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L’ONG DisinfoLab a mis en place un "fichage politique"

lundi 13 août 2018, par Pierre Le Bec

L’ONG DisinfoLab a mis en place un fichage politique concernant ceux qui ont tweeté sur l’affaire Benalla de près comme de loin. Il existe différents fichiers où l’on trouve un classement en fonction du nombre de tweets.

L’ONG a tenté de mettre en évidence de l’existence d’un complot des "Bots russes" dans cette affaire. Pourtant, Benalla n’a pas été payé par la Russie, les Journaux Le Monde et Médiapart n’ont pas reçu d’argent provenant de Moscou. Il s’agit d’avancer des thèses conspirationnistes par le pouvoir pour tenter d’attaquer les personnes qui se sont penchés sur cette affaire d’état.

Dans les faits, l’association est liée de près comme de loin à « la République en Marche » par Marina Tymen. L’un des liens hypertexte de son compte renvoie directement à la page Facebook : Ensemble avec Emmanuel Macron. Dès lors, on peut présupposer que l’étude réalisée ne serait pas sincère et lourdement subjective. En effet, être indépendant souligne ne pas avoir de lien en faveur de la lutte qu’elle partage. On peut supposer que tout était biaisé d’avance.

Nicolas Vanderbiest s’est exprimé dans le magazine Medium très proche de la ligne d’Emmanuel Macron et du parti La République En Marche. N’est-ce pas une preuve supplémentaire que l’enquête était fausse, et cela, nous le savions par avance. Le thésard avance que « certains, notamment des journalistes et enseignants, se sont mis jusqu’à mettre en doute l’honnêteté de nos travaux ». On peut effectivement mettre en doute les travaux et son honnêteté. D’autant qu’il assume « le but du fichier était d’identifier des comptes propagateurs de rumeurs » c’est-à-dire de créer un fichier avec un nom des personnes qui établirait ceux qui désinforment et les autres.

La communication semble totalement erronée. Il semble logique que le fichage de personnes en fonction de leur opinion apparaît comme un délit. La CNIL a été saisie en vu de statuer sur ce dossier. Face à l’enjeu qui domine, à savoir la lutte contre les fichiers clandestins et illégaux. Bientôt, seront-nous fichés pour nos idées et nos opinions ? C’est déjà le cas, mais il s’agit du ressort de l’état.

À l’heure du « big data », on comprend que la révolution en cours porte des risques majeur en terme de démocratie et de respect de la vie privée. Cela part d’un fichier sur une thématique pour arriver à des politiques répressives se basant sur ces sources. À notre insu, le filtrage des données semble dangereux. D’autant que la CEDH a retoqué le FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques) pour « fichage abusif ». L’heure est évidemment à la prévention de ces démonstrations particulièrement dangereuses pour notre démocratie et la démocratie en matière générale. Il convient que la jurisprudence s’attaque également au « fichier privé ». Dans le cadre de l’intérêt privé de chacun, les fichiers de DisinfoLab doivent être détruit le plus rapidement.

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