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La falsification du débat sur l’immigration

Episode 1

mardi 18 septembre 2018, par Pierre Le Bec

Au même moment, le président de la République tente d’opposer les nationalistes aux libéraux, il convient de souligner que le nationalisme au sein des mouvements libéraux n’est pas très loin comme l’on constate sur la politique migratoire d’Emmanuel Macron.

L’extrême-droite représentée par le Front National s’est alliée avec La République En Marche sur « la Loi Asile et Immigration ». Pourtant, le parti politique gouvernant le pays s’affiche comme « Pro-Européen » et le Front National comme « Anti-Européen ». Dès lors, on constate qu’il existe des passerelles entre les deux mouvements sur fond de bataille des idées. La politique gouvernementale reprend les thèses de l’extrême-droite. Peut-on toujours dire que la reprise de ses thèses s’avère comme un élément de progrès pour l’ensemble de la nation ? La réponse est non. Ainsi, l’accaparement du camp du progrès pour faire face à l’extrême-droite tombe à l’eau. Emmanuel Macron met en pratique une politique réactionnaire et conservatrice.

D’ailleurs par hypocrisie, il a répondu à Orbán et Salvini : « S’ils considèrent qu’il y a, en France, l’ennemi du nationalisme, du repli sur soi, de la politique de haine, d’une politique qui consiste à dire que l’Europe doit payer ce qui nous arrange mais n’impose aucune forme de responsabilité et de solidarité, ils ont raison. » sur la politique migratoire défendue par l’extrême-droite européenne.

Matteo Salvini a beau répété le slogan nationaliste « les Italiens d’abord » qui fait référence au « America First » de Donald Trump ou encore « les Français d’abord » de Marine Le Pen. On peut dire qu’il existe une certaine forme d’union entre les partis politiques d’extrême-droite, mais le nationalisme mène dans un « cul-de-sac ».

Le nationalisme ou le patriotisme s’accompagne nécessairement d’une politique de rejet de celui qui est différent et aboutie à la mise en place de prison pour les réfugiés que l’on appelle centre de rétention. Les adultes et les enfants peuvent être incarcérés durant une durée de près de 90 jours. N’est-ce pas si similaire de ce que fait Donald Trump en séparant les enfants des parents ? À aucun moment, Emmanuel Macron ne peut se réclamer du progrès puisqu’il met en application des politiques visant à capter l’électorat du Front National ou du Rassemblement National.

À l’heure où les populismes de quelque nature que ce soit progresse en Europe, l’immigration sert souvent d’argument contre l’Union Européenne visant à installer un climat d’insécurité permanent, mais aussi la diffusion des thèses fumeuses du « Grand-Remplacement ». Le libéralisme promu par Emmanuel Macron n’est pas compatible avec les thèses de l’extrême-droite. La « liberté d’aller et venir » et de s’installer dans des pays pour y trouver « la sécurité » s’inspire directement des Lumières.

L’Europe se doit d’accueillir les réfugiés d’où qu’ils viennent, il en va de l’avenir de l’Union Européenne. Les politiques xénophobes et contre les réfugiés font le jeu de l’extrême-droite. Lorsque des partis politiques tentent d’imiter les politiques d’extrême-droite, cela avantage l’extrême-droite. Les personnes préféreront toujours l’original à la copie. L’Europe n’est pas responsable de la xénophobie montante, mais des politiques qui en Europe pratiquent la xénophobie pour éviter de résoudre les problèmes principaux : chômage, inégalité sociale ou encore la baisse du pouvoir d’achat des retraités.

Les réfugiés franchissent la mer, les montagnes, le désert pour parvenir sur l’Hexagone, et cela, au péril de leur propre vie. En plus, il convient de souligner que pour beaucoup d’entre eux, la France n’est pas le choix d’installation, mais qu’une étape parmi le périple. Enfin, les expulsions coûtent plus cher à l’état que de les intégrer dans le pays dans lequel ils vivent.

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