Accueil > Racisme anti-musulman > La question de l’islamophobie

La question de l’islamophobie

mardi 6 novembre 2018, par Pierre Le Bec

L’islamophobie est utilisée par de nombreuses personnes concernant le racisme que subissent les musulmans. Pourtant qu’est-ce que transmet in situ l’islamophobie ?

Définir l’islamophobie

L’académie française comme Le petit Robert ne reconnaît pas le terme « islamophobie », alors que le Larousse le reconnaît en tant que l’existence d’un « hostilité envers l’islam, les musulmans » [1]. Dès lors, tous le monde n’est pas d’accord sur le sens que l’on peut donner à l’islamophobie, c’est une des raisons de tenter d’éclaircir ce que revêt de l’islamophobie.

Le suffixe « phobie » témoigne d’une logique boiteuse. En psychologie, la « phobie » résulte d’une « peur irrationnelle ». Cette notion « irrationnelle » prend son sens dans la psychiatrie et se traduit par un syndrome anxieux. Or, psychiatriser des actes racistes permet de dédouaner le responsable des actes en question. Ainsi, une personne manifestant sa haine contre un musulman parce qu’il est musulman ou est considéré comme tel peut le faire puisqu’il est considéré comme un malade et non responsable de ses actes. Cette non-responsabilité ne peut qu’interroger sur les actes des racistes en question. Il s’agit de laisser un boulevard aux racistes. En conséquence, la notion de peur que peut inspirer l’islam ne résulte pas d’une discrimination, mais bien d’un ressenti proprement subjectif. Or, les racistes vis-à-vis des musulmans le font par choix doctrinaux et non par une peur quelconque. Ainsi, le terme « islamophobie » perd tout son sens.

La « peur irrationnelle » que nous avons évoqué plus haut tombe aussi à l’eau. Ce sont les choix propres des personnes sur fond souvent de conspirationnisme aigüe. En effet, beaucoup de personnes se réfugiant dans le racisme le font par méconnaissance, mais aussi sur fond d’ethno-différentialisme. Cette doctrine tend à hiérarchiser les hommes en fonction de leur origine, de leur couleur de peau, mais surtout de leur religion, en l’occurrence, il s’agit de l’islam.

Dans le même temps, de nombreux détracteurs utilisent le terme pour éviter toutes critiques de l’islam, mais pire certains l’utilisent pour diffuser lentement un islamisme rampant. Pourtant combattre les discriminations tout en combattant l’islamisme est possible. Des personnes comme Marwan Muhammad utilise le CCIF pour diffuser un lent poison sous prétexte de lutter contre les discriminations.

L’origine de l’islamophobie

Si le terme a bien été créé par un français (Alain Quellien) [2] loin de la pensée populaire qui pense que le terme a été à la suite de la révolution islamiste iranienne. Pour aller plus loin, on peut dire que le terme colonial avait pour but de favoriser la colonisation et de la stabiliser en mettant en pratique des politiques compatibles avec l’islam, religion principale de l’Algérie Française. Pour autant, on ne peut pas dire que tous ceux qui utilisent le terme « islamophobie » sont des colonialistes ou encore des nostalgiques de l’Algérie Française.

Le danger de la notion de l’islamophilie

Pourtant qui dit « islamophobie » dit par contradiction « islamophilie ». Or, nous changeons de contexte sémantique pour reprendre une rhétorique propre à l’extrême-droite qui voit certaines mesures politiques comme résultant d’un compromis entre les musulmans et les non-musulmans.

N’est-ce pas dans le fond remettre en cause la Loi de 1905, tout comme renforcer le « concordat en Alsace-Lorraine ». Toutefois, je ne dis pas que tout ceux qui utilisent le terme « islamophobie » sont des « anti-laïcs », mais que certains jouent avec les mots pour remettre en cause le socle républicain. La république est fragile en période de crise. Les discours de haine souille le triptyque qui fait la devise, mais aussi nuit aux libertés fondamentales.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0