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Malgré la reprise, la crise économique se rapproche un peu chaque jour

lundi 22 janvier 2018, par Pierre Le Bec

Selon un sondage « Elabe pour Les Echos, Radio Classique et l’institut Montaigne » du 4 janvier 2018, les deux tiers des Français croient à la reprise économique. Un optimisme en trompe l’œil se dessine progressivement, la chute précédée du Krach risque d’être difficile.

Les voyants de l’économie sont au vert ...

La reprise économique de la France semble pointer le bout de son nez, selon les facteurs propres au néolibéralisme : la hausse du taux de croissance du PIB, l’augmentation du taux de marge des entreprises, la croissance des dividendes et des profits, la baisse du coût du travail et le baisse du chômage. Le capitalisme redémarre, sa phase est de nouveau en expansion.

La quatrième révolution industrielle que l’on pourrait voir dans l’intelligence artificielle (IA) allant de paire avec la robotisation semble perturber profondément l’ensemble des raisonnements actuels.

Les mesures libérales vont fonctionner, mais uniquement dans le cadre d’une économie planétaire très dynamique, dont les voyants sont au « vert » et en pleine forme.

La République semble déjà tanguer depuis une dizaine d’années avec les différentes crises économiques, mais il faudra certainement une pédagogie à l’épreuve du pouvoir contenir les différentes protestations qui s’en suivront.

La dystopie mise en place par le Président de la République soutenue en partie par « Les Constructifs » et « Les Républicains » peut créer des effets soutenant le retour de la croissance à court terme. Favoriser les reprises économiques, mais mettre les travailleurs dans la misère la plus absolue rappelle étrangement le slogan de Hoover : « la reprise est au coin de la rue ». Derrière la rue, se jouent les spéculations mondiales des différentes bourses. Les actions des entreprises se vendent toujours à des niveaux records, entraînant leur hausse jusqu’à l’autorégulation propre du marché. Comprendra qui voudra, mais l’objectif reste la hausse des prix, la hausse des produits, une hausse sans cesse des actions pour dynamiser l’économie arrive à un stade de rupture. Le problème reste que le prix des actions ou des titres des entreprises sont fausses. Tout cela entraîne une bulle spéculative d’une ampleur ne disant aucun nom.

Pourtant, loin de ces chiffres idylliques et paradisiaques dans un monde de concurrence de chacun contre tous, se cache des chiffres annonciateurs d’une crise sociale, économique et politique.

... mais l’imminence d’une crise financière menace plus que jamais

La question de la dette privée ne semble guère interroger les spécialistes, mais cette dernière a augmenté de 34 points de PIB en près de dix ans et se situe à 129,6 % du PIB. Cette endettement ne cesse de croître en raison des taux d’intérêts extrêmement bas. Contrairement à ce qui laisse entendre, le risque d’une bulle spéculative sur le crédit augmente de plus en plus. Le problème majeur qui ne semble pas préoccuper les économistes libéraux, la dette du privée à un certain stade ne peut-être solvable. La somme des insolvabilités génère des faillites bancaires à la chaîne.

Dans les théories libérales, le crédit reste fondamental, mais les prêteurs prennent des risques importants en débridant le prêt pour faire grossir les entreprises ou réaliser des investissements productifs, afin d’être plus compétitifs. Le créancier est défendu par l’état, et dans certains cas le débiteur.

Les politiques d’ajustement structurel tendant à faire baisser l’endettement des différents états transfert les déficits sur les ménages et les entreprises. La menace des dettes privées, selon les différents secteurs pose un problème quant à la question des différentes bulles spéculatives en cours. Les dividendes des entreprises françaises ont atteint : 44,3 milliards d’euros de dividendes pour l’année 2017. Un bon score, mais si le niveau est plus faible qu’en 2016. Dans le même temps, le Taux de distribution est passé en 2017 à 48 % contre 50 % en 2015. Concernant le niveau du CAC40, celui atteint désormais un peu plus de 5500 pts, soit le niveau semblable à décembre 2006 avant le début du Krach financier de 2008.

Les niveaux records conduisent à affirmer que nous assistons corps et âme au niveau des dividendes, comme du taux de distribution à une baisse tendancielle. Bien sûr que la croissance semble spectaculaire au point d’atteindre les 2%. Dans le même temps, on constatera que la croissance ne peut-être éternelle et illimitée dans le temps. Cette dernière reste entièrement illusoire et n’a pas vocation à tenir ce rythme dans les prochaines années. La confiance dans le gouvernement, tout comme l’optimisme semble se confronter à des réalités économiques plus profonde. « L’autorégulation » des marchés ne réside dans des théories marxistes ou autre, mais dans l’essence même du capitalisme.

L’expansion de l’économie semble confronter à celle des cycles économiques. Ces derniers durent en moyennes une dizaine d’années. La révolution technologique qu’induit l’IA, la hausse des différentes bulles spéculatives liées entre autres par le Quantitative Easing des banques centrales aboutit nécessairement sur la faillite d’un certain nombre d’entreprises qu’elles soient financières ou non.

L’imminence d’une crise semble désormais un fait acquis pour de nombreux économistes qu’ils soient dans la tendance dominante ou dans des courants alternatifs. La pluralité des économistes semblent aboutir à la conclusion que le temps reste désormais compter et que la reprise économique reste une illusion très importante.

Qui payera la facture de cette future crise ?

Le problème qui se pose reste la facture qui résultera de cette crise sans nom. Qui payera pour les risques pris par certains ? L’état ou les responsables, les travailleurs ou les entreprises ?

Le niveau de la dette publique en 2007 est de 65% du PIB, alors qu’en 2017, il est de 96% environ. Entre 2007 et 2017, les politiques d’ajustement structurelles et les sauvetages des différents établissements bancaires ont produit une hausse de la dette de près de 30%.

Alors que le keynésianisme est mis au banc des différents débats politiques, la politique de relance de l’état reste omniprésente, mais surtout moins coûteux que les programmes issus par la politique de l’offre. En terme de création d’emplois, on peut clairement dire que les programmes keynésiens ont plus d’impact à long terme que les programmes d’aide aux entreprises mis en place, dont la courbe du chômage semble avoir du mal à décroître.

Si l’on suit le raisonnement des libéraux et néoconservateurs, celui qui paye de l’autorégulation des marchés financiers, des différents faillites ou autres, restent celui qui payent des impôts, donc le citoyen primaire.

La réalité du néolibéralisme voudrait que ce soient les entreprises qui payent pour les risques qu’elles ont entreprises, et non l’état comme les travailleurs. La théorie « Too Big To Fail » doit désormais cesser, si l’entreprise est trop grosse, alors la réquisition de cette dernière par les travailleurs eux-mêmes devient une nécessité et non par l’état. Si l’état devait la réquisitionner, alors cela se ferait directement sans dédommager les actionnaires qui de toute manière seraient ruinés.

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