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Le Sous-effectif conduit à l’épuisement du personnel

mercredi 30 août 2017, par Pierre Le Bec

Hier matin, je suis réveillé les os brisés, les muscles courbaturés et le dos quasiment bloqué. Le travail physique éprouve le corps et la chaire. Lorsque nous travaillons en équipe, l’intérêt de l’équipe passe souvent de manière prioritaire sur nos propres intérêts.

La conscience professionnelle du paramédical tourne autour du résident ou du patient. Ainsi, un sous-effectif se traduit par des soins de qualité moins opérationnel qu’en étant en effectif « normal ».

Nous sommes pris entre le marteau et l’enclume. Cette tenaille se traduit par « un management par les sentiments ». En effet, les supérieurs tentent d’empêcher l’absentéisme et les personnes malades en leur faisant du chantage sur la charge de travail qui pèsera en plus sur les personnes.

Cela ressemble étrangement à un chantage, si ce dernier est interdit d’après les différentes lois, il est bon de rappeler que nous travaillons dans une zone de non-droit absolue. Il convient de souligner que le Code du Travail s’arrête aux portes de l’établissement tout comme les différentes lois théoriques du libéralisme.

Ainsi, il y a une offre importante de travail et une demande très faible compte tenu de la difficulté du métier. Les salaires restent très faibles, parce que pour les libéraux plus les salaires sont bas, mieux cela favorise l’économie. Une contradiction interne qui reste prêcher sur les plateaux de télévision, les radios, mais aussi dans les journaux et magazines.

Nous revenons très vite au sous-effectif. Il s’agit d’un problème majeur, puisque le corps se fatigue au-delà d’une certaine charge de travail. Cette charge apparaît comme dangereuse si elle est supérieure à ce qu’il peut endurer. La fatigue supplémentaire que le travail crée se traduit par un épuisement du personnel aboutissant à des arrêts maladies et causant des accidents de travail.

Déjà, que la profession de manière globale subit l’absentéisme, loin de répondre aux problématiques de cette dernière, tout est fait pour que la situation se détériore. Entre le chantage, le sous-effectif, l’épuisement, on peut dire finalement que « mon EHPAD va craquer ».

L’effet domino peut paraître cruel, mais on ne travaille pas de la même manière en effectif ou en sous-effectif. En effet, moins il y a de monde, plus la charge de travail augmente, plus les tâches se doivent d’être fait dans un minimum de temps. Les tâches en question de la journée ne se résument pas envoyer des mails, travailler sur un logiciel, lire des documents pour les synthétiser, mais bien à réaliser des toilettes express, des changes supersoniques, de l’aide au repas dynamique, des couchers très rapides. Parfois, la direction oublie que nous nous occupons de personnes âgées vulnérables.

La direction doit prendre conscience que nous ne sommes pas des robots et qu’un mauvais management génère une crise sur l’ensemble de la résidence. Il ne s’agit pas d’une question de budget, mais aussi d’organisation. Être responsable correspond à assumer de prendre des responsabilités y compris lorsque cela tourne mal. Or, nous assistons à une débâcle où les responsables fuient leurs responsabilités.

Une résidence au bord du « burn out » c’est-à-dire au bord de l’épuisement généralisé apparaît comme une résidence où le personnel est mal gérée.

Quand on parle de maltraitance, je peux vous dire qu’il s’agit de la plus grande hypocrisie puisque celle-ci est institutionnalisée et organisée par l’ARS, mais aussi par la direction et les équipes de management. Le travailleur se tue à la tâche pour faire de mieux son travail, mais son travail n’est jamais récompensé.

Combien faudra-t-il d’alertes pour que cela change ?

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