Un regard croisé sur la cause animale

La sentience : une approche par les sens

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lundi 20 janvier 2020 par Un Regard Croisé sur l’animalisme

Les animaux non-humains ont tous un système nerveux plus ou moins développé. La « sentience » est un des éléments clefs pour comprendre la profondeur de l’animalisme. Les êtres sentients se comptent par milliards sur l’ensemble du globe.

Dans le langage « antispécisme » s’est développé la question de la « sentience ». Un concept qui au premier abord peut surprendre pour les personnes n’étant pas dans une logique de « libération animale ».

Au début, on peut se s’interroger de façon effective sur la nécessité de l’utilisation de la « sentience ». Après tout, il y a un risque assez réducteur dans le langage des antispécistes. Pourtant, il s’avère que le langage est éminemment politique. Chaque mot a une importance dans la conversation que nous entretenons avec les autres. La bataille des idées passe également par la bataille de la dialectique. L’objectif d’une telle bataille réside dans le fait d’incorporer dans le langage courant et usuel des termes techniques afin qu’ils deviennent des termes utilisés par tous. La « sentience » fait partie de l’une de ces batailles. Actuellement, il est utilisé par ceux qui ont un bagage culturel assez conséquent concernant la « libération animale ». Mais, au fur et à mesure, il est réapproprié par les militants pour que ce terme ne devienne point un terme destiné à l’élite, mais un terme destiné à l’usage de tous.

Pourquoi parler de « sentience » et non de « conscience » ? L’un et l’autre semblent pourtant très proche en matière de notions sémantiques. Pourtant, tous les êtres sentients n’ont pas forcément la conscience d’eux-mêmes. Ainsi, cela permet d’englober de façon plus large la question des animaux non-humains. En effet, la « sentience » permet justement de mettre en avant le fait que les autres espèces ont aussi des réflexes nerveux. Prenons le cas d’une huître, lorsque vous la touchez, cette dernière se rétracte immédiatement. On dit qu’il s’agit d’un être « sentient ». L’huître ressent de façon importante les agressions. Lorsque certains spécistes ingèrent l’huitre vivante, cette dernière se défend en produisant des toxines pouvant entraîner une indigestion très violente pour le spéciste qui a décidé de la manger.

Dans le cadre du débat de société entre les « spécistes » et les « antispécistes », la question de la « sentience » se révèle être une bataille dans l’opinion très importante. Les uns voient dans cette approche une vision « post-moderne » et presque totalement dénuée de sens. En effet, il convient de souligner que pour eux, la notion de « sentience » remettrait en cause l’ensemble d’un secteur d’activité et voir s’inscrirait dans une logique de dommages et intérêts. Ce conservatisme tend à démontrer qu’il y a une façon cohérente à vouloir perdurer le fait d’un certain enracinement dans la terre, l’agriculture et l’élevage. Autrement dit, le « vieux monde » campe sur ses positions réfutant l’argument de la « sentience » pour continuer à perdurer un système qui se mort la queue. Les « antispécistes » l’utilisent pour démontrer qu’il y a une certaine égalité dans la question des sens. Un animal non-humain a des sens de façon identique qu’un être humain. Les deux sont des « animaux » et réagissent aux différents stimulus.

Dès lors, la « sentience » intervient dans la quasi-totalité des animaux non-humains. Pourtant, la « sentience » reste un outil dialectique fondamental pour réfuter les différentes argumentations du spécisme. Elle s’inscrit également dans une large gamme scientifique. Elle fait intervenir l’éthologie, anthrozoologie et évidemment la biologie. La science avance progressivement. Les découvertes progressives nous conduisent à aller vers une question à court-terme s’inscrivant dans le welfarisme et à long terme dans la notion de l’abolitionnisme de façon pure et dure.