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Se positionner sur les frappes sans tomber dans le campisme

Episode 2

vendredi 14 avril 2017, par Pierre Le Bec

La position contre la guerre a ses limites

S’offusquer des frappes contre la Syrie peut paraître comme une approche simpliste du conflit, mais ne sert pas à grand chose. Refuser la guerre peut apparaître comme une solution tenable lorsque la guerre n’est pas en cours. Une guerre peut paraître multiple. Les lignes de confrontations ne se résument pas uniquement à deux camps. Le problème dans la guerre en Syrie, c’est que nous devons plutôt parler d’une guerre multiple avec différents fronts de confrontations et des alliances de circonstances.

Dans une guerre en cours, refuser de prendre position sous l’angle de la paix et de l’interventionnisme reste une position politique. Dans la guerre civile opposant Bachar Al-Assad aux « Démocrates Syriens », la non-prise de position équivaut à un soutien implicite à Bachar Al-Assad avec les conséquences qui en découlent.

On pourrait reprendre le slogan « Vos guerres, Nos Morts / Vos guerres, no more ». Mais ce n’est pas notre guerre, il s’agit d’une guerre et d’un combat pour le droit à la démocratie, aux libertés individuelles, à l’autodétermination loin de la dictature héréditaire de la famille Assad. Les droits civiques traduisent l’aspiration des peuples vers la liberté. Aucune justification sur le terrorisme, ne peut justifier l’empêchement des peuples à l’accès de scrutin libre et de jouir des libertés individuelles et collectives.

Le régime Syrien suit d’une certaine manière la logique héréditaire de celui de la Corée du Nord. Les dissidents sont systématiquement emprisonnés ou exécutés sommairement au nom de la défense et de la sécurité de la Nation. Le « totalitarisme assadiste » se sert également des minorités religieuses pour assumer ses bombardements contre les Hôpitaux, les habitations ou même les convoies humanitaires. Or, rien ne peut justifier la guerre civile entre Bachar Al-Assad et l’opposition.

Bachar Al-Assad n’a pas attendu l’occident pour frapper « les rebelles » et enfermer « les opposants »

Dans le cadre présent, Bachar Al-Assad utilise des attaques chimiques contre les populations sous prétexte de lutter contre le terrorisme. Que l’on soit claire, l’utilisation des armes chimiques - du lacrymogène au phosphore blanc en passant par le gaz sarin - doit être condamnée, peu importe que ces armes soient létales ou non. De Notre-Dame-Des-Landes au différentes régions de Syrie, les armes chimiques tuent. En France, elles commencent par tuer des animaux, en Syrie elles tuent des êtres humains et des enfants.

La riposte a été coordonnée avec les États-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni. La destruction des sites de fabrication et de stockage des armes chimiques peut effectivement être utile à la population syrienne.

La France intervient régulièrement en Syrie et en Irak contre Daesh. Autrement dit, dans une des phases des guerres en Syrie et Irak, la France est présente militairement.

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