Un regard croisé sur la cause animale

L’insupportable instrumentalisation de l’agribashing

vendredi 6 décembre 2019 par Pierre Le Bec

Dès notre plus jeune âge, la « matrice carniste » nous a expliqué que nous devions obligatoirement manger des produits d’origine animal. Il s’agit de se défaire d’un raisonnement particulièrement vicieux puisqu’il est entretenu à travers l’activité du lobbying.

Des lobbys comme Interbev possèdent des millions d’euros pour influencer le monde et faire en sorte que le « carnisme » poursuive son petit chemin de croisière. L’agriculture reste un bastion conservateur, néolibéral, mais aussi d’une certaine manière poujadiste.

L’injection d’une communication rude s’inscrit également dans le cadre d’un corporatisme et d’une défense de la filière. Il y a une véritable peur de la « révolution végétale » qui se met en place. Pourtant, il s’agit bel et bien de l’avenir voir du futur. Les agriculteurs devront s’adapter par rapport à une demande toujours en hausse. Nous vivons dans une époque liée à l’offre et à la demande, si l’offre ne s’adapte pas à la demande quand elle s’effondre pour trouver de nouveaux marchés alors on peut dire qu’il y a une volonté de la part des agriculteurs et de certains industriels de faire faillite.

À l’heure où nous écrivons la moitié du budget de cet organisme va vers la communication. Dans le même temps, il s’agit d’une véritable offensive vis-à-vis de l’agribashing. Ce terme a été inventé pour éviter toutes remises en cause structurelle de la viande et plus largement de l’élevage intensif. Lorsqu’une personne critique l’agriculture et de ses conséquences actuelles, l’éleveur et l’agriculteur n’a qu’à sortir le terme « agribashing » pour mettre fin à la conversation. Le rapport de force est aujourd’hui particulièrement déséquilibré. En effet, la FNSEA et Interbev s’inscrivent typiquement dans un rôle corporatiste. À l’heure où le gouvernement ne cesse de dénigrer le corporatisme, on voit bien que sous-couvert de néolibéralisme, il y a un toujours un retour aux sources du néocorporatisme. On sent qu’il y a manifestement une certaine radicalisation en cour qui essaye d’imposer leur force et leur loi à la République. À aucun moment, les différents gouvernements n’osent pas s’en prendre aux agriculteurs.

À l’heure du réchauffement climatique, nous nous demandons s’il est souhaitable de continuer cette politique agricole. On peut dire de façon circoncise qu’il s’agit d’une volonté de se mettre à dos une grande partie de la population. La transition écologique qui devient de plus en plus nécessaire si nous voulons diminuer nos GES, la diminution et dans l’absolu l’arrêt de la viande s’inscrit dans ce cadre. Or, ce qu’il y a d’étonnant dans l’agribashing se résume par le fait qu’il semble nécessaire de produire des végétaux pour parvenir à une « révolution végétale ». Ces végétaux et ces produits transformés ne sortiront pas de nul part, mais bien des agriculteurs eux-mêmes. En réalité, il ne s’agit pas de mettre tous les agriculteurs dans le même panier à salade.

Nous l’avons vu dans les repas végétariens dans les cantines scolaires, l’incorporation d’un petit repas a mis de nombreux agriculteurs en colère sans prendre conscience que la quasi-totalité de la viande que les enfants mangent à l’école ou au collège s’inscrit dans une viande venant hors de France. Pourtant, ces agriculteurs nous vanteront le terme une fois de plus de l’agribashing.

Finalement, l’agribashing s’inscrit de façon très manifeste dans une volonté de censure et d’empêchement de critique profonde de la société sur son modèle agricole.


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