Un regard croisé sur la cause animale

L’imposture d’Ariane Nicolas

jeudi 27 février 2020 par Pierre Le Bec

L’essai d’Ariane Nicolas qui se présente comme une féministe libérale (p. 156) sous le titre L’imposture Antispéciste fait beaucoup parler de lui dans les journaux et les différents magazines. Qu’en est-il réellement ?

On notera qu’elle n’a pas lu The sexual politics of meat de Carole J. Adams. Elle aurait compris que le sexisme est intimement lié à la production laitière tout comme la production de viande. En effet, le fait d’écrire sur une vitrine « lait = viol » ne s’inscrit absolument pas dans un anthropomorphisme. Le consentement existe bel et bien dans la nature.

Il s’agit d’un essai rempli de sophismes s’attaquant à deux livres en particulier : Libération Animale de Peter Singer et Zoopolis de Sue Donaldson et Will Kymlicka. On notera également qu’il y a une dose d’anticommunisme (p. 201) dans les différentes argumentations. La dystopie qu’elle nous décrit se base essentiellement sur une tentative de déconstruction pour arriver à l’argumentation que l’antispécisme est une imposture.

Sur la question du droit, il est tout de même intéressant de pointer du doigt la question de l’universalité. Qu’en est-il des « animaux sociaux » ? Il existe des règles établies que l’on pourrait considérer comme du droit primitif. Pourquoi ne pas élargir l’universalité du droit aux animaux non pas dans un cadre welfariste, mais radical avec des droits fondamentaux ?

Il y a l’argumentation qui revient souvent chez les partisans du spécisme parfois le plus radical, il s’agit de celui des plantes. Or, les plantes n’ont pas de système nerveux et ne possèdent pas de nerfs. Alors, il y a effectivement des avancées sur le fonctionnement chimique des plantes. Mais on ne peut penser qu’une plante est un être sentient. Il s’agit de reprendre la fameuse argumentation du « cri de la carotte ».

Elle s’attaque également au livre Un éternel Treblinka de Charles Patterson. Pourtant, les liens sont inévitables entre l’industrialisation de la viande, le fordisme avec son penchant pour le nazisme et le nazisme lui-même. S’agit-il de la « Loi de Godwin » ? Non. Il s’agit de pragmatisme et de réalisme.

Il y a également une confusion entre le véganisme et l’antispécisme. Le véganisme est un mouvement individuel presque libertarien qui s’inscrirait très bien dans les idéologies développées par Muray Rothbard ou Lysander Spooner alors que l’antispécisme réside dans la programmation d’un système de pensée collectif et s’inscrit in fine dans un certains progressisme.

Elle voit dans l’antispécisme une forme de renouvellement de la bourgeoisie (p. 185). Encore une fois, il s’agit d’une désillusion totale. Le véganisme réside dans un certain progressiste.

Au final, à travers un travail de recherche qui a effectivement été réalisé, Ariane Nicolas ne comprend pas la subtilité nécessaire du mouvement animaliste, mais réside plutôt dans la conception de Jean-Pierre Digard qui affirme que « l’animalisme est un anti-humanisme ».


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 0 / 0

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site La littérature spéciste   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.2.8 + AHUNTSIC

Un regard Croisé sur l'animalisme ©