Le chemin de croix

, par  Pierre Le Bec , popularité : 0%
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Pour les plus chrétiens d’entre nous, on pourra dire que je fais mon chemin de croix à chaque fois que je me plonge dans la littérature spéciste, je ressens dans mes veines cette sentience.

Il y a évidemment un fardeau à porter lorsque nous sommes antispéciste et animaliste. Or, de nombreux chrétiens comme dans d’autres religions n’hésitent pas à sacrifier en holocauste des agneaux sous différents prétextes. Évidemment, il convient de sortir de la lecture patriarcale pour en faire une lecture « libérale et progressiste ». Mais les courants progressistes et libéraux au sein des religions abrahamiques sont devenus très minoritaires. Heureusement qu’il existe un corpus littéraire à ce sujet. Dans le même temps, j’ai appris à vivre en tant que chrétien mon antispécisme.

Une question pas forcément évidente s’est posée à moi : faut-il continuer dans la marginalité ou suivre le consensus à tout prix ? De part mes idées, je me suis toujours retrouvé à la marge de la société. Le communisme, idée qui se renouvelle sans cesse n’est plus vraiment au goût du jour, alors mettre le communisme dans l’animalisme, c’était vraiment un chemin de croix. Jésus dit à ses disciples : « aimez-vous les uns, les autres comme je vous ai aimé » (Jn 13 : 34). Il ne va pas sans dire qu’il parlait à la communauté des êtres humains. Dans le même temps, je me suis centré autour de la compréhension de la Zoopolis. Cette théorie politique m’a marqué au point de commencer à faire des recherches sur le sujet. Si finalement, une « théorie de la citoyenneté » n’était pas dans l’absolu, la recherche du processus antispéciste avec une théorie qui tient la route. Or, la Zoopolis incombe de repenser drastiquement notre regard sur les animaux non-humains. Les différentes sociétés se sont créées sur le concept divin, bien que plus tard, la laïcité a permis un socle pour mettre de croire ou de ne pas croire en toute liberté.

Pour autant, il ne va pas sans dire que depuis les premiers mots qui ont été rédigés ; j’ai fait un chemin de croix à ma manière, j’ai reçu de nombreux pics dans mon corps comme la couronne d’épines qui a été posé sur le Christ. Vous me direz : « la comparaison est osée ». Je le conçois très bien. Toutefois, les animaux non-humains ne meurent pas pour expier nos « pêchés », ils subissent un sort des plus honteux, nous sommes toujours à l’ère du néolithique avec une machine industrielle toujours plus performante, nous sommes la « lie » des espèces sentientes.

J’ai pu apporter la création d’un nouveau chapitre qui a pris place et est publié sur le site à travers de la révolution végétale. Dans ce cadre, j’ai fait différentes modifications dans la version finale par rapport à la version publiée sur le blog. Il est vrai que certaines annotations ont été ajoutées et d’autres supprimées. Je n’allais pas totalement publier l’ensemble du livre sur un blog. Toutefois, le blog se doit être l’outil afin d’appuyer les différents ou les différentes failles qu’ils puissent exister.

Puis au moment du début de la quatrième version du livre, j’ai été hospitalisé à l’Hôpital public puis dans une clinique privée pour des raisons médicales, et cela, pendant une durée de quatorze semaines. J’ai pris trois mois de retard dans la vue. J’ai pu continuer de façon très légère. J’avais le tapuscrit entre mes mains, mais les différents événements comme le COVID-19 m’ont poussé à ralentir la cadence d’écriture. Il faut dire que le monde s’est arrêté brutalement de tourner et une nouvelle fois, j’ai dû perdre du retard puisque j’avais l’intention de retourner faire de nouvelles recherches.