Un regard croisé sur la cause animale

Théorie de la Justice (IV)

lundi 14 décembre 2020 par Pierre Le Bec

La théorie de la Justice pour les Animaux (TJA) ne serait finalement qu’une simple Théorie si elle ne prend pas en compte la valeur fondamentale que revêt l’égalité. Cette valeur fondamentale qui fait notre démocratie et fonde la devise de notre République ne serait qu’incomplète si elle ne prend pas en compte le destin des animaux non-humains. L’égalité de nos jours reste de nos jours une valeur anthropocentrée. En effet, la mise à l’écart de l’ensemble des animaux sentients génère instinctivement une discrimination selon l’espèce. Or, il y a une vision qui se dégage des différentes déclarations universelles en matière de droit des êtres humains. Elles ont pour but de créer du droit positif vis-à-vis des êtres humains en rappelant le fondement des démocraties libérales. Mais ces démocraties (si bien fondée sur les libertés fondamentales et le droit naturel) ne reconnaissent pas les animaux dans les fondements des Républiques modernes.

Dans le même temps, il y a un focus totalement abstrait du contrat social qui se dégage. Le caractère implicite de ce dernier tient du fait que personne ne signe le dit contrat, mais tout le monde est d’accord de son existence au sein d’une société donnée. Certaines théories mettent en évidence que le fait de voter aux différentes élections serait le signe d’acceptation du contrat par l’individu en question. Or, lorsqu’une majorité de personnes ne va aux différentes élections, cela signifie une perte réelle de la légitimité de ce contrat en question. Le fait de donner un droit positif dans le contrat social permet à chacun d’en utiliser comme bon lui semble. Ainsi, la part d’individualisme apparaît comme une sorte d’atomisation fondamentale de l’individu dans l’ultra-libéralisme. En effet, l’oppression d’une société sur l’individu s’avère être le synonyme d’une certaine tyrannie. Cette dernière est pernicieuse puisqu’elle peut se situer à tout moment au sein de la société.

La notion implicite du contrat social pousse également à des devoirs. La défense des plus faibles s’inscrit dans les droits qui y sont attribués. Pourtant, on assiste de façon assez clair à une vision antagoniste de ce qui est conçu en terme de droit positif. Dès lors, des valeurs sont attribuées aux abords de ce contrat. Or, la nation souligne d’appartenir à une même communauté d’intérêts et vivant sur un espace donné. Dans ce cadre, les animaux non-humains partagent certaines des valeurs fondamentaux tels qu’elles sont reconnues dans le droit constitutionnel et les différentes chartes ou traités signé par un pays. Le caractère universel de la démarche pour acquérir différents droits s’affirme dans cette démarche. Dans ce cadre, les animaux non-humains partagent certaines des valeurs fondamentaux tels qu’elles sont reconnues dans le droit constitutionnel et les différentes chartes ou traités signé par un pays. L’universalisme tend manifestement à créer un véritable rempart pour la démocratie face aux différents extrémisme de tout bord. Dès lors, le contrat social apporte une autre saveur à la démocratie et à la Zoopolis. 

Dans le même temps, le contrat social se dissout lentement au sein d’un état-nation n’étant plus capable d’assurer les différents droits naturels pour les êtres sentients. Au moment où le pays débat du séparatisme, il n’empêche qu’il y ait un regard de fond visant à remettre en cause structurellement le contrat tel qu’il est construit. En se positionnant à son encontre peut se traduire par une volonté de faire sécession au contrat social actuel. Dès lors, il existe une volonté de rompre radicalement avec le monde tel qu’il est construit. Cette dernière se situe in fine dans une optique de rupture assez ferme. Redéfinir le contrat social apparaît comme nécessaire. Il apparaît comme fondamental dans les sociétés modernes. Il se situe au cœur de la cohésion des états-nations. Dès lors que nous attaquons le contrat social tel qu’il est actuellement, il est de ce fait remis en cause par une partie de la population. Ainsi, il perd de sa légitimité au regard de ceux qui cosignent le contrat.

La force du contrat entre plusieurs personnes ou même des entités se matérialise de facto par l’insertion de la Loi afin de fixer des bornes au contrat. Dans le même temps, ce qui fait la force du contrat se résume à sa légalité d’un point de vue de la Loi et surtout qu’il soit conforme à la Constitution du pays. Le contrôle de la Constitution s’avère être un des éléments moteurs pour caractériser les limites de la Loi et surtout son interprétation. Dans les faits, la Loi permet de donner la Force aux différents contrats et c’est à l’Etat de tout faire pour que ces derniers soient appliqués. Cependant, le contrat social ne réside pas dans sa nature scripturale. En effet, il se résume par une transcription implicite au sein de la société. La question de son acceptation majoritaire au sein de la société fait de la démocratie libérale un devoir de protéger les minorités. Dans le système moderne des différentes démocraties occidentales, leur protection permet d’assurer une certaine équité vis-à-vis des majorités. Cependant, toutes les minorités ne sont pas prises en compte au travers de ce contrat social. En effet, la non-intégration des êtres sentients se traduit par une inégalité au niveau du droit, mais aussi sur le plan de l’équité.

 Dans la mesure où le contrat est fait pour être appliqué au niveau de l’Etat, cela souligne de faire confiance à l’Etat pour que le contrat social retrouve sa forme tel qu’il est construit. Or, la rupture vis-à-vis de l’Etat semble être totalement consommée. Dès lors, nous ne pouvons pas avoir confiance dans cet Etat dans la mesure du fait de son soutien au spécisme par tous les moyens. Le contrat social dans son exécution nécessite l’Etat comme pour tout contrat. Dans le même temps, le contrat social tel qu’il est ne représente pas la volonté populaire. Ainsi, la question de la Loi telle qu’elle est mise en application ne convient pas vraiment à la volonté populaire. Pour sortir de ce marasme ambiant, il semble nécessaire d’avoir recours à cette même volonté autant dans un aspect positif que négatif.