Un regard croisé sur la cause animale

L’interaction de l’être humain avec la nature

lundi 27 avril 2020 par Pierre Le Bec

L’être humain interagit dans son environnement. Il y a manifestement une volonté d’entretenir les espaces dans lesquels il souhaite y instaurer une forme de domination. Dès lors, la question de la régulation des différentes espèces intervient dans un cadre assez stricte puisque l’état jauge de façon adéquate le nombre d’espèces à éliminer. Les « nuisibles » sont pointés du doigt du fait de leurs différents dégâts sur les écosystèmes.

Il existe des cas où certaines espèces sont en situation de surpopulation. Cela a pour conséquence de déréguler l’ensemble de la nature. Pourtant, les chasseurs sont majoritairement des conservateurs et des libéraux. La question de la dérégulation de la nature devrait point leur poser de problème. En dérégulant, la nature parviendrait à trouver un certain équilibre. Or, l’immédiateté que cherchent les chasseurs s’inscrit dans une logique paradoxale. D’un côté, ils sont favorables à l’« appel de la nature » dans le cadre du fonctionnement de la nature, mais lorsqu’ils laissent le fonctionnement de la nature sous la clef de la « loi de la jungle », ils jugent qu’il est nécessaire de réguler. On peut dès lors dire qu’il recherche la question de l’état pour réglementer la dérégulation. Il s’agit pour ainsi dire d’une volonté de miser sur la nature à travers un certain ordolibéralisme.

Pour qu’une véritable régulation se réalise, il semble nécessaire que l’être humain introduise des prédateurs. L’Homme peut intervenir sur la nature afin de créer une dérégulation d’un écosystème sur une durée importante, mais d’y recréer une certaine forme d’harmonie. Il ne faut pas croire qu’il s’agit d’un « appel de la nature ». Comme nous l’évoquions ci-dessus la surpopulation d’une espèce est liée entre autres au fait que les êtres humains ne veulent pas laisser la nature s’autoréguler par elle-même. Pourtant, l’introduction de prédateurs permettrait justement de supprimer de façon durable la question de la chasse. Or, le lobby de la chasse ne souhaite pas en entendre parler. Cela réduirait à néant les arguments des chasseurs du fait que la nature doit être régulée par l’être humain.

Pourtant, il existe un canton en Suisse où la chasse y est interdite. Au départ, les chasseurs y voyaient une certaine forme d’apocalypse. En effet, pour eux, il s’agit d’une certaine forme de « dystopie ». En effet, la chasse s’inscrit dans une vision plurimillénaire. Il pensait que cela aurait un impact très élevé sur une augmentation de certaines populations d’individus. Or, il en a été rien du tout. La nature a repris ses droits, et les surpopulations tout comme les différents dégâts ont été partiellement limités. Cela démontre que l’interdiction de la chasse peut-être tout à fait positif pour la faune comme pour la flore. Aujourd’hui, le débat ne fait plus rage. Mais il s’agit d’une énorme défaite pour le lobby de la chasse. Le raisonnement des chasseurs tombant naturellement à l’eau, les chasseurs deviennent dès lors totalement inutile à la nature. On pourrait presque dire que ce sont des « nuisibles » puisque la nature se porte mieux sans eux.

Or, jusqu’à présent, les chasseurs se nourrissent d’une volonté de « toute-puissance ». Il y a un aspect très « viriliste » dans la participation à la chasse. En effet, la volonté de sentir supérieur apparaît comme une volonté de soutenir que la logique se concrétise par une volonté inexorable du spécisme. Que de penser que le fait de faire couler le sang ou de participer à de véritables massacres s’inscrit non plus dans une volonté d’autorégulation, mais bien d’une sensation d’une immensité plénitude. La conscience et la sentience de ces personnes ne se traduisent pas dans le fond comme homme-animaux, mais bien dans le fond comme une logique de dépasser la barbarie inimaginable.

Dans le même temps, l’être humain reste la seule espèce à chasser à des fins de régulation. En effet, les chasseurs prétextes de leur attachement à la nature dans un souci d’intervenir pour laisser places aux plus faibles. On pourrait y voir une certaine forme de progrès social. Or, la régulation artificielle ne permet pas de défendre les plus fiables. Il s’agit dans les faits de réguler les espèces qui sont considérées comme nuisible au regard de l’être humain. Pourtant, on le sait que la chasse est une source très importante de pollution à travers les différentes cartouches à plomb. Dans le même temps, les espèces qui chassent ne le font pas dans un souci de régulation des différentes espèces, mais dans une logique uniquement pour se nourrir.

On nous explique également l’argument « depuis la nuit des temps », l’Homo Sapiens Sapiens et avant l’Homme de Néandertal est par nature un chasseur. Pourtant, nous ne vivons plus dans des grottes. Dès lors, il y a une certaine pratique qui est totalement anachronique. Or, XXIe siècle, nous ne pouvons plus dans une société où l’âge de Pierre n’existait pas encore. Ce conservatisme préhistorique intervient dans le fait que la question de survie dans le cadre de la chasse des « chasseurs-cueilleurs » devenait primordiale. Pourtant, nous ne sommes plus dans une logique de survie. Dans nos sociétés occidentales, nous entrons dans une logique où les êtres humains vivent de façon considérablement mieux que ceux des « chasseurs-cueilleurs ». Avec la sédentarisation de l’être humain, celui-ci n’a plus besoin de chasser puisqu’il a instauré l’élevage. Dès lors, une nouvelle fois, la notion même de la chasse devient caduque.


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