Un regard croisé sur la cause animale

L’effondrement de l’élevage comme lueur d’espoir

E5
lundi 19 octobre 2020 par Pierre Le Bec

Nous l’avons vu si l’agriculture au sens général subit des contradictions internes importantes, il s’agit d’abord de se rendre compte que sous la pression des grandes exploitations agricoles qui pèsent le plus dans les syndicats (que nous avons appelé « corporation ») : une politique publique visant à flexibiliser et déréglementer les marchés, l’assouplissement des normes et le dumping social, elle reste responsable de son sort.

La chute des prix lié à l’élevage s’inscrit dans le cadre d’une mondialisation (voulue par les organisations agricoles soutenant l’ouverture à de nouveaux marchés extérieur dans le cadre d’une politique d’exportation) où la concurrence tend à avoir un prix le plus attractif possible avec des prix les plus bas possibles. Pour conjuguer cette perte, les exploitations ont dû changer et s’agrandir. Cette course à laisser place à des fermes-usines comme celle des milles vaches. Le marché s’est ajusté par rapport à l’offre supérieur à la demande en stabilisant les prix à un niveau qui ne permette pas les éleveurs de subsister correctement. La libre-concurrence et non-faussée laisse de son côté les perdant et très peu de gagnant. Dans le même temps, l’instrumentalisation éhontée de l’agribashing permet d’éviter toutes critiques structurelles de l’élevage et de l’agriculture conventionnelle. Cela s’inscrit dans une logique de refus du débat du débat démocratique, mais aussi de projeter un autre modèle soutenable et durable au niveau de l’agriculture.

Ensuite, l’élevage pose un problème particulier puisqu’elle s’inscrit au-delà de l’engraissage et des lieux de naissages pour être conduit vers les abattoirs, à une radicalisation très importante de la part des éleveurs. En effet, l’offre ne souhaitant pas s’adapter par rapport à une nouvelle demande qui se caractérise par la transition vers une alimentation exclusive, l’offre devient de plus en plus excédentaire malgré une augmentation de la consommation carnée dont l’ambiguïté réside dans la baisse de viande fraîche.

Les polémiques concernent principalement l’utilisation dans l’agriculture conventionnelle et le bien-être animal dans l’élevage intensif. Mais, c’était suffisant pour laisser place à l’instrumentalisation de l’agribashing et du breeding-bashing. Ces marqueurs permettent aux éleveurs et aux agriculteurs de refuser le débat démocratique afin d’enrayer une société vers la transition écologique et la mise en pratique de politique concernant le bien-être animal. Il est vrai que pour cette dernière, elles seront durablement critiquées par les abolitionnistes, mais avant d’arriver à l’abolition de l’élevage, il convient de la réformer de fond en comble.

Enfin peut-être que la discrimination que subit actuellement et concrètement la communauté végane permettra de faire ouvrir les yeux au monde et de saisir l’intérêt d’une radicalisation sans cesse plus importante de la machinerie carniste.