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Emmanuel Macron durcit le système de contrôle des chômeurs

lundi 1er janvier 2018, par Pierre Le Bec

Emmanuel Macron après avoir passer en force ses ordonnances favorisant les licenciements et la mise au chômage du travailleur continue son œuvre mortifère. Le travailleur mis au chômage devient un objet de contrôle sur fond de lutte contre la fraude.

La criminalisation des chômeurs

Le gouvernement en place se charge d’appliquer les recettes sarkozystes pour diminuer le taux de chômage. Lasser par un « immobilisme imaginaire » des gouvernements successifs en matière de lutte active contre le fléau que représente le chômage, le parti La République En Marche tente une nouvelle recette : le chômeur est responsable du chômage et non l’entreprise qui le licencie. Qu’en pense les députés de la majorité ? Par exemple, Sylvain Maillard (député LREM, 1ère Circonscription de Paris) pense qu’il « faut qu’il y ait une pénalisation plus importante, en tout cas une incitation, parce qu’on met beaucoup d’argent sur la table pour aider les demandeurs d’emploi [...] et de l’autre côté, on veut une responsabilité plus importante ». La question pécuniaire l’emporterait. Le seul objectif consiste à pénaliser le chômeur, et non l’aider à retrouver un emploi. Le terme pénalisation a un sens très profond dans la manière, dont sont vus les chômeurs. Le chômeur est tout de même rattaché à la question de la délinquance et est vue par la classe dominante comme un délinquant. Nous sommes plus dans le langage au sein de discussion d’économie politique, mais dans un langage clairement issu du droit pénal. Dans le même temps, le pointage régulier à Pôle Emploi. Le pointage à Pôle Emploi chaque mois peut-être avec démonstration de la recherche de bonne foi d’un emploi peut-être comparé à un contrôle judiciaire quotidien ou une assignation à résidence. Ces contrôles et cette surveillance s’inscrivent dans le volontarisme du gouvernement de créer une société autoritaire, de surveillance, basée sur des inégalités débridé et des préjugés importants.

La déresponsabilisation des entreprises dans la hausse du chômage

Déresponsabiliser les entreprises et les actionnaires dans les différents plans sociaux permet de satisfaire les intérêts des investisseurs et des actionnaires. Entre autres, cela pousse à davantage de logiquement grâce à la souplesse des mécanismes mis en place par le gouvernement. Pour augmenter les profits et la compétitivité, il convient d’affirmer que les ordonnances de Muriel Pénicaud s’inscrivait dans la logique d’une véritable politique de soutien au chômage, dont les effets commencent à sentir. Pimkie et PSA utiliseront les mécanismes liés à « la rupture conventionnelle collective » mettant au chômage plusieurs milliers de personnes. Il ne s’agit que du grand démarrage d’une vague de licenciement importante qui va secouer l’Hexagone. Forcément, l’Insécurité juridique pour les uns et la rentabilité pour les autres s’annoncent comme la feuille de route de l’ancienne DRH de Danone.

Dans le même temps, les cotisations sociales destinées à l’assurance-chômage ont été supprimées par le gouvernement d’Édouard Philippe. Le salarié ne cotise plus, les droits vers l’assurance-chômage diminuent suivant cette logique. Du fait que le salarié ne cotise plus, il devient aux yeux des néoconservateurs un privilégié profitant des ressources, oubliant manifestement qu’il s’agit d’un salaire différé. Une personne ne cotisant pas n’a plus le droit à l’assurance-chômage. Dans la mythologie néolibérale, les personnes étant licenciées ne veulent rechercher alors il faut durcir les différentes conditions pour acquérir les allocations. Le droit, dont ils ont travaillé dure pour les avoir, laisse place au discours de « l’assistanat ». Ce discours est construction pour obliger le chômeur à travailler. Il s’agit d’un retour au travail forcé, dont les influences parfois totalitaires imprègnent ce discours. [1].

Les conséquences néfastes de la chasse aux chômeurs par l’État

Évidemment que la mise en place d’un contrôle généralisé des chômeurs était dans le programme d’Emmanuel Macron. Cela s’accompagne également par la mise en place de formations. Sur la question de la formation des chômeurs, de nombreux points sont à soulever. S’agit-il de formations permettant aux travailleurs d’acquérir davantage de connaissances et d’être plus productif ou s’agit-il simplement d’accompagner des formations en fonction des besoins des entreprises ? Le modèle économique d’Emmanuel Macron ne tend pas à augmenter les connaissances des travailleurs au chômage, mais de s’en servir comme une « armée de réserve » aux intérêts des grandes entreprises. Le chômeur reste utile dans une société basée sur la concurrence d’un marché, puisqu’il permet d’être employé en cas de hausse des commandes et d’être jeté dans la fosse lorsque celle-ci diminue.

La « révolte des riches » issue du courant néoconservateur tend à mettre en opposition les travailleurs et les chômeurs. Cette opposition entre les deux provoque des effets sur le marché du travail de grande importance. Le sors réservé aux chômeurs tend à mettre sous pression les travailleurs. Une plus grande concurrence entre les deux, une rupture logique de la lutte de classe tend à faire baisser les salaires des travailleurs, mais aussi leur productivité [2], puisque le patron leur expliquera que s’ils n’acceptent pas des sacrifices, ils se retrouveront au chômage. Une hausse théorique du pouvoir d’achat se retrouvera clairement annulée par les avènements de contrat poussant les salaires toujours vers le bas.

Et le contrôle des offres de Pôle Emploi ?

La question des annonces ne semble pas faire de doute, ni de remise en question de la part du gouvernement, comme de la ministre du travail. Pourtant, entre les annonces incohérentes, les doublons, et les annonces frauduleuses, il existe une partie des annonces n’ayant aucune valeur puisqu’elles tentent à tromper les chômeurs et les attaquer dans leurs faiblesses. Si Pôle Emploi tente de durcir les contrôles des chômeurs, il n’en va pas de même des annonces, dont les conséquences pour les employeurs ou les responsables des escroqueries restent nulles. À savoir que plus de 10% des offres d’emploi proposées ne sont pas conformes avec le Code du travail.

Notes

[1Igor Martinache, « L’assistanat, Cheval de Troie d’un retour au travail Forcé », La revue du Projet, Septembre 2014, [En ligne] | Consulté le 28 décembre 2017, URL : http://projet.pcf.fr/59132

[2« En revanche, le NAO cite cinq études internationales selon lesquelles les sanctions poussent les salaires à la baisse. [...] cette déqualification aurait un impact négatif sur la santé des salariés, leur bien-être... et donc sur la productivité. », in Marion L’Hour, « Les chômeurs menés à la dure », Alternatives Economiques, n°373, Novembre 2017, [En Ligne] | Consulté le 28 décembre 2017, URL : https://www.alternatives-economiques.fr/chomeurs-menes-a-dure/00081294

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