions des droits fondamentaux ne peut que se soustraire à une vision sur la question du Nouvel Humanisme.