Le sang de Caracas : le sang du capitalisme d’état

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Au Venezuela, les morts s’enchaînent dans une crise démocratique, économique et sociale. Derrière chaque personne décédée dans le cadre de l’opposition au pouvoir, se cache des tragédies non-visibles. Dans n’importe quel pays, on ne devrait pas mourir ou être blessé pour le droit de « manifester ». Le droit à la vie fait partie des droits élémentaires.

Une crise économique basée sur la vulnérabilité des recettes de l’état Vénézuelien

Le Venezuela traverse une crise économique se traduisant par une hyperinflation causant des pénuries (supérieur à 800%), une baisse du PIB (-17%), et une hausse du taux de chômage (+13,7%). L’origine de la crise consiste dans le financement des recette liées au pétrole vers les programmes sociaux. Or, le financement d’une partie des recettes de l’état sur un produit en bourse apparaît comme instable. Si le financement des programmes sociaux a très bien fonctionné durant la hausse du cours du pétrole, le financement des programmes sociaux s’est effondré en raison du Krach du cours du pétrole.



En septembre 2013, celui-ci est monté à 108 euros alors qu’en janvier 2016, celui-ci a chuté jusqu’à 26 euros. Une politique basée sur un financement non-solide ne peut qu’être soumises aux lois du marché. Dans le cadre présent, cela répond à la théorie de la politique et de l’offre, avec l’entrée dans le marché des sables bitumineux, mais aussi du pétrole de Schiste, l’offre a globalement explosé, mais la demande s’est stabilisée, alors les prix du pétrole s’effondre. Le pétrole pose aussi un problème fondamental puisqu’il est la ressource de la devise du pays. Or, la baisse du prix du baril fait baisser mécaniquement la baisse des recettes de l’état, et donc une baisse des devises. De ce fait, cela aboutit à une hausse de l’inflation.



On peut dire que Le Venezuela de Chavez et de Maduro n’ont pas su tirer profit intelligemment de cette richesse pour stabiliser le pays. L’investissement productif s’oppose effectivement aux programmes sociaux. L’un génère de la croissance à moyen et long terme avec une création de richesse solide. En effet, l’argent investi crée de la richesse, mais aussi des rentrées d’argent via les différents impôts et les taxes. L’investissement productif permet entre autres d’augmenter la productivité du pays et de le rendre plus compétitif. Ainsi, la logique que Chavez et Maduro ont essayé de mettre en place s’inscrit dans la logique du «capitalisme d’état». Cette forme de capitalisme étatisé que les libéraux voient comme une forme de «socialisme» s’effondre sur lui-même, là où celui-ci a été mis en place. On peut dire que le «capitalisme d’état» ne fonctionne pas.



Le capitalisme d’état à gauche : un héritage du stalinisme

De l’Union Soviétique à travers le stalinisme jusqu’au «Socialisme du XXIème siècle», la vision du socialisme de cette noble idée politique est remplacée par un capitalisme d’état où l’étatisation est vue comme une marque du progrès, mais aussi de la Gauche. Sauf que le Socialisme ne pourra jamais se définir au sein d’un «capitalisme d’état». Si le «Capitalisme d’État» a été progressivement abandonné par les capitalistes sur la surface du globe, c’est qu’il fonctionne moins bien que le «capitalisme néolibéral». De ce fait, les partisans du capitalisme vénézuélien actuel tout comme les partisans du capitalisme de Donald Trump reste des capitalistes. En d’autres termes, ils s’inscrivent toujours à défendre la classe dominante à travers le prisme de l’état. N’oublions jamais que l’état sera toujours un instrument de domination contre les travailleurs, puisque c’est cet état qui possède les outils de la répression légale contre les travailleurs.



Le Venezuela connaît des manifestations importantes d’une partie de l’opposition de droite pour faire partir le pouvoir actuel, à savoir Nicolas Maduro, mais ne semble pas en possession de changer de paradigme : la répression, le sang et l’autoritarisme. Une opposition moins visible reste celle des anarchistes et des communistes libertaires. Une particularité s’impose, ni les pro-Maduro, ni les pro-López les apprécient parce que leur projet combat la société capitaliste et totalitaire des deux partis politiques.



Le principe du «jusqu’auboutisme» pousse l’opposition dans la rue à prendre les armes (cocktail molotov, etc.) face à ce qui représente l’état, à savoir le pouvoir de Maduro. Une figure d’opposition qui concerne de nombreux cas d’école dans de nombreux pays. La violence étatique fait face à la violence de la rue. Les manifestations se transforment en émeute, et en insurrection. Le pouvoir d’un état, c’est-à-dire d’un gouvernement consiste à garantir l’ordre public dans les rues. Dans ce cas, il ne peut tolérer une remise en cause de son propre pouvoir. Ainsi, les manifestants s’affrontent avec les forces de l’ordre. Les voltigeurs sont présents au Venezuela pour disperser rapidement les manifestants dans des conditions dangereuses, puisque cela crée des mouvements de foule, avec la possibilité de piétinement.